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samedi 11 juin 2022

En proie au labyrinthe (la lutte, la tourmente, l'aube), Marek Corbel

Version édulcorée du premier jet.

 Tout comme un mort peut en cacher un autre,
Une nation une autre,
Un récit peut en cacher un autre.

                      

Trois textes pour le prix de trois,
à lire, si possible, à la suite. 

Penser une réalité, c'est, comme suivre une essence qui circule lentement dans un alambic chauffé à blanc, puis se précipiter pour en boire son jus à l'arrivée. Attention brûlures assurées !

Tout commence avec un collectif. Une invitation avant le grand plongeon. Une fulgurance.
Le K15 (et bien d'autres) est (toujours) en souffrance. Les usagers du réseau ferré sont en grand danger. 

A plus grande échelle, la partie de bridge peut démarrer :  alliances, enchères, surenchères
Qui veut faire le mort ?  Une liste circule en début de jeu.

... à moins que ce ne soit une partie d'échecs qui se joue ? 
Avancée en diagonale pour qui on sait, sacrifice des premières lignes (comme d'hab') et des ceux qui gênent (re-). Repli stratégique derrière un bourrin, ou mieux, un roc roque rondement mené.

Cafouillages, débandades, influences, perte de sang-froid, manipulations, trahisons à tous les étages.  
 
Une généreuse et voluptueuse chorégraphie, tout en virgules, se déroule sous nos yeux ébahis. 

Le Cartel est à la barre.  
L'agence est en embuscade (un grand classique). 
La Bretagne insoumise se soumet.
Et le peuple de France, à tous les étages, rassemble ses petits, compte les points et sauve qui peut. 

Les flics sont sur les dents. Et on les comprends car les morts affluent. Beaucoup (trop?) de monde dans la partie.  

On prend rapidement de la hauteur, on régionalise, on influence, on dégonfle, on tue, on enquête en "sous-marin". On se fait des câlins (rarement)...

On constate les effets dévastateurs du reflux de la trentaine.  

On sort facilement le Glock, le Sig Sauer, et le Pamas.

On boit un peu de Gin pour motiver les troupes, on sert une flute de whisky, un kir breton, et du Martini...
Pour les volutes en suspens, le cigare fait l'affaire...

Malaparte, Ferrat, Saez, Roda-gil, London, Valtrin, entre autres, sont cités. 
Une playlist au poil est proposée. 
Et une filmographie nocturne est programmée : les portes de la nuit, main basse sur la nuit...

Un texte sociétal. Sans aucun doute.

Et 

Qui dit sociétal, dit social.
Qui dit social. Dit sombre. 
Qui dit sombre... dit souterrain (?). 
Qui dit souterrain, dit espionnage.
Qui dit espionnage, dit diplomatie
Qui dit diplomatie, dit (forcément) politique. 
Qui dit politique, dit pouvoir.
Qui dit pouvoir, dit souffrances
Et qui dit souffrances, dit luttes...

Lu après la redoutable première guerre chimique céleste. 
On est beaucoup dans la prospective en ce moment.
Attention quand même, les mythes ont la peau dure. Vérifiable.

Toute ressemblance avec les dates et personnages mentionnés n'engage en rien la responsabilité du lecteur.  

A classer convenablement.

Lecture simultanée. 
Un lâché prise assuré. 




petit tip : pour sortir d'un labyrinthe avancer toujours main gauche sur le mur. Ca prend du temps mais c'est très efficace.



vendredi 16 mars 2018

Le fleuve des brumes, Valerio Varesi, il Fiume delle nebbie

La montée des eaux du Pô donne des sueurs aux riverains, aux bateliers et aux historiens de tous poils.
Une péniche est à la dérive.
Une fenêtre d'hôpital est ouverte.
On déplore un mort et un disparu.
Balle au centre...

