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samedi 31 décembre 2022

Les cages flottantes, Gaston Leroux

- 3214 ?
- Présent ! 
- 3215 ?
- Présent  !
- 3216 ?
- ...
- 3216 !!! C'est-y pour aujourd'hui ou c'est-y pour demain ?
- C'est pour quand Chéri-Bibi voudra !



"Ni anarchiste, ni collectiviste !". 

C'est le 3216 qui le dit.

Une galère est en direction de Cayenne. Son patron, le commandant Barrachon et son second, De Violène,font de leur mieux pour que le voyage se déroule bien. Chants marins, coquins et vilains au programme. Mais la révolte enfle pour les hommes en cages. Et ceux-là ne sont pas des enfants de choeurs. Loin de là.   

A ce stade, tout ce que l'on sait, c'est que Chéri-bibi est le meneur. L'homme est accusé d'avoir découpé en dix-sept morceaux une petite bonne (entre autres). 

La bonne blague oui ! 

Enfin, depuis qu'il est né, Jean, l'apprenti boucher de Dieppe, accumule les problèmes. Sa frangine Jacqueline a bien essayé de sauver son âme, mais sans résultat. On lui doit quand même le blaze de Chéri-Bibi. Ce n'est pas rien.

De méprise en quiproquo, le texte nous invite à réfléchir sur des thèmes aussi variés qu'actuels. La vengeance, l'identité, la souffrance, la violence, l'amour, la fatalité, la mort, la trahison, les gentils-méchants (et inversement), la non-peine de mort... et ses conséquences... Les sujets sont bateaux. Mais la manière y est.

La poésie transpire à grosses gouttes. Le Rolla de Musset est déclamé à pleins poumons. 

On organise une tombola. Une rançon est demandée. Les socialistes sont égratignés. Les femmes sont défendues dans leurs droits. 

En vain.

On soupçonne la mise en scène d'un premier cas de GHB.

Une petite soeur des pauvres est prise la main dans le sac. Mais, à sa décharge, cela fait suite à une autre affaire de main dans le sac. Un Comte ou un Baron. Qu'importe !  Pauvre soeur sainte Marie des Anges !

On croise un flic à la Javert, l'inspecteur de la sûreté Costaud. Des types peu fréquentables, également. Une louve rassemble ses petits, une ficelle qui donne du fil à tordre, un médecin en avance sur son temps, une gueule de bois, une boule de gomme, des gens de la "haute" obligés de se mettre à genoux.

De l'action, des rebondissements, en veux-tu en voilà. Une énigme à la chambre jaune pour agrémenter. Des voyages exotiques.

Appel à témoin : la personne qui a vu l'homme au chapeau gris est priée de se manifester auprès de la maréchaussée de Dieppe Rédac'.

FATALITAS ! 

Son dossier clos

samedi 25 juillet 2015

Vendeurs de mort, Donald Goines, Deathlist

Bon, c'est vrai que le titre en français est plutôt agressif. Mais celui en version originale, pourtant plus doux à l'écoute, n'a rien de sympa non plus. Il faut dire que la production de Listes est, depuis les nuisibles temps, une activité humaine très prisée. Une liste parci une liste parça... Deux trois consignes (pas plus, pour permettre la créativité de s'exprimer), et hop, comme par enchantement, tout le monde sait ce qu'il a à faire. La machine se met en place presque toute seule. Un vrai miracle...

Si l'on est pas sur la liste ? Trois raisons :

1 - C'est que l'on a rédigé soi-même (ou les amis) la liste
2 - C'est que l'on est contre ceux qui ont rédigé la liste ou bien que l'on a pas payé sa cotisation
3 - Ou bien c'est que l'on est mort, et donc la présence sur une liste est inutile. Ca peut d'ailleurs parfois perturber les créateurs de ces listes, les agacer même, mais c'est comme ça. Il y a tout de même quelques exceptions, mais ces listes spéciales sont en général à thème.  

Alors, qui sont donc ces vendeurs de morts ? 

Tout a commencé par un braquage... celui de la des tickets restaurant... Voyez-vous ça ! Kenyatta, le chef de la bande, est à la barre. Formateur sportif hors-pair, il est connu dans le Milieu pour son sens aigu des affaires et son engagement total dans la lutte contre les discriminations. C'est le manager avisé d'un Club de loisirs sur Clay Street (une couverture of course) et le propriétaire d'un ranch situé au fin fond de nulle part. Il crée, organise, distribue les rôles,  protège, sanctionne et manigance... C'est un penseur à tout. Un vrai stratège. Il va même jusqu'à acheter des vivres listes pour ses bonnes oeuvres. C'est dire !

Durant le braquage, mentionné ci-dessus et visionné en direct, on assiste en dupleix à un nettoyage d'équipe à quelques pâtés de maisons. Une Guerre des Gangs au programme, sur fond de trafic de dope, alimentée par une divergence de point de vue : faut-il nourrir ou affamer son peuple ? 
L'option retenue par Kenyatta : éliminer tous les caïds de la contrée pour cause de mauvais traitements envers une population affaiblie par des siècles de luttes et de souffrances. 
Les poches se vident comme des bourses trouées. Le sang coule à flot. 

Trop c'est trop ! 

