jeudi 27 avril 2017

Le Big Boss, Bill James

Le Big Boss, Bill James

- Un texte sur la (ou l'une des) théorie(s) du chaos - 

Fusillade dans les rues de la ville. 
Une gamine est touchée de plein fouet et s'écroule. 
Deux balles dans le buffet. 
Si c'est pas malheureux. 

On s'interroge :
Alors ? 
Règlement de comptes ou pas ?
Les forces de l'ordre et du désordre pataugent.
Les avis se partagent autour d'un gin... 
Quant aux voisin(e)s, 
Ceuzécelles vigilant(e)s (?) qui vigilent dans leurs quartiers, 
Ils (elles) n'ont rien vu.

Une enquête (très) technique. 
Harper, Iles, Lane et les autres doivent en plus de leur boulot,
 régler des problèmes de la vie de tous les jours. 
Vie de couple, dépression, solitude, adultère, positionnement hiérarchique, coups de .ute,, les courses du samedi, acoquinements, la voiture au garage, les factures à payer, sous-enquêtes  et bien d'autres....
On nous informe en haut lieu que cette surcharge de travail ne sera pas rémunérée.
L'échec est vivement recherché et ... apprécié !
On fait un parallèle avec l'ôtement de vie de Kennedy (J.F.)
On passe son temps à parler avec des mères
Le(a) dircom propose d'envoyer Shade aux obsèques.
C'est plus correct,
Et de pactiser avec les tenants et aboutissants
 Prime d'assiduité assurée en cas de participation à deux enterrements et un contrat signé  

On parle :
d'interaction, 
de connexion,
de délation,
de pulsation.

Avec drogue et distribution de Gin à tous les étages
Des travaux sont menés sur l'élaboration d'un code de conduite pour les moutards mouchards

On a sorti des phrases hors de leur contexte (et pourquoi pas ?) :

"la nature proclame qu'elle était déjà là depuis l'éternité"
"la civilisation dépend des travailleurs laborieux"
"s'il voulait l'Europe qu'il parte y vivre"
"un type du genre sournois, dangereux, comme beaucoup de ..... " (attention cliché !)

Le gin se boit avec de la crème de menthe (les dosages ne sont pas formulés) et parfois allongé d'un peu de cidre.
Au dîner de dix-huit heures (6 P.M.) :
On mange des petits pois mentholés spaghettis au thon, du poulet cuisiné au curry de Chenaï  Madras et du maquereau à la moutarde avec ses petits légumes.

Et à la veillée, 
lectures de Dickens et Le Carré 

Une enquête à l'anglaise (IMHO).

Gaffe aux rumeurs quand même !

jeudi 20 avril 2017

Dossier clos : l'affaire Tony Lonto


BIBLIOGRAPHIE de Tony LONTO                                        
Personnage créé en 1968 par Emil Richard JOHNSON
Américain (1937-1997)

Tony Lonto est un inspecteur de la brigade criminelle d'une grande ville 
américaine du Middle West.

Physiquement, nous avons plusieurs versions :

1) C'était un homme de petite taille aux cheveux noirs et à la peau basanée.
Son visage avait quelque chose d'aigu, d'inachevé, et une sorte d'expression 
affamée se lisait dans ses yeux sombres et sur ses lèvres minces. Il 
semblait se mouvoir nonchalamment, et pourtant avec une extrême
prudence, comme s'il s'attendait à ce qu'il se passe quelque chose. 
Un flic disait de lui : « il marche comme une mangouste dans un élevage de 
cobras ». (SN n°1368 page 32 & 33).

2) Tony Lonto était un homme de haute taille, puissant, avec des yeux 
sombres, intelligents, et des cheveux noirs légèrement grisonnants sur les
tempes. Il avaià présent quarante et un ans.  (SN n°2162 page 14).

3) A côté de Runnion, Lonto faisait figure de demi-portion; il n'était pas
vraiment petit, mais il en donnait l'impression quand il se retrouvait parmi
les autres inspecteurs de la brigade, plutôt du genre armoire à glace.
Mesurant un peu moins d'un mètre quatre-vingts, Lonto, quant à lui, avait
la silhouette athlétique mais déliée d'un coureur de fond.
(SN n°2687 page 40).

