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samedi 11 décembre 2021

Sarah Jane, James Sallis

- T'as fait ta valise Blvd ?
- Pourquoi on part en voyage ?


Un père chasseur et une mère fugueuse. 

Sarah "mignonne" fait comme tous les gosses. Elle attend patiemment son tour. jusqu'au jour où elle décide de prendre le pullman l'autocar pour faire la route. Pour faire sa route. Celle qui fait de la vie un chaos. 

Sarah part en voyage 

Pas fainéante, elle enfile les boulots comme des boulets autour de son cou. L'uniforme, en général, lui sied à merveille. Cuistot, boulanger, militaire, flic... Elle est instable à tout point de vue (exit Gregory, Yves, Ran), mais finalement, à son retour de campagne, Sarah fait une halte à Farr (Pennsylvanie ?), épuisée, il semblerait. 

Elle est reprise en main par Cal, le shérif du coin. Après...

Un texte d'une extrême noirceur. Les sens sont à fleur de peau. Les ravages de l'alcool, de la guerre et de la vie en général. Les petits riens qui font tout. Qui grossissent à vue d'oeil, mais que personne ne voit. 

On ne sait pas si les Grands vont pouvoir sauver Noël, mais on dirait bien que pour certains, le traineau s'est brisé en plein vol.    

Toujours un réel plaisir de lire ce passeur, même si un goût de reviens (z) y s'est collé dans la rétine. La trilogie Turner a déjà fait le plus gros du travail (imho).

La mise en bouche du préfacier est juste. 

A classer à portée de main.


  

 

mercredi 31 mars 2021

Salt River, James Sallis

"Quand un homme meurt, il faut marquer le coup" 


Et de trois. Toujours à voix haute... pour transmettre. 

Souvenirs d'enfance, de guerre, de famille. Des vies simples, mêlées au chaos. 

Turner est à présent aux commandes. Les enquêtes sont improbables et les délits insupportables, abominables, décapotables, adaptables, discutables, dommageables, inavouables, indigérables, épouvantables, épuisables, exécrables... et ainsi de suite, sans discontinuer, jusqu'à la lettre v. 

On change de cavalier/ère, position au centre de la piste et puis on recommence à tourner, virevolter.  

Et en avant deux

Doc s'accroche au bras de Turner qui, lui, opère en souplesse un décrochage en règle. 

"C'est juste que j'en peux plus de me remettre d'un tas de trucs, Turner"

Ca flanche de tout côté. Ca déborde. Ca expulse. Les morts s'amoncellent. Les stat's explosent au dernier vinteur. Heureusement à la ville, les meneurs ont la situation bien en main. Ben voyons!

Un bon de coup de cafard, arrosé d'un bon vieux whiskey bu au godet, et les moqueurs n'ont qu'à bien se tenir.

Cette trilogie est une anthologie de la souffrance silencieuse. Le passage dans le sas pré-expulsion a un petit goût amer. Pas de règles. Pas de procédures. C'est chacun son tour; c'est comme ça vient.

Salut l'ami ! On va resserrer les rangs.

A lire et relire, écouter et réécouter.



 


samedi 5 décembre 2020

Cripple Creek, James Sallis

Pas l'ombre d'un ruisseau... 
Juste des vies qui arpentent un chemin semé d'embûches. 
La base... 


Quand la descente est amorcée, c'est un peu comme dans une aspiration de baïne :
 
1 - Mieux vaut pas trop s'agiter et/ou s'affoler. 
2 - Se laisser glisser  
3 - Se débarrasser de son masque et de ses palmes qui pourraient gêner dans le cas présent
4 - Faire le(s) bon(s) geste(s) qui sauve(nt)... Au bon moment...
 
La question, 
c'est de savoir le(s)quel(s) et quand ?
 
Autre option (plus sage) : rester sur la terrasse (ou sur le balcon, ou à la fenêtre) avec un bon verre de whiskey et laisser passer l'orage.
 
Turner, sait tout ça et applique la méthode consciencieusement. Le problème c'est qu'autour de lui ça bouge dans tous les sens et ça tire à vue. En posant son baluchon à Oxford, Mississippi, il y a quelques temps, il pensait pouvoir un peu relâcher la pression. Mais non ! Ca continue. Encore et encore.

Des balles perdues, des amis qui tombent sur le champ de bataille. L'évacuation des blessé(e)s se fait dans la débandade. Qui sera le prochain ? C'est tout le cerveau qui se remet en branle. On explore le passé. On met à contribution les neurones. On épuise les nerfs. John Turner expérimente. Il reprend la route dans l'autre sens. Revient sur ses pas, destination Memphis. La famille se rapproche. Pas simple. Heureusement qu'il y a les douces mains de sa dame qui branlent les cordes du banjo paternel et apaise le feu de son âme. Pour un temps du moins.
 
Enigmatique, envoûtant. L'univers de Turner est sombre à souhait. Mais il sait voir les choses. Son regard est profond. Chaud. Les pacaniers, les insectes, les rongeurs, les nocturnes en tout genres, les ami(e)s, les vivant(e)s, toutes ces petites et grandes choses de la vie, il les prend pour ce qu'elles sont. De simples et éphémères compagnons de route.
 
     


samedi 28 mars 2020

Bois mort, James Sallis

"Les instruments sont faits pour qu'on en joue. Tout comme les vies pour être vécues."

