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samedi 27 mars 2021

Vénus Privée, Giorgio Scerbanenco

 


Un texte sombre des années 60, qui pose les bases du roman noir italien.
Un texte qui sera revisité plus tard (2010) chez Rivages/Noir (lecture en projet).

Dans le cas présent, la lecture a été faite à haute voix pour les besoins de la cause. 

L'accent a été mis, sans forcer.
Certains mots sont restés coincés dans la gorge, 
Gras, sales, abscons, décalés, honteux,

Mais, 

Rien de tel, qu'une "bonne" douche froide, pour faire baisser la pression.

Rien de tel, qu'une "bonne" société en mutation, 
pour battre retraite, et se claquemurer, aux confins du mensonge.

Rien de tel qu'une "mauvaise" "bonne" société, tiraillée de toute part, 
aux prises avec ses pulsions. 

De l'alcool, de la rage, du sexe, du fric, du pouvoir, de la testo... 
et bien d'autres encore.  

et

Rien de tel qu'un "bon" conflit de génération
Pour que s'écroulent les petits châteaux
et que puissent s'élever d'autres petits châteaux.

 
Comme mentionné plus haut, le texte est sombre, et le rapporteur ne fait pas dans la dentelle. A quoi bon ! Un bon coup de pied dans les gencives, et un bon coup de coude dans l'estomac, valent mieux qu'un bon discours. En tout cas c'est la philosophie de Duca Lamberti, un médecin déclassé, qui se reconstruit peu à peu, comme il peut. Dans le cas présent, en reconstruisant himself les autres. C'est dire la technique. 

La morale suinte et se hume à plein nez. Et si par hasard, les choses pouvaient s'arranger...

Ben non ! 


    




mercredi 28 février 2018

Les milanais tuent le samedi, Giorgio Scerbanenco, i milanesi ammazzano al sabato


PLS, Mixopan, soupe de pâtes et pommes de terre bouillies, ça urge ! Berzaghi fait un malaise.
Sa fille, Donatella a disparu. Et c'est inquiétant, car du haut de ses deux mètres, Donatella, belle jeune femme de vingt-huit ans, est restée une enfant dans sa tête, et au grand désespoir de son père, a la fâcheuse manie d' aimanter les amants de tous poils. L'enfermement à double tour n'y a rien fait. L'évasion est parfaite.

Duca en reprenant le dossier va une fois encore cultiver son dégoût pour à peu près tout ce qui touche aux poches de sang livrées à elles-mêmes.  Il faut dire que l'on a retrouvé la jeune femme - tous les détails sont dans le dossier -.  Et quand Lamberti retrouve les disparu(e)s en général, on ne peut plus l'arrêter. Il enfourche son Alfa-Romeo pour une visite de Milan, Gigliola Cinquetti dans le mange-disque. 
On enquête dans les clandés de luxe de la cité. 
On croise et questionne des petites femmes, des femmes moyennes et des grandes aussi, des femmes soumises et insoumises, des barbeaux (pas le poisson) et des consommateurs. On remonte la piste laborieusement, mais sûrement. Come se dice : chi va piano, va sano e va lontano.
Au détour d'une ruelle, on fait la connaissance d'Herero Akaounou, qui exerce le métier de prostituée à Milan. Elle dit parler couramment l'une des langues bantoues répertoriées à ce jour sur le continent africain. Elle ne se plaint pas, boit pour oublier ce qu'il y a à oublier, et fait de son mieux pour aider la justice à faire son devoir. 
Et rebelote. 
Ce potage propulse de nouveau Lamberti dans un néant sidérant. Un énorme coup de mou le frappe au cerveau et au coeur. Heureusement, Livia, sa "Minerve", le regonfle. Il redresse la tête. Ca ne va pas se passer comme ça. Oh que non ! Fini le grand train. On prend les transports en commun à partir de maintenant. Ce n'est pas le moment de flancher, les lecteur(e)s s'impatientent. L'Alfa Romeo est remisée.