Avant d'être flic (son biographe situe son engagement vers l'âge de sa
majorité), il avait mené une existence de petit dur des rues, décidant
finalement qu'il était plus facile d'être flic que traqué par la police.
Sous les ordres du lieutenant Jaworski avec pour coéquipier Ed. Violet 
ou Pat Runnion et pour indic O'Toole, dit La Poubelle, un vieux marchand
de journaux à la peau ridée comme un pruneau. Il doit mettre un
terme aux forfaits d'un tueur de macs, découvrir la brebis galeuse du
commissariat qui couvre un trafic de drogue, retrouver l'assassin d'un
dealer d'héroïne pure. Bref la routine.
Coté cœur il tombe amoureux d'Anna Ryan, juste avant de l'épouser il
apprend par la brigade des Mœurs que c'est une prostituée, c'est la fin
de ses illusions. Plus tard il se mariera avec Robin, une hôtesse de l'air
âgée de quatorze ans de moins que lui.

La ville apparaît comme l'élément primordial. Véritable héroïne, il règne dans cette jungle impitoyable, cruauté et violence.

Les dossiers en question  ( 1ère édition) : 

1 – Les harengs ont bon dos, 1969           Silver Street, 1968
   Trad. Marcel Frère                              Harper & Row, New York
   Gallimard (Série noire n°1253)

2 – La chute de Pégase, 1970                  The Inside Man, 1969
   Trad. Janine Hérisson                          Harper & Row, New York
   Gallimard (Série noire n°1368)

3 – Le  gang des éclopés, 1989                 Blind Man's Bluff, 1987
   Trad. Daniel Lemoine                            St. Martin's Press, New York
   Gallimard (Série noire n°2162)

4 – Les mains d'Eddy Loyd, 2003             The Hands Of Eddy Loyd, 1988
   Trad. Samuel Fesch                               St. Martin's Press, New York
   Gallimard (Série noire n°2687)


5 – (Non traduit en français)                    Dead Flowers, 1990
                                                                 International Polygonics, 
                                                                 New York


 Une contrib' de Dan
Avril 2017


                                                                                                          

samedi 8 avril 2017

Une sale affaire, Marco Vichi, Una brutta faccenda

Les affaires, c'est comme le linge, ça se lave en famille. 
Pas de négociation possible.

On retrouve le commissaire Bordelli quelques mois plus tard, toujours à Florence. Et encore une traversée périlleuse au coeur du contingent humain. 

Le meurtre d'une fillette dans un parc public affole les mamans... et les papas aussi. Faut pas croire... Une gamine, bon sang ! 

Déjà à ce niveau, Bordelli voit rouge (rien à voir avec la maladie des yeux qui voient un point noir). Alors, quand une deuxième fillette est déclarée assassinée, son sang, déjà rouge, broie du noir. 

La jeune République a du mal à grandir.

On retrouve la même équipe que précédemment. L'enquête est lente. Mais qui va piano... Et puis, cela permet à Bordelli d'approfondir et de résoudre quelques autres problèmes de la vie quotidienne.

On parle des maisons closes de la région, des "petites" gens malmenées par les brutes la vie, De faits divers et de hauts faits (?). Les organisations oeuvrent dans l'ombre et les ombres s'organisent. 

Deux Plusieurs histoires pour le prix d'une. On se met à table. La mémoire de l'Histoire n'apaise rien. Ni même le cognac qui coule à flot, ainsi que la grappa, et les petits plats proposés à la carte... Porc aux myrthes, sèches en zimino (avec blettes et tomates), ribollita, lapin en sauce...

On nous informe que les bières sont embouteillées par Peroni et que la colombe blanche s'est encore envolée.

On ne sait pas si Bordelli s'en remettra. 

A l'issue de cette lecture, la Direction propose un programme d'entraînement intensif :

- Le matin : pratique de la méditation interstellaire, avec mise en perspective de l'Humanité. 
- Le midi : étude du gros dossier qui traite de la '"Faute" et de son antériorité.
- A la veillée : lire des poèmes de Hrotsvita et de Cecco Angiolieri.... Et puisque les fêtes sont proches, lire aussi Pascal.
- Et pour passer une bonne nuit : vaporiser quelques gouttes de drosera (SGDG) dans l'habitacle ouvrir la fenêtre en grand et appuyer sur le bouton "Vecchio frac"

Le dossier est dans les mains de la majorette en Chef. C'est dire !!!




mardi 28 mars 2017

Le commissaire Bordelli, Marco Vichi, Il Commissario Bordelli

"Que chacun fasse son devoir et nous serons tous bien."

La chaleur estivale qui règne à Florence en ce mois d'août 1963 accable les citadin(e)s réquisitionné(e)s pour la circonstance.