Soneri, le commissaire réquisitionné épluche consciencieusement le passé de la famille Tonna.
L'enquête est menée à 3 miles/heure. Les personnes rencontrées, accrochées à la rive, parlent un dialecte peu courant mais la Direction précise que tous les rapports sont consignés en langue italienne. 
On mélange les vapeurs de brume et de cigare. On fréquente les bars-restos-hôtel des bords de rives. On scrute de là où on est l'horizon l'autre rive. On remue la vase pour voir ce que ça fait. On se fait des papouilles sur le Pô. On lit le "venir" dans le porto, on entend la chouette appeler les morts, et on s'en remet à San Donnino di Fidanza pour tout ce qui relève des pertes de sens. 
Les repas sont toujours pris en groupe. A ce propos, une note de frais du commissaire Soneri circule au commissariat : 
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Note de frais n° xxx du xxxxxxx

Commentaire/justif' : jour de brume, soir, niveau des eaux au plus haut. Moral au plus bas. Les témoins retiennent le flux en amont. Faut ouvrir les vannes. En attente facture. Provisionner quelques dizaines d'euros.

Au menu : 
Jambon de Parme
Anolini au bouillon
Sanglier accompagné de polenta
et un gutturnio

Les convives : les frères Tonna, Angela, Nibbio, Barigazzi, Ghezzi, Dino, Vaeven, Ghinelli, la "vieille" et tous les morts et les vivants, Julien Sorel et Louise de Rênal
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Ne pas confondre avec une autre note de frais qui mentionne un plat de pâtes aux haricots.

Au final l'enquête se termine sur le fil. 
Des dossiers de la plus haute importance ont été évoqués. Des histoires de forces et faiblesses, de tensions, de résistances, de vengeances et autres joyeusetés de la physique.

A classer 
PMTDT

Le visionnage en simultané (non corrélé, à priori) :


dimanche 3 décembre 2017

Rien ne se perd, Cloé Mehdi

Mattia Zé Gabrielle. 
Un trio gagnant.
Ordre et désordre.

En ouvrant le couvercle, un remugle s'échappe de la marmite. Ca vient du fond. Quelqu'un a dû oublier de bien frotter et de rincer lors de sa dernière utilisation.
Dans la pénombre, en se penchant bien, on aperçoit un dossier tout fripé qui, aux dires du concierge, avait été égaré.



Sonnez hautbois, résonnez musettes.
L'enquête est rouverte.
Et c'est heureux.

Les thèmes sont nombreux. 
L'injustice, le suicide en milieu urbain et familial, les relations Etat/Peuple, les relations frère/soeur, les relations tuteur/tutoré, les relations mère/enfant(s), les relations mort/vie, la haine cultivée, cueillie, conservée et observée, la force tout puissante, la justice injuste (pas d'inversement possible), le droit de disposer de sa vie et de celle des autres, le concept d'épidémie, la précocité des pré-ados. Et bien d'autres...

Lamartine est propulsé en boucle sur les ondes.
G. de Nerval aurait pu être invité pour soutenir l'équipe (IMHO).

Le dossier, bien référencé dans la bonbonne virtuelle, est largement plébiscité par la communauté. 

Lu dans sa version poche. Non visible à ce jour en bib' (?)
PMTDT





lundi 30 octobre 2017

Eté pourri à Melun plage, Nicolas Duplessier

Comme indiqué sur la banquette arrière, Florian, melunais de souche et travailleur zélé durant son temps libre, endosse pendant la période estivale, le "pardeuss" d'enquêteur discrédité.
Il a ses raisons.

Roxane, une ex- évaporée, revient à la charge en ce mois de juillet.

      Florian déconcerté 
      Fait un pas de côté,

Le pas de trop ? Et zou ! Re-évaporation de la demoiselle.

