dimanche 22 février 2015

La fille de mes rêves, Donald Westlake, The Girl of My Dream


Une novella c'est un peu comme un petit caillou (ou un gros... ou un moyen... Tout autre corps solide ferait aussi bien l'affaire !) que l'on jette à la surface d'un élément liquide.
Au moment de sa pénétration dans ce liquide, s'ensuit un processus extraordinairement simple et pourtant si complexe à appréhender. 
Une suite d'actions et de comportements hautement prévisibles pour qui sait observer et toujours source d'émois. 
Une envie d'avancer dans l'inconnu, une agression franche et souhaitée, une lutte perdue d'avance, un enfouissement généreux, une disparition apparente, et des ondes... De nombreuses ondes... Diffuses... Des signaux qui s'éloignent tranquillement...

Ne plus rien toucher. Ne plus rien déplacer. Revenir à la source.
     
Le rapporteur aborde le thème de l'activité onirique poussée à l'extrême. La métempsychose est en embuscade. Les coûts cachés des rêves sont exorbitants. La pitié ne fait pas loi. Chacun sa place et une place pour chacun. 

Peut-être une pensée prémonitoire pour le monde merveilleux de l'internet. 
Qui sait ?  

4 - Le voyageur mystérieux, Maurice Leblanc

Lupin est en chasse. Façon de parler... Un déplacement professionnel qui tourne au voyage d'agrément.

La gare Saint-Lazare est bien surveillée. En tout cas, à défaut d'attraper un Lupin, la maréchaussée, informée de sa présence dans le train à destination de Rouen, a lâché les chiens. Ce n'est pas rien. Un gros travail de médisance surveillance. Bravo les gars du bon boulot !

(début de parenthèse) Les bétaillères de l'époque sont charmantes. Les indésirables commuters sont déjà identifiés. Bavardages intempestifs, bruits suspects troublants, fragrances diverses, variées et peu communes, éternuements, crachotis, places réservées, parties de cartes, sonneries portab', annexe de bureau, traitements d'affaires hautement stratégiques, échanges d'opinions, volumes écouteurs saturés, et j'en passe... Joyeusetés des parties communes.

- Nous informons notre aimable clientèle que le train est arrêté en pleine voie. Merci de ne pas jouer avec les portières... Un obus sur la voie... Mille personnes (estimation basse) pour un bus... Le préfet est en congés... (fin de parenthèse).

Une ambiance à ch... dans le compartiment. Au grand désespoir de la rombière présente, clins d'oeil à l'appui, Arsène fait un petit somme. Ce sont les hurlements de la dame qui le remettent dans le sens de la marche. Un voyageur imprudent vient de se faire la chambrée. Lupin est piégé.
Une course poursuite s'organise. On envoie les cartons d'invitation. Rallye dans la campagne normande. Un "must". Arsène sort sa Moreau-Lepton. La police à ses côtés. C'est beau la transversalité. On travaille main dans la main. Arsène Lupin manipule.

Cas d'école. Un sujet sur les défauts de connections des poches de sang. Toujours un problème de réglages. On ne juge pas. On ne prend pas partie. Par contre on sacque sévère. Philosophe ou pas. Que chacun prenne ses responsabilités. Non mais sans blague...   

La réflexion du jour : "Et qui que nous soyons, ne sommes-nous pas autre(s) ?" Pour illustrer cette intervention sauvage, la Direction conseille une lecture simultanée aux conséquences inédites : 


- Gaffe quand même ! Bye.

mercredi 18 février 2015

Vendredi 13, David Goodis, Black Friday

- T'es en retard blʌd ! 
- Je sais. Brelan de 6 !
- Mieux... Carré de rois par les dames !
- ??? ! 

