vendredi 28 août 2026

Le charretier de la providence, Georges Simenon


Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ?
Une femme est retrouvée morte.
Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance marinier.

On fait la connaissance de la femme du colonel Sir Walter Lampson, retraité de l'armée des Indes, de Willy Marco, un ami, de la Negretti, de Lia, de Suzy, de Vladimir. Une belle équipe.
Tout ce beau monde est confiné sur un yacht. Alors, par dépit (possible), on organise des parties fines. Tout un programme.

Maigret quant à lui, fait du vélo. Il s'est mis dans la tête de rattraper "la Providence".
On se tire la bourre sur le canal.
Pas de pitié pour les lents.

Il y a dans Le Charretier de la Providence cette façon tranquille de raconter l’ordinaire en le laissant déborder, comme si chaque geste, chaque silence, portait en lui un secret que l’auteur refuse de révéler trop vite. On y avance au pas du cheval, dans une France qui n’est jamais tout à fait nommée mais qu’on reconnaît à ses chemins creux, ses villages qui sentent la pierre humide et les vies qui se frottent les unes aux autres sans faire de bruit.

Le charretier, figure presque biblique, n’a rien d’un héros : il transporte, il écoute, il endure. Mais c’est justement dans cette endurance que le roman trouve sa force. On suit cet homme comme on suivrait une vieille charrette branlante : avec une confiance un peu irrationnelle, persuadé que malgré les cahots, elle nous mènera quelque part. Et ce « quelque part » n’est pas une destination, mais une manière de regarder le monde — plus lente, plus attentive, presque obstinée.

Le roman avance comme une conversation qu’on aurait avec soi-même en marchant. Les paysages deviennent des états d’âme, les rencontres des révélations minuscules.

À la fin, on se rend compte que le charretier ne transporte pas seulement des marchandises : il transporte le lecteur, et peut-être aussi une certaine idée de la Providence, discrète, terrienne, sans miracle — juste la conviction que les chemins, même les plus cabossés, mènent quelque part quand on accepte de les suivre.


samedi 15 août 2026

Pietr le letton, Georges Simenon


Un texte traduit du POLCOD

Un homme fait le Pietr dans les lavabos d'un Pullman de l'Etoile du Nord. Une balle de 6 mm dans le buffet, le visage déformé. Maigret, en charge du comité d'accueil Gare du Nord se met sur la piste. Un Paris-Fécamp haletant.

C'est officiel : on recherche Pietr le letton !

C'est la première enquête (imprimée j'entends) du commissaire Maigret, première brigade mobile. Il a quarante-cinq ans. 

Le terrain de jeu et les méthodes à la Maigret sont posés : gare, train, visite de ville de province région, mois de novembre, "gros temps", théâtre, club, palace, Paris post et pré guerres, filatures, interrogatoires, techniques du "pied de grue".

On nous présente la famille Mortimer, et les Gorskine. 

On s'embrouille. 
On se débrouille. 
Ca tombe en quenouille. 
On revient bredouille. 
On a la trouille.
On se mouille. 

Maigret en fait un peu trop mais n'abandonne et n'abandonnera jamais. Peut-être une ou deux fois... Dommages collatéraux. Les collègues au rapport. Il en manque un. On a failli tout arrêter. Un désastre.

Une partie d'échec pipe au bec. Changement de partenaires. Des chevilles qui enflent chez les Gorskine. 

Surveillance rapprochée de celui qui n'est pas celui qu'on attend. L'autre donc ? Qui sait...Peut-être...

Allers retours intempestifs. On n'arrive parfois à ne plus savoir où l'on est.

On essaye de ne pas trop boire d'alcool de genièvre, les effets indésirables sur l'organisme sont avérés. 

On apprend que de longues aiguilles fines peuvent être très mortelles, lorsque bien appliquées. 

Les crises d'hystéries (on en parlait beaucoup encore à l'époque) font encore des ravages.

Quelques relents de racisme.

Petit "+" : la théorie de la "fissure" est dévoilée dans ce texte - alors, si j'ai bien compris le principe, on guette le moment où, derrière la façade, cad le jeu d'acteur, apparait soudain l'homme et son véritable visage. De la haute voltige ! Formalisation de la théorie en cours.

Ca se termine comme ça doit se terminer. 

Et pour fêter le retour de Maigret, Madame nous a proposé une petit "prunelle".

Pour Madame Maigret, hip hip... !

Fiche signalétique de Maigret (en construction)



 

vendredi 14 août 2026

Profilage : Georges Simenon


Georges Simenon est né le 13 février 1903 à Liège, un vendredi donc, et a contracté sans qu'on le lui demande, la nationalité belge. Il a quitté le contingent le 4 septembre 1989 à Lausanne, un lundi ! Il a donc stationné dans le secteur exactement 31 615 jours.

Il y a chez lui une manière unique de saisir la vie dans ce qu’elle a de plus simple et de plus opaque. Il traverse le XXᵉ siècle comme un funambule infatigable, laissant derrière lui une œuvre immense, presque vertigineuse, où chaque roman semble écrit d’un seul souffle. Simenon n’écrit pas : il capte. Il écoute les rues, les ports, les chambres d’hôtel, les silences lourds des cuisines au petit matin. Il observe les êtres comme on observe la mer, avec une attention qui frôle la tendresse.