D'un sens, cela permet de faire mieux connaissance.
A la manière du chevalier énervant, le Florian de la Brie (française) et/ou du Gâtinais se lance sur la piste.
Melun comme on ne l'a jamais vue.
Ses salles de sport, ses agences immobilières, ses entrepôts, ses garages, son camping, ses lieux "exotiques".
La partie est serrée. L'affect embue les mirettes. Plusieurs histoires de familles, les dits zé non-dits classiques. Entourloupes, croche-pattes, brossages dans le sens du poil, prises de becs, échanges standards, trafics en tout genre, filatures, planques... Réception et distribution de gnons. La théorie du "au mauvais endroit au mauvais moment" expliquée aux nouvel(le)s arrivant(e)s . Les fil(le)s sont noué(e)s sur scène. Tandis que le père rit.

Quand il n'y a qu'un genou à terre, on peut toujours rêver à des jours meilleurs...

Le dossier, après retour dans les délais (la Direction s'engage), retrouvera certainement sa place dans les rayonnages à la cote "RP DUP".

Avis aux amateurs !






 

vendredi 15 septembre 2017

Albergo Italia, Carlo Lucarelli

kud kœʁ !!!

Albergo Italia, Carlo Lucarelli


1897 à Massaoua, la "petite Rome" du pays rouge.

D'étranges événements surviennent à l'abris des regards dans un entrepôt militaire - des skieurs auraient subtilisé un coffre - mais en fait, non, c'est Russo, le gardien, qui m'embrouille un peu -  on a retrouvé des skis en bois bien rangés dans une caisse, en bois de même, (une commande qui aurait été mal aiguillée) - qu'il est heureux d'avoir une explication plausible, et on a vu également une femme à proximité du gardien, Russo donc, tandis qu'à l'auberge italienne, dans le bourg on y joue au pendu un jour de pluie cérémonie d'ouverture.  

Tout cela n'est pas très lumineux, mais le jeu en vaut la chandelle.

Donc, il y a matière à. La thèse du suicide est rapidement écartée. Un problème de longueur de jambes. 
Antonio farandola est le mort. 
Colaprico est le préposé en chef à l'enquête. Fumeur de cigares, tireur de moustache et buveur de café, il est secondé brillamment par Ogbà. Un gars de la région. Très attentif à son environnement et perspicace au possible.
Cela dit, avec cette chaleur, l'enquête est menée au pas de charge. Certains diront que la méthode employée n'est pas réglementaire, mais c'est bien le premier nom sur la liste des suspects qui morfle. Au poste. Buàh ! Affaire réglée. On peut aller nettoyer son Bodeo 1889.

Nononon ! C'est pas comme ça que ça se passe !
On reprend tout de zéro.

Et ce fut ainsi, qu'après avoir bu quelques - au minimum trois - cafés et de l'areki, mangé fumé quelques Toscano, approché quelques polissonnes et dames de la "haute", fait quelques aller-retour Massaoua/Asmara, évoqué quelques affaires douteuses et crasseuses de l'époque, tenté l'apprentissage du tigrinya, compté les éphélides, manipulé quelques billets frelatés, et considéré que la loi c'est la loi, Colaprico (et Ogbà) résolut l'affaire.
   
Carnet de voyage : 

La langue est douce et charnue. Un mélange de tigrigna, de dialectes italiens et de langue italienne, traduit en français pour la circonstance (remerciements au préposé). Les mots savamment couchés sur le papier sont liés astucieusement par une cargaison de virgules, de points, de tirets (cadratin demi-) et de parenthèses. 
Une lecture à voix haute est fortement conseillée. 
Exclure à tout prix la technique de lecture rapide. Effets secondaires indésirables garantis (imho).

Ce texte, inaugure la rubrique kud kœʁ  créée récemment par la Direction. Celle-là même qui regrette de n'avoir pas eu le dossier dans le mains avant la clôture des votes 2016. Tant pis. Elle espère avoir sa chance pour 2024.

Lecture simultanée : 


Dernière recommandation (au cas où) : avant tout déplacement dans la région : les Français qui se rendent dans le pays sont responsables de leur propre sécurité. 

jeudi 27 avril 2017

Le Big Boss, Bill James

Le Big Boss, Bill James

- Un texte sur la (ou l'une des) théorie(s) du chaos - 

Fusillade dans les rues de la ville. 
Une gamine est touchée de plein fouet et s'écroule. 
Deux balles dans le buffet. 
Si c'est pas malheureux. 

