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jeudi 1 décembre 2022

Pour tout bagage, Patrick Pécherot, La Noire, Gallimard

 Des remords en pagaille


 

Un meurtre a été commis sur la personne d'Edmond Vuillat. Une boulette apparemment. Mais va savoir... Avec ce fichu Destin.

"Une fois pour toute, j'ai décidé de m'en foutre"

Plongée dans le passé du narrateur... 
qui n'est pas le passeur. 
Qu'on se le dise. 

Après bien des années d'enfouissement, un album de photographies d'époque est feuilleté. Toutes craquelées par la gerçure des ans. Des souvenirs surgissent à la volée. Aux quatre coins des pages. Commentaires à l'appui.

On remonte le temps. Années 60/70. Jeunesse, musique, cinéma, roman noir. Joe Hill, les Wobbies, Kerouac, Ferlinghetti, Léo, Bob sont cités... Charles d'Avray, et Romain Bouteille sont également dans l'album. 

On s'embourgeoise s'encanaille en fumant des gauloises, des P4 et des Boyard maïs. 

On roule en Ciao (confirmation de l'embourgeoisement encanaillement), on cacochyme, on chante à tue-tête des chants de révolte.

Des photos d'Espagne sont jetées en vrac sur la table. Un peu floues, certes, because la fumée en haut des buttes. Du brouillard sûrement. 

Et puis finalement, on convoque à la barre, Antoine, Paul, Yvon, Arthur, Sylvia, Edouard, titi, Chloé, Yvon, Cropette et bien d'autres. On nous fait savoir qu'un texte circule, du genre alerteur. Des angoisses sont jetées à la gorge des loups. Culpabilité en surchauffe.   

Un message sur l'illusion pas si comique, et ses désillusions. Les actes manqués réussis. 
Une tentative d'explication du pourquoi du comment, du qu'on en est arrivé là. 

La Direction redoute, malgré l'enthousiasme débordant de ce texte, la venue probable d'un cafard monstrueux dans ses locaux. 

Il va falloir maintenant éplucher tous les dossiers passés. Exhumer, classer, biffer, oublier, grossir le trait, minimiser, botter en touche lorsque nécessaire.

Heureusement que décembre est là, avec son lot de promesses et de souhaits que l'on commence à méditer, murmurer et mâchonner avant le grand lâcher de ballons de la fin d'année. 

On ne le dira jamais assez : les petites guerres de la vie se suivent et se ressemblent et mieux vaut ne jamais regarder derrière (tant qu'on le peut bien sûr!), mais 

"s'il faut commencer par les coups de pieds au c.. " 

Basta !

samedi 26 mai 2018

Hével, Patrick Pécherot

Le plein

de possibilité, 
d'ordre, 
de souhait, 
d'indignation, 
de nécessité, 
de doute 
et de volonté 

est fait.
(taxes comprises. Indexation sur le taux des taxes pétrolières env. 60%)

et

Combray et Balbec ? C'est fait !
Sur les chemins noirs ? C'est fait aussi !

Et maintenant ?

Nous décidâmes donc 
d'avancer à couvert,
en file indienne,
Bien que nous sachâmes eussions su 
qu'il eût été préférable 
de se disperser



On est DANS LE JURA !!! 

Dôle, Morbier et Morez sont sur le papier,

Ah ! 
Vive et joyeuse Valserine,
Combes magiques,
Merveilleuse forêt du Massacre
Qu'elles sont belles tes joux,
Doux Jura...

VIVE LES ROUSSES !!!

Un jeune homme prénommé Augustin, dit "Gus", fait une petite grosse boulette, un soir des environs de  1960 dans une cité de travailleurs de l'époque. 
Prévoyant, la boulette, il décide de se la mettre dans l'abajoue droite, mais au dernier virage elle va se coincer juste derrière le gosier. Qu'à cela ne tienne ! Plusieurs dizaines d'années réussiront bien à lui donner un peu moins de goût. Et lorsque le moment arrivera, 

en général il survient, à-peu-près, lorsque l'on devient soi-même premier de cordée, c'est à dire, plus personne au-dessus pour (r)assurer, et en dessous on voit bien qu'il y a du monde mais c'est flou, on ne sait plus trop...

Gus éprouvera un besoin impérieux de régurgiter le morceau. 

Un représentant de l'équipe des journalistes du coin  est convoqué sur le champ. Celui-ci flaire l'arnaque la purge psy à plein nez, mais en "bon" professionnel, il déploie ses pavillons et écoute patiemment. 

Des histoires de la seconde guerre mondiale, de la guerre d'Algérie, et de la guerre de tous les jours. Qui n'auraient pas trouvé d'issues. Des histoires d'hommes principalement. 
Les prénoms recensés sont extraits des Livres : Pierre, André, Simon(e), Kader.
Une sorte de parcours de la dernière chance. Des passeurs en pagaille et en tout genre.

Ensor est évoqué, ainsi que Figaro, Patachou et Qohélet. Un lynx a pointé son nez à un moment dans la brume. On a fait appel à la mémoire. On a joué aux pensées magiques. On s'est mis en situation. Bref on ne s'est pas ennuyé du tout.

Un texte très utile 
pour qui a besoin de vider son sac 
avant de partir en vacances 
Le format est très pratique.