- Bien dit, bl∆d !
- Ouais ben, alors là, moi j'ai rien dit sur ce coup-là !  Faudrait pas tout me mettre sur le dos.

le fauteur 
c'est Turneu
. /


La troisième lecture est réalisée à voix haute, pour bien ressentir le goût de chacun des mots proposés dans le texte (le .mp3 est disponible mais non diffusé).
Une urgence.
Le dossier est sérieux. Dans le sens, à ne pas prendre à la légère. Une écriture à plusieurs branches. Beaucoup de mortes. Mais quelques vives encore. On se raccroche où l'on peut... et surtout comme on peut. Parce que ça ne se voit pas comme ça, mais dans les tuyaux internes de John Turner, il y a un fichu bazar. Et on comprend vite que l'"agence de voyages" qui l'accompagne n'a pas investi ces dernières années dans la sécurité de ses passagers. C'est flagrant !

Que dire penser de tout cela alors ?
Que les instruments sont en panne. La navigation dorénavant s'effectuera à vue. 

Attention "Turbulences". 

On regarde par le hublot régulièrement pour surveiller le niveau
On vérifie si le canot de sauvetage est toujours là
On fait un petit tour dans les machineries pour voir si l'huile ne perle pas
On compte les passerelles (rares) et on vérifie leur solidité (la rouille sévit).

Trop d'amateurisme.
Trop de professionnalisme.
Trop de contactismes.
Trop de tourisme.
Trop de je-m'en-fichisme
Trop de toutismes.

Sûrement... Beaucoup de trop de trop...
Le repli s'impose...

 Inespéré !

Une terrasse, quelques notes de banjo, un verre une bouteille de bourbon, quelqu'un.e avec qui échanger ses postillons, l'inhalation salutaire d'une feuille de tabac roulée, et le tour est joué.
Fin de partie.

Allez zou ! 
Tout le monde au vestiaire. 
'Faut pas baisser la garde,
On a encore du boulot.  


ps : remerciements aux traducteur.e.s

et en complément sur ce thème http://www.blog813.com/2020/02/le-n-135-dans-nos-boites-aux-lettres.html


  

mardi 4 février 2014

Le tueur se meurt, James Sallis, The Killer is Dying


- T'en penses quoi Blud, de ce dossier ? ... Brièvement...
- Un joli texte vautour autour de l'âme ...
- Ouais... Ca me rappelle un eméop, une histoire de gourde...
- ???

Une souffrance qui ne semble jamais suffisante. Trop volatile souvent. Une nécessité de l'enfermer. La cultiver. La choyer. La magnifier. Voilà ce qu'il faut. Rétro pédalage. Une folle envie de croquer dans la vie à pleines dents. Jusqu'aux pépins de la pomme.
- Arrête Malheureux ! Surtout pas les pépins...

Ah merveilleuse convive qui oblige toujours. Délicat développement de nos capacités comparatives...
Ca faisait un petit moment que je souhaitais évoquer ce soldat, ce brancardier des âmes épuisées, ce descripteur de poches de sang alourdies, ce porteur de bonnes nouvelles.
Sa trilogie traduite chez M'sieur Gallimard est un grand moment (imho) de contemplation et de réflexion.
Attention tout de même. Il est important de prendre toutes ses précautions avant d'entamer la lecture d'un ouvrage tel que celui-ci. Parce que v'la l'ambiance, les amis ! Faut pas être dans une phase dite "descendante". Un briseur d'ambiance comme lui... Rare... Je vous ai prévenu.

Compte-rendu de campagne : l'histoire de quelques âmes prises au hasard (?), toujours étonnées, stupéfaites même, de la permanence du Cycle Sans Fin (CSF). Flics, tueurs, mômes, femmes, mères, poupées, pères, serveuses, médecins, brancardiers, que sais-je ? Un merdier pas possible. Des fins de vies en pagaille. Le e-commerce aux avant-postes. Ca flippe, ça retient, ça file, ça noue et dénoue. P2D ! Et dans tout ce bordel, il y a Chrétien, le tueur en chef, qui se fait doubler (ça me rappelle un Block) au poteau. Mission inaccomplie. La maladie en embuscade. Personne n'est épargné. Forcément. Sinon, ça se saurait... Surtout avec l'internet d'aujourd'hui. Les gosses se démerdent comme ils peuvent. Les femmes sont fortes (comme d'hab' dans ces cas là) et les mecs sont tous petits dans ce vase vaste champ de non-dits. Il y a des types qui règlent leurs comptes. On avance à la va comme j'te pousse...
Un dossier ornithologique en béton.
On apprend que les pigeons n'ont pas de sphincter. Que les girafes n'ont pas de voix, que les chiens voient en noir et blanc et que les hommes ne portent pas leurs c...... à la ceinture. Au mieux dans les baskets.
Un dossier caisses bien documenté. Ford galaxy, buick, véhicule de patrouille, camion de pompier, chevy 55, etc.
Un petit traité de logistique et de vente à distance.
Fil conducteur : la vie des zozios.

Ma position sur ce dossier ? Classement à portée de mains, bien caché quand même pour ne pas risquer de tomber dans des mains fragiles. A exhumer uniquement en cas d'urgence, du genre, crise d'euphorie inexpliquée.

Approved by blʌdʒən


Pour les plus hardis (ne nous trompons pas de dossier) une deuxième lecture s'impose.

Et n'oublions pas : http://blugeon.blogspot.fr/p/plus-dinfos-sur-bldn.html

Pour décompresser : http://www.wat.tv/audio/pierre-perret-majorettes-y4hs_2guvj_.html

Bye
  

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...