On s'interroge :
Alors ? 
Règlement de comptes ou pas ?
Les forces de l'ordre et du désordre pataugent.
Les avis se partagent autour d'un gin... 
Quant aux voisin(e)s, 
Ceuzécelles vigilant(e)s (?) qui vigilent dans leurs quartiers, 
Ils (elles) n'ont rien vu.

Une enquête (très) technique. 
Harper, Iles, Lane et les autres doivent en plus de leur boulot,
 régler des problèmes de la vie de tous les jours. 
Vie de couple, dépression, solitude, adultère, positionnement hiérarchique, coups de .ute,, les courses du samedi, acoquinements, la voiture au garage, les factures à payer, sous-enquêtes  et bien d'autres....
On nous informe en haut lieu que cette surcharge de travail ne sera pas rémunérée.
L'échec est vivement recherché et ... apprécié !
On fait un parallèle avec l'ôtement de vie de Kennedy (J.F.)
On passe son temps à parler avec des mères
Le(a) dircom propose d'envoyer Shade aux obsèques.
C'est plus correct,
Et de pactiser avec les tenants et aboutissants
 Prime d'assiduité assurée en cas de participation à deux enterrements et un contrat signé  

On parle :
d'interaction, 
de connexion,
de délation,
de pulsation.

Avec drogue et distribution de Gin à tous les étages
Des travaux sont menés sur l'élaboration d'un code de conduite pour les moutards mouchards

On a sorti des phrases hors de leur contexte (et pourquoi pas ?) :

"la nature proclame qu'elle était déjà là depuis l'éternité"
"la civilisation dépend des travailleurs laborieux"
"s'il voulait l'Europe qu'il parte y vivre"
"un type du genre sournois, dangereux, comme beaucoup de ..... " (attention cliché !)

Le gin se boit avec de la crème de menthe (les dosages ne sont pas formulés) et parfois allongé d'un peu de cidre.
Au dîner de dix-huit heures (6 P.M.) :
On mange des petits pois mentholés spaghettis au thon, du poulet cuisiné au curry de Chenaï  Madras et du maquereau à la moutarde avec ses petits légumes.

Et à la veillée, 
lectures de Dickens et Le Carré 

Une enquête à l'anglaise (IMHO).

Gaffe aux rumeurs quand même !

samedi 8 avril 2017

Une sale affaire, Marco Vichi, Una brutta faccenda

Les affaires, c'est comme le linge, ça se lave en famille. 
Pas de négociation possible.

On retrouve le commissaire Bordelli quelques mois plus tard, toujours à Florence. Et encore une traversée périlleuse au coeur du contingent humain. 

Le meurtre d'une fillette dans un parc public affole les mamans... et les papas aussi. Faut pas croire... Une gamine, bon sang ! 

Déjà à ce niveau, Bordelli voit rouge (rien à voir avec la maladie des yeux qui voient un point noir). Alors, quand une deuxième fillette est déclarée assassinée, son sang, déjà rouge, broie du noir. 

La jeune République a du mal à grandir.

On retrouve la même équipe que précédemment. L'enquête est lente. Mais qui va piano... Et puis, cela permet à Bordelli d'approfondir et de résoudre quelques autres problèmes de la vie quotidienne.

On parle des maisons closes de la région, des "petites" gens malmenées par les brutes la vie, De faits divers et de hauts faits (?). Les organisations oeuvrent dans l'ombre et les ombres s'organisent. 

Deux Plusieurs histoires pour le prix d'une. On se met à table. La mémoire de l'Histoire n'apaise rien. Ni même le cognac qui coule à flot, ainsi que la grappa, et les petits plats proposés à la carte... Porc aux myrthes, sèches en zimino (avec blettes et tomates), ribollita, lapin en sauce...

On nous informe que les bières sont embouteillées par Peroni et que la colombe blanche s'est encore envolée.