Quelques clés sont distribuées en fin de dossier. Chacun-e fait à sa main.

Et pour les gastronomes, la Direction a repéré un petit logis avec une patronne qui propose sur la carte du jour : museau, braisi et pot-au-feu, morbier et pinard. 
Le vin de jaune n'est pas mentionné,  ni même le paille. Et pas la queue d'un coq. Un comble. Le rapporteur évoque quand même deux Chargeoises sûrement servies à bonne température. 


Nos régions...
le régional de l'étape

Rendez-vous à Guermantes. Ciao !

samedi 9 janvier 2016

Une plaie ouverte, Patrick Pécherot


- Ben t'en a mis du temps Blvd pour recoudre cette plaie ?
- C'est que j'ai été obligé de ralentir, figures-toi ! Un texte comme ça... Avec tout plein de mots... tout plein de phrases... tout plein de poésie... tout plein de gens... connus et pas... tout plein d'histoires... tout plein de brouillard... Si on fait pas gaffe, on peut se retrouver rapido dans le décor. Et là crois-moi, ce n'est pas du cinéma.
- M'ouais... En tout cas n'oublie pas d'enlever le clou rouillé qu'est fiché dans le fond, et de nettoyer tout ça avant que les touristes se rendent compte de quelque chose. On a une réputation à préserver. Faut le rentabiliser le tunnel bas de plafond. ka.ˈpis.ʃi ?  


Direct, le reporter nous trace un profilage de Dame Calamity Jane et de Sieur Buffalo Bill (ça fait naturellement grimper l'audience) - un bien triste sort, d'ailleurs, que celui de Big Jane. Il est question également du www wws. La boite à musique joue tranquillement le temps des cerises. 
Un coup de poing d'emblée, évocation de l'activité migratoire, mi-désespoir des poches de sang en exil. Une idée d'Europe émigrée. Une idée de Paris libéré. Des bouts de terres pillées, dévastées, saccagées, enragées, dégagées. Des expulsé(e)s qui reviennent en vainqueur(e)s (?). Sur la frise, on serait dans les environs de la Commune et post, mais sur le terrain on est de l'autre côté de l'atlantique. Un certain Valmont est lancé sur une piste. Un renifleur de première. Incertain Dana dans le viseur. Voyage initiatique à la recherche d'une ombre. On assiste en direct à la création de la Pennsylvanie. 


Et vlan, retour en arrière. Il y a comme qui dirait de la rébellion dans l'air. Un burnout post démocratie républicaine est annoncé. On référence chaudement la Canaille. On poétise, en général les soirs bleus d'été. On côtoie (en toute amitié) la clique de Montmartre et d'autres lieux parisiens chébran de l'époque. On parle de manipulation de l'Histoire (?). On parle de Féminisme même. Madame Michel aux avant-postes. On évoque François Coppée (?). On se bat. On fait des doigts "prussiques". Pas mal de copinage. Destruction d'oeuvres d'art et de l'ortografe (?). La mémoire est en berne. C'est la guerre 'Môssieur". Une guerre moche (?). Les uns contre les autres. Non pas la chanson, Môssieur ! La guerre humaine du peuple des poches de sang.   

On suit Marceau dans son délire. On suit, par la force des choses, ses fantômes.

Niveau business, on assiste aux débuts de l'industrie cinématographique. On visionne Cripple Creek Bar Room. On regarde en loucedé After the Ball de Mélies (interdit au moins de ?).

La fabrique des mythes est en marche. Toute l'histoire des start-up françaises d'hier et d'aujourd'hui est résumée dans ce texte.

Oui, d'autres totems sont brandis, tels que la culture pour tous (?), la musique pour tous (?), l'enseignement supérieur pour tous (tripple?)..., la poussée de la psychanalyse, une technique comme une autre pour contrer les spiritueux. "Paris était une boite à souvenir". De ce côté là, rien ne change. Un vrai parc d'attraction géant. Avec des vrais gens figurants qui ont la particularité de payer leur prestations, et des vrais clients. 

Un mal fou à rentrer dans le texte. Mais alors... Comme au 14, de la rue A. P. : quand la tête est passée... Une énorme émotion. Un relâchement en toute simplicité. Une prise de conscience. L'écriture est sèche et ronde. On se met à lire à haute voix. Une bobine emmêlée démêlée patiemment. 
Un beau texte (imho). 
Il y aura des pertes annonce-t-on. 
Fautrelirealorsencoreetencore.

Si ça peut aider, la direction en doute, les dirigementeurs ont tout prévu. Il y aura comme Un petit air de fête communale à la Gaité et aux Folies. On regrette tant le temps des chinoiseries des bouffes parisiens. 

Une seule certitude dans ce brouillard : c'est l'Hôtel de Police qui remet les choses en ordre. 

L'honneur est sauf !

Ma prescription : on cautérise, quelques jours de repos ferons le plus grand bien, avec de longues marches dans les rues de Paris, si possible aller se recueillir au Père Lachaise deux fois par semaine, et en montant la Roquette, faire une halte en pensant à toutes ces Folies brisées. Le soir on tranquillise stabilise le tout avec du Laud.... une tisane de sauge officinale. Une goutte de Jack est autorisé.
  
Bye

Lecture simultanée
 







Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...