Une petite fièvre .38
Le conteur, au chevet du malade, délivre avec la précision d'un caissier, sa version des faits.
Est-il utile de dire que l'action principale se déroule dans la Nièvre ? Est-il utile de dire que Jean, Félix, Maurice, Rose, Nine, Fernande et les autres n'ont fait que leur devoir ? Est-il utile de dire que ces personnages sont emplis de sang et de sens ? Est-il utile d'évoquer toute la détresse et la solitude de ces poches flasques, bombées, ou tendues à l'excès, composées, recomposées et décomposées ? Est-il utile de claironner dans la campagne son besoin d'exister ? Est-il utile de rappeler les règles de base du vivre entre soi ? Est-il nécessaire de juger le prochain sur la liste ? Est-il utile de rappeler qu'à défaut l'oubli est la solution ? Est-il vain de plaindre le(a) prochain(e) victim(e) ? Est-il utile de rappeler que chaque décision est une version inachevée de l'indécision ? Est-il possible que la somme de petits riens fasse le Tout ? Est-il utile d'affirmer que les mensonges s'imaginent vrais ? ...
Tout est couché, bordé, et imposé avec tellement de délicatesse qu'on peut se demander sincèrement si hier existera encore.
- Tu peux aller en cuisine Blvd, on a réussi a sauver des quenelles, une croûte aux rognons, un demi-Pouilly et un fond de marc.
(Minute de silence)
... une petite pensée pour les ancien(ne)s de la samar' : là