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dimanche 11 décembre 2022

Of course, Franz Bartelt, Editions de l'arbre vengeur

 

Of course, Franz Bartelt


La mise en bouche se déguste . Pas d'hésitation possible.

Le texte est court, calibré à souhait. Les personnages recrutés sont hauts en couleur. Un rien joueurs facétieux. Le biographe surtout. 

La maréchaussée réquisitionnée est dirigée aux ronflements du patron qui bat régulièrement la campagne.

On suit le cheminement d'un enquêteur amateur qui bat, lui, le béton et la campagne aussi. 

On rencontre une mère éplorée, et une autre apeurée.

Les fils sont toujours aimants. 

Les bistrots ont de beaux jours.

Les amateurs de jeux de société sont servis.

Humour, cynisme et ironie. La peinture joyeuse d'une société qui ne l'est pas moins. 
   


mercredi 10 novembre 2021

Un flic bien trop honnête, Franz Bartelt

"Ce crime barbare ne restera pas impuni"

- Voilà enfin un sujet léger ! 
- C'est un point de vue. 




Voilà qui donne le ton. Et pas la peine d'en faire des tonnes. Il y a déjà suffisamment de victimes dans l'affaire. À commencer par l'inspecteur Wilfried Gamelle, au plus bas dans les sondages (mais très soutenu par sa hiérarchie) . 
 
Un tueur sévit en série dans la cité. Gamelle et Bourrin sont aux commandes. Valentin (le chef de poste) ne peut que compter les points. Le sang froid est de mise.  

Un texte (imho) sur la grandeur, la décadence, la puissance et la vulnérabilité de l'homosapiens, le dévouement sans conditions, les décisions irrévocables, la vie commune, les dysfonctionnements de tous ordres, les anomalies bénignes, les différences de point de vue, les vies malmenées au gré des pulsions et les enquêtes menées à mal malmenées. . Et bien d'autres sujets encore.

C'est court, percutant. On sent une petite pointe d'ironie dans le regard du passeur, peut-être même du sarcasme (? à confirmer), du grincement de dents, du... 

À classer à portée de main.

jeudi 21 décembre 2017

Hôtel du Grand Cerf, Franz Bartelt

Le match :

Justice des Hommes 
vs 
Justice Divine

C'était il y a bien longtemps, longtemps de chez longtemps... 

Tout commença par la mort d'une actrice non abstème. Une oeillade accidentelle, a-t-on pu lire dans le jus de la presse de l'époque. 
Son amant, le bel Armand, a été inquiété quelques poignées de secondes par la justice. 
Et puis plus rien. 
Et les années passèrent tranquillement à Reugny, jusqu'à ce que Charles, le cinéaste parisien, se mette dans la tête de rejouer le dernier acte. Un documentaire pour le devoir de mémoire. Il a un doute quand même sur le résultat. L'arbitrage est remis en question.  On fait appel à la vidéo mais ce n'est pas satisfaisant. Comme dans l'ancien temps, il consulte son arbitre de touche envoie en éclaireur, Nicolas, son second (?) dans la région.

Une petite visite dans les Ardennes belges 

ne peut pas faire de mal. 
(Ca se disait parfois par chez nous.Mais ça ne se dit plus !) 

Une arrivée en fanfare et un levé de genoux de majorettes. L'immersion est "totale".  Blocus de la ville. Mise en place du whodunit. 

Action !

Disparition, meurtres, incendie, enquêtes, manipulations, querelles de clocher, secrets de famille(s)... et tout ce qui va avec. 

Open bar !

Des ho(a)rdes de français défilent sur la grand'place en costume de randonneurs, la maréchaussée dépêche son plus gros poisson. L'hôtel du Grand Cerf brille de mille feux. On a rallumé les lampions. La bière coule à flot, frites et cervelas matin midi et soir. Une caisse de cognac bavarois a transité chez l'ennemi. Au nez et à la barbe des douaniers. 
Les Londroits savent recevoir. Et ça se voit  !
Comme d'hab' dans ce type de dossier, il est difficile d'y voir clair. Heureusement Kulbertus nous fait grâce de ses maux de têtes.  

