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samedi 5 décembre 2015

Les portes de l'enfer, Harry Crews, This Thing Don't Lead To Heaven


- Une personne à la fois, je vous prie...

- Tu dis ?
- Non.... Rien... Je pense à  tous ces emballages recyclables, à toutes ces chairs malaxées, broyées, épuisées, exsangues... A toutes ces âmes torturées, seules, tristes, errantes... Soutenues par des piquets en bois, acérés, vermoulus... A toutes ces queues interminables qui se forment ici et là... Des fois que ça serait là que ça se passe... Je panse...

Le fil :  ça commence par un tout petit rien, comme toujours. Une femme qui parle couramment l'espagnol courant, chassée de quelque part, qui débarque dans un autre quelque part en Géorgie. A Cumseh précisément. Un village non touché par les emprunts toxiques (?). Ses compétences en magie appliquée lui valent les faveurs du masseur de la région, et ses prétentions de cuisinière lui valent d'être intégrée dans l'équipe du haut.

Entre le haut et le bas. Des femmes et des hommes sont en transit. L'Olympe n'est pas sur la carte. Des morts en pagaille. On cherche un responsable à cette hécatombe. La Direction a une liste de noms mais elle ne préfère pas la diffuser.

(profilage) Le masseur, est un fieffé gaillard. Formé à l'école du circuit et des poings, sa taille est adéquate pour les coups-bas, sa force, sa rudesse, son agilité, sa disponibilité, ses petites attentions, font de lui le champion de la patronne. Elle apprécie.  


Pas de vue sur mer. Un rabais est pratiqué sur les chambres avec vue sur le pavillon. 

Des entremêlements de vies, d'espoir, de pouvoir. La vie, la mort, les rêves, éclosent à l'infini. Difficile de démêler les cheveux chevaux. 

La violence est physique... et morale... et totale. La mort affronte l'éternité (ici). 

Le bureau ferme dans cinq minutes. Pour les miracles revenez demain. Tout le monde baisse les bras, les jambes, les genouS, et la tête, al.. Le D. Commerce n'est pas bien loin. Junior, l'expert immobilier vise le monopole. 

Le rapporteur aime les âmes dépareillées. Simples. Naturelles. Y en aura pour tout le monde. Pas tous à la fois. Mais lui oui. Franchement. Ca ne peut pas être autrement. Son chant sublime l'indifférence la différence. Il épie les vies lasses et pas lasses. Il y a toujours (imho) dans ses textes des hauts et des bas, des collines et des vallées qui s'affrontent et s'allient... Doutes, espoirs, mensonges (il faut bien). Le pouvoir de la chair, des mains. On fabrique des poupées en série. On prie...

Ce passeur a La foi. Avec un grand L.

Problème de communication. Problème d'interprétation. Mondes parallèles. Décalages horaires (?). On n'est pas tous nourris du même grain (pas encore ?). Des millions, des milliards de vies en duplex simultané, parquées sur des planches instables, superposées les unes sur les autres. On sauve nos nantis la planète et on pollue (), encore et encore, l'espace, l'imaginaire, le rêve. Comment feront nos enfants pour s'élever... quand les passeurs de vies auront totalement disparus.

"Ce n'était pas qu'ils refusaient de partir, c'était surtout qu'ils n'avaient nulle part où aller" (p.210)

Du fil à retordre pour les Puristes de l'Enquête.  

Il faudra bien qu'un jour la Direction parle de ça (c'est énervant non ?)
et de ça également
et de ça aussi

P.S. Toute choses égales par ailleurs, je décline la proposition... 


lundi 31 mars 2014

Nu dans le jardin d'Eden, Harry Crews, Naked in Garden Hills



Sur le thème :
(https://www.youtube.com/watch?v=q0_dkdkxfho).
Retour à la case départ. Version "p'tite soeur".