Lors d'une nuit torride, une vieille dame (très) fortunée ne résiste pas à la pression. Elle prend ses mains à son cou et fait, en toute intimité, le grand saut dans son lit. La chaleur a encore servi sévi. Un classique. Fort heureusement, depuis, nos dirigementeur(e)s, attentif(ve)s au bien-être de leurs poches de sang, ont mis en place des mesures de précaution très pertinentes, et techniquement et... financièrement. Du grand art.

Le problème, c'est que le commissaire Bordelli a un (gros) doute. Et quand Bordelli doute, il veille. Ainsi, le peuple peut dormir sur ses deux cerveaux. Un chasseur né... De cigarettes et d'humanité (?). Son caractère, attachant (pour les uns), devient vite agaçant pour les ... Il organise sa vie principalement autour de ses souvenirs, et d'un bon dîner entres ami(e)s. Et lorsqu'il a soif, il n'hésite pas à puiser quelques conseils dans son passé, auprès de ses relation(e)s et de la célèbre jeunesse en formation.

L'enquête est ouverte. C'est Bordelli qui la dirige, certes au ralenti, mais en mouillant sa chemise. Les jeunes femmes sont à la barre (une notamment), les souvenirs fleurissent. On cite Ungaretti, Augustin (le Saint, pour une histoire de mouches)... Et aussi, Dante (Pegretti, frère et savant fou), Piras (un Sarde, fils de son père), Elvira, des petites frappes, un cuisinier, des cousins, des nièces et neveux, des tantes, des Dames de bienfaisance, des fleurs à arroser, des rats, des chats, huants ou pas, et bien d'autre(e)s...

On a les pastilles gustatives en alerte. Une soupe d'oignons est servie, ainsi qu'une soupe aux haricots à la Lombarde, de la morue à la Livournaise (et son petit vin blanc), de la focaccia (chaude), du sauté de veau sauce piquante (alla turco), des gâteaux sardes... Le Pantelleria, un vin de paille et le Chianti coulent raisonnablement, mais utilement. La grappa, qu'elle soit blanche, à la Rue ou au genièvre, enchante les neurones. Au loin on entend une musique chaude et salée qui fait : ça.        
On essaye d'apporter quelques éclaircissements à quelques questionnements : oui mais quelle est la différence  entre le bien et le mal ? Et comment qu'on s'aperçoit qu'on devient vieux ?... Et pourquoi pas ?...

- Et l'enquête alors?
- C'est... Comment dire ?
- Bienveillante ?
- Vouâlaâ ! C'est ça !

La suite est en cours de lecture. Une sale affaire paraît-il.

L'Encyclo du père Candido : la rue ("ruta" en langue italienne), c'est le truc jaunâtre qui flotte dans le liquide à base de raisins, embouteillé ci-dessous (crédit photo  : bouteille de grappa personnelle, en provenance directe de la Carnia). Alerte rouge : niveau en forte baisse au 28/03/2017. Ravitaillement prévu en juin prochain. Dégustation prochaine : 30/04/2017 avec Romeo y Julieta C.


Remerciements : à En.Vi. pour ce magnifique breuvage et Mesdames et Messieurs passeur(e)s et nɔʃe pour leur éclairage.

Ciao ragazze(i) !!!

samedi 18 mars 2017

Cabossé, Benoît Philippon

Alerte Info Drame, en quarante-huit tableaux
Une variation sur le thème de la belle et la bête... Mais contrairement à la version originale, Roy, le type qui a endossé la panoplie de la bête, n'est pas du tout victime d'un sortilège... A moins que... Non impossible... Et forcément, ses possibilités de retour à 'la normale" sont limitées. Tu crois que la parole est libre actuellement? Roy est un gars lent, avec les filles principalement, qui déclare à qui veut bien l'écouter, qu'il a eu une vie pas facile, notamment avec ... les filles et les autres groupes de la société civile. Mais un jour, Roy rencontre Guillemette. Sur la toile d'abord... Puis chez elle. Et ça a donné un truc comme ça (d'après le témoignage du voisin du dessus). Après toute une série d'épreuves, de l'amour, de la violence et de la poésie arrivent par wagons entiers, en provenance de Clermont (Ferrand). Quelqu'un sonne les cloches. Et c'est le moment de partir sur "la route". Un départ en fanfare. Sam Cook à la sono. Bobby dans les cordes. Guillemettes aux pansements. Louisette aux abonné(e)s absent(e)s. Rita, Lili, Solange et Ginette tiennent la corde. Pas sûr Blvd! dans le doute abstiens-toi. C'est confirmé : on est sur la route, avec des souvenirs nauséeux des un(e)s et des autre(e)s plein les poches. On parle de souris et d'hommes, de métamorphoses aussi. Le grand déballage de printemps. Voilà ! Attends que les élections soyent passées. Ce roman est affiché "noir". C'est peut-être un embryon de prière. Un texto mage. Y'a plus qu'à bosser? Qui c'est qui sait? Finalement. Peut-être même un questionnement sur les conditions de vie des poches de sang balancées sur le bas côté des autoroutes de la route. 



