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samedi 6 juillet 2019

1994, Adlène Meddi

- Tu sais Blvd, chaque fois qu'elle terminait la lecture d'un roman, assise le soir sur sa chaise en bois, près de l'âtre rougeoyant, la bougie chancelante à ses côtés, elle murmurait à l'oreille de son chien : "ce récit, une fois encore, mon vieil ami, nous parle d'un drame... J'en suis aussi certaine, que ce même drame en cache mille autres".




Et un drame humanitaire, un de plus, sur cette belle terre qui ne demande rien d'autre qu'un don de sang.

Le passeur, à travers l'histoire de son pays, nous parle finalement de l'histoire de tous les pays (au sens de surface de terre bornée par des gens... Tout aussi...), et des peuples qui essaiment sur cette planète et tentent (ou pas) de trouver un espace sens à la vie ensemble.

Les faits sont précis. Les lieux aussi. On passe d'avant en arrière avec l'agilité d'un vent fou.
Les évocations sont plutôt sombres, et il y a de quoi...

Recherches, recoupements, tentatives, trahisons, attentats, meurtres, la vérité sans dessus ni dessous. Vide. De l'amour, de l'honneur. Bilan de fin de vie. Mise en application du "point de non retour".

Les pères et les fils se déchirent. Un classique.
Les amis se séparent. Un grand classique.
Les femmes tentent l'union. Une vérité (?).

Sobre. Propre. Percutant. Pas de fioritures. Ca file comme la vie.

Un néo-polar (?).

Éclairage :    https://actu.orange.fr/societe/videos/adlene-meddi-1994-une-annee-de-basculement-en-algerie-CNT0000017sdNX.html










lundi 20 juin 2016

Cul-de-sac, Douglas Kennedy, The Dead Heart

Inauguration de la catégorie GIFT


Sagesse australienne :

Trop de précipitation nuit !

Nick Hawthorn, journaliste de base américain, fait une escapade en Australie pour se dégourdir un peu les jambes et les méninges. Cela ressemble plus quand même à une remise à niveau des fondamentaux. Une sorte de coupure après un passage à vide.
La partie se déroule dans le coeur mort et/ou rouge de l'Australie
Point de départ : Darwin.
Spot d'arrivée : Perth

Darwin n'est pas à la hauteur des ambitions de Nick.

Il décide :
petit 1 : de refumer (ça se défend). Au rythme de deux paquets de Camel par jour
petit 2 : de se noyer dans de la Schiltz et de la Swan (ça se défend aussi)
petit 3 : d'acheter un combi ww 1972
petit 4 :  de prendre la route vers le sud... de nuit
petit 5 : d'enlever le kangourou placé travers de sa route
petit 6 : de se laisser emporter par l'inconnu

La route est toujours longue quand on n'est pas du coin. Heureusement le destin fait toujours ce qu'il faut pour qu'elle soit joyeuse et riche d'enseignements.

Aux abords d'une station service, Nick se fait harponner par une jolie demoiselle en quête d'un mâle. Bingo. Jackpot. Groslot. Une aventure fabuleuse l'attend. Direction Wollanup, l'endroit le plus, comment dire... le moins... Un lieu hautement toxique. Si ce n'est, le plus toxique de la planète (du point de vue de Nick évidemment). Un bourg placé à seize heures de toute civilisation. Aucun représentant de l'ordre. Ni flic, ni tribunal. Pas de propriété privée. Des lois simples. Une organisation utopique rompue aux techniques de survie dans le désert . Une société en marge de la civilisation.

Avis aux amateurs du concept.

On rencontre des allumés de la foi inconditionnelle, des licenciés, des toubibs spécialistes de l'appendicite, des jeunes filles en fleurs et en pleurs, des alcooliques, des profiteurs, des arnaqueurs, des franchement pas net(te)s, des épouses lasses, des tontons, des beaux-papas et belles-mamans, des neveux nerveux, des instit's, des bouchers, un c..., des garagistes, des palaces, des bidonvilles, des kangourous...

Les repas sur la route sont forcés : steaks incinérés, frites molles, kangourous, pruneaux et ananas en boite...  mais z'ôssi, tournedos poêlés, coeurs de céleris braisés au beurre aillé, salades de tomates.
L'humidification des gosiers se fait avec de l'Export, mais z'ôssi avec un Cabernet Sauvigon Cap Mentelle.

Les cigarettes sont exclusivement roulées.

Pour les plus délicats on propose une délectation de vin (thérapie contre l'embrigadement), et l'écoute en boucle du concerto pour clarinette de Mozart.

On regrette juste l'absence criante d'ombre sur la piste.

Thèmes abordés : le mariage, la famille, la quarantaine, une illustration de la traversée du désert, l'évasion, de l'utilité de trouver des alliés, les campements en marge de la société, les dérives maîtrisées des institutions et organisations, l'ambition des dirigementeurs, les process alternatifs en question action (type : monnaies locales).

On donne un prix au temps. On attaque le bien par le bien. Et on souhaite mourir riche à tout prix.

Raymond Chandler est référencé quelque part dans le dossier (les pépins...)
.
Le rapporteur (moraliste ?) propose cette petite fable sur le ton l'humour. Subtil, désabusé, enthousiaste. Thèmes toujours d'actualité. Une version Série Noire. Un bon dossier (imho). A classer et conseiller à l'occasion. Les occasions ne devraient pas manquer avec tout ce tapage.

Merci l'ami !

