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vendredi 5 février 2021

Ce lien entre nous, David Joyce

 

Au tout début, la disparition est inquiétante mais tenable. 

Mais nous on sait bien que ça va tourner vinaigre. Parce que :

Darl Moody a fait la boulette du siècle. De son point de vue s'entend. Braconnier expérimenté, englué de nuit dans un champ de ginseng, au prix d'une lutte acharnée contre des pièges et des hameçons disposés savamment à hauteur d'yeux, il finit par confondre sanglier et humain (positionné à quatre pattes). 

Le problème, c'est que l'humain en question est était le frère de Dwayne. 

Et Dwayne... quand son frangin s'éloigne un peu trop, ça le met dans un état de nerfs que s'en est émouvant. Tout ça pour dire que lorsqu'une info de ce type circule dans son cerveau, il ne vaut mieux pas traîner dans les parages. 

La chasse étant ouverte, officieusement, Darl tombe vite dans les filets du prédateur. L'interrogatoire se déroule dans les règles de l'art, et, sans même attendre que le coq chante au moins une fois, il balance tout d'un bloc. 

C'est gâcher quand même !

C'est à partir de ce moment que Calvin, l'ami d'enfance de Darl, se fige dans ses petits souliers.

Pendant ce temps, Stillwell, le représentant de la force de l'ordre armée du coin, remarque le petit manège de tout ce petit monde et décide de monter en marche. Pas le mieux placé pour attraper le pompon, mais il a ses chances.

Un texte sur l'adéquation de la réponse par rapport à la question posée. Sur la légitime offense. Sur la vengeance de l'engeance. Sur les envies et la réalité. Sur la mort durant la vie et inversement. Sur la désespérance, sur l'attachement. Sur le titre ci-dessus référencé.

Un texte également sur les choix validés mais non maîtrisés, qui font regretter d'avoir pris le chemin sur la droite alors que c'est à gauche qu'il fallait aller. 

L'excuse à deux balles. 

Parce que celui qui a tourné à gauche se plaint de n'avoir pas tourné à droite.

Insoluble

Un Colt .45 a été utilisé ainsi qu'un Remington 700 dans la catégorie fusil. 

Pour amateur.e.s du genre Thriller. Attention quand même : thriller sanglant

PMTDT


mardi 21 février 2017

La nuit derrière moi, Giampaolo Simi, La notte alle mie spalle

Population en danger.

L'extinction de la portée n'est plus très loin.

- T'as  pas entendu comme un cri bruit, bl∆d ?
- Non !!???
- C'était comme qui dirait un appel au secours...
- T'as dû rêver !

Guerri est représentant pour une imprimerie. Et comme tout représentant qui se respecte (sinon ça ne marche pas), il est formaté pour la gagne. Au boulot... comme en famille. 

Une vie de famille bien huilée, la routine est bien calibrée, les préposés aux procédures n'ont pas lésiné (sur les moyens), les banquiers ne se plaignent pas, les collègues s'activent, la famille frétille, et tout ce petit monde se côtoie sans rechigner. 
Bref, on vit au coeur du segment. 
Celui qui ploie mais ne rompt pas. 
Sauf que...
Il y a un problème (eh oui forcément).

- Les appuis Guerri, les appuis !!!

On a oublié de les sécuriser. Et lorsque le funambule se jette dans le cirque et se retrouve au milieu du gué à quelques dizaines d'années au-dessus du sol, la pression chute et les vents se lèvent. Plus moyen de faire marche arrière. Une sale dépression à l'horizon se profile. Tout le monde essaye de se mettre aux abris mais rien n'y fait. Pas même les dos ages.

Description de la tempête : 

coups de .utes entre collègues et entre composants familiaux, les vieux détrônés par les jeunes, les patrons sont égaux zà eux-mêmes, les petits secrets des uns et des autres sont dévoilés et jetés en pâture sur la place publique, les relations en binômes sont explosives. Mari/femme. Femme/fille. Fille/père. Père/tante. Tante/nièce. Nièce/oncle. Oncle/mari. La boucle se boucle. La tension monte pas à pas. Avec méthode. Les trois H sont programmés, développés et appliqués avec patience : Haine, Hargne, Hagnimosité.