  

samedi 4 mars 2017

Quatre corses majeurs, Philippe Franchini

Un Poulpe qui se prend une mandale en un mois, qui appelle les secours au moindre tonneau et qui arrondit les angles (?).

Y'a litige !
 ...
Gabriel se met à rêver de soleil, de plages et d'embrouilles au pays de la beauté. Tout ça à cause d'une prise de bec avec un ami corse déporté sur le continent. Une sombre histoire de suicide. Le dossier aurait pu être réglé rapidement avec une mourra, mais le Poulpe en a décidé autrement. Il part pour Ajaccio (au grand désespoir de sa Chéryl) après avoir pris la précaution de plier ses bras et ses bagages, de passer chez son fournisseur habituel et de régler deux trois affaires en cours. 

L'enquête corse du Poulpe : pas facile d'arriver en terre insulaire sans y avoir été invité. Mais le Poulpe s'est mis dans la tête de résoudre l'énigme du suicide d'Orso. 
Les contacts se font rapidement autour de quelques bières. C'est la Pietra  qui sponsorise les vacances. Les langues ont du mal à se délier, ce qui fait que les pistes abondent, s'égayent et se perdent dans la végétation. Du classique : sauvegarde du littoral, la piste de l'immobilier effervescent, celle du mari écorné, celle des rebelles révoltés, on évoque même celle des politiques, de la justice et des forces de l'ordre. 
Un sacré sac de noeuds. 
Chemin faisant, on étudie la culture et l'histoire corse. On sait maintenant qui sont les vrais patrons. On comprend qu'il ne faut jamais chatouiller, mais brosser dans le sens du poil. On confirme que chacun son caractère et pas qu'ici. On déplore l'insistance des moitiés parisiennes. 
Peu d'action, si ce n'est en fin de parcours, une percée héroïque du Poulpe. 
Une enquête délicate. Les cordes sensibles vibrent. La solution est trouvée, toute en finesse.

Gabriel est revenu saint sain et sauf. 


   

jeudi 2 mars 2017

220 Volts, Joseph Incardona

Pas eu le temps de prendre de notes. C'est que ça file 191 pages ! Surtout quand c'est livré sans emballage. 
Une sauvegarde, grossière, a été effectuée dans les quelques neurones usagés qui circulent dans la mémoire tampon. Encore un miracle diront certains.   
Malheureusement, pour le plaisir des papilles, la mémoire vive a cafouillé. C'est donc à discrétion... Une raclette s'est peut-être invitée dans le chalet, mais c'est sans garantie. 
Seule la Direction a quelques souvenirs sur ce thème. Notamment l'ouverture d'une bouteille de champ' en milieu de partie et d'un paquet de clope. 

Résumé de la situation : Mr Hill est un écrivain en panne d'inspiration. Son foyer clapote. C'est l'occasion de faire une virée à la montagne. Le principe du bonairpur devrait remettre les neurones du monsieur au garde à vous. Et en effet, la mission est réussie au-delà de toutes espérances. Un peu trop même. Une question de dosage. Sûrement un dérèglement azote/dioxyde carbone/oxygène. 
 Et soudain, tout s'accélère : on chipote, on fricote, on crapote... Les disparitions deviennent inquiétantes... Les voisins voisinent. Une chance, le dentiste n'a pas eu à se déplacer. Seul le médecin de famille a eu une accréditation (de plus en plus rare en milieu hors ville). Carambolage, effacement de preuves. On mène l'enquête dans l'enquête. Les gendarmes font leur boulot correctement et jusqu'au bout. Les familles s'inquiètent. Seul Mr Hill ne sourcille pas. Le boulot c'est le boulot ! 

Un dossier à classer en évidence dans le rayon qui arbore la pastille noire et dans le sous-rayon "se mettre à couple ou en couple ?".   