Dossier :Vendredi 13
Auteur :David Goodis
Bannière :  Gallimard  
Section : Série Noire 
n° : 279
Corps : les Solitaires Réunis
Motto : je ne me ferai pas que des ennemis, mais principalement...
Campagne : 1955
Date Edition : mai 1998
Nbre de pages :217
Prise de possession : proche Opéra de M'sieur Garnier
Lieu :  Paris
Retour : néant
Appel à contribution : Catégorie 4 (?)
Contribution réelle :  1,00 € (le prix du Juste. Un beau ticket d'entrée.)
Mention spéciale pour l'interprète : François Gromaire

 Un dossier brulant. Une partie de poker qui tourne mal. Un climat déréglé. Un speed dating mucho caliente (?). Un agenda facétieux. Une mutinerie en préparation. Une mignonne collante. Des coincés du cigare. Un brûleur encrassé... Du calcium sûrement. Pas facile d'être chef de meute.

Charley recrute.

- Bonjour ! Je viens pour l'annonce.  Vous êtes Charley ?-
 Non, je ne suis pas Charley !
- Mon nom est Hart. Al Hart, coach certifié... J'ai rendez-vous à avec Charley.
- Revenez demain, il est très occupé en ce moment... Pas préparé du tout. Le business... Objectifs... Rentabilité... Une boite à faire tourner. Des employés. Logistique. Marketing. Financement. Trésorerie. BFR... Ah le fameux BFR ! Des millions et des millions à brasser depuis peu. Répartir. Enfouir. Détourner. Des prêteurs. La gloire... Surtout pour les autres... Les pognongneux... Les récupérateurs de cendres. Toujours... C'est bien normal... 

Recrutement réussi. Hart fait son show. En arrivant à Philadelphie, il apporte dans ses bagages un peu de sa gaité New-Orléanaise. C'est l'équipe de Charley qui en profite. Weekend d'intégration réussi. L'équipe est expérimentée. Le dossier bien ficelé. Deux trois réglages à faire. Pas plus. Une combustion laborieuse. Un découpage des tâches.

On passe les troupes en revue :  attention aux clichés.
Chez les gars : Charley (le chef), Mattone (l'agressif), Rizzio (le simple), Hart (le dégagé)
Chez les filles : Frieda (la blonde collante), Myrna (la brune mignonne toute menue)
Hors jeu : Paul (le Grand Brulé)

En attendant le jour J. 
"What about going around the table ?" Les parties de poker sont animées. Gin. Dizzie Gillespie en fond. Un climat exécrable. L'attente est longue. Pesante. Un remontement de bretelles et de noyaux en bonne et due forme. C'est à ses choix que l'on reconnait un Chef. Un vrai. On prend un cours de boxe et de politique, rapport à une droite au front (?) et une gauche foudroyante (?). L'accompagnement fin de vie est évoquée. La maladie aussi. On évoque par images interposée le faux père Noël. On référence Corot. On parle de Kid Gavilan. Un truc à faire frémir vu de maintenant. C'était un jeudi, certes, mais un 13 quand même. Et comme on dit, nous par chez nous : les dates ça se célèbrent toujours la veille !
On parle d'Arsène à mots couverts (p.83 édition 98), en tout cas son profil approchant...
On en apprend toujours un peu plus sur le type "ying" (p. 138 toujours dans la même édition). On sent le vécu. 
On fume.
On ne fait pas d'efforts sur les recettes culinaires (c'est regrettable).
La technique de combat répertoriée (viser les yeux) n'est pas homologuée.
 
Ca sonne vrai. C'est joli. Un peu brutal. Mais parfois souvent il faut forcer pour que ça rentre. Un beau texte avec tout plein de sentiments, des faits, défaits, des méfaits... Un bazar de première classe. Certains font face. D'autres pas. La vie qui coule. Une perf' enrichie à la testo. Même les gamines en bouffent. Le grand jeu. Attention effets indésirables.


Approved by blʌdʒən


- Bon ben c'est pas l'tout. Je vais rallumer la chaudière Charley ! T'as d'quoi mettre dedans ?



