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mardi 17 mai 2016

Coeurs solitaires, John Harvey, Lonely Hearts


La Direction s'engage :

Attention rare : ce livre (un peu écorné à présent) a vu : la mer d'Iroise, la Manche, la campagne bretonne, les bourgs et cités de la terre du bout, la campagne du bas des Hauts de France, la Grande Citém'uzée - le parc d'attraction pour Gens Zézé trèszézé -,  les transports en commun, les routes secondaires, les twa.lɛt du Père Cando, le fond de la poche droite du pardessus de Blvd, le bistrot de la Mère Cantine (la table dans le fond à gauche). Il faut bien dire quand même qu' ... il n'a pas vu l'Alsace et la Lorraine, les dessous de la Loire, les poussières et toiles qui gisent au-dessus du meuble de cuisine et la les chats de la voisine.

Ce livre a été tenu à deux mains et à bout de bras, et à une main chaque fois que nécessaire, fermement et avec enthousiasme.
Il a été un bon bout de temps dans le champ de vision de Mâm' Moitiez. Sans conséquence particulière.

Ce texte porte le numéro 91 dans le classement 100 des Amis.



Donc :

Charlie Resnick, flic anglais, petite quarantaine, une tendance à l'embonpoint, le visage fatigué.
- Les cabines anglaises étaient encore debout. Le beeper faisait une timide apparition- un mariage raté, des horizons restreints (pour ce désagrément consulter Tchouang Tseu). Une ambiance qui transpire la morosité. Le train train du quotidien d'un commissariat de quartier. Série de cambriolages. Femmes assassinées. Enfance maltraitée et abus de position dominante. Et bien d'autres. La base.
La police ne se plaint pas. Pas encore.
Inadaptation aux changements d'époques. On étudie attentivement la nostalgie (l'arthrite de l'esprit), les relations de couples, les relations entre humains, les interactions et transfusions entre poches de sang consentantes.
On aborde le thème de la solitude, de la recherche de l'âme soeur, du mariage, de la vie couplée, du chacun chez soi et, kɔ̃.kɔ.mi.ta.mɑ̃, de celui des enfants en milieu hostile.

On déconstruit lentement.

On mange à l'anglaise (et c'est heureux)  :  sandwiches fromage oignons, pastrami moutarde, quiche, frites, salade de pomme de terre, oignons à la ciboulette, charlotte à l'abricot.
On déplore l'absence de petits pois mentholés.
On humidifie le tout avec du vin blanc/soda et de la vodka.
On clin d'oeil Jack Kerouac.
On sifflote avec enthousiasme les saltimbanques disponibles :  Billie Holiday, Franck Sinatra, Chopin, Elsner, Lutoslawski, Stevie Wonder..
 
Une étude troublante sur l'état de l'humanité en milieu urbain

Un dossier solide. A classer du côté des commissariats répertoriés. 
La Direction n'envisage pas de se procurer tous les rapports de Resnick et d'éplucher tous ses compte-rendus d'audience. Elle prévient le lecteur qu'en cas de récidive il sera plus judicieux de prendre plus de notes.
Elle regrette, tout est de sa faute, un petit moment de flottement en pleine mer, mais à l'approche des côtes le moral des troupes s'est amélioré.

Un texte miné de tout plein de jolies attentions et intentions. On envisage même de s'échanger les mouchoirs (propres ou pas).  
 
Spécial remerciements aux amis partageurs.

Goodbye

vendredi 29 mai 2015

Les orpailleurs, Thierry Jonquet

- Salut blʌd, alors tu vas à la rencontre de tes voisins ce soir ?
- Tu te fous de ma eule ? Et pis quoi encore ! Vu les derniers scores affichés sur la porte de ma mairie dernièrement, plutôt crever  me couper une main, oui. Et comme disait mon grand-oncle, maintenant au cimetière, deuxième rangée à droite, si tu veux pas d'emmerdes mon garçon, c'est chacun chez soi et tout se passera bien crois-moi !
- Penses-tu, c'est juste un peu de fièvre ! Une p'tite saignée et il n'y paraîtra plus.
- J'ten foutrai moi de la fièvre...
- Allez te biles pas... Viens chez moi on va faire un hôstopoly en attendant que la fièvre tombe.



- Trousseau !
- J'achète !
- Pitié !
- J'achète...

