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samedi 8 août 2026

Profilage : Renato Olivieri


"Ambrosio è uno di quei personaggi che si inviterebbero volentieri a casa per una sera"






Renato Olivieri, est né le 4 août 1925 à Sanguinetto, un mardi donc, et a contracté sans qu'on le lui demande, la nationalité italienne. Il a quitté le contingent le 8 février 2013 à Milan, un vendredi ! Il a donc stationné dans le secteur exactement 31 965 jours.

A été propulsé journaliste dès son entrée dans la vie fictive, et s'est spécialisé en politique étrangère. Bien des années plus tard, et c'est là qu'on dresse l'oreille, une vocation tardive de romancier l'étreint. Il sera surtout connu (en Italie surtout) pour ses romans policiers mettant en scène le commissaire milanais Giulio Ambrosio, personnage emblématique du giallo italien.

En 1978 parait Il caso Kodra, la première enquête du commissaire Ambrosio.

A son actif : quinze romans consacrés au commissaire Ambrosio, dont :

Il caso Kodra (1978)
Maledetto Ferragosto (1980)
Dunque morranno (1981)
L’indagine interrotta (1983)
Hotel Mozart (1990)
Madame Strauss (1993), récompensé par le Prix Scerbanenco.

En France, seuls les quatre premiers romans ont été traduits (à ce jour).

En 1988, Sergio Corbucci adapte Il caso Kodra dans le film I giorni del commissario Ambrosio, avec Ugo Tognazzi dans le rôle du commissaire.

La "touche" Olivieri :

une atmosphère milanaise mélancolique, très marquée;
un héros introspectif, cultivé, amateur d’art (reflet de l’auteur lui-même) ;
une écriture élégante, plus psychologique que spectaculaire.

D'après ses "tracteurs", il se distingue par une élégance narrative rare, une atmosphère mélancolique et une attention minutieuse aux détails psychologiques. Discret, de nature, mais considéré comme un maître (dans son domaine s'entend).

Résumons : 

une écriture élégante, presque classique, loin des excès du thriller moderne ;
une mélancolie diffuse, portée par un héros vieillissant, lucide, souvent désabusé ;
une attention aux détails psychologiques plutôt qu’à l’action spectaculaire ;
une exploration des ambiguïtés morales, des zones grises de la société milanaise ;
une atmosphère feutrée, parfois nocturne, qui rappelle certains auteurs français comme Simenon (à prendre avec précaution), mais avec une tonalité plus introspective.

Ses romans sont moins centrés sur l’intrigue que sur l’observation du monde, des comportements, des relations humaines. Ambrosio enquête autant sur les crimes que sur les failles de l’âme.

A noter : associé à la Ligne lombarde, courant littéraire du roman policier italien.

Pour prolonger (soltanto in italiano) : Renato Olivieri 

e ascoltare  Milano (Live) - Lucio Dalla


mardi 14 décembre 2021

Riccardino, Andrea Camilleri



Un mort au petit matin. Un.

Une enquête classique. 

Interrogatoire des témoins
Enquête de voisinage
Bousculade de la procédure
Agacement de la magistrature et de la hiérarchie
Impatience des médias.
Et tout ça dans une ambiance bon enfant.

On soupçonne un adultère, mais... Comme on dit du côté des abysses : mieux vaut ne pas vendre la peau de la pieuvre avant de l'avoir retournée. 

On consulte
On rivalise
Le rituel des repas est maintenu
On côtoie du grand monde
On fait quelques longueurs en crawl
On cite Roberto Bolaño et Pirandello
On fait appel à Walter Lippmann pour relativiser *

Les amis sont tous là (cités à tout le moins). S'affairent.  Rentrent et sortent du bureau chargés d'émotions. Font semblant de rien. Mais nous, on le sait bien que c'est la der. 

Montalbano est ****** à *********em************** a***** Son *********** m**e **** for ***** tri *******compte tenu ********** ********** ********************** ****. Sans pour autant que cela puisse gêner l'enquête, bien sûr !

Et puis finalement tout bascule. Sans violence. Sans cris. 

Le livre se ferme doucement et arrive alors (ou revient), du plus profond d'on ne sait où, le goût de la Sicile. Ce goût si particulier. Si tenace. Celui que l'on ne décrit pas. Protéiforme. Qui change au gré de la circulation du sang dans les poches et des âmes en consultation. 

