samedi 20 décembre 2014

La fée carabine, Daniel Pennac

- Blvd, convoquez-moi  le 60 du 100 ! J'ai deux mots à lui dire.
- Le 2085 de la série ? Le lauréat de 1987 ?
-Précisément !
- Ok. J'appelle dans la catégorie...
      Poids plume : Benjamin Malaussène
      Poids moyen : Van Thian Veuv' Hô
      Poids lourd : Pastor et... Julie
      Vétérans mâles : les papies Rognon, Risson, Merlan,
      Verdun et Semelle
      Vétérans femelles : les passagères du car conduit par
      un russe-ex-russe russe Stojil et la veuve Hô (bis)

Ca démarre fort. Des chiens épilepses, des mamies tueuses, des femmes volantes... Et puis quoi encore ? Des conseillers, des pères, des julie la sage, des changements de noms (p.263) et une description du Cas Humain (même page). 

Si j'avais su qu'il s'était passé tout ça dans mon quartier, j'aurais mis plus souvent mon beau costume du dimanche.  

Un conte à la blanche-neige. Une petite maison perchée sur les hauteurs de la Roquette. Le Père Lachaise dans le viseur. Un quartier paisible d'ordinaire. De plus, l'air est plus sain... Pas comme en plaine, du côté de la forteresse. En bas on danse encore rue de Lappe et on égorge les vieilles dames. 

Il n'empêche qu'un petit air de Folie règne dans le quartier. Surchauffe dans le logis Malaussène. D'un côté les cogneurs, de l'autre les panseurs. Un bouc émissaire fait l'arbitrage. Un chauffeur de bus pour mémés. La vie enrhumée par un simple coup d'éventail. La différence malmenée... Les flics se transforment en fleurs. Faut pas croire tout ce qu'on nous dit.  Rassemblement Sitting de mamies et des papies. On apprend que les jeunes aiment la mort et les vieux aiment la vie. Une vraie pagaille. Les russes-ex-russes sont navrés. Faut pas se fier aux apparences. Les femmes sont solidaires et attentionnées (y' en a toujours que pour elles me direz-vous !). Les rêves sont brisés. Des conteurs de la vie accrochés à ces rêves brisés. L'amphétamine, des sacs entiers mon garçon. Des sacs entiers... Ca transpire dans les culottes. 

Le parler est beau. La présentation est belle. On côtoie du beau monde. On historise. On touche du doigt le fossoyeur de l'Empire... et même l'inventeur de la Sécu. C'est dire... Voleurs d'armes âmes. Des actions pour les bonnes oeuvres. Tous les musées du monde n'y pourront rien. Comme disait mon grand-père, je cite :"une confiance perdue est perdue à jamais". Point. Et il ajoutait avec un sourire en coin, je cite toujours : "                                                               ". 

Le reporteur ose. Une envie d'un autre journalisme. Cest un guerrier semble-t-il. Il attaque frontalement et simultanément l'industrie pharmaceutique, l'industrie du Crime (?), l'industrie de la Silver Economy (visionnaire ?), l'industrie des Narco-Pratiquants, l'industrie Publique et Politique, l'industrie de l'Industrie... 
Une partition bien maîtrisée. 

Question cuisine : l'auteur nous réchauffe une petite épaule d'agneau façon Montalbàn.
Fiche maladie : bilarzhiose aigüe
Celui qui s'en prend plein la g...... : le re-bâtisseur de Brest

bɔ.nɛ blɑ̃ et blɑ̃ bɔ.nɛ

Ciao 

dimanche 7 décembre 2014

Femmes blafardes, Pierre Siniac

Un dossier chaudement recommandé par un type qui a les bras longs.

Pétage de plombs en règle. Une put... d'équation à résoudre. Un problème de ventilation. Une invasion de tueurs en série. Des morts par omission. Une cargaison d'obsédés sexuels. Mobilisation de grosses légumes. L'affaire Jack l'éventreur revisitée. Des infirmières en colère (et pourquoi non ?). Des Dames attentives syndiquées. Un congrès d'écolos. Les Etats Généraux en alerte. La province passée au peigne fin.

- AlAAAarme ! Tous à son poste ! Toi là-bas, viens voir par ici. Ton nom ?
- Chanfier.
- Je t'ai à l'oeil toi... Si tu crois que ça m'amuse... Finette ?
- Présente !
- Mlle de Chamboise ?
- Présente !
- Clovis Mésange ?
- Présent !
- Madame Echaudoin ?
- Présente !
- Gaston Cantoiseau ?
- Présent !
- Augustine Balpaupoul ?
- Présente !
- Raymond Hurlejaume ?
- Présent !
- Fred Forgesclain ?
- Présent !
- Saint Valbert ?
- Présent !
- Colette ?
- ...
- Colette ? Où qu'elle barrée encore celle-là bon sang, 'va entendre parler du pays ?
- On est jeudi chef !
- Au temps pour moi ! Tous à vos postes ! Je vous fais un résumé de la situation :

Depuis que Chanfier est arrivé dans la bourgade, c'est le bordel - si vous croyez que j'ai pas vu votre petit manège... - les clients ne sont plus "mystère" mais du "jeudi". Ledit jour, les pompiers sillonnent la ville. Lune ou pas lune. On déplore une épidémie à la Faure. Le Grand Prieur le tabellion est évoqué. Le commerce est en circuit fermé. Le huis clos est à ciel ouvert. Ferrage de poissons et manipulation maximale. Le Bien (?) est dispensé par défaut. L'ouvrier est sans pitié. Les coupables sont désignés d'office. Des saltimbanques généralement. C'est toujours le Picard qui morfle - voyez du côté de Villers -

Point positif : on mange bien très bien même. Une préférence pour le lapin chasseur et la potée poitevine.

