lundi 20 juin 2016

Cul-de-sac, Douglas Kennedy, The Dead Heart

Inauguration de la catégorie GIFT


Sagesse australienne :

Trop de précipitation nuit !

Nick Hawthorn, journaliste de base américain, fait une escapade en Australie pour se dégourdir un peu les jambes et les méninges. Cela ressemble plus quand même à une remise à niveau des fondamentaux. Une sorte de coupure après un passage à vide.
La partie se déroule dans le coeur mort et/ou rouge de l'Australie
Point de départ : Darwin.
Spot d'arrivée : Perth

Darwin n'est pas à la hauteur des ambitions de Nick.

Il décide :
petit 1 : de refumer (ça se défend). Au rythme de deux paquets de Camel par jour
petit 2 : de se noyer dans de la Schiltz et de la Swan (ça se défend aussi)
petit 3 : d'acheter un combi ww 1972
petit 4 :  de prendre la route vers le sud... de nuit
petit 5 : d'enlever le kangourou placé travers de sa route
petit 6 : de se laisser emporter par l'inconnu

La route est toujours longue quand on n'est pas du coin. Heureusement le destin fait toujours ce qu'il faut pour qu'elle soit joyeuse et riche d'enseignements.

Aux abords d'une station service, Nick se fait harponner par une jolie demoiselle en quête d'un mâle. Bingo. Jackpot. Groslot. Une aventure fabuleuse l'attend. Direction Wollanup, l'endroit le plus, comment dire... le moins... Un lieu hautement toxique. Si ce n'est, le plus toxique de la planète (du point de vue de Nick évidemment). Un bourg placé à seize heures de toute civilisation. Aucun représentant de l'ordre. Ni flic, ni tribunal. Pas de propriété privée. Des lois simples. Une organisation utopique rompue aux techniques de survie dans le désert . Une société en marge de la civilisation.

Avis aux amateurs du concept.

On rencontre des allumés de la foi inconditionnelle, des licenciés, des toubibs spécialistes de l'appendicite, des jeunes filles en fleurs et en pleurs, des alcooliques, des profiteurs, des arnaqueurs, des franchement pas net(te)s, des épouses lasses, des tontons, des beaux-papas et belles-mamans, des neveux nerveux, des instit's, des bouchers, un c..., des garagistes, des palaces, des bidonvilles, des kangourous...

Les repas sur la route sont forcés : steaks incinérés, frites molles, kangourous, pruneaux et ananas en boite...  mais z'ôssi, tournedos poêlés, coeurs de céleris braisés au beurre aillé, salades de tomates.
L'humidification des gosiers se fait avec de l'Export, mais z'ôssi avec un Cabernet Sauvigon Cap Mentelle.

Les cigarettes sont exclusivement roulées.

Pour les plus délicats on propose une délectation de vin (thérapie contre l'embrigadement), et l'écoute en boucle du concerto pour clarinette de Mozart.

On regrette juste l'absence criante d'ombre sur la piste.

Thèmes abordés : le mariage, la famille, la quarantaine, une illustration de la traversée du désert, l'évasion, de l'utilité de trouver des alliés, les campements en marge de la société, les dérives maîtrisées des institutions et organisations, l'ambition des dirigementeurs, les process alternatifs en question action (type : monnaies locales).

On donne un prix au temps. On attaque le bien par le bien. Et on souhaite mourir riche à tout prix.

Raymond Chandler est référencé quelque part dans le dossier (les pépins...)
.
Le rapporteur (moraliste ?) propose cette petite fable sur le ton l'humour. Subtil, désabusé, enthousiaste. Thèmes toujours d'actualité. Une version Série Noire. Un bon dossier (imho). A classer et conseiller à l'occasion. Les occasions ne devraient pas manquer avec tout ce tapage.

Merci l'ami !

Question pour la prochaine séance : le travail nous aiderait-il à passer le Temps ?
Pour les plus braves, aucune obligation : ici



jeudi 9 juin 2016

Seuls sont les indomptés, Edward Abbey, The Brave Cowboy

Guitare, carabine, duvet, cheval, demi-miche de pain au seigle, fromage, salami, oranges, tabac (London Dock), pipe, un baiser doux, cartouchière, gourde, ... et couteau.
- Je t'ai mis la liste des courses sur la table de la cuisine. Ne l'oublie avant de partir Blvd ! .. et si tu penses à aut' chose... Pense à revenir aussi.... On mange à sept heures !!!
- D'ac' ! j'en profiterai également pour descendre la poubelle. T'inquiète. 