Et reviennent, tous ses mots qu'elle a prononcés ou qu'elle a prêtés, au fil du temps.

"Montalbano sono"

quelques pistes



* "Ogni indagine ha un suo respiro, un suo ritmo che non si puo' né rallentare né acceletare" 
(pas d'inquiétude : gougle traduit ça très bien)

jeudi 30 janvier 2020

La versione di Fenoglio, Gianrico Carofiglio


Cours groupés dans la salle de réeduc'. Les rendez-vous sont forcés.

Les présents : 

Fenoglio, "il mareschallo" en fin de parcours.
Luigi, le jeune premier,
Et la Bruna, qui remet les sentiers droits.

Le programme du premier trimestre :

Méthodologie
Leçon de vie
Leçon de criminologie.
Initiation à la bienveillance et l'empathie.
Allègement des poches de sang alourdies
Eveil des zÂmes en péril.
Sens dessus
Sens dessous
Transmission des zainé.e.s 

Pour illustrer : lecture d'une histoire qui combine hasard et de destin.

lundi 8 juillet 2019

Les ombres de Montelupo, Valerio Varesi

Une enquête du commissaire Soneri.


 - Happening ?
- Non, juste Apennins !

C'est l'automne bien tassé. Le commissaire prend quelques jours de vacances dans son village natal. Un besoin urgent de décompresser... SEUL !   
Mais ce retour aux sources a un petit goût amer pour Soneri. Les amitiés se sont refroidies et les complicités de l'enfance se sont évaporées. Même les champignons se font rares dans la brume. 

L'otium bat de l'aile

lorsque,

des coups de feux se font entendre dans la montagne. 
Braconniers ? Trafiquants ? Passeurs ? Partisans qui n'auraient pas été informés de la fin des festivités... 

et que, 

sur la place du village, on s'inquiète de commente activement la disparition du gros bonnet du coin, bizenesseman accompli, pourvoyeur de travail, voleur, prêteur, bienfaiteur, etc.

et que, 

lors d'une de ses virées champignonesques Soneri, trébuche sur un corps.

Sollicité par la maréchaussée de la bourgade voisine pour nettoyer la zone, il décline aimablement, mais fermement, l'invitation. Il n'est pas plus chez lui ici.

Mais c'était sans compter sur le passé familial du commissaire qui ressurgit derrière les portes. Doute et inquiétude l'envahissent.  

Une enquête menée à pas de loup. Sans paperasse, ni compte-rendu. Lente et pénible (y'a un peu de pente), la progression s'effectue, bien chaussé, couteau à la main, panier au bras et chien au talon.



    







mercredi 22 mai 2019

Intrigo Italiano, Carlo Lucarelli

Le commissaire De Luca est de retour. 
Un rapport rédigé en langue italienne.

De Luca, c'est l'incarnation même du chasseur. Le métier de flic chevillé au corps. Certains disent qu'il est opérationnel, quel que soit le régime (moteur). Il est souvent détesté, mais c'est surtout un problème de positionnement dans le temps... Pourtant, il est respecté par son entourage. Certainement pour son humanité... et sa vision de l'Humanité.

Contexte : l'action se déroule post-guerre (la seconde deuxième) à Bologne en 1953. Fêtes de fin d'année. 

Une époque qui faisait la part belle aux maçons. Construction de murs, coupes et découpes de territoires, et de bien d'autres choses... Comme qui dirait, une certaine vision certaine de l'amitié entre les peuples. 

Le petit plus : un petit courant d'air frais rafraîchissait quand même les poches de sang échauffées et la circulation des personnes se faisait sous le manteau. 

Le sujet : à la suite d'une noyade suspecte dans une baignoire de garçonnière, De Luca se met en chasse, épaulé de son aide de camp, Giannino, un florentin de souche. Très vite, il soulève les lièvres qui jonchent à proximité.  Des accidentés de la route principalement.

On croise en chemin des joueurs de jazz, une hiérarchie complètement désorganisée, des retraités, des docteurs (en pagaille), un ingénieur, du personnel hospitalier, des ennemis, et des amis...

Entre deux bagarres, on cultive le doute, la bienveillance, la colère, la peur, l'angoisse et l'amour bien sûr !
Un profond sentiment de solitude envahit le chasseur. 
C'est l'ordre des choses.

On a bien mangé. Au menu, cuisses de grenouilles, poisson-chat et soupe florentine (ribollita).