Référence historique : une histoire concernant les étangs de Hollande (p. 254)
Rappel philosophique : c'est le médiocre qui fait le grand.

Une larmichette versée, une mention spéciale à l'évocation de la ville de Marans. Sa fanfare, ses majorettes et son camp de réfugiés sur les bords du canal.

Ca branle pas mal en moment et c'est tant mieux ! Un dossier à ne surtout pas rater. Remerciements à l'adresse du concerné. Classement à très portée de mains.

Approved by blʌdʒən


  

samedi 6 décembre 2014

Les enfants du massacre, Giorgio Scerbanenco, I ragazzi del massacro


"- Plutôt crever (encore !!!), que de retourner à Beccaria !"
Le texte est de Giorgio Scerbanenco, les décors sont de Filarète et Solari. La traduction est de Roland. Le brouillard qui surgit ici et là est dû à... Des problèmes d'aération probablement... Une forte odeur d'anis lactescent.
Le thème : onze gamins, enfermés dans une salle de classe, violentent et massacrent une instit'. Une profession qui se dégrade de jour en jour. La victime est plutôt en piteux état.  Aucun des gamins n'est responsable (sans blague...) Evidemment. Nous sommes en présence d'un whodunnit extrêmement complexe. Du boulot pour la maréchaussée milanaise. C'est parti. Duca Lamberti sonne la charge. Ce flic milanais, ex-taulard, ex-assassineur bienveillant, sensible, buveur émérite (?), avec une petite préférence pour le marc, mène l'enquête. Réputé pour ses méthodes violentes (?), il est convoqué chez Càrrua (attention à la prononciation, visez l'antépénultième !), le dirlo de la Maison. Une mesure préventive. En effet, le Lamberti, sous ses airs relax, ne fait pas dans la dentelle. Ou plutôt si. Non. Si. Un ciseleur. Tout en finesse. Du travail d'orfèvre. On parle même d'horlogerie dans le courant de l'enquête, c'est dire.

off : Lamberti, pour le cadrer, c'est un grand maigre, qui fume (veinard) des Nationales, qui conduit pas, qui prend des décisions, des vraies, qui assume, et qui peut prescrire, en toute illégalité, en cas de besoin, une ordonnance médicale. Relatif à son passé pesant. Il ne tue pas plus. S'interroge beaucoup. Duca Lamberti est ce que l'on pourrait appeler dans le jargon, une teigne, un crampon, mû par un engagement moral viscéral. La justice à tout prix. Honneur et dignité en embuscade. 

Dans l'autre camp, celui des méchants, il y a les gosses. Pas fins du tout. Enfin pas tous. Normal. En construction. Eux, s'enquillent de l'anis lactescent et d'autres substances illicites. Des cas dits "sociaux". Treize / dix-huit. La tranche aimable.

On rencontre un max de donzelles. Des qui conduisent. Des qui suent. Des qui ruent. Des qui tuent. Des qui pleurent. Des qui cajolent. Des qui....
Ca manipule à tour de bras. Le groupe des âmes adultes dans la ligne de mire. 
Brimades. Harcèlement. Adolescence. Souffrances. Incompréhensions.
Attention aux sujets sensibles. Eloignez les enfants. L'Educ', le journalisme, l'honnêteté, l'alcoolisme, la toxicomanie, la peine de mort, la Mission, le Devoir (?), la mortalité infantile, mise en perspective du Genre, relations père/fils/fille, fratrie, et j'en passe...
On note que pauvre et vieux riment souvent avec vrai.
On évoque la bohème milanaise. Oui, je parle bien de la fameuse Scapigliature (attention encore à la prononciation, bien mouiller le l). Les poètes sont saturés de coke (?). Le adultes font des pauses chez le marchand de vin tandis que les jeunes vont au Tabac pour acheter du sel. Cougarisation galopante. Les fauves sont lachés. 
On évoque Cavour plutôt que Garibaldi (une préférence de connaisseur. Apprécier à sa juste valeur).
Le laudanum est consommé abondamment. A n'utiliser qu'en cas de rétention prolongée.

Pour les préparations culinaires : pizza, civet de chevreuil et nouilles au jus de viande... parmesannées.

Un dossier qui fait froid dans le dos, mais qui réchauffe aussi les boyaux (le deuxième cerveau quand même ! (?)). Une performance (imho). L'auteur aborde des sujets de société graves récurrents, sans s'appesantir. Il nous ballade dans Milan à bord de sa caisse et déroule la pelote joyeusement. Une partageur/transmetteur. C'est si simple et pourtant si compliqué à la fois. Ca me rappelle quelque chose... Mais quoi ? La vita è bella, no ?
Un dossier apprécié par la Direction. Aucun vote de blocage déclenché. Dans la cohue générale, le chargé culturel a proposé une animation musicale : Lucio Battisti et New Trolls (en import uniquement).  
Une sensation d'emprisonnement de légèreté.

Approved by blʌdʒən


Pour la prochaine séance : interrogation sur Cesare Beccaria  et Carlo Porta.

Ciao ragazzi/ragazze

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...