Question pour la prochaine séance : le travail nous aiderait-il à passer le Temps ?
Pour les plus braves, aucune obligation : ici



samedi 25 juillet 2015

Vendeurs de mort, Donald Goines, Deathlist

Bon, c'est vrai que le titre en français est plutôt agressif. Mais celui en version originale, pourtant plus doux à l'écoute, n'a rien de sympa non plus. Il faut dire que la production de Listes est, depuis les nuisibles temps, une activité humaine très prisée. Une liste parci une liste parça... Deux trois consignes (pas plus, pour permettre la créativité de s'exprimer), et hop, comme par enchantement, tout le monde sait ce qu'il a à faire. La machine se met en place presque toute seule. Un vrai miracle...

Si l'on est pas sur la liste ? Trois raisons :

1 - C'est que l'on a rédigé soi-même (ou les amis) la liste
2 - C'est que l'on est contre ceux qui ont rédigé la liste ou bien que l'on a pas payé sa cotisation
3 - Ou bien c'est que l'on est mort, et donc la présence sur une liste est inutile. Ca peut d'ailleurs parfois perturber les créateurs de ces listes, les agacer même, mais c'est comme ça. Il y a tout de même quelques exceptions, mais ces listes spéciales sont en général à thème.  

Alors, qui sont donc ces vendeurs de morts ? 

Tout a commencé par un braquage... celui de la des tickets restaurant... Voyez-vous ça ! Kenyatta, le chef de la bande, est à la barre. Formateur sportif hors-pair, il est connu dans le Milieu pour son sens aigu des affaires et son engagement total dans la lutte contre les discriminations. C'est le manager avisé d'un Club de loisirs sur Clay Street (une couverture of course) et le propriétaire d'un ranch situé au fin fond de nulle part. Il crée, organise, distribue les rôles,  protège, sanctionne et manigance... C'est un penseur à tout. Un vrai stratège. Il va même jusqu'à acheter des vivres listes pour ses bonnes oeuvres. C'est dire !

Durant le braquage, mentionné ci-dessus et visionné en direct, on assiste en dupleix à un nettoyage d'équipe à quelques pâtés de maisons. Une Guerre des Gangs au programme, sur fond de trafic de dope, alimentée par une divergence de point de vue : faut-il nourrir ou affamer son peuple ? 
L'option retenue par Kenyatta : éliminer tous les caïds de la contrée pour cause de mauvais traitements envers une population affaiblie par des siècles de luttes et de souffrances. 
Les poches se vident comme des bourses trouées. Le sang coule à flot. 

Trop c'est trop ! 

Benson & Ryan, deux flics biens notés, rentrent en piste. Une équipe de pros d'après la hiérarchie. Un côté sympathisants du Tao. Ils raccrochent bien au convoi mais avec toujours un petit temps de retard sur Kenyatta. C'est le jeu.  
Les canons sciés sont de sortie. Les doigts sur les gâchettes sont froids. Surtout ceux de Creeper. Les mouchoirs recouvrent le sang versé. Un deux poids deux mesures dans le traitement social. Une ambiance moyen-moyen du côté de l'intégration dans l'équipe nationale. De grosses tensions en interne. Les communautés s'entre-déchirent. Les familles recomposées sont décomposées. Pas de place à l'humain. On suit le parcours sanglant d'un froid du cerveau (Creeper précisément). On règle ses comptes. On détourne accessoirement des avions (activité à la marge). Il n'y a pas qu'à Paris que ça balance pas mal. Detroit est bien placée dans la course au titre. Ne jamais faire confiance aux vendeurs d'armes. On visite Conant Gardens. On déjeune toujours avant une interpellation. Pour la boisson c'est Johnny W. qui s'y colle. On apprend que, je cite " la justice des Blancs n'est qu'une mascarade aussi douce aux puissants qu'elle est impitoyable pour les humbles (p.61). Chacun pourra interpréter à sa façon.
On développe des sujets très actuel tels que les dégâts causés par l'alcool, l'addiction aux substances illicites, qui veut le pouvoir et qui généralement prend le pouvoir.

Un bon dossier. 
Classement accompagné par l'Editeur, précisément entre le 2361 et le 2363. Très pratique ce système.

Blvd 




jeudi 5 avril 2012

Body, Harry Crews



"Croire c'est détenir le vérité". ?????????????????????????
N'empêche que si c'est le coach qui le dit, je n'ai pas de raison de contester... A priori....Tout ce que je peux dire c'est que les Turnipseed, eux, croient en la famille. Et le regroupement familial est un vrai ça sert d'os. Au fil des siècles ils ont élaboré une stratégie d'approche, certes peu coordonnée, mais très efficace, avec un objectif de taille, la survie du groupe. Pour preuve, quand la gamine, la 'tiote Dorothy, fait son show, alors là tout le monde est sur le pont. Bien groupés. C'est le débarquement puissance dix. Même Kilroy évite de dire qu'il est passé par là. Un seul mot d'ordre : tous aux abris. Il n'y a bien que le gérant de l'hôtel, qui accueille Ze championnat de bodybuilding, pour s'interposer. C'est bien mince tout ça. De grands moments de solitude...
Ils ont de quoi être fiers les Turnipseed. Faut dire que la Dorothy a des atouts. Que du muscle! Un badigeon de sueur et d'huile et hop, le tour est joué. Une vraie fierté pour toute la chambrée. Quant à son coach : un coach, un vrai. Comme à l'ancienne. Frappé, allumé, les yeux embués d'espoir et de rage. Une vraie boule de nerfs.
Amour, passion, haine, désespoir, violence, et tutti quanti, cette partition est un vrai régal. Certains verront peut-être du lourd, du pesant, une vieille charrette traînée par de gros bourrins crottés. Mais il y a comme un air de poésie qui glisse sur les ondes, des odeurs, des images légères, fluides, sincères. Les âmes de la terre sont de retour...

Qu'est ce que je vous sers ma pt'ite dame! Quelques graines de navet suffiront, merci bien.

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...