Avertissement : ce texte est déconseillé aux âmes désensibilisées.



Jack Burns met le feu aux poudres et prend la poudre d'escampette.

Jack est un véritable garçon vacher des Etats-Unis d'Amérique. Un "rescapé de justesse" de la folie des grands z'hommes constructeurs et destructeur.
Il chevauche fièrement son cheval d'Est en Ouest et du Nord au Sud, en toute saison et par tous les temps.
Jack, c'est un type bizarre (?). Un épris de liberté (??). Il fume du tabac Bull Durham et garde au fond de sa poche une oreille de taureau desséchée, noire et ratatinée (???). Au cas où...
  
Le temps de la modernité s'installe tranquillement.autour de lui. 

Pour tuer le temps, Jack se découvre une véritable passion pour le sauvetage en plaine-montagne. Dans ce dossier, il décide de tendre la main à une mère et son gosse, du côté des Sangre Mountains. 
Le mari, lui, est absent (ben voyons !). Mais pas sa faute... Enfin si... Il est encabané pour un temps indéterminé. Une sombre histoire de conscription non honorée. 

Pas de hasard. Le mari, on l'appellera Paul, est un ami très cher de Jack. Ce qui fait que Jack, de lui-même, se porte volontaire pour le faire évader. La méthode retenue est simple. Il décide d'..............

Combat inédit d'unibras droit dans un bar. 
Plongée dans l'univers carcéral des années 50.

Une franche et sympathique ambiance de camaraderie m.... s'installe. On devise, on philosophe, on pèse le pour et le contre, on fanfaronne, on se dégonfle. Il y a ceux qui râlent, mais avouent aimer ce pauvre monde. Il y a ceux qui font un refus en bloc du système proposé. Et il y a ceux qui s'en b..... les ........
Pour bien enfoncer le clou, on nous propose une séance d'enrichissement immobilier. Il y a ceux qui veulent devenir riches, et les ceux non (?).

Question restauration, le plat du jour à la cantine est composé invariablement de fayots (natures et croquants) et d'une tranche de pain. Le café clôt le rituel du repas. Pas de cigarettes. Approvisionnement défectueux. 

On rentre et on sort. Une évasion qui se présente bien. Enfinquasi. La tête est bien passée. Reste les hanches.

Une chasse à l'homme gigantesque. Un grand classique. Une équipe est envoyée sur le terrain, dirigée par Johnson, le shérif du Comté, grand mâcheur de boule de gomme et gratouilleur professionnel. Des milices de villageois biens intentionnés se forment et se proposent en renforts.
Mitraillettes à la main, pisteurs indiens, hélicos, aviation.... Le grand jeu. 

Juste pour rappel : le type (Jack) au mieux n'est pas à jour dans sa cotis', au pire n'a pas payé son écot de citoyen.  

Les journalistes s'emmêlent. Les pâles cafouillent. Ca tire dans tous les sens.

On pourrait penser que ça ne se termine pas bien (imho). Mais certains y verront sûrement du positif dans tout ça.

Quoiqu'il en soit, on est en présence d'une amitié complexe et compliquée, dont les mécanismes échappent un peu à la rédaction..
Quoiqu'il en soit, le chasseur cueilleur sera toujours l'ennemi du chasseur de prime. 
Quoiqu'il en soit, on prône déjà la désobéissance civile. 
Quoiqu'il en soit, un bon dossier, solide et bien argumenté,
Quoiqu'il en soit, l'exemplaire est de nouveau disponible sur son étagère municipale
Quoiqu'il en soit, la Direction va organiser pour les fêtes une veillée d'apaisement du côté de Chihuahua. et organisera une collecte pour se procurer la première édition du dossier. On parle de fortes sommes. 

Maestro : Trail to Mexico


samedi 4 juin 2016

Roseanna, M. Sjöwall & P. Wahlöö

- Il semblerait donc qu'une grosse... "hum hum" ne porte pas bonheur à celles qui la portent.
- ???

La rédaction laisse les rapporteur(e)s de ce dossier assumer seul(e)s cette affirmation.




