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Doucement les basses, Jacques Ouvard

Doucement les basses !
Jacques Ouvard
Date édition : 1963
Début de lecture : officiellement le 28/10

Oui je sais, c’est ma période des 50 ans en arrière.


Ca se passe en Savoie, vers Beaufort, Alberville... Une région paraît-il où, les « morts d’hiver », dans l’ancien temps, devaient patienter jusqu’au printemps pour intégrer leur demeure finale (fort heureusement, aujourd’hui, la cendrisation propose des alternatives avec ses nouvelles techniques de conditionnement ). Une région, où l’on veille toujours les morts avec une bouteille et une tomme.

Que dire de ce dossier : vacances pourries à la Commanderie ! Plutôt ambiance scouts, jeux de piste, parcours fléché, sapin, épicéas, bouquetins, sangliers… Le Poiraz (un scout)  nous fait la dépression du début de vacances. Un érudit cite Dante dans le texte. Une belle mise en bouche avec Platon. Et le pompon, c’est quand même le cadavre dans le four à pain. Remarquez vaut mieux ça ! Dans ces ambiances feutrées, nous aurions pu craindre des comportements... 

L’équipe d’encadrement :
Palpin, le dirlo de la pension
Boileau, le curé
Barbot, le copain riche du curé
Monsieur Pierre (un pneu d’Sodim), stoïcien, politicien, socialiste, et pour couronner le tout, joue le rôle du mort (non, le Môssieur n’est pas bridgeur !).
Un militaire en perm’ qui fait des niches
Et le gros de la troupe, des mômes, des adultes… en veux-tu ? En voilà ! Et pas une seule jambe de bois .
Des margottons de collège (?).

Du vocabulaire de seigneur. On parle à mots couverts de sarment, de fascines alumnistes, de fouffe de poils gris (p.24), d'antithétique..

On référence amplement : Epitomés, De Viris, Pro milone, Odes d’Horace, Lactance, Saint Augustin, Monselet, le trésor de Golconde, et d'autres.

On propose des techniques joyeuses : le coup du pompier, l’absolution sous conditions

On mange et et on boit solide et liquide : coup de clairon sur le jovelot d’Apremont, le barrot à l’honneur et la poussette du chauffeur. Le petit vin blanc de Myans, le beaujolais, et la fraise au melon…

Analyse poussée de la forme des pouces. L’assassin du moment les a spatulés.

L’auteur fait passer des messages en faisant parler un curé. Homme de bien et de raison ! 

Nous apprenons que surdité et p’tite monnaie sont étroitement liées.

Finalement, si on veut bien résumer, nous vivons au cœur de l’enquête sur l’assassinat d’un politicien, de gauche, dans une Commanderie sise en Savoie, qui émeut on ne peut, la populace locale. L’enquête va bon train. Le flic de service boucle l’affaire en deux temps trois mouvements. Mais c’est sans compter sur le père Boileau, ex flic reconverti dans les ordres… ??? … (oui, serviteur  2D.) Du coup, tous les résidents, y vont de leur petite confession et se déclarent coupables. Ca a un nom ça… le syndrôme de… du… O.P.M. je ne sais plus.

Une enquête calibrée, mijotée aux petits oignons lardons, dans son jus d’Apremont.
Les anciens à la rescousse. Il y a des pertes, mais pas trop.
Une histoire de tombola. De la malversation vénale. On s’embrouille avec les Francs 1963. On jongle avec les millions.

En cas de réédition (peu probable) une 2ème coquille p.186 l.18. Pas de dégâts. En revanche, la fouffe du début aurait pu avoir des conséquences dramatiques (type abandon de lecture prématurée).

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