Dans ses livres, les destins se nouent dans des cafés enfumés, des gares humides, des maisons modestes où l’on devine les drames derrière les rideaux tirés. Son style, dépouillé, presque nu, avance à pas feutrés. Il ne cherche pas l’effet : il cherche la vérité. Une vérité humaine, fragile, parfois sombre, toujours profondément incarnée.

Avec Maigret, Simenon invente un enquêteur qui ne traque pas seulement les coupables, mais les âmes. Le commissaire marche dans Paris comme on marche dans sa propre mémoire, attentif aux gestes, aux voix, aux vies minuscules. Il ne juge pas : il comprend. Et c’est peut-être là que réside le génie de Simenon — dans cette capacité à faire de l’empathie une méthode, de la compassion une forme de clairvoyance.

Simenon est un écrivain du monde, mais surtout un écrivain des lieux. Ses romans sentent la pluie, le tabac froid, le bois ciré, la bière tiède. Ils sont traversés par des hommes et des femmes qui vacillent, qui doutent, qui s’égarent. Ses « romans durs » plongent au cœur de ces existences ordinaires où l’on découvre, parfois, que le drame n’est jamais loin — il suffit d’un geste, d’un regard, d’une nuit trop longue.

Aujourd’hui encore, ses livres se lisent comme des confidences. Ils ne vieillissent pas : ils persistent. Parce que Simenon n’a jamais cherché à être moderne ou classique. Il a cherché à être vrai. Et cette vérité, simple, humaine, continue de toucher, de troubler, de fasciner.


Profilage effectué ce jour par Юлия

samedi 8 août 2026

Profilage : Renato Olivieri


"Ambrosio è uno di quei personaggi che si inviterebbero volentieri a casa per una sera"






Renato Olivieri, est né le 4 août 1925 à Sanguinetto, un mardi donc, et a contracté sans qu'on le lui demande, la nationalité italienne. Il a quitté le contingent le 8 février 2013 à Milan, un vendredi ! Il a donc stationné dans le secteur exactement 31 965 jours.

A été propulsé journaliste dès son entrée dans la vie fictive, et s'est spécialisé en politique étrangère. Bien des années plus tard, et c'est là qu'on dresse l'oreille, une vocation tardive de romancier l'étreint. Il sera surtout connu (en Italie surtout) pour ses romans policiers mettant en scène le commissaire milanais Giulio Ambrosio, personnage emblématique du giallo italien.

En 1978 parait Il caso Kodra, la première enquête du commissaire Ambrosio.

A son actif : quinze romans consacrés au commissaire Ambrosio, dont :

Il caso Kodra (1978)
Maledetto Ferragosto (1980)
Dunque morranno (1981)
L’indagine interrotta (1983)
Hotel Mozart (1990)
Madame Strauss (1993), récompensé par le Prix Scerbanenco.

En France, seuls les quatre premiers romans ont été traduits (à ce jour).

En 1988, Sergio Corbucci adapte Il caso Kodra dans le film I giorni del commissario Ambrosio, avec Ugo Tognazzi dans le rôle du commissaire.

La "touche" Olivieri :

une atmosphère milanaise mélancolique, très marquée;
un héros introspectif, cultivé, amateur d’art (reflet de l’auteur lui-même) ;
une écriture élégante, plus psychologique que spectaculaire.

D'après ses "tracteurs", il se distingue par une élégance narrative rare, une atmosphère mélancolique et une attention minutieuse aux détails psychologiques. Discret, de nature, mais considéré comme un maître (dans son domaine s'entend).

Résumons : 

une écriture élégante, presque classique, loin des excès du thriller moderne ;
une mélancolie diffuse, portée par un héros vieillissant, lucide, souvent désabusé ;
une attention aux détails psychologiques plutôt qu’à l’action spectaculaire ;
une exploration des ambiguïtés morales, des zones grises de la société milanaise ;
une atmosphère feutrée, parfois nocturne, qui rappelle certains auteurs français comme Simenon (à prendre avec précaution), mais avec une tonalité plus introspective.

Ses romans sont moins centrés sur l’intrigue que sur l’observation du monde, des comportements, des relations humaines. Ambrosio enquête autant sur les crimes que sur les failles de l’âme.

A noter : associé à la Ligne lombarde, courant littéraire du roman policier italien.

Pour prolonger (soltanto in italiano) : Renato Olivieri 

e ascoltare  Milano (Live) - Lucio Dalla


vendredi 15 mars 2024

Zola - Son Excellence Eugène Rougon : réaction à chaud

 "Le portrait d'un être dévoré par l'appétit du pouvoir, pur produit d'une société pourrie jusqu'à la moëlle." (4è de couv')

 
Petit manuel à l'usage de ceuxcelles qui souhaitent se lancer dans l'activité (lucrative?) politique.

Un texte peu connu du grand public (il semblerait) mais qui a du être feuilleté par un grand nombre de personnes qui se chamaillent jour et nuit pour un oui pour un non.