Stratégie : le conseiller financier invite la Direction à investir massivement dans la société (?). 
La rédac', par prudence, préconise l'achat de deux ou trois actions. Cela devrait permettre de mieux évaluer le potentiel. 
Sage, la Direction décide (rare) de prendre quelques options "put" et "call" sur le marché court terme. 
Pour voir.

Prochaines lectures : un poulpe en Corse , et un homme perché dans les hauteurs de la solitude.


mardi 21 février 2017

La nuit derrière moi, Giampaolo Simi, La notte alle mie spalle

Population en danger.

L'extinction de la portée n'est plus très loin.

- T'as  pas entendu comme un cri bruit, bl∆d ?
- Non !!???
- C'était comme qui dirait un appel au secours...
- T'as dû rêver !

Guerri est représentant pour une imprimerie. Et comme tout représentant qui se respecte (sinon ça ne marche pas), il est formaté pour la gagne. Au boulot... comme en famille. 

Une vie de famille bien huilée, la routine est bien calibrée, les préposés aux procédures n'ont pas lésiné (sur les moyens), les banquiers ne se plaignent pas, les collègues s'activent, la famille frétille, et tout ce petit monde se côtoie sans rechigner. 
Bref, on vit au coeur du segment. 
Celui qui ploie mais ne rompt pas. 
Sauf que...
Il y a un problème (eh oui forcément).

- Les appuis Guerri, les appuis !!!

On a oublié de les sécuriser. Et lorsque le funambule se jette dans le cirque et se retrouve au milieu du gué à quelques dizaines d'années au-dessus du sol, la pression chute et les vents se lèvent. Plus moyen de faire marche arrière. Une sale dépression à l'horizon se profile. Tout le monde essaye de se mettre aux abris mais rien n'y fait. Pas même les dos ages.

Description de la tempête : 

coups de .utes entre collègues et entre composants familiaux, les vieux détrônés par les jeunes, les patrons sont égaux zà eux-mêmes, les petits secrets des uns et des autres sont dévoilés et jetés en pâture sur la place publique, les relations en binômes sont explosives. Mari/femme. Femme/fille. Fille/père. Père/tante. Tante/nièce. Nièce/oncle. Oncle/mari. La boucle se boucle. La tension monte pas à pas. Avec méthode. Les trois H sont programmés, développés et appliqués avec patience : Haine, Hargne, Hagnimosité.

On parle de prison, d'enfermement sous toutes ses formes. De la difficulté de vivre ensemble. De vivre avec le progrès. De vivre avec... 
On parle couramment le sms.
On s'assoit et on regarde...
...

Heureusement les repas sont tout en finesse. Crêpe à la daurade avec de la crème de haricots blancs à la coriandre, des fleurs de courgettes farcies à la mousse de morue. Et bien d'autres délices encore, dont sont friands les italiens.

Un dossier sombre, et bien charpenté. Pas le temps de s'ennuyer. Surtout ne pas lâcher la pression. Le raccord est parfois problématique, mais on réajuste rapidement. La lecture d'un trait est profitable.

On se tutoie comme c'est la coutume dans la région. Et même soi-même. C'est le petit plus. Ca t'a déstabilisé un peu au début mais tu t'es fait une raison et finalement tu t'es mis à tutoyer tout le monde. Sans distinction.

Tu biffes (à regret) et tu déclares (à joyet) que ce dossier est apte à intégrer ta liste 2016.

Bye

mardi 14 février 2017

Les enfants du Cap, Michèle Rowe

Persy est une jeune fliquette issue de la majorité historique devenue minorité majoritaire du moment, après être passée par divers stades imposés par des minorités migrantes importées. Un sujet complexe qui, malgré les efforts qui ont été fournis ces derniers temps pour régulariser la situation, a du mal à se stabiliser.  
Donc, la demoiselle fait son boulot honnêtement. Elle vit chez l'habitant familial, ressasse inlassablement des souvenirs opaques de son enfance et aimerait bien prendre l'ascenseur social de 8 heures treize. Malheureusement pour elle (?) Persy est une femme. Et sur ce point, rien de négociable.  On aurait pu croire à un moment que les choses pouvaient changer, juste une fois, lorsqu'un homme est retrouvé mort sur une des plages du Cap. Et tout le monde se met à y croire (y compris la Direction). La chance de sa vie. Mais non, c'est un de ses collègues qui prend la main. Et l'enquête pédale allègrement dans la vase. Rapidement on se rend compte que la progression va être poussive et que l'assassin (e) n'est pas près d'être retrouvé. Et la forcément on pense aux impôts, aux trous diverzévariés. Un grand moment de solitude s'installe...