Un dossier bien ficelé. 
Poésie, romantisme, et malédiction sont au rendez-vous. 
Sombre comme certains souhaits (par certains côtés), et humain comme certains espoirs (par d'autres). 
Rarement pesant. 
On frôle avec tendresse, toutes ces petites choses de la vie de tous les jours qui illuminent avec désinvolture notre tristesse. 
Point de guirlandes qui clignotent sur les façades. C'est dans les coeurs que ça vibre. 
Les poches de sang se ramassent à la ... 

La vie de village comme on l'aime ...

Quelques références : Villon, Verlaine (la tour), Lamartine et Lautréamont (utilisés comme presse-papier) et Maigret (qui illustre une décision de justice).

Enquête parallèle : on a retrouvé un Grétry dans les relations de Gérard de N.

A classer du côté de Siniac, Simenon, Dard...

Envoie la fanfare Blvd !

samedi 14 juin 2014

Le jardin du bossu, Franz Bartelt


- Hey Blvd, ce serait pas Diderot et son Jacques qui se sont enfermés dans la baraque là-bas, près du jardin du bossu ?
- Tu crois ? Pas bien vu sous cette brouettée de cadavres. Ca manque un peu de luminosité, non ?

Exercice de style. Une petite variation sur le thème "on est toujours le con de quelqu'un" ou, "tout le monde il est gentil con, moi y compris". Avec quelques réserves. Faut pas exagérer.

L'histoire : un type se fait harponner comme un bleu dans un troquet, et se retrouve à son grand désespoir séquestré dans la demeure d'un confus, adepte inconditionnel d'Arturo et passionné de télé-achat. Il saoule toute la communauté avec ça. Enfin ce qu'il en reste... 

Jacques c'est le con du début. Un sacré simulateur ... Le narrateur, lui, se vante d'être de la famille des cougars (pas de méprise, référence au vrai, le bien nommé lion des montagnes), orienté à gauche. Un peu voyou. Un peu branleur poète. Vit, maritalement avec Karine, une qui sait ce qu'elle veut (?) et, de petits larcins. Pas de quoi fouetter un chat. Le présent félin, fidèle a sa réputation d'érudit de comptoir, a réponse à tout et prend un malin plaisir a cultiver avec sagesse les idées de gauche. Le vers en alexandrin est sa spécialité. Plutôt satisfait de lui, il les propose assaisonnés d'un sens de la répartie à faire baver ceux qui auraient bien aimé en avoir mais qui n'en ont pas. La Grande Célèbre Majorité Silencieuse (dite dans le jargon, la CMS). C'est comme ça. Qu'on se rassure ça n'empêche en rien de faire ce que l'on a à faire. Bien au contraire. Accessoirement, le bonhomme philosophe tranquillement et nous offre quelques repères de vie, plutôt hasardeux.

Pour se donner du courage on évoque invoque convoque Rimbaud, Jean Jaurès, Dieu et son fils. C'est dire à quel point ça transpire dans le slibard.

On sent que le rapporteur s'est fait un plaisir de traiter ce sujet à très haute technicité. 

Quelques recommandations : nécessité de manipuler les degrés avec précaution. Se faire conseiller si besoin.  De plus, prévoir que l'augmentation non contrôlée de ces mêmes degrés pourrait engendrer des confusions irréversibles. Il est démontré prouvé qu'au-delà du huitième degré les cougars n'ont plus le sens du devoir de l'orientation.

Quelques conseils à usage du lecteur : continuer à respirer - rythme à votre convenance - plusieurs fois par jour si possible, afin de permettre une oxygénation globulaire salutaire du corps, et faire au moins dix mille pas chaque jour pour permettre aux échanges gazeux précédemment cités de se faire dans les meilleures conditions. On apprend par la bande qu'aujourd'hui la sédentarité tue plus que le tabac (ici). On est prévenu. Et comme on dit dans mon jardin, nul n'est censé ignorer l'information...