On parle de prison, d'enfermement sous toutes ses formes. De la difficulté de vivre ensemble. De vivre avec le progrès. De vivre avec... 
On parle couramment le sms.
On s'assoit et on regarde...
...

Heureusement les repas sont tout en finesse. Crêpe à la daurade avec de la crème de haricots blancs à la coriandre, des fleurs de courgettes farcies à la mousse de morue. Et bien d'autres délices encore, dont sont friands les italiens.

Un dossier sombre, et bien charpenté. Pas le temps de s'ennuyer. Surtout ne pas lâcher la pression. Le raccord est parfois problématique, mais on réajuste rapidement. La lecture d'un trait est profitable.

On se tutoie comme c'est la coutume dans la région. Et même soi-même. C'est le petit plus. Ca t'a déstabilisé un peu au début mais tu t'es fait une raison et finalement tu t'es mis à tutoyer tout le monde. Sans distinction.

Tu biffes (à regret) et tu déclares (à joyet) que ce dossier est apte à intégrer ta liste 2016.

Bye

samedi 5 décembre 2015

Les portes de l'enfer, Harry Crews, This Thing Don't Lead To Heaven


- Une personne à la fois, je vous prie...

- Tu dis ?
- Non.... Rien... Je pense à  tous ces emballages recyclables, à toutes ces chairs malaxées, broyées, épuisées, exsangues... A toutes ces âmes torturées, seules, tristes, errantes... Soutenues par des piquets en bois, acérés, vermoulus... A toutes ces queues interminables qui se forment ici et là... Des fois que ça serait là que ça se passe... Je panse...

Le fil :  ça commence par un tout petit rien, comme toujours. Une femme qui parle couramment l'espagnol courant, chassée de quelque part, qui débarque dans un autre quelque part en Géorgie. A Cumseh précisément. Un village non touché par les emprunts toxiques (?). Ses compétences en magie appliquée lui valent les faveurs du masseur de la région, et ses prétentions de cuisinière lui valent d'être intégrée dans l'équipe du haut.

Entre le haut et le bas. Des femmes et des hommes sont en transit. L'Olympe n'est pas sur la carte. Des morts en pagaille. On cherche un responsable à cette hécatombe. La Direction a une liste de noms mais elle ne préfère pas la diffuser.

(profilage) Le masseur, est un fieffé gaillard. Formé à l'école du circuit et des poings, sa taille est adéquate pour les coups-bas, sa force, sa rudesse, son agilité, sa disponibilité, ses petites attentions, font de lui le champion de la patronne. Elle apprécie.  


Pas de vue sur mer. Un rabais est pratiqué sur les chambres avec vue sur le pavillon. 

Des entremêlements de vies, d'espoir, de pouvoir. La vie, la mort, les rêves, éclosent à l'infini. Difficile de démêler les cheveux chevaux. 

La violence est physique... et morale... et totale. La mort affronte l'éternité (ici). 

Le bureau ferme dans cinq minutes. Pour les miracles revenez demain. Tout le monde baisse les bras, les jambes, les genouS, et la tête, al.. Le D. Commerce n'est pas bien loin. Junior, l'expert immobilier vise le monopole. 

Le rapporteur aime les âmes dépareillées. Simples. Naturelles. Y en aura pour tout le monde. Pas tous à la fois. Mais lui oui. Franchement. Ca ne peut pas être autrement. Son chant sublime l'indifférence la différence. Il épie les vies lasses et pas lasses. Il y a toujours (imho) dans ses textes des hauts et des bas, des collines et des vallées qui s'affrontent et s'allient... Doutes, espoirs, mensonges (il faut bien). Le pouvoir de la chair, des mains. On fabrique des poupées en série. On prie...

Ce passeur a La foi. Avec un grand L.

Problème de communication. Problème d'interprétation. Mondes parallèles. Décalages horaires (?). On n'est pas tous nourris du même grain (pas encore ?). Des millions, des milliards de vies en duplex simultané, parquées sur des planches instables, superposées les unes sur les autres. On sauve nos nantis la planète et on pollue (), encore et encore, l'espace, l'imaginaire, le rêve. Comment feront nos enfants pour s'élever... quand les passeurs de vies auront totalement disparus.

"Ce n'était pas qu'ils refusaient de partir, c'était surtout qu'ils n'avaient nulle part où aller" (p.210)

Du fil à retordre pour les Puristes de l'Enquête.  