Déambulation au pays merveilleux de l'attraction et de la répulsion. Quelque part en Floride. Une usine de phosphate désaffectée. Vestige d'un âge d'or. Du boulot pour chacun. Toute une époque. Circulation alternée pour cause de suspensions nocives. Remise en route du groupe électrogène. Eclairage tapageur à gogo. Orientations troublées. Préférence pour le câlinage. Les coeurs et les corps en cage. Un coupd'queuecoûte pas bésef. Un diloquéno inversé. Les irréductibles patientent. Certains sur les hauteurs. La majorité dans le trou. On pense que ça ira mieux demain. Une perfusion au goutte à goutte.

La louve sort du bois.
Des figurants au triste sort : Wes, Fat Man, Jester.
Des figurantes entreprenantes : Lucy. Dolly.
Le cordon s'étire à l'infini sur les routes sinueuses de l'envie et du plaisir.
Des vies sombres et enfumées. La fièvre guette. La vie. La mort. La naissance. La renaissance. La folie.

Etre tout et rien à la fois.

Le rapporteur initial du dossier aime les corps. Ca se sent. Il les sculpte, les triture, les tord, les écrase sans répit.
Les muscles, la chair, souffrent sous ses doigts. Deviennent visibles.
Il tient négligemment dans sa main des poches de sang anémié.
Et l'âme, alors ?
Brisée, séchée en plein vol, écrasée au motel sur l'autel l'hôtel de la normalité.
Des suicides en direct. Humains et... équins...Qu'importe ! La poisse. Eloge de l'obscur et du néant.

- Faut pas se désunir Blvd, garde ta ligne !

Il convient de faire un point complet de la situation. Déplacement du curseur du bonheur. Trahisons. Téléscopages en règle. Religion. Société. Identité. Sexualité. Famille... Les positions ne sont pas claires. Culpabilité en première ligne.
Combien de morts a-t-on dénombré sur le front ? Les Généraux restent pudiques sur ce thème.

Non Jester, tu n'es pas le bienvenu.
Ni toi Fat Man. Ni toi Dolly
Ni toi, âme errante... Ni toi, ni toi, ni toi...
En ressenti bien sûr.
Désolé.Vraiment.
Et pourtant... 
Une bien sombre histoire, Monseigneur !
Est-il possible d'exhumer ainsi les ombres des vivants ?
Je vais mettre du temps à redescendre la colline.
On s'accroche bien aux couettes !
P.S. pas compris la traduction du titre. Si quelqu'un peut m'éclairer...

jeudi 5 avril 2012

Body, Harry Crews



"Croire c'est détenir le vérité". ?????????????????????????
N'empêche que si c'est le coach qui le dit, je n'ai pas de raison de contester... A priori....Tout ce que je peux dire c'est que les Turnipseed, eux, croient en la famille. Et le regroupement familial est un vrai ça sert d'os. Au fil des siècles ils ont élaboré une stratégie d'approche, certes peu coordonnée, mais très efficace, avec un objectif de taille, la survie du groupe. Pour preuve, quand la gamine, la 'tiote Dorothy, fait son show, alors là tout le monde est sur le pont. Bien groupés. C'est le débarquement puissance dix. Même Kilroy évite de dire qu'il est passé par là. Un seul mot d'ordre : tous aux abris. Il n'y a bien que le gérant de l'hôtel, qui accueille Ze championnat de bodybuilding, pour s'interposer. C'est bien mince tout ça. De grands moments de solitude...
Ils ont de quoi être fiers les Turnipseed. Faut dire que la Dorothy a des atouts. Que du muscle! Un badigeon de sueur et d'huile et hop, le tour est joué. Une vraie fierté pour toute la chambrée. Quant à son coach : un coach, un vrai. Comme à l'ancienne. Frappé, allumé, les yeux embués d'espoir et de rage. Une vraie boule de nerfs.
Amour, passion, haine, désespoir, violence, et tutti quanti, cette partition est un vrai régal. Certains verront peut-être du lourd, du pesant, une vieille charrette traînée par de gros bourrins crottés. Mais il y a comme un air de poésie qui glisse sur les ondes, des odeurs, des images légères, fluides, sincères. Les âmes de la terre sont de retour...

Qu'est ce que je vous sers ma pt'ite dame! Quelques graines de navet suffiront, merci bien.

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...