On ne sait pas si Bordelli s'en remettra. 

A l'issue de cette lecture, la Direction propose un programme d'entraînement intensif :

- Le matin : pratique de la méditation interstellaire, avec mise en perspective de l'Humanité. 
- Le midi : étude du gros dossier qui traite de la '"Faute" et de son antériorité.
- A la veillée : lire des poèmes de Hrotsvita et de Cecco Angiolieri.... Et puisque les fêtes sont proches, lire aussi Pascal.
- Et pour passer une bonne nuit : vaporiser quelques gouttes de drosera (SGDG) dans l'habitacle ouvrir la fenêtre en grand et appuyer sur le bouton "Vecchio frac"

Le dossier est dans les mains de la majorette en Chef. C'est dire !!!




samedi 18 mars 2017

Cabossé, Benoît Philippon

Alerte Info Drame, en quarante-huit tableaux
Une variation sur le thème de la belle et la bête... Mais contrairement à la version originale, Roy, le type qui a endossé la panoplie de la bête, n'est pas du tout victime d'un sortilège... A moins que... Non impossible... Et forcément, ses possibilités de retour à 'la normale" sont limitées. Tu crois que la parole est libre actuellement? Roy est un gars lent, avec les filles principalement, qui déclare à qui veut bien l'écouter, qu'il a eu une vie pas facile, notamment avec ... les filles et les autres groupes de la société civile. Mais un jour, Roy rencontre Guillemette. Sur la toile d'abord... Puis chez elle. Et ça a donné un truc comme ça (d'après le témoignage du voisin du dessus). Après toute une série d'épreuves, de l'amour, de la violence et de la poésie arrivent par wagons entiers, en provenance de Clermont (Ferrand). Quelqu'un sonne les cloches. Et c'est le moment de partir sur "la route". Un départ en fanfare. Sam Cook à la sono. Bobby dans les cordes. Guillemettes aux pansements. Louisette aux abonné(e)s absent(e)s. Rita, Lili, Solange et Ginette tiennent la corde. Pas sûr Blvd! dans le doute abstiens-toi. C'est confirmé : on est sur la route, avec des souvenirs nauséeux des un(e)s et des autre(e)s plein les poches. On parle de souris et d'hommes, de métamorphoses aussi. Le grand déballage de printemps. Voilà ! Attends que les élections soyent passées. Ce roman est affiché "noir". C'est peut-être un embryon de prière. Un texto mage. Y'a plus qu'à bosser? Qui c'est qui sait? Finalement. Peut-être même un questionnement sur les conditions de vie des poches de sang balancées sur le bas côté des autoroutes de la route. 



  

mardi 21 février 2017

La nuit derrière moi, Giampaolo Simi, La notte alle mie spalle

Population en danger.

L'extinction de la portée n'est plus très loin.

- T'as  pas entendu comme un cri bruit, bl∆d ?
- Non !!???
- C'était comme qui dirait un appel au secours...
- T'as dû rêver !

Guerri est représentant pour une imprimerie. Et comme tout représentant qui se respecte (sinon ça ne marche pas), il est formaté pour la gagne. Au boulot... comme en famille. 

Une vie de famille bien huilée, la routine est bien calibrée, les préposés aux procédures n'ont pas lésiné (sur les moyens), les banquiers ne se plaignent pas, les collègues s'activent, la famille frétille, et tout ce petit monde se côtoie sans rechigner. 
Bref, on vit au coeur du segment. 
Celui qui ploie mais ne rompt pas. 
Sauf que...
Il y a un problème (eh oui forcément).

- Les appuis Guerri, les appuis !!!

On a oublié de les sécuriser. Et lorsque le funambule se jette dans le cirque et se retrouve au milieu du gué à quelques dizaines d'années au-dessus du sol, la pression chute et les vents se lèvent. Plus moyen de faire marche arrière. Une sale dépression à l'horizon se profile. Tout le monde essaye de se mettre aux abris mais rien n'y fait. Pas même les dos ages.

