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lundi 16 octobre 2017

Les eaux troubles de javel, Léo Malet

Onde blonde abonde
L'amante alitée ne se relèvera pas
Des apparences nées pacifiées.
- Il te reste du n°13 ?
- 8 litres
- Roger !

En pleine création de l'Europe, Nestor fait une visite de courtoisie dans le XVè arrondissement de Paris.
La disparition d'une vieille connaissance inquiète la régulière de cette même connaissance. 
Le cas est étrange quand même, car non seulement ce n'est pas son genre de se débiner sans rien dire (?), mais en plus, Hortense (la femme) jure sur son cosy que Paul a gardé son slip de la veille. Et ça, ça ne lui ressemble pas du tout... 

Bref, 

Il faut retrouver l'ami Paul. 
Coûte que coûte !!! 

Burma, en tant que défenseur de l'or félin et de l'argente féminine, comprend parfaitement la parabole et se lance sans retenue sur les traces dudit Paul. Et ce qu'il va découvrir n'est pas joli joli. Triste même. Comme du béton désarmé coulé à même le sol. C'est l'incompréhension, avec un zest de citron, qui suinte de chaque pavé de la capitale sud-sud-ouest. Les mots dépassent les pensées, ou peut-être bien que ce sont les pensées qui galopent devant les mots. 

On épluche quelques feuilles sur l'ôtement de vie avant expulsion et sur les comportements étranges du mâlumain. Un dossier sur l'oppression, la transhumance, le découpage géographique,  traîne sur un coin de table.
On joue aux Dames pour passer le temps. Jeanne ose, Joséphine arrose, Hortense panse, Hélène ganse, et Wanda fait de son mieux. 
On roule en Dugat, et on danse la biguine.
On boit des pots au bistrot du coin, on tire les vers du nez, on manipule la langue avec dextérité, et maladroitement, on réfléchit "sur la vie de ... que l'on mène", on caricature à outrance, on messaye à tour de bras.
On suspisce un vol de paperasse. On espionnise , on se lie comme on peut, on biaise (et l'autre aussi mais hors champ et sans l'i), on manipule la billasse, on poétise et on humilie l'humanité du haut du pont Mirabeau. On parle des premiers clochards européens (texto), de l'opéra de quat'sous, d'un objet contondant, de marchands de sommeil, de Routis, de la vie sur un fil...
Ca cogne dur, ça roule, ça minaude, ça jacte, et tout plein d'autres joyeusetés.

A noter quelques erreurs de syntaxe... surtout dans les dialogues. 

Le conseil du jour : éviter de demander (justement) conseil à Nénesse, dégâts collatéraux prévisibles.

Avis de la rédaction : une enquête confirmée Burma. Une évocation d'une portion de la société du moment. Le cliché instantané des forces et faiblesses (bonjour M'sieur Swot) en présence a un petit goût de rance. Le développé au coucher est rampant et plutôt confus. Les messages contradictoires confirment encore de nos jours que la sécurisation des poches de sang est un long processus qui balbutie encore.

Incivilités : on a encore graphé dans les toilettes de l'administration : "une vraie partie de rigolade". Antisthène et Diogène sont convoqués dans le bureau de la Direction.
Ca va c.... !



vendredi 18 mars 2016

Casse-pipe à la Nation, Léo Malet

- T'a pas l'air dans ton assiette Blvd ?
- Mon rempailleur est passé à la tivou hier. Il m'a suggéré à demi mot de travailler au-delà de toute espérance... 
- Si c'est que ça, je peux t'aider à l'arraisonner
- Tu parles ! Amène-le plutôt à la foire du Trône ! 

Un pavé de deux cent cinquante et une pages jaunies (graphie parfaitement lisible) version 1974, réédition d'un texte de 57 (bien après J.C., du XXè siècle précisément) dans lequel on attaque le XIIè (arrondissement) par le flanc gauche ou droite (selon sa géolocalisation)... Alésia n'est pas tout près.