- Tu vas pas annuler ton voyage au dernier moment, bl∆d ? 
- Ah oui ? et pourquoi pas !
- Parce que ça ne se fait pas !

Dès l'atterrissage la vie du coin est décrite et décortiquée sous tous ses angles, enfin côtés qui piquent. On marche à pas feutrés dans les bidonvilles du Cap. On apprend les rudiments de la langue de la région. Des histoires glauques et nauséeuses sont rapportées. Un pays où les hommes n'hésitent pas à frapper leurs femmes et ensuite, picoler. Ou l'inverse... Et qui n'hésitent pas à exclure, insulter et rabaisser... Heureusement les femmes se serrent les coudes... 
Tout n'est bien sûr que malentendus pour nous zôt poches de sang. S'emmêlé(e)s depuis la nuit des temps. Quelle idée de vouloir sauver les crapauds léopards et s'obstiner à enfouir au plus profond des puits les âmes qui remontent sans répit à la surface du sol pour étancher les soifs. 
Un dossier pour la les bonnes causes. On se lave les mains régulièrement. On trahit en interne. On nostalgie. On ravale ses sanglots, on fait de la promo familiale (un peu trop ?...) On référence Djuna Barnès, Rimbaud, Kojak, Colombo, Chester Himes, James Mc Clure et l'inspecteur Zondo.
Les thèmes en vrac : des combats de chiens, des projets immobiliers, du tourisme, des courses poursuites, de l'engagement écologique, idéologique, des gens qui embêtent les enfants, des gens qui prennent des substances illégales, des gens qui manipulent, des gens qui se rabibochent, des mères, des fils, des pères (absents la plupart du temps), des grand-pères, des gens qui... 
La multitude de dossiers ouverts fait tourner la tête. Pas assez de mémoire vive sûrement.
Bienvenue sur la planète Terre.

PMTDT   
 

vendredi 20 janvier 2017

Réglez-lui son compte, Kill Him, San Antonio

- C'est le pilote ? 
- La genèse !
  
A sa naissance, le commissaire San Antonio accuse joyeusement les trente-huit ans. Il a fait, dans une autre vie, ses débuts à L.A. dans une police privée. On n'en saura pas plus.
Pour l'heure,  il vit encore chez sa maman, Félicie, à Neuilly. La dame est aux petits soins et il le lui rend bien.
Son arme : 7,65 crosse en nacre
Fringues : chapeau, costard bleu roi, chemise ciel et cravate jaune pâle.

Cette première enquête ultra-confidentielle est transmise sous le manteau du côté de Lyon en provenance des Amériques.

Un Paris (via Orly) / Marseille en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire.

Un cadavre, que l'on suppose mijoter depuis quelques semaines sous le bitume d'une des rues les plus fréquentées de Marseille, vient d'être exhumé. Un banal fait divers qui prend des allures d'affaire d'espionnage. Il faut dire que tout le monde est sur les dents. On vient de sonner récemment la fin de la guerre (the second). Et les esprits sont encore chauds. Les perdants veulent se refaire.
Les services de l'ordre de la région se tiennent en alerte. San Antonio fait son show.  Seul. C'est le petit plus mais ça lui procure quand même quelques désagrément. Heureusement, pour détendre l'atmosphère on visite et on jouit de la ville, de jour comme de nuit : la corniche, la Canebière, le Pastisse, la bouillabaisse et tout le folklore. On drague dans les bars de nuits.
On castagne dur et on chasse à l'homme.
Les coup de foudre sont bien portés.
Les sauts de l'ange sont parfaits.
On étouffe, on suffoque, on claustrophobe. On brutalite. On s'évasionne. On tue. L'amour est présent à chaque coin de chambre. Le silence des témoins est pesant. Les bombes sont à retardement.
On échange les identités.

Un vrai sprint, à dire vrai.

Et puis,

On roule en 402, on achète à tempérament.
On communique par colombes interposées
Inutile de préciser que le téléphone était cloué au sol.
On sirote du cognac et de l'Armagnac en quantité suffisante.
On fume des Gitanes en quantité raisonnable.