  





mercredi 11 février 2015

Pas de dragées pour le baptême, Jean Dorcino

Dossier :Pas de dragées pour le baptême
Auteur : Jean Dorcino
Bannière :  Gallimard  
Section : Série Noire 
n° :371
Corps :les gars de la Bastoche
Campagne :  1957
Devise :Touche plus à rien mec !
Date Edition : mai 1957
ISBN : 
Nbre de pages :184 
Prise de possession : quai de Seine rive droite
Lieu :  Paris
Retour : néant
Appel à contribution :  220 fr + T.L.
Contribution réelle    :  4,00 € (coûteux mais complet)


Pour plus de confort de lecture, la Direction invite le lecteur à appuyer sur le bouton "Années 50". En cas d'absence de cette fonction - certains modèles récents n'intègrent plus cette fonction - il est conseillé de coupler la lecture avec la discographie intégrale  période loubard du chanteur de la Paname.  

Le staff : Tilouis, Dédé, Loulou, Gégène, Filhol... On est dans le quartier bastoche-roquette. Un classique. Les petites frappes se dérouillent... et dérouillent aussi.

Le dossier : pour Tilouis, un gentil (?) p'tit gars de Paris, frapper tuer c'est exister. Pas facile de vivre en homme... Pas évident de se glisser dans la peau d'un voyou...
En épluchant les archives on peut raisonnablement affirmer que tout commence une fin de nuit de novembre. Un problème d'emplacement semble-t-il et un titre de propriété frelaté. M'sieur Fernand est sûr de son bon droit. Preuve à l'appui (?) il est le locataire historique de la bouche de chaleur située à l'angle de la Monnaie et du boulevard, cent cinquante pas à droite du Pont Neuf. Ca part tranquillement en vrille. Une boulette en propose une autre. C'est sans fin... On arpente le pavée parisien. On fricote. On se redresse. On se sent invincible. L'effet euphorisant est de courte durée. Les "profilers" de la maison sont sur le coup. Filature, course poursuite, interrogatoires tout en finesse...

De l'ouvrage de précision. Simple. Pratique. Utile (?). Le mécanisme d'engrenage est bien réglé. L'huile utilisé est fournie par le constructeur.

Le greffier évoque Jean Anouilh et Brassens (une fixation sur la moustache. A surveiller !). Le travestissement est de mise.

Au menu : Poulet arrosé de Juliénas, et huitres humectées de Chablis.  
En fin de vacances : soupe aux haricots, viande et pain




dimanche 8 février 2015

3 - L'évasion d'Arsène Lupin, Maurice Leblanc

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEipSyMg82NMpSewzCn54GoI-fQMhIqpVPeaScKj5JT0dPROvfm07IIV0YNN8PeYpLRapDWEjRWR9fnWI3oHBApLctCZXm1wIOiGbGTUvDZbyuKZQd1JciJjsEcEuB8VzG_M7sZwD3Ey2NQ/s1600/Gentleman+cambrioleur+(2).jpg- Che vais faire un tour les amis ! Et che veux qu'à mon retour tout soit au poil dans la cellule 24 ! C'est bien compris ?
- Gare Garde à vous !

Le chef de la Sûreté,  le juge d'instruction, le gardien et le dirlo font les quatre sympas devant la geôle d'Arsène. On dirait pas comme ça, mais ces Grands Hommes, gardiens du Bien... vouent un vrai culte pour les héros.

Pas dupe du tout et encore moins émotif, le Sieur Lupin, le vrai, garde bien sa ligne en cultivant son image auprès de ses admirateurs (trices). Les détails ne trompent pas. Il y a toujours un manuel d'Epictète et un cigare à portée de mains... On en est sûr maintenant :  Lupin fait dans la provoc'. La prison le grise. C'est ainsi. Petite ballade de santé hors de la Santé. Quai de l'horloge, Palais de Justice, pont Saint-Michel. Rue Saint Jacques. On prend le petit-déj' en terrasse. On se renseigne sur les horaires de bus. 
Changement d'identité (encore ? C'est une manie !). La faux vrai faux Baudru Lupin embrouille tout le monde. Appelé à la rescousse, Ganimard ne fait qu'établir un constat. Un travail utile pour remplir les dossiers mais contre-productif point de vue résolution. Et c'est donc une fois de plus, la moustache humide, que le policier accepte l'humiliation. Un beau joueur tout en humilité. Une force vitale dans ce beau métier ...