Quoi de plus difficile à faire admettre que la vérité. Contraint de descendre de son trône, Burma, après un passage éclair à la gare de lyon agrémenté d'un rendez-vous manqué,  fait une virée à la foire du trône (version place de la Nation). Fidèle à ses engagements il s'investit avec vigueur dans une bagarre à l'aplomb du grand-huit. On compte un mort à l'arrivée. Un soi-disant natif de Meaux (?). Un marseillais en réalité.
Déclenchement de l'enquête illico.
Le détective de choc avance comme il peut avec sa légendaire veine insolente. Mais ce ne sont plus des casseroles qu'il traîne. C'est toute la brigade d'un trois étoiles micheliné. On dénombre dans les cuisines, sa carcasse en personne, des marseillais, des négociants en vin, une secrétaire tire au flanc (attention cliché), un commissaire de la tour pointue (ne pas confondre avec la barque du même nom), des flics du XIIème - l'équipe locale joue à domicile. Se raccrochent également à la toque, les résidents du cru, une exfiltrée de l'année passée, des copains/ines : Gigi, Jacques, Benoît, Philippe, Josée, une jeunette effarouchée, un journaliste à la bonne, des petites frappes, du gros calibre et une petite vieille dame qui fume comme un pompier et fait du gringue à Nestor. La totale !    

Ajustement du masque et du tuba pour une plongée dans les ruelles et les cuves de Bercy. Disparition retrouvailles, redisparition, reretrouvailles. Le dirlo met à profit la technique du carroussel. On se méfie de la bêtise qui cache très souvent la méchanceté (texto). Les gamines volent des bagnoles. Les interrogatoires sont agrémentés de pommes de terre. Balade forestière. On plane au-dessus de la canopée du XIIè. Burma écolo avant l'heure? A vérifier. Les flics travaillent main dans la main. Avec quelques coups de pieds au c.. qui se perdent ici et là. Tout ça pour virer à une chasse au trésor bien orchestrée et une arnaque aux accidents.

Le procès verbal de fin de partie est en bonne et due forme. 

C'était une époque où l'on roulait encore en traction et envoyait des photos par bélino. Une époque où l'on enfermait systématiquement les jeunes filles dans leur carrée.

L'abbé Pierre est cité. Jacqueline Joubert également.
Proposition de jumelage de Paris avec Marseille.
Ambiance musicale Harry lime theme

A déplorer : quelques écarts de langage et points de vue. A surveiller. On évoque des vapeurs d'alcool qui fuitent des cuves et des persistances sociales.

On flatte l'électeur les lecteurs de romans policiers. 
Il n'en faut pas plus pour étoiler classer ce texte à côté des autres. 

Blvd

samedi 6 juin 2015

Tirez sur le pianiste, David Goodis, Down There

- C'est donc qu'il n'y a plus aucun espoir alors blvd ?
- ???


Et une défenestration, une !

Sur le thème : on choisit ses amis mais rarement sa famille... Beaucoup de bave à laver et de valve à régler. 

De la culpabilité en grande quantité. 

Philadelphie 1956. Tout se joue au Harriet's Club. Une sorte de QG pour paumé(e)s. Ou quelque chose, comme qui dirait, d'approchant... 

Une ambiance de fête. 

Le musico de garde y fait d'ailleurs de belles rencontres... Et de moins belles aussi. Tout ne peut pas être tout rose aussi. Ca s'saurait. L'Artiste souffre aussi. C'est dans les gènes et les manuels de vendeurs de rêves. 

En bulk : 

Harriet, Clarisse, Lena, pour les copines.Morris, Heather, Eddie, Turley, un catcheur, l'aîné des Lynn, pour les messieurs. Pas tous des potes. 
On rencontre aussi des géniteurs dépassés. Comme toujours (?).

Les rendez-vous galants se négocient à coup de centimes. Les errances se font de nuit... de préférence, et habituellement par des températures avoisinant les - 20° C. Bataille rangée de boules de neige. Courses de voitures sur verglas. Ball-trap dans les bois.