Coup de théatre : au trois-quart de l'enquête Duca annonce qu'il faut tout reprendre à zéro. 
Alors là, c'est la Direction qui a un petit coup de mou. Elle  vérifie dans un premier temps que le dossier n'est pas tronqué, et dans la foulée, prévient par voie de voix : 

"- je vous préviens les gars - et les filles-, 
il n'y aura pas de rallonge pour boucler l'enquête, vu !, 

Et c'est reparti. De la violence, du sang, du sexe, de la révolte, de la vengeance, de la honte, du mépris, de la haine, de l'étonnement devant tant d'émoi.

Une enquête tout en déprime (l'effet Duca). Les femmes au premier plan, pour le meilleur et pour le pire. Les hommes sont à la peine.
Le dossier est bien équilibré, des redites insistantes (à la milanaises ?) pour une meilleures compréhension. 
Un dossier qui se veut multirégions. On évoque le courrier du Milan-Brême, les couteaux de l'armée suisse, la semaine anglaise (qui aurait, soi-disant, des racines françaises), les chaussures cirées des méridionaux, la discipline légendaire des milanais...

Un dossier qui mérite d'être lu dans son jus (imho). La Rédaction est consciente que ce n'est pas évident. Elle transmets une intention d'achat pour la version de Laurent. 
A suivre. 

Pour la bande son, c'est SGDG : 

A classer.
Merci l'ami.  

samedi 6 décembre 2014

Les enfants du massacre, Giorgio Scerbanenco, I ragazzi del massacro


"- Plutôt crever (encore !!!), que de retourner à Beccaria !"
Le texte est de Giorgio Scerbanenco, les décors sont de Filarète et Solari. La traduction est de Roland. Le brouillard qui surgit ici et là est dû à... Des problèmes d'aération probablement... Une forte odeur d'anis lactescent.
Le thème : onze gamins, enfermés dans une salle de classe, violentent et massacrent une instit'. Une profession qui se dégrade de jour en jour. La victime est plutôt en piteux état.  Aucun des gamins n'est responsable (sans blague...) Evidemment. Nous sommes en présence d'un whodunnit extrêmement complexe. Du boulot pour la maréchaussée milanaise. C'est parti. Duca Lamberti sonne la charge. Ce flic milanais, ex-taulard, ex-assassineur bienveillant, sensible, buveur émérite (?), avec une petite préférence pour le marc, mène l'enquête. Réputé pour ses méthodes violentes (?), il est convoqué chez Càrrua (attention à la prononciation, visez l'antépénultième !), le dirlo de la Maison. Une mesure préventive. En effet, le Lamberti, sous ses airs relax, ne fait pas dans la dentelle. Ou plutôt si. Non. Si. Un ciseleur. Tout en finesse. Du travail d'orfèvre. On parle même d'horlogerie dans le courant de l'enquête, c'est dire.

off : Lamberti, pour le cadrer, c'est un grand maigre, qui fume (veinard) des Nationales, qui conduit pas, qui prend des décisions, des vraies, qui assume, et qui peut prescrire, en toute illégalité, en cas de besoin, une ordonnance médicale. Relatif à son passé pesant. Il ne tue pas plus. S'interroge beaucoup. Duca Lamberti est ce que l'on pourrait appeler dans le jargon, une teigne, un crampon, mû par un engagement moral viscéral. La justice à tout prix. Honneur et dignité en embuscade. 

Dans l'autre camp, celui des méchants, il y a les gosses. Pas fins du tout. Enfin pas tous. Normal. En construction. Eux, s'enquillent de l'anis lactescent et d'autres substances illicites. Des cas dits "sociaux". Treize / dix-huit. La tranche aimable.