Description de la tempête : 

coups de .utes entre collègues et entre composants familiaux, les vieux détrônés par les jeunes, les patrons sont égaux zà eux-mêmes, les petits secrets des uns et des autres sont dévoilés et jetés en pâture sur la place publique, les relations en binômes sont explosives. Mari/femme. Femme/fille. Fille/père. Père/tante. Tante/nièce. Nièce/oncle. Oncle/mari. La boucle se boucle. La tension monte pas à pas. Avec méthode. Les trois H sont programmés, développés et appliqués avec patience : Haine, Hargne, Hagnimosité.

On parle de prison, d'enfermement sous toutes ses formes. De la difficulté de vivre ensemble. De vivre avec le progrès. De vivre avec... 
On parle couramment le sms.
On s'assoit et on regarde...
...

Heureusement les repas sont tout en finesse. Crêpe à la daurade avec de la crème de haricots blancs à la coriandre, des fleurs de courgettes farcies à la mousse de morue. Et bien d'autres délices encore, dont sont friands les italiens.

Un dossier sombre, et bien charpenté. Pas le temps de s'ennuyer. Surtout ne pas lâcher la pression. Le raccord est parfois problématique, mais on réajuste rapidement. La lecture d'un trait est profitable.

On se tutoie comme c'est la coutume dans la région. Et même soi-même. C'est le petit plus. Ca t'a déstabilisé un peu au début mais tu t'es fait une raison et finalement tu t'es mis à tutoyer tout le monde. Sans distinction.

Tu biffes (à regret) et tu déclares (à joyet) que ce dossier est apte à intégrer ta liste 2016.

Bye

mardi 14 février 2017

Les enfants du Cap, Michèle Rowe

Persy est une jeune fliquette issue de la majorité historique devenue minorité majoritaire du moment, après être passée par divers stades imposés par des minorités migrantes importées. Un sujet complexe qui, malgré les efforts qui ont été fournis ces derniers temps pour régulariser la situation, a du mal à se stabiliser.  
Donc, la demoiselle fait son boulot honnêtement. Elle vit chez l'habitant familial, ressasse inlassablement des souvenirs opaques de son enfance et aimerait bien prendre l'ascenseur social de 8 heures treize. Malheureusement pour elle (?) Persy est une femme. Et sur ce point, rien de négociable.  On aurait pu croire à un moment que les choses pouvaient changer, juste une fois, lorsqu'un homme est retrouvé mort sur une des plages du Cap. Et tout le monde se met à y croire (y compris la Direction). La chance de sa vie. Mais non, c'est un de ses collègues qui prend la main. Et l'enquête pédale allègrement dans la vase. Rapidement on se rend compte que la progression va être poussive et que l'assassin (e) n'est pas près d'être retrouvé. Et la forcément on pense aux impôts, aux trous diverzévariés. Un grand moment de solitude s'installe...

- Tu vas pas annuler ton voyage au dernier moment, bl∆d ? 
- Ah oui ? et pourquoi pas !
- Parce que ça ne se fait pas !

Dès l'atterrissage la vie du coin est décrite et décortiquée sous tous ses angles, enfin côtés qui piquent. On marche à pas feutrés dans les bidonvilles du Cap. On apprend les rudiments de la langue de la région. Des histoires glauques et nauséeuses sont rapportées. Un pays où les hommes n'hésitent pas à frapper leurs femmes et ensuite, picoler. Ou l'inverse... Et qui n'hésitent pas à exclure, insulter et rabaisser... Heureusement les femmes se serrent les coudes... 
Tout n'est bien sûr que malentendus pour nous zôt poches de sang. S'emmêlé(e)s depuis la nuit des temps. Quelle idée de vouloir sauver les crapauds léopards et s'obstiner à enfouir au plus profond des puits les âmes qui remontent sans répit à la surface du sol pour étancher les soifs. 
Un dossier pour la les bonnes causes. On se lave les mains régulièrement. On trahit en interne. On nostalgie. On ravale ses sanglots, on fait de la promo familiale (un peu trop ?...) On référence Djuna Barnès, Rimbaud, Kojak, Colombo, Chester Himes, James Mc Clure et l'inspecteur Zondo.
Les thèmes en vrac : des combats de chiens, des projets immobiliers, du tourisme, des courses poursuites, de l'engagement écologique, idéologique, des gens qui embêtent les enfants, des gens qui prennent des substances illégales, des gens qui manipulent, des gens qui se rabibochent, des mères, des fils, des pères (absents la plupart du temps), des grand-pères, des gens qui... 
La multitude de dossiers ouverts fait tourner la tête. Pas assez de mémoire vive sûrement.
Bienvenue sur la planète Terre.