On va toujours plus loin avec Lupin :
Expériences professionnelles (non confirmées par l'intéressé mais fortes présomptions) : prestidigitateur chez Rostat, laborantin chez Altier à Saint-Louis, coureur cycliste et champion de la petite Reine, sauveteur professionnel. S'est illustré notamment lors de la grande vente du Bazar de la Charité. "Tout doit disparaitre". Fort heureusement (?) les bobines (et le cinéma) ont été sauvées.  
R&D : des travaux inachevés sur les maladies de peaux. Injections hypodermique, utilisation d'acide pyrogallique...
Simples : les bienfaits de la chélidoine  
Fumoir : Cigare Henri Clay de l'époque cubaine
Lecture : le culte des héros, Carlyle et le manuel d'Epictète, ci-dessus évoqué.
Technique de combat : jiu-jitsu
la Spéciale : udi-shi-ghi

Dans l'agenda : rendez-vous demain à l'ambassade d'Anglettere.

Blvd

dimanche 1 février 2015

Zina et Lechien, Marc Villard

Un sujet sur la mort... Peut-être...

Celle des autres, celle qui, entendons-nous bien, a ce petit côté exotique immédiat de procurer dans les tréfonds de l'âme la sensation de pouvoir bénéficier à moyen terme d'un peu plus d'oxygène à inhaler.

Mais il faut se rendre à l'évidence, à tous coups, cette impression disparait très rapidement, ce qui fait que la descente n'en est que plus douloureuse. C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle on envoie toujours l'hélico illico sur place, les pleureuses du quartier. Histoire de ramener tout le monde à la raison et ne pas perdre de temps inutilement.

- C'est sérieux bon sang la vie !

Un accident de la route. Des photos compromettantes. Des dommages collatéraux... La communauté des SDF se rebiffe. C'était bien vu quand même, Lechien ! La prochaine fois tu feras mieux, j'en suis sûr. Manque de réalisme.  Sûrement... Manque de soutien surtout.

Lechien, SDF de son état, statut imposé, non encadré (par la loi), surveillé, ignoré, accepté, toléré, méprisé, intoxiqué par nécessité accident relations. En souffrance... Vit en couple avec Zina, une cultivatrice qui fait également dans l'accompagnement occasionnel. 

La chance d'une vie (une presque combinaison de loto) : un accident survenu de bon matin (le monde appartient aux lɛv.to  parait-il) dans le tunnel des Halles (Paris, France) l'occasion de se faire refaire une beauté. Survivre coûte que coûte. Pas de quartiers. On va les saigner. Comme énoncé en accroche ci-dessus, des photos compromettantes sont retrouvées dans la bagnole. Chantage. Eliminations. Filatures. Dommages collatéraux (redite)... Car la pêche au Gros, c'est que pour les Gros.

Dans le cas présent le problème vient du matériel. Vous pensez bien. On ne s'improvise pas B...... au pied levé. B.... au mieux.

Dans cette atmosphère étouffante, la Direction propose pour se détendre le jeu des Relations (réponses multiples acceptées) accompagné d'un Roederer, la boisson qui coule à flot sur les flots. C'est parti :
  
Des intoxiqués ?  géopolitique dealers distributeurs. 
Des gagnants ? perdants (beaucoup de perdants, référence au principe de la longue queue, de la chaîne, etc.)
Des politiques ? journalistes
Des Jeunes ? Vieux
Des vieux ? ..........
Des Gros ? riches
Des riches ? esclaves pauvres moins riches
Des légumes ? pourris  jardins
Des parapluies ? chiens et chats

A vous : 
.....

Et tout ça en 41 ou 42 pages (selon comment on compte). C'est pas mal du tout.  Ca pourrait même donner envie d'aller arpenter la nef de l'Eglise du Forum des Halles pour s'imprégner. Pas l'inachevée, celle des commerçants. Celle qui maintient. Non ! Je parle de celle qui recrache tous les jours des milliers de millions de milliards de poches anémiées.

blʌdʒən


Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...