Il faudra bien qu'un jour la Direction parle de ça (c'est énervant non ?)
et de ça également
et de ça aussi

P.S. Toute choses égales par ailleurs, je décline la proposition... 


lundi 31 mars 2014

Nu dans le jardin d'Eden, Harry Crews, Naked in Garden Hills



Sur le thème :
(https://www.youtube.com/watch?v=q0_dkdkxfho).
Retour à la case départ. Version "p'tite soeur".

Déambulation au pays merveilleux de l'attraction et de la répulsion. Quelque part en Floride. Une usine de phosphate désaffectée. Vestige d'un âge d'or. Du boulot pour chacun. Toute une époque. Circulation alternée pour cause de suspensions nocives. Remise en route du groupe électrogène. Eclairage tapageur à gogo. Orientations troublées. Préférence pour le câlinage. Les coeurs et les corps en cage. Un coupd'queuecoûte pas bésef. Un diloquéno inversé. Les irréductibles patientent. Certains sur les hauteurs. La majorité dans le trou. On pense que ça ira mieux demain. Une perfusion au goutte à goutte.

La louve sort du bois.
Des figurants au triste sort : Wes, Fat Man, Jester.
Des figurantes entreprenantes : Lucy. Dolly.
Le cordon s'étire à l'infini sur les routes sinueuses de l'envie et du plaisir.
Des vies sombres et enfumées. La fièvre guette. La vie. La mort. La naissance. La renaissance. La folie.

Etre tout et rien à la fois.

Le rapporteur initial du dossier aime les corps. Ca se sent. Il les sculpte, les triture, les tord, les écrase sans répit.
Les muscles, la chair, souffrent sous ses doigts. Deviennent visibles.
Il tient négligemment dans sa main des poches de sang anémié.
Et l'âme, alors ?
Brisée, séchée en plein vol, écrasée au motel sur l'autel l'hôtel de la normalité.
Des suicides en direct. Humains et... équins...Qu'importe ! La poisse. Eloge de l'obscur et du néant.

- Faut pas se désunir Blvd, garde ta ligne !

Il convient de faire un point complet de la situation. Déplacement du curseur du bonheur. Trahisons. Téléscopages en règle. Religion. Société. Identité. Sexualité. Famille... Les positions ne sont pas claires. Culpabilité en première ligne.
Combien de morts a-t-on dénombré sur le front ? Les Généraux restent pudiques sur ce thème.

Non Jester, tu n'es pas le bienvenu.
Ni toi Fat Man. Ni toi Dolly
Ni toi, âme errante... Ni toi, ni toi, ni toi...
En ressenti bien sûr.
Désolé.Vraiment.
Et pourtant... 
Une bien sombre histoire, Monseigneur !
Est-il possible d'exhumer ainsi les ombres des vivants ?
Je vais mettre du temps à redescendre la colline.
On s'accroche bien aux couettes !
P.S. pas compris la traduction du titre. Si quelqu'un peut m'éclairer...

samedi 14 juillet 2012

Tijuana Straits


"Finis ta soupe", qu'elle disait la Grand-Mère. Mais j'ai eu beau me remettre en situation, je me suis, comment dire simplement, je me suis... Eh oui, c'est exactement ça ! Mais à toute chose désagréable, il y a quand même de bons côtés (et inversement), à commencer par le repos des ternes ailes... 

Bon, cela étant dit, très rapidement : Fahey, Magdalena, Armando et les autres... Une épopée héroïque à la sauce CaliMex. Des chefs d'entreprises aux activités improbables, des abus de pouvoirs, des révoltes féminines... On boit de la bière agrémentée de valium (ou inversement),  on porte les dents en bandoulière, on utilise des passages secrets, et pour les meilleurs de la contrée, les emplettes se font en surf. On s'indigne, on rumine, on s'insurge, on se surpasse... 

Attention bonhomme, tu marches sur ton burnou(t) ! Et c'est pas facile de se relever quand il y a du récif...
Prix spécial pour la documentation et l'expertise multiple, Ô combien précieuse. Et puis, faut soutenir les "coups de pompes".

Pour la petite histoire : élu meilleur polar étranger 2011 LIRE:
Comme quoi, on n'a pas tous les mêmes filtres. Ca me fait penser qu'il va falloir que je nettoie les miens...

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...