Sana fait l'appât. Les voyous sont tenaces. Les demoiselles dans le cockpit sont vêtues légers mais classe : petite robe, nuisette, froufrou et satin.
Pour les plaisirs sociaux : médaillon de bécasse, gratin de langouste, chevreuil en civet, Pommard 1928, fine Napoléon et cigare brésilien.

Quelques références surprenantes (Claude Farrère, Max du Veuzit et le magazine Oh (là là ?))

Un dossier intéressant. Quelques écarts de langage à déplorer. Le divertissement est assuré.

samedi 14 janvier 2017

Todo modo, Leonardo Sciascia

Todo modo, Leonardo Sciascia

Un peintre, qui a son "petit succès" dans la région, auteur de polar à ses heures, fait une petite pause sociale dans le milieu de sa vie. Un besoin urgent de décompresser. Ni une ni deux, il prend sa voiture et s'en va errer dans la campagne italienne, au gré de ses envies et de son humeur. Un jour, c'est l'été, au détour d'un chemin...

Il avoiturit chez  Don Gaetano, un prêtre d'une érudition exemplaire, chef supérieur de l'ermitage de Zafer et accessoirement, patron de l'hôtel attenant. Le lieu est imprégné de religiosité. Don Gaetano est un homme inquiétant (c'est ce qui se dit en 4è de couv'). Etonnant serait plutôt le terme exact. En ressenti bien sûr !. L'hôtel ne l'est pas moins. Et l'ermitage encore moins. Le cocktail est parfait pour faire une petite halte. D'autant que le lendemain on apprend que c'est "fiesta" au château :  le séminaire annuel d'exercices spirituels à usage des grands de la région. Tout le monde (ou presque) est attendu. Ministres et laquais du Gouvernement, de l'Eglise et de l'Administration. Bref, le grand weekend d'intégration des dirigementors. Une sorte d'otium en temps raccourci.
Le spectacle vaut le détour. Prières, incantations, danses, réflexions. Cellules de méditation à disposition et plus, si besoin. Rien ne manque. Les repas sont pris en commun. La pintade farcie fait l'unanimité dans l'assemblée.
Le programme est dispensé en latin.
On contingente
On mystère
On varie les thèmes abordés,
On cite pelle-mêle Boccace (et son buttafuoco), Andreuccio de Pérouse, Saint Augustin, Manetti, Giordano Bruno, Francisco Ferrer, Nicolo Barabino, Guttuso, Gide  et bien d'autres.
Le diable (à ce qui se dit) porte des lunettes
On lit Linus (de Charles-Antoine peut-être ?)
On parle peu mais bien (?)
Et puis finalement chez ces gens-là ...
On tue !

Et on ne fait pas semblant. Un convive, puis deux, et finalement un troisième au finish.

Le juge dépêché pour l'occasion, accompagné d'un commissaire en presque retraite, mène l'enquête à sa manière. Tout dans le mobile. Et là, forcément, ça bouge au moindre souffle.

Ce conte-polar (?) est une invitation au vagabondage de l'esprit, et à la mise sur orbite de toutes pensées collantes et/ou stériles qui ne savent que faire dans nos cellules.

On ne nous dit pas si le dispenseur du dossier a chaussé ses lunettes de compét', mais en tout cas sa technique de transmission est parfaitement au point (imho).      

Pour la méditation du soir, la Direction propose une petite phrase accompagnée d'une tisane :

"... la survivance à travers les siècles, c'est plus aux mauvais qu'aux bons qu'on le doit et c'est derrière l'image de l'imperfection que vit l'image de la perfection".  

Si au bout d'une heure le sommeil ne s'est pas invité, tentez sans forcer un salamba sarvangasana. 
Si à  4 heures du mat' le cerveau circule encore, un bon café fera l'affaire pour démarrer la journée.

Ciao

samedi 24 décembre 2016

Dossier clos : l'affaire Kossmeyer (Jim Thompson)

BIBLIOGRAPHIE de KOSSMEYER
Personnage créé en 1952 par Jim Thompson – Américain – (1906-1977)


Kossmeyer dit « Kossy » est un personnage récurent de second plan dans les romans de Jim Thompson. 
C'est un grand avocat d'assises de l'Oklahoma, et peut-être même de toute l'Amérique. Les journalistes le surnomment « le caustique Kossmeyer ». 

Kossy est un gringalet : un mètre cinquante-cinq à peine et cinquante kilos (habillé vêtements mouillés). 
Petits yeux noirs, nez crochu dans un visage mou et veule. Il est affligé d'un tic nerveux qu'il a depuis son enfance. 
Kossy possède une faible voix de crécelle avec parfois des éclats de tonnerre.
Ce petit bonhomme insignifiant, provoque l'hilarité et inspire même la pitié. Il est marié depuis une vingtaine d'année à Rosa, qu'il méprise. 