Une enquête policière du siècle dernier - années 60-, à la suédoise, fortement soutenue par l'Amicale et accessoirement par le réseau nord-américain. Période de Noël (pour la conclusion). Un cadeau de bienvenue.
C'est comme si on y était.

C'est parti :

Un corps fortement humidifié, non identifié - et non identifiable au stade un de l'enquête - est retrouvé dans les eaux d'un canal suédois. Le sas de Borenshult précisément.
Branle-bas de combat. Réquisition des transports en commun. C'est Martin Beck qui assure la liaison Stockholm/Motala et commente la visite. On optimise déjà les ressources.
Les descriptions du corps repêché sont précises. On va même jusqu'à déclarer que les genoux sont cagneux. Malgré toutes ces précisions et un professionnalisme irréprochable, rien n'y fait. Le mystère de l'inconnue du canal reste entier. Et l'enquête piétine un bon moment. On dépasse les cent pages quand même, ce qui représente, grosso modo, trois mois en temps polar.

Martin doute, se remet en question, éprouve la solitude du guerrier. Son couple tangue, la vision des enfants s'estompe. La vie. Sa vie de flic bien occupée. 

Mais Beck est "têtu, logique et calme" (orgueilleux ?). Il se décide à appliquer la fameuse méthode de l'entonnoir. Celle qui élimine les suspect(e)s par lots dédiés. Celle qui croise et identifie avec agilité les agendas frelatés. Celle qui rassure et ravit les adeptes de la célèbre coupe budgétaire et de la salutaire éradication des importun(e)s... En clair l'idée de base consiste à obtenir moins de suspects. En tout cas, moins que les quatre-vingt-cinq présentés un par un répertorié(e)s.

Confirmé : c'est un travail de Titans... mais ce sont les fourmis, comme d'hab', qui se mettent à l'ouvrage . 

Les filles sont mises rapidement sur la touche (ça va encore râler!). On ne garde que les mâles.

Belotte, re-, et dix de der. On reprends tout de zéro. Travaux de bureau. Profilages. Filages et filatures. Mises en situation, bluff, sauvetages, corps à corps chaleureux et valeureux... Du classique réconfortant.

On croise : Kafka - un homonyme des Amériques -, des marchands de saucisse ambulants, un coureur de 400 mètres  "gros" fumeur qui coure le 400 mètres, une équipe de policiers soudée, un flic qui rumine, un homme qui s'isole, un flic enrhumé (le même qui rumine), une fliquette téméraire, des femmes... fermes et des hommes... mornes, un colonel en retraite, des suspect(e)s, des interrogé(e)s, quelques troublé(e)s, surtout un, quelques sérieux-ses, quelques absent(e)s, un "gros client" à perception décalée et au positionnement compliqué dans l'espace public et juridique ambiant.

Compléments :

On référence la loi Harrison, on prend un cours gratuit de stratégie militaire (bonus : évocation de la division Azur), les cigarettes utilisés par la régie sont des Florida, l'échange de biens s'effectue en öre, il existe des problèmes de communication et ... de communications. La police de Toulouse est évoquée...Celle de Lincoln est notée large.

Classique pour ces contrées : maîtrise parfaite de la langue anglaise
Remarquable : Brigitte Bardot est citée deux fois. Et le mot manchette est associé à clavicule.

Pour les boissons, on nous sert de l'aquavit, de la bière, du lait et une autre substance dont le nom m'échappe.

Pour les accros de la précision : le dernier repas de la malheureuse condamnée fut un ensemble de denrées, composé d'un beefsteak, de pommes de terre, le tout arrosé d'un verre de lait.

Le(s) thèmes : le métier de policier (en cours de traitement), la question des médias (toujours pas réglée à ce jour), la gente féminine pointée du doigt (?), les magazines de charmes (sauvés in extremis de la lapidation), la parentalité, la vie de couple, les relations au travail... 

Une belle enquête avec transformation à la clé.

La 87è Compagnie a encore sévi.  Les rapports intermédiaires sont précis et nombreux. Le dossier est complet. Une mise aux archives s'impose. Juste le temps de dépoussiérer l'étagère consacrée aux enquêtes des bureaux de police. Inauguration prévue dans les prochains jours.  

ajøː  
autrement dit adjö 

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...