Un dossier solide apprécié par la Direction.
Veille : édition version en langue française (?). 





vendredi 16 mars 2018

Le fleuve des brumes, Valerio Varesi, il Fiume delle nebbie

La montée des eaux du Pô donne des sueurs aux riverains, aux bateliers et aux historiens de tous poils.
Une péniche est à la dérive.
Une fenêtre d'hôpital est ouverte.
On déplore un mort et un disparu.
Balle au centre...

Soneri, le commissaire réquisitionné épluche consciencieusement le passé de la famille Tonna.
L'enquête est menée à 3 miles/heure. Les personnes rencontrées, accrochées à la rive, parlent un dialecte peu courant mais la Direction précise que tous les rapports sont consignés en langue italienne. 
On mélange les vapeurs de brume et de cigare. On fréquente les bars-restos-hôtel des bords de rives. On scrute de là où on est l'horizon l'autre rive. On remue la vase pour voir ce que ça fait. On se fait des papouilles sur le Pô. On lit le "venir" dans le porto, on entend la chouette appeler les morts, et on s'en remet à San Donnino di Fidanza pour tout ce qui relève des pertes de sens. 
Les repas sont toujours pris en groupe. A ce propos, une note de frais du commissaire Soneri circule au commissariat : 
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Note de frais n° xxx du xxxxxxx

Commentaire/justif' : jour de brume, soir, niveau des eaux au plus haut. Moral au plus bas. Les témoins retiennent le flux en amont. Faut ouvrir les vannes. En attente facture. Provisionner quelques dizaines d'euros.

Au menu : 
Jambon de Parme
Anolini au bouillon
Sanglier accompagné de polenta
et un gutturnio

Les convives : les frères Tonna, Angela, Nibbio, Barigazzi, Ghezzi, Dino, Vaeven, Ghinelli, la "vieille" et tous les morts et les vivants, Julien Sorel et Louise de Rênal
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Ne pas confondre avec une autre note de frais qui mentionne un plat de pâtes aux haricots.

Au final l'enquête se termine sur le fil. 
Des dossiers de la plus haute importance ont été évoqués. Des histoires de forces et faiblesses, de tensions, de résistances, de vengeances et autres joyeusetés de la physique.

A classer 
PMTDT

Le visionnage en simultané (non corrélé, à priori) :


mercredi 28 février 2018

Les milanais tuent le samedi, Giorgio Scerbanenco, i milanesi ammazzano al sabato


PLS, Mixopan, soupe de pâtes et pommes de terre bouillies, ça urge ! Berzaghi fait un malaise.
Sa fille, Donatella a disparu. Et c'est inquiétant, car du haut de ses deux mètres, Donatella, belle jeune femme de vingt-huit ans, est restée une enfant dans sa tête, et au grand désespoir de son père, a la fâcheuse manie d' aimanter les amants de tous poils. L'enfermement à double tour n'y a rien fait. L'évasion est parfaite.

Duca en reprenant le dossier va une fois encore cultiver son dégoût pour à peu près tout ce qui touche aux poches de sang livrées à elles-mêmes.  Il faut dire que l'on a retrouvé la jeune femme - tous les détails sont dans le dossier -.  Et quand Lamberti retrouve les disparu(e)s en général, on ne peut plus l'arrêter. Il enfourche son Alfa-Romeo pour une visite de Milan, Gigliola Cinquetti dans le mange-disque. 
On enquête dans les clandés de luxe de la cité. 
On croise et questionne des petites femmes, des femmes moyennes et des grandes aussi, des femmes soumises et insoumises, des barbeaux (pas le poisson) et des consommateurs. On remonte la piste laborieusement, mais sûrement. Come se dice : chi va piano, va sano e va lontano.
Au détour d'une ruelle, on fait la connaissance d'Herero Akaounou, qui exerce le métier de prostituée à Milan. Elle dit parler couramment l'une des langues bantoues répertoriées à ce jour sur le continent africain. Elle ne se plaint pas, boit pour oublier ce qu'il y a à oublier, et fait de son mieux pour aider la justice à faire son devoir. 
Et rebelote. 
Ce potage propulse de nouveau Lamberti dans un néant sidérant. Un énorme coup de mou le frappe au cerveau et au coeur. Heureusement, Livia, sa "Minerve", le regonfle. Il redresse la tête. Ca ne va pas se passer comme ça. Oh que non ! Fini le grand train. On prend les transports en commun à partir de maintenant. Ce n'est pas le moment de flancher, les lecteur(e)s s'impatientent. L'Alfa Romeo est remisée.