PMTDT   
 

samedi 31 décembre 2016

Classement général à l'issue de l'étape 2016


Classement de l'étape 2016 :

Dossiers lus :

1 - James Crumley - Fausse piste
2 - Jon Basoff - Corrosion, Jon Basoff
3 - George Simenon - L'homme qui regardait passer les trains
4 - Carlo Lucarelli - Enquête interdite
5 - Douglas Kennedy - Cul-de-sac
6 - Frédéric Dard - L'accident
7 - Patrick Pécherot - Une plaie ouverte
8 - Edward Abbey - Seuls sont les indomptés
9 - Pierre Véry - Les disparus de Saint-Agil

Dossiers clos :

1 - L'affaire Sam Spade
2 - L'affaire Martin Beck
3 - L'affaire Kurt Wallander


Classement général :

01 - Edward Abbey - Le feu sur la montagne
02 - Michael Cimino - Big Jane
03 - Charles Williams - Fantasia chez les ploucs
04 - Jean Vautrin - Billy the Kick
05 - Jim Thompson - 1275 âmes
06 - San Antonio - Béru et ces dames
07 - Harry Crews - Body
08 - Giorgio Scerbanenco - Les enfants du massacre
09 - Chester Himes - Retour en Afrique
10 - Alphonse Boudard - Bleu bite
11 - James Sallis - Le Frelon noir
12 - David Goodis - Vendredi 13
13 - Albert Simonin - Touchez pas au grisbi
14 - Ernesto Mallo - Un voyou argentin
15 - Daniel Pennac - La fée carabine
16 - Pierre Siniac - Femmes Blafardes
17 - James Crumley - Fausse piste
18 - Thierry Jonquet - La belle et la bête
19 - Léo Malet - 120, rue de la gare
20 - Arsène Lupin - L'évasion d'Arsène Lupin
21 - Auguste le Breton - Du rififi à Paname
22 - Frédéric Dard - Initiation au meurtre
23 - Jon Basoff - Corrosion, Jon Basoff
24 - Carlo Lucarelli Enquête interdite
25 - Raul Argemi - Patagonia Tchou Tchou


Rappel du classement de l' étape 2015 :

1 - Vendredi 13, David Goodis
2 - Les orpailleurs, Thierry Jonquet
3 - Initiation au meurtre, Frédéric Dard

mardi 16 février 2016

Corrosion, Jon Bassoff

- Qu'est-ce que ça t'inspire tout ça Blvd ?
- Ben... Que si on peut pas changer le passé, il reste peut-être une chance de modifier le futur ?!!!?
- Ah ouais ? T'es bien sûr de ce que tu avances ?
- Non...
- Eh bien voilà, alors ne touche à rien. Le bureau est déjà bien rangé, crois-moi !

Jeu, set et match ! Encore un Grand Chelem pour la fausse chieuse. On nous confirme que c'est bien un fléau qu'elle avait dans la main.

Lumineux ! Le rapporteur ne fait pas ses petites "affaires" dans la dentelle, ni dans la soie d'ailleurs.

On évolue en terrain découvert, à pieds ou en pick up, la plupart du temps à ciel couvert. Une bonne option pour éviter les suspensions disgracieuses zé incommodantes à l'intérieur de l'habitacle.