Au finish :

Pas lu dans jus. Mais le résultat est le même.
Un reportage tout en finesse qui nous rappelle nos droits et nos devoirs. 
Plongée dans l'univers de la CSP+. Une petite bourgeoisie parisienne bien ancrée.
Des mains qui disparaissent. De la viande avariée. Un voyage organisé en Pologne. Des juges et des flics embourbés dans leurs vies. Collaboration européenne. Trafic d'Argès, braquages, tueur en série, vol à la p'tit semaine.
Des enquêtes à choix multiples pour une brigade qui fait le pari de la solidarité. Les nouveaux sont accueillis avec bienveillance. Les anciens font bloc. Les patrons restent patrons.
On parle de transferts. Le tristement célèbre mercato des salauds.Une visite dans les règles de l'Arte.
Une enquête menée de main de maître. Un binôme d'attaquants (Nadia/Rovère) qui fait des étincelles. Des relations pèremère/fillefils. Chacun son bordel. 
Comme si on n'avait pas assez d'emmerdements...

Des références à Coltrane et autres jazzeux, et à Sarah Vaughan. 

Une piqûre de rappel n'a jamais fait de mal à personne... 
A méditer

Bye

P.S. Pour les chercheurs d'or, faudra attendre le dénouement. Patience, ça vaut le coup...



mardi 21 janvier 2014

Un chien dans la soupe, Stephen Dobyns, Cold Dog Soup


"On se met pas en colère contre le vent, pas vrai"
Réflexion philosophique sur la vie des corps froids. Aujourd'hui l'étude porte sur celui d'un chien décédé dans des conditions effroyables. Ingestion d'anchois. La surdose a provoqué un blocage fonctionnel du côté de la pompe à sang. A noter que le pelage du clebs est rouge... Pour dire...

Pour Jean-Claude Cloud, le recyclage de cadavres est un business comme un autre. Et, j'ajouterai, que pour ce taxi Haïtien, philosophe à ses heures, c'est un véritable chemin... Prendre la route en Plymouth avec ce type, vaut son pesant de peau d'chien. Bouteille de rhum à la main et Bob dans les pavillons, le client du moment, Latchmer, natif de Rochester, ne me contredira pas. Il est propulsé malgré lui, dans les rues de New York. Vitesse illicite, rodéo citadin, rencontres improbables. Les petits métiers ont la vie dure. Les tanneurs à l'honneur. Les laborantins expérimentent. Les cuistots improvisent des recettes alléchantes. Les flics sont écoeurés. Les mômes s'attendrissent. Rien ne va plus. Retour aux sources. Une sombre histoire de dragon. Une contorsionniste manchote qui fait dans la suggestion lubrique. Un raconteur d'histoires de chiens. Evocation du coup de la cocotte-minute. Expérimentations. Dante, Voltaire et leurs guides, nochers d'un soir, jouent aux apprentis sorciers...

A classer à portée de main.

Approuved by blʌdʒən


Merci l'ami.


samedi 11 février 2012

La reine de Pomona, Kem Nunn, Pomona Queen



Dean et Dan trimballent un cercueil. Dan est dingue. Mais que fait Dean?
Eh bien, vous le croirez ou pas mais c'est comme qui dirait la poisse qui pointe son nez du côté de la West Coast. Eh oui, la malédiction des cueilleurs d'oranges continue, comme on dit par là-bas.
Monsieur Nunn déroule, l'air de rien, un vrai précis d'Action Co. La fameuse poussée 4G du vendeur d'aspiros. Emotions garanties. Avis aux amateurs.
C'est bien fait. Les acteurs sont bien dans leur peau, l'action est bien ficelée. On aurait pu croire que ça allait vriller en permanence, donc ennui prévisible sur le long terme, et puis non, finalement, nous avons droit à une exploration intérieure de type retour vers le passé, avec une explosion de souvenirs en prime, séquence émotion, introspection.. et heu... affabulation. Comme une sorte de besoin d'air. Forcément l'ordre est tablit. La pancarte exit ne fait pas partie du décors. Un classique.
C'est un bon cru. Je le range dans ma cave. 

Juste pour pousser la réflexion, je dis quand même que la Old English 800 ça peut provoquer des effets secondaires... non négligeables. Et comme disait the Great Grand-Father, c'est pas l'tout de consommer, après faut assumer. Qu'on se le dise! 

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...