Pas de fioritures. Pas de gémissements. Une histoire d'enfermement. Une filiation assumée. Une conscription de m.... Un combat d'anthologie entre un pianiste et un catcheur. Les phalanges sont mises à rude épreuve.   Les souris apparaissent et disparaissent. 

Franchement, le moral n'y est pas. C'est d'un triste. 

Eddie, le responsable de tout ce bordel, tente pourtant de garder le contact. Ca turbine sévère dans sa petite têt' de géniedéchu. Une ronde infernale. Les longueurs d'ondes sont dérangées. Comment veux-tu, comment veux-tu ... Une chose qu'on peut pas lui reprocher, c'est son esprit de famille. Ce qu'on ne sait pas, c'est si l'homme est mort... techniquement parlant. En tout cas on peut dire qu'il broye en simultané du sombre, du gris et du noir.

Pour décompresser et permettre de relâcher conséquemment tout se qui peut se relâcher :

Les repas sont préparés dans la cuisine du diable.
Les autorités soupçonnent un trafic de lait de panthère;
Pour l'écoute, on a à dispo Bud Powell et Bill Halley;

Je compléterai avec :
Et puis tiens un deuxième pour la route là aussi

Un dossier solide. Pas facile à aborder du point de vue d'aujourd'hui (imho). Nécessité de régler la radio sur l'onde idoine. Attention quand même aux interférences. Pour amateur avisé. 

Bye 

mercredi 11 février 2015

Pas de dragées pour le baptême, Jean Dorcino

Dossier :Pas de dragées pour le baptême
Auteur : Jean Dorcino
Bannière :  Gallimard  
Section : Série Noire 
n° :371
Corps :les gars de la Bastoche
Campagne :  1957
Devise :Touche plus à rien mec !
Date Edition : mai 1957
ISBN : 
Nbre de pages :184 
Prise de possession : quai de Seine rive droite
Lieu :  Paris
Retour : néant
Appel à contribution :  220 fr + T.L.
Contribution réelle    :  4,00 € (coûteux mais complet)


Pour plus de confort de lecture, la Direction invite le lecteur à appuyer sur le bouton "Années 50". En cas d'absence de cette fonction - certains modèles récents n'intègrent plus cette fonction - il est conseillé de coupler la lecture avec la discographie intégrale  période loubard du chanteur de la Paname.  

Le staff : Tilouis, Dédé, Loulou, Gégène, Filhol... On est dans le quartier bastoche-roquette. Un classique. Les petites frappes se dérouillent... et dérouillent aussi.

Le dossier : pour Tilouis, un gentil (?) p'tit gars de Paris, frapper tuer c'est exister. Pas facile de vivre en homme... Pas évident de se glisser dans la peau d'un voyou...
En épluchant les archives on peut raisonnablement affirmer que tout commence une fin de nuit de novembre. Un problème d'emplacement semble-t-il et un titre de propriété frelaté. M'sieur Fernand est sûr de son bon droit. Preuve à l'appui (?) il est le locataire historique de la bouche de chaleur située à l'angle de la Monnaie et du boulevard, cent cinquante pas à droite du Pont Neuf. Ca part tranquillement en vrille. Une boulette en propose une autre. C'est sans fin... On arpente le pavée parisien. On fricote. On se redresse. On se sent invincible. L'effet euphorisant est de courte durée. Les "profilers" de la maison sont sur le coup. Filature, course poursuite, interrogatoires tout en finesse...

De l'ouvrage de précision. Simple. Pratique. Utile (?). Le mécanisme d'engrenage est bien réglé. L'huile utilisé est fournie par le constructeur.

Le greffier évoque Jean Anouilh et Brassens (une fixation sur la moustache. A surveiller !). Le travestissement est de mise.

Au menu : Poulet arrosé de Juliénas, et huitres humectées de Chablis.  
En fin de vacances : soupe aux haricots, viande et pain




Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...