On assiste en direct à un gigantesque téléscopage de différents modèles de fusées, préalablement détériorées par l'effet combiné du temps (principalement l'usure), du lieu, de la qualité de la cuillère de naissance, des imprévus et des autres paramètres pas clairement identifiés. Les parcours effectués par ces mêmes fusées, malgré une programmation fine des trajectoires initiales, font penser à un manque criant de préparation. Le coach en chef s'impatiente.
 
Le déroulé : Joseph Downs est la clé. Ou bien Benton. Ou Wells peut-être. Ou Victor. Ou Lilith. Ou D. (himself). Allez savoir. En tout cas, lors de ses déplacements, Joseph, présente systématiquement sa plaque d'ancien combattant de la guerre d'Irak. Malgré quelques légers dysfonctionnements psychologiques et un physique ingrat, en bon soldat garçon, il continuera d'exécuter pour les autres (et lui-même),  des âmes, meurtres encadrés ou non par la loi. Il y a eu évidemment des abus. Le travail a été bâclé. On reporte la faute sur une confusion d'identité. Ca fait du grabuge. On parle de manipulation. On conduit des bagnoles. On traverse des bleds paumés au milieu de nulle part. On rentre dans des bars et des hôtels à plaisir (?). On évoque la violence faite aux femmes. On travaille les mains dans la m.... Les emplois assurent l'alimentation du moteur. Beaucoup de poches sales. De la tristesse. Oui, de la tristesse, Madame. On pointe du doigt la fragilité de la vie. Du destin même. Les dés sont pipés. Mais comment ça ??? On se dirige vers la montagne car l'air y est plus pur. Mais rien n'y fait. Une petite bulle est restée coincée dans le cerveau. Une envie tenace de gerber. De grands moments de solitude. On rajoute à ça des problèmes de ravitaillement dans les refuges. On avoisine les 3 000 mètres.  Et par moment un ange apparait (?) dans le tableau. On murmure (enfin) dans les chaumière que D... existe. 

Les vacances à la neige, c'est plus ce que c'était...  

Il y a quand même des compensations : on ingurgite du ragoût de cerf, on grignote des tartelettes aux cerises, et on boit de l'eau de vie de prune, du bourbon maison (en douce) et de la bière (de la Bud). 

Le refugiste propose également dans le forfait :  

- des jeux de société (seul ou en famille) dont l'épreuve de la grotte, la traversée du désert, le jeu de la Vérité, le jeux des familles recomposées et/ou décomposées
- et des jeux de rôles dont une négociation avec D..., la recherche du père et de la mère, fuite en avant, etc.

Un saltimbanque est passé hier soir jouer du psaltérion à archet et ce matin, au petit déj', un sage a pris la Parole. Il a dit  : "(faut) pas s'embêter à gaspiller l'amour parce qu'il n'y en a pas tant que ça d'amour dans le monde"

Fu mandchu a été référencé, un certain Jim également, et tout plein de musicos américains..

On regrette un chapitre sans point ni joie. Le 34.

La Direction a déjoué quelques tentatives d'enrôlement abusif. mais globalement, on sent bien qu'il y a une volonté de mettre de l'ambiance.

Ce texte n'est pas à mettre dans toutes les mains. Avant tout engagement, bien évaluer le rapport que l'on a avec la fausse chieuse. Les conséquences peuvent être désastreuses.
Un texte à maintenir au chaud. 
Surveiller la prochaine livrée.

Petit conseil généraliste : toujours se méfier d'un chiqueur et sniffeur de tabac. Surtout quand il est coupé avec de l'abricot. 
Petit conseil post-lecture : s'allonger tête bien à plat, paupières baissées, lèvres entr'ouvertes, bras ballants, jambes légèrement relevées. Effectuer trois respirations profondes en respectant le processus classique - cad une inspiration, puis une expiration (ne jamais doubler un inspiration ou une expiration) -, puis se relever lentement.

Ah j'oubliais : un ban pour le translator 

Je vous libère. Bye
Blvd   

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...