vendredi 29 janvier 2016

Piste noire

Un nouvel arrivant dans la galaxie pɔ.laʁ. 
En tout cas c'est comme ça que c'est vendu. 
La Direction, après avoir épluché le dossier du début jusqu'à la fin, remerciements inclus, ne reportera pas sur la 4ème de couv'. 

Elle préfère en préalable alerter le lecteur sur deux ou trois points : 
1- il est vivement conseillé de porter des chaussures de marque lorsque l'on parcourt la montagne enneigée
2 - l'action présentée, un whodunit en règle, se déroule dans les environs d'Aoste (Aosta pour les puristes), Vallée d'Aoste, Italie. 
3 - Le mort a été ( ou sera) déchenillé en 1998 (peu probable), ou en 2004, 2009, 2015 (forte probabilité), ou en 2026, voire même 2032. Mais là...

Les hostilités ont été déclarées un jeudi de février. Le 5 précisément. Le commissaire sous-préfet réquisitionné pour la circonstance, Rocco  Schiavone, un romain de souche, n'a pas toujours eu les félicitations du jury, une des raisons pour laquelle il se trouve installé dans le nord du pays. Elément plutôt efficace dans son genre, même si ses camarades de jeux le freinent un peu... 

Tutto a posto, Chef !

Avertissement (quand même) : le projectionniste a mélangé les bobines, un véritable .ordel pour s'y retrouver, cela fait que la Direction a décidé, à l'unanimité (plus une, comme d'hab'), de rédiger le ressenti comme ça vient.

Une histoire de culpabilité, de non-dits, des dossiers dans le dossier. Lui-même sponsorisé par du placement de produits. Débat en interne sur le bienfondé de la méthode. Certains évoquent en substance le modèle économique de certains clubs sportifs. Franchement ! On va où là ! On anamnèse. On anatomopathologise. On exacerbe les tensions Nord/Sud. On déambule dans les quartiers de Rome et de Naples, et sur les pistes de ski. On intercepte des camions. On trafique en tout genre. On corrupte. On profite de l'occasion pour parler de migration. On fait des travaux sur le bestiaire encyclopédique. On balance sans crier gare le psaume 21. On fait travailler les Pec. Un petit relent à la Don Camillo (pas longtemps). On menace de priver l'assassin de vin (?). On participe à un cours d'hindi, peut-être même de sanscrit. Très qualitatif. On apprend même que dans la nature la Justice n'existe pas. 

Lu une fois, accompagné de deux bouteilles de verdicchio di metalica (P). Pas relu. Le vin blanc sûrement. Rendu hier. 
PMTDT 

Animation musicale : tarantella calabrese, plus classique,
Grazie a tutti !


dimanche 17 janvier 2016

Trait bleu, Jacques Bablon

- Je peux donner mon avis ?
- Non Blvd !
La Direction reprend la main :

Trait bleu, Jacques BablonDans ce court roman, le narrateur nous explique qu'il est en prison pour meurtre. Il s'ensuit alors une succession de péripéties, tels que des amours déçus, des altercations vives et douces, des rencontres humaines, des baignades joyeuses dans les eaux vives d'un lac accueillant, des alternances d'états de pauvreté et de richesse, des pique-niques aux allures pastorales, des soirées nocturnes, chaudes et enfiévrées, des cueillettes de fleurs et des bouquets champêtres... L'Amour à chaque pas.

En cent cinquante pages, l'auteur évoque,

le milieu carcéral,
les orientations et les vies contrariées,
les âmes enfoncées dans un fauteuil qui s'épandent parcimonieusement,
les possibles amitiés chaleureuses et sans conditions,
les invitations au travail,
les amours sans retenues de la liberté...

Le narrateur rencontre, au détour d'un chemin boueux, une Rose, une Beth, des gus, un Bob, un Jim, un Pete, des cochons, des poules, des frangins, des orphelins, des morts, des chanteuses et des chanteurs, des voitures, et même un réparateur de voitures.

L'auteur aborde le thème de l'abandon familial. De la démission du père.

Une tentative d'expliquer le chaos.
Pause Citation (Confucius ou Lao Tseu ? La Direction opte pour Confucius) 
Trente rayons convergent au moyeux,
Mais c'est le vide qui fait tourner la roue.   
Les fondamentaux du polar sont respectés : Glock 17 à portée de main, une tentative d'évasion, enfouissement des corps, sorties nocturnes. La bière est prévue, ainsi que le jus de tomate, la soupe le Montrachet, dédié aux grandes occasions.