Benson & Ryan, deux flics biens notés, rentrent en piste. Une équipe de pros d'après la hiérarchie. Un côté sympathisants du Tao. Ils raccrochent bien au convoi mais avec toujours un petit temps de retard sur Kenyatta. C'est le jeu.  
Les canons sciés sont de sortie. Les doigts sur les gâchettes sont froids. Surtout ceux de Creeper. Les mouchoirs recouvrent le sang versé. Un deux poids deux mesures dans le traitement social. Une ambiance moyen-moyen du côté de l'intégration dans l'équipe nationale. De grosses tensions en interne. Les communautés s'entre-déchirent. Les familles recomposées sont décomposées. Pas de place à l'humain. On suit le parcours sanglant d'un froid du cerveau (Creeper précisément). On règle ses comptes. On détourne accessoirement des avions (activité à la marge). Il n'y a pas qu'à Paris que ça balance pas mal. Detroit est bien placée dans la course au titre. Ne jamais faire confiance aux vendeurs d'armes. On visite Conant Gardens. On déjeune toujours avant une interpellation. Pour la boisson c'est Johnny W. qui s'y colle. On apprend que, je cite " la justice des Blancs n'est qu'une mascarade aussi douce aux puissants qu'elle est impitoyable pour les humbles (p.61). Chacun pourra interpréter à sa façon.
On développe des sujets très actuel tels que les dégâts causés par l'alcool, l'addiction aux substances illicites, qui veut le pouvoir et qui généralement prend le pouvoir.

Un bon dossier. 
Classement accompagné par l'Editeur, précisément entre le 2361 et le 2363. Très pratique ce système.

Blvd 




mardi 19 août 2014

Billy-Ze-Kick, Jean Vautrin

Dossier : Billy-Ze-Kick
Auteur : Jean Vautrin
Bannière :  Gallimard 
Section : Série Noire
n° : 1674
Corps : Contes et Légendes de la Cité
Campagne :  1974
Devise : Le diable marie sa fille
Date Edition : mai 1974
ISBN : 
Nbre de pages : 249 
Prise de possession : su' l' boulmich' (ein r'montant, trottouère ed' droite)
Lieu :  Paris
Retour : néant
Appel à contribution :  nd
Contribution réelle    :  1,00 €
Début lecture : 13/08/2014
Fin lecture :      18/08/2014
Date d'achat : juillet 2014
Motivation d'achat : une confirmation 
Ancien propriétaire : nd

Le fou coud le temps... Je répète, le fou coud le temps... 

Un plaidoyer pour les poches de sang remisées dans le béton comme des sacs de grains grossiers. En maturation... Les responsables ne sont pas coupables (?). Et inversement (re-?). En espérant que Victor ne pensait pas à cela comme cela. Panser les plaies de nous zôt'... Est-ce bien penser finalement ? 

Les rongeurs s'affûtent les canines. La germination guette. La moisissure (crofule en l'occurence) se propage dans les couloirs du mauvais temps. Une piste aux étoiles sans clowns... Un régiment d'équilibristes en première ligne. Inflation de main-d'oeuvre. On recrute à tous âges. Pour pas cher. Baïonnettes à la main. Baillons (pas) nets sur les lèvres.  Exercice de torture. La tentation d'expliquer apaiser le sentiment d'inexplicabillité.

Le rapporteur amalgame les couches, exhume d'anciennes pratiques qui ne se transmettent pas. Qui s'expulsent. Tartine de béton au petit-déjeuner. Promiscuité. Isolement des regards. Des lois. Des joies...  ! Ici on ne tue pas. On truque. Ici on ne travaille pas, on se vend... Et on se mélange tout. 

Pulsion, passion, tentation, rétention, attention, reptation, délation, délectation...  
Guerre de rues pour les jeunes. Guerre de tranchées pour les plus anciens. 

(sur l'air de ce que vous voulez)
Fabrication en série de tueurs...
   Au plus près de l'enquête
   Que justice soit faite.
On ne compte plus les morts. 
   Au plus près de l'enquête 
   Que justice soit faite.
Tirs sans sommations 
   Au plus près de l'enquête.
   Que justice soit faite.
Les gamin(e)s en première ligne 
   Au plus près de l'enquête
   Que justice soit faite...
Pas de futur sans lendemain. 
   Au plus près de l'enquête
   Que justice soit faite...
Que du bonlheur...

Les z'habitants de la achélème : Julie-la-fête, Peggy Spring, Woolf, Chapeau, Alcide, Juliette, Hippo, Eugène, Edouard, Karapian, Hachère...
Les invités :  Clo, Coco, Gabriel, Bellanger. 
Remerciements particuliers à toutes les âmes qui ont bien voulu accepter de mourir sans contre-partie...
Les boissons : Kiravi, gros plant
Les contenants : fillette, chopine et bouteillon
Moyens de locomotion : 504 et 750
Principale arme utilisée : Buffalo Stand .22 
Les paysages : Banlieue parisienne secteur Nord niveau RN16, Montcuq-Lot (pour la mis en perspective)

Conseil de lecture (en respectant, dois-je le rappeler, toutes les consignes de sécurité appropriées)  : bien installé dans un transat, si possible par beau temps vent force 2 max, au pied d'une tour HLM de dix-sept étages (minimum). Ca permet un certain détachement. Ou un détachement certain. Au choix. Bien sûr, dans ces conditions extrêmes pas d'alcool ou autres substances qui puissent altérer la vision (déjà bien dégradée) et le ressenti (bien dégradé également). S'assurer par ailleurs, d'être hors de portée de jets de frigos ou autres projectiles indésirables

Ce reportage bénéficie du soutien sans conditions du comité de lecture : 

Approved by blʌdʒən


Avis de recherche : oreille droite de brigadier et p. 41:48 (pas de dommages irréversibles)

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...