Un peu moins de bruit les gars, on voudrait bien dormir nous zôtres, on bosse demain !!!


vendredi 1 mars 2024

La faute de l'abbé Mouret, Emile Zola

 Déniaisement en règle en 3 actes

Très pastoral. 

Sur fond de jardin des premiers temps, le chemin initiatique d'un Mouret qui ne s'est pas brûlé les ailes, un descendant des Rougon-Macquart. 

Le process : 

Convictions. Doutes. Affaiblissement. Chute. Délirium tremens "severus". Récupération in extremis. Promenade en forêt. Lâché de colombes. Les premiers émois. Frémissement. Partage. Bonheur (?). Réveil en fanfare. Les perdants baissent la tête. Les vainqueurs également. Le match nul. La balle au centre. 

Que reste-t-il de l'Amour ?

Un excellent sujet d'actualité. En fait, tous les sujets abordés jusqu'à présent sont d'actualité. Et on est en 2024 quand même. Rien ne change donc ? C'est ça le contrat ?

 


jeudi 15 février 2024

La conquête de Plassans, Emile Zola

- On fait un chat perché Blvd ?
- Une partie de volant, plutôt !



Un drôle de type que cet abbé Faujas. Avec ses manières, sa discrétion agaçante, sa mère tout aussi discrète (et sournoise en prime), et ses parasites familiaux. 

A l'attaque ! 

Plassans en ligne de mire. Les salons ne sont plus jaunes mais tout aussi remplis. Intrigues au programme, rassemblements sous la tonnelle, oeuvres caritatives et tout le tintoin.

Ses logeurs, Mouret et sa femme, Marthe (une Macquart), des gens "bien comme il faut" sont complètement débordés. La maison est prise d'assaut. Les sentiments s'exacerbent. Les enfants sont négligés. La famille explose. 

Une nouvelle démonstration de force. Rien d'autre que le Pouvoir en marche. Lente ascension, sûre et pérenne.  

Mais évidemment, c'était sans compter sur Murphy et sa célèbre loi, à moins que ce ne soit tout simplement le souffle de la vie qui régulièrement balaie les excréments et les poussières toxiques qui jonchent les seuils.

Bye


jeudi 1 février 2024

Le ventre de Paris, Emile Zola

"Ce gueux de Paris" 

Le ventre de Paris


Si vous croisez la Saget (et il y en a encore des tonnes!), changez de trottoir, ça vaudra mieux ! 

Pareil pour la Lisa.

Bon d'accord, Florent n'a pas été bien fin tout perché qu'il était dans ses étoiles. Mais bon sang de sang, combien de fois l'a-t-on répété : quand on part on ne revient pas. Ne jamais revisiter son passé son ancien quartier, c'est la base. Un gros ventre tout chaud, tout moëlleux, tout crasseux, tout pourri de l'intérieur, porté à bout de bras par des commerçants. La mort rôde à tous les étages

- Tu viens manger Blvd ? 

- J'ai plus faim !

dimanche 14 janvier 2024

La curée, Emile Zola

 

Une belle démonstration !

Mais comment donc ? 
Les enseignements (?) soufflés par Dame Histoire, 
auraient-t-ils ce pouvoir magique 
de ressusciter et de prolonger le passé ? 

La suite risque d'être sévère avec nous autres pauvres poches de sang !   

Pas de solutions en vue, désolé !

jeudi 2 mars 2023

Billy Summers, Stephen King

 


Un récit qui se déroule pré-guerre bactériologique. Et d'emblée ça dénonce : 

"... un monde dans lequel un escroc peut se faire élire..." 

L'histoire du monde ?

Pour la présentation officielle du programme, c'est , avec en prime quelques ressentis.

Sinon, pour compléter,

Ex marine. Ex Irak. Le célèbre meilleur tueur à gage de son temps, Billy Summers, est embauché pour tuer un autre tueur à gage. Mais, de source sûre, celui-là est méchant. 

Qu'on soit bien d'accord. Ce n'est pas Billy le méchant (un petit peu quand même), mais l'autre. 

Encore l'histoire du monde ?

La mise en place est alambiquée (imho), avec du placement de produits (liste disponible sur demande), et de culture. 

Billy se fond dans la masse. 

Travestissements, Monopoly et barbecue en famille sont au programme.

Les voisins sont sympas et vigilent avec zèle. 

Les collègues font de leur mieux. Ambiance boulot boulot. 

Des questionnements sur le pourquoi du comment de la vie.

Trahisons, confiance, amour, plaisir, cavales, cavalcades et cascades.

Un texte pour les ceux qui ont des envies d'écriture, de grands espaces, de lumière.

Un texte sur les traces... qu'on laisse et qu'on efface... et puis, au final, qui réapparaissent.

Un texte où les consignes sont répétées sans relâche. Au cas où.

Thérèse Raquin et Robert Stone sont propulsés.

Pour la bande son, on pioche dans les souvenirs d'enfance.

à méditer : "inutile de s'inquiéter pour une chose qu'on ne peut pas contrôler"   

à sur-méditer 


Bye

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...