Dans son rôle d'avocat il est plutôt bon.  En un clin d’œil, il se transforme en une hideuse caricature de l'autre, et singe toutes ses expressions, faisant rire tout le monde. 

Orfèvre en la matière il sait mieux que quiconque démêler le vrai du faux. Il arriverait même à convaincre un chat d'aboyer, si l'envie l'en prenait. 


« Tout ce que je demande à mes clients, c'est de me payer un maximum dans la limite de leurs moyens. Je fais toujours le maximum. Je n'ai jamais qu'une seule opinion, une conviction. Je n'ai pas de clients coupables. A ma connaissance, ils sont toujours innocents. D'ailleurs mes clients sont rarement condamnés. Il n'y a qu'une chose au monde dont on ne se remette jamais, c'est la mort. Tout le reste finit par s'arranger ».

Les dossiers en question :
Premières éditions :
1 – Deuil dans le coton, 1970              Cropper's Cabin, 1952 
Trad. Noël Chassériau                          Lion Books, n° 108 novembre 1952, 
Gallimard (Série noire n°1319)           New York
2 – Le criminel, 1981                            The Criminal, 1953
Trad. Jean-Paul Gratias                      Lion Books, n°184 décembre 1953, 
Fayard (Fayard noir n°8)                    New York
3 – Un chouette petit lot, 1968         A Swell-Looking Babe, 1954
Trad. Nelly Shklar                               Lion Books, n°212 juin 1954, 
Gallimard (Série noire n°1199)           New York
4 – Hallali, 1981                                   The Kill-Off, 1957
Trad. Jean-Paul Gratias                     Lion Library, n°142 janvier 1957, 
Fayard (Fayard noir n°18)                 New York
Une contrib' de Dan
Décembre 2016

mardi 20 décembre 2016

vendredi 16 décembre 2016

vendredi 9 décembre 2016

samedi 26 novembre 2016

Dossier clos : l'affaire Mark Girland



BIBLIOGRAPHIE de Mark GIRLAND

Personnage créé en 1965 par James Hadley CHASE pseud. de René Brabazon RAYMOND
Anglais – (1906-1985)

Mark Girland est le fruit d'une union franco-américaine. Il grandit (plus que) convenablement dans le sud des États-Unis où son père assure la fonction de juge. Las de cette vie dorée, Mark déménage à Paris, la patrie de sa mère, et essaye de gagner sa vie comme écrivain, mais « sans succès ». Il est approché par un homme nommé Rossland, et se laisse convaincre de travailler pour les services de renseignements américain.
Girland est un athlète au visage carré, et pommettes saillantes. Ses yeux verts et froids révèlent une volonté implacable. Beau et sexy, il charme la gente féminine. C'est un amant attentif et délicat et toutes tombent amoureuses de lui. Malheureusement pour elles, les liaisons durables ne font pas parties de son programme. Il aime l'argent et en veut toujours plus. Pour cela, n'importe quelle mission est bonne à prendre. Il ne travaille que pour lui.
Ses missions se passent en Afrique, à Paris, à Londres et derrière le rideau de fer. Nous sommes en pleine guerre froide.

Les dossiers en question :

(Première publication pour tous les livres)

1 – Officiel !, 1965*                                           This Is For Real, 1965
Trad. André Bellac                                             Robert Hale, Limited (Londres)
Gallimard (Série noire « Espionnage » n°918)

2 – La blonde de Pékin, 1966 (1)                       You Have Yourself a Deal, 1966 (1)
Trad. Jean-François Gravrand                             Robert Hale, Limited (Londres)
Librairie Plon

3 – C'est ma tournée, 1967                                 Have This One On Me, 1967
Trad. Janine Hérisson                                          Robert Hale, Limited (Londres)
Gallimard (Poche noire n°7)

4 – Une bouffée d'or pur, 1968* (1)                   The Whiff of Money, 1969 (1)
Trad. France Marie Watkins                               Robert Hale, Limited (Londres)
Gallimard (Poche noire n°61)

 * Avec le personnage d'Herman Radnitz
(1) L'édition originale est la traduction française publiée avant l'édition anglaise.

Une contrib' de Dan
Novembre 2016

jeudi 17 novembre 2016

vendredi 28 octobre 2016