Ma prescription : un dossier à glisser sans retenue dans la sacoche ou le sac de qui vous voulez. Prenez la peine tout de même, à titre préventif, d'essuyer vos empreintes. On ne sait jamais... Les réactions humaines restent imprévisibles. 
A propos des filtres disponibles sur le marché : http://blugeon.blogspot.fr/p/plus-dinfos-sur-bldn.html

Bon je vais faire une petite promenade sur le mail pour me dégourdir. Encore neuf mille pas à faire. C'est pas gagné... 

Bye



vendredi 6 juin 2014

La bonne a tout fait, Franz Bartelt, Le Poulpe


Il ne doit plus être tout jeune le lascar. Si on fait les comptes, deux cent quatre vingt deux enquêtes moins les dossiers qu'il n'a pas mené lui-même (voir mon secrétaire pour les explications. Trop long à expliquer), à raison de cinq enquêtes par an (plus serait du vice), admettons six, les années bissextiles. Ca fait à la louche une bonne petite soixantaine d'années. Un vaillant sexagénaire .... Et pour illustrer :
Nel mezzo della nostra vita,
Mi ritrovai per una selva oscura...   
- Non Môssieur! Gabriel n'est pas en vacances. Il enquête.

Et ce coup-ci, on doit cette enquête sylvestre à Versus Bellum. Un indigène des Ardennes que l'on décrit petit, hargneux, vieux très vieux et un brin manipulateur. On sait qu'il a bien vécu. On ne sait pas s'il a toujours ses dents d'origine. Mais ce que l'on sait, c'est qu'il a un comte compte à régler avec la société. On sait également, de source sûre, que c'est un grand spécialiste des trous dans la terre (pour étudier d'autres spécialistes des trous vous pouvez cliquer izi).

L'enquête : Painrupt. Un petit village plein coeur des Ardennes. Le pays des virages imposés et des forêts humides sans lumières et sans fin. Le pays où la bière de l'Abbaye d'Orval coule à flot. Le pays où l'on mange en cachette du fromage qui n'existe pas... Le pays qui engendre des êtres étranges et avale des monstres... Je m'égare. Le pays où disparaissent des femmes, des vaches, et toutes sortes de bestiaux comestibles. A Gauche. A Droite. Tout droit. Ca godille tranquille au milieu de nulle part.

La mort de la châtelaine, un an plus tôt, commence à agacer sérieusement notre Poulpe travesti pour l'occasion. D'autant que Fred et la Zabe (Zabe elle est c'est la bonne) ne font aucun effort. A croire même qu'ils complotent. Parfois même il se demande si le vieux ci-dessus référencé n'est pas en train de l'enfumer dans ce brouillard de verdure.

Une histoire dans l'histoire. Deux enquêtes pour le prix d'une. Très cérébral pour le coup. Travestissements et usurpations d'identité sociale. (que chacun reste à sa place et tout ira pour le mieux). On s'habille classique : casquette à oreillettes et passe-montagne, talons aiguilles et p'tites culottes... On a les petits déj. bien en bouche. Limite collants : café allemand agrémenté de tartine au boudin blanc. Beignet au pâté de sanglier. On est toujours à proximité d'une bière. On utilise la technique des doigts en fourchette et de la conversation visuelle. On apprend, entre autre, que la femme irritée est vulnérable. On nous confirme que même en démocratie la loi du plus fort est toujours la meilleure. On transmet un remède contre la peste (non pas celui du vinaigre des quat' voleurs. L'autre...).

Pour la minute sagesse ou philo, voyez M'sieur Montaigne.

Et la bonne me direz vous ? Ben comme dans le titre.
Un sacré bordel quand même. Mais tout ça dans le respect des accords de Genève. 

Bye

















Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...