La Direction

"Un roman noir intense..." qu'ils disent !  
- Le fil rouge sur le bouton ..... Le fil bleu ? sur le bouton ..
- Et le trait bleu alors ?
- Sur le mur ! Passe-moi le biberon de poudre, magne-toi ! Des délais à respecter...

samedi 9 janvier 2016

Une plaie ouverte, Patrick Pécherot


- Ben t'en a mis du temps Blvd pour recoudre cette plaie ?
- C'est que j'ai été obligé de ralentir, figures-toi ! Un texte comme ça... Avec tout plein de mots... tout plein de phrases... tout plein de poésie... tout plein de gens... connus et pas... tout plein d'histoires... tout plein de brouillard... Si on fait pas gaffe, on peut se retrouver rapido dans le décor. Et là crois-moi, ce n'est pas du cinéma.
- M'ouais... En tout cas n'oublie pas d'enlever le clou rouillé qu'est fiché dans le fond, et de nettoyer tout ça avant que les touristes se rendent compte de quelque chose. On a une réputation à préserver. Faut le rentabiliser le tunnel bas de plafond. ka.ˈpis.ʃi ?  


Direct, le reporter nous trace un profilage de Dame Calamity Jane et de Sieur Buffalo Bill (ça fait naturellement grimper l'audience) - un bien triste sort, d'ailleurs, que celui de Big Jane. Il est question également du www wws. La boite à musique joue tranquillement le temps des cerises. 
Un coup de poing d'emblée, évocation de l'activité migratoire, mi-désespoir des poches de sang en exil. Une idée d'Europe émigrée. Une idée de Paris libéré. Des bouts de terres pillées, dévastées, saccagées, enragées, dégagées. Des expulsé(e)s qui reviennent en vainqueur(e)s (?). Sur la frise, on serait dans les environs de la Commune et post, mais sur le terrain on est de l'autre côté de l'atlantique. Un certain Valmont est lancé sur une piste. Un renifleur de première. Incertain Dana dans le viseur. Voyage initiatique à la recherche d'une ombre. On assiste en direct à la création de la Pennsylvanie. 


Et vlan, retour en arrière. Il y a comme qui dirait de la rébellion dans l'air. Un burnout post démocratie républicaine est annoncé. On référence chaudement la Canaille. On poétise, en général les soirs bleus d'été. On côtoie (en toute amitié) la clique de Montmartre et d'autres lieux parisiens chébran de l'époque. On parle de manipulation de l'Histoire (?). On parle de Féminisme même. Madame Michel aux avant-postes. On évoque François Coppée (?). On se bat. On fait des doigts "prussiques". Pas mal de copinage. Destruction d'oeuvres d'art et de l'ortografe (?). La mémoire est en berne. C'est la guerre 'Môssieur". Une guerre moche (?). Les uns contre les autres. Non pas la chanson, Môssieur ! La guerre humaine du peuple des poches de sang.   

On suit Marceau dans son délire. On suit, par la force des choses, ses fantômes.

Niveau business, on assiste aux débuts de l'industrie cinématographique. On visionne Cripple Creek Bar Room. On regarde en loucedé After the Ball de Mélies (interdit au moins de ?).

La fabrique des mythes est en marche. Toute l'histoire des start-up françaises d'hier et d'aujourd'hui est résumée dans ce texte.

Oui, d'autres totems sont brandis, tels que la culture pour tous (?), la musique pour tous (?), l'enseignement supérieur pour tous (tripple?)..., la poussée de la psychanalyse, une technique comme une autre pour contrer les spiritueux. "Paris était une boite à souvenir". De ce côté là, rien ne change. Un vrai parc d'attraction géant. Avec des vrais gens figurants qui ont la particularité de payer leur prestations, et des vrais clients. 

Un mal fou à rentrer dans le texte. Mais alors... Comme au 14, de la rue A. P. : quand la tête est passée... Une énorme émotion. Un relâchement en toute simplicité. Une prise de conscience. L'écriture est sèche et ronde. On se met à lire à haute voix. Une bobine emmêlée démêlée patiemment. 
Un beau texte (imho). 
Il y aura des pertes annonce-t-on. 
Fautrelirealorsencoreetencore.

Si ça peut aider, la direction en doute, les dirigementeurs ont tout prévu. Il y aura comme Un petit air de fête communale à la Gaité et aux Folies. On regrette tant le temps des chinoiseries des bouffes parisiens. 

Une seule certitude dans ce brouillard : c'est l'Hôtel de Police qui remet les choses en ordre. 

L'honneur est sauf !

Ma prescription : on cautérise, quelques jours de repos ferons le plus grand bien, avec de longues marches dans les rues de Paris, si possible aller se recueillir au Père Lachaise deux fois par semaine, et en montant la Roquette, faire une halte en pensant à toutes ces Folies brisées. Le soir on tranquillise stabilise le tout avec du Laud.... une tisane de sauge officinale. Une goutte de Jack est autorisé.
  
Bye

Lecture simultanée
 







Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...