On rencontre un max de donzelles. Des qui conduisent. Des qui suent. Des qui ruent. Des qui tuent. Des qui pleurent. Des qui cajolent. Des qui....
Ca manipule à tour de bras. Le groupe des âmes adultes dans la ligne de mire. 
Brimades. Harcèlement. Adolescence. Souffrances. Incompréhensions.
Attention aux sujets sensibles. Eloignez les enfants. L'Educ', le journalisme, l'honnêteté, l'alcoolisme, la toxicomanie, la peine de mort, la Mission, le Devoir (?), la mortalité infantile, mise en perspective du Genre, relations père/fils/fille, fratrie, et j'en passe...
On note que pauvre et vieux riment souvent avec vrai.
On évoque la bohème milanaise. Oui, je parle bien de la fameuse Scapigliature (attention encore à la prononciation, bien mouiller le l). Les poètes sont saturés de coke (?). Le adultes font des pauses chez le marchand de vin tandis que les jeunes vont au Tabac pour acheter du sel. Cougarisation galopante. Les fauves sont lachés. 
On évoque Cavour plutôt que Garibaldi (une préférence de connaisseur. Apprécier à sa juste valeur).
Le laudanum est consommé abondamment. A n'utiliser qu'en cas de rétention prolongée.

Pour les préparations culinaires : pizza, civet de chevreuil et nouilles au jus de viande... parmesannées.

Un dossier qui fait froid dans le dos, mais qui réchauffe aussi les boyaux (le deuxième cerveau quand même ! (?)). Une performance (imho). L'auteur aborde des sujets de société graves récurrents, sans s'appesantir. Il nous ballade dans Milan à bord de sa caisse et déroule la pelote joyeusement. Une partageur/transmetteur. C'est si simple et pourtant si compliqué à la fois. Ca me rappelle quelque chose... Mais quoi ? La vita è bella, no ?
Un dossier apprécié par la Direction. Aucun vote de blocage déclenché. Dans la cohue générale, le chargé culturel a proposé une animation musicale : Lucio Battisti et New Trolls (en import uniquement).  
Une sensation d'emprisonnement de légèreté.

Approved by blʌdʒən


Pour la prochaine séance : interrogation sur Cesare Beccaria  et Carlo Porta.

Ciao ragazzi/ragazze

dimanche 30 novembre 2014

Dossier clos : l'affaire Duca Lamberti

Nom : Lamberti 
Prénom : Duca
Année naissance : 1966                        
Décès : 1969
Lieu de naissance : Milan
Sexe : masculin                        
Géniteur : Giorgio Scerbanenco, né Volodymyr-Džordžo Ščerbanenko (1911 - 1969)
Nationalité : Italien
Profession : ex-médecin/détective/commissaire
Devise : nd
Situation familiale : 

Signes particuliers : Duca Lamberti exerçait à l'origine la profession de médecin, mais fut radié de l'Ordre pour avoir pratiqué l'euthanasie sur une patiente atteinte d'un cancer généralisé qui le suppliait de l'aider à mourir. Il est condamné à trois ans de prison pour homicide avec circonstances atténuantes. A sa sortie de prison il devient détective, puis travaille officiellement pour la police, pour finir commissaire.

1 – Vénus privée, 1967           Venere privata, 1966
      Trad. Roger Hardy &              Éd. Garzanti
      Walter Orlando
       Plon

    – Vénus privée, 2010
       Trad. Laurent Lombard
       Payot & Rivages (Rivages noir n°794)






2 – A tous les râteliers, 1967                 Traditori di tutti, 1966
      Trad. Roger Hardy                           Éd. Garzanti
      Plon
    – Ils nous trahiront tous, 2010
       Trad. Gérard Lecas
       Payot & Rivages (Rivages noir n°795)



3 – Les enfants du massacre, 1969        I ragazzi del massacro, 1968
Trad. Roland Stragliati                           Éd. Garzanti
Plon

    – Les enfants du massacre, 2011
       Trad. Gérard Lecas
       Payot & Rivages (Rivages noir n°843)



4 – Les Milanais tuent le samedi, 1970     I Milanesi ammazzano il sabato, 1969
      Trad. Roland Stragliati                             Éd. Garzanti
      Plon

    – Les Milanais tuent le samedi, 2011
       Trad. Laurent Lombard
       Payot & Rivages (Rivages noir n°844)

Complément : les synopsis de ses cinquième et sixième aventures restées inachevées ont été publiés dans le fanzine « Hard-Boiled Dicks n°19 » puis en appendice d'une réédition en 10/18 dans « Les Milanais tuent le samedi » collection Grands détectives n° 1645.

Une contrib' de Dan
nov 2014



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