Coup de théatre : au trois-quart de l'enquête Duca annonce qu'il faut tout reprendre à zéro. 
Alors là, c'est la Direction qui a un petit coup de mou. Elle  vérifie dans un premier temps que le dossier n'est pas tronqué, et dans la foulée, prévient par voie de voix : 

"- je vous préviens les gars - et les filles-, 
il n'y aura pas de rallonge pour boucler l'enquête, vu !, 

Et c'est reparti. De la violence, du sang, du sexe, de la révolte, de la vengeance, de la honte, du mépris, de la haine, de l'étonnement devant tant d'émoi.

Une enquête tout en déprime (l'effet Duca). Les femmes au premier plan, pour le meilleur et pour le pire. Les hommes sont à la peine.
Le dossier est bien équilibré, des redites insistantes (à la milanaises ?) pour une meilleures compréhension. 
Un dossier qui se veut multirégions. On évoque le courrier du Milan-Brême, les couteaux de l'armée suisse, la semaine anglaise (qui aurait, soi-disant, des racines françaises), les chaussures cirées des méridionaux, la discipline légendaire des milanais...

Un dossier qui mérite d'être lu dans son jus (imho). La Rédaction est consciente que ce n'est pas évident. Elle transmets une intention d'achat pour la version de Laurent. 
A suivre. 

Pour la bande son, c'est SGDG : 

A classer.
Merci l'ami.  

vendredi 3 novembre 2017

Savana Padana, Matteo Righetto

Querelles de clochers dans la plaine du Pô. Les cultures s'entrechoquent. 

En ce début de printemps,  San Vito, petite bourgade de la région de Padoue, brille et brûle de mille feux. La canicule menace. C'est le branle-bas de combat au bar du sport et au bar central. Tout le monde est à son poste. La partie peut commencer. 

Les adversaires du jour ne sont pas des novices. Les équipes sont  surentraînées. D'un côté l'équipe des gitans, de l'autre, celle des "zozos". L'équipe des chinois rencontre le perdant. L'arbitrage est assuré comme d'hab', par la patrouille des carabiniers de la cité. 

De maladresses en bévues, de clichés en insultes grossières, la partie dérape. L'avantage est accordé à celui qui reste en vie. Cambriolages en règle, enterrement de vie de garçon, trafic de substances illicites, petits arrangements entre amis. On apprécie de temps en temps les coups de pouce et signes favorables à la communauté. On déplore régulièrement un manque flagrant de raisonnement.  

Vu la tournure des événements, Saint-Antoine (celui de Padoue, donc) est appelé à la rescousse pour retrouver (c'est sa spécialité) une statue égarée  dans un salon. 

Le match se termine dans des conditions épouvantables. Expulsions massives des joueurs. 
Un arbitre a été rapidement porté disparu. Saint-Antoine a été mis sur le coup.

Un bon dossier. Pas de fioritures. On avance en même temps que tout le monde. De l'action, un peu de grincements de dents, de la grappa et de la saucisse. 
On propose également à la carte du singe (cervelle) et du hérisson. 

A classer sans hésitation sur l'étagère "super-coqs" (122 livres pages)

vendredi 15 septembre 2017

Albergo Italia, Carlo Lucarelli

kud kœʁ !!!

Albergo Italia, Carlo Lucarelli


1897 à Massaoua, la "petite Rome" du pays rouge.

D'étranges événements surviennent à l'abris des regards dans un entrepôt militaire - des skieurs auraient subtilisé un coffre - mais en fait, non, c'est Russo, le gardien, qui m'embrouille un peu -  on a retrouvé des skis en bois bien rangés dans une caisse, en bois de même, (une commande qui aurait été mal aiguillée) - qu'il est heureux d'avoir une explication plausible, et on a vu également une femme à proximité du gardien, Russo donc, tandis qu'à l'auberge italienne, dans le bourg on y joue au pendu un jour de pluie cérémonie d'ouverture.  

Tout cela n'est pas très lumineux, mais le jeu en vaut la chandelle.

Donc, il y a matière à. La thèse du suicide est rapidement écartée. Un problème de longueur de jambes. 
Antonio farandola est le mort. 
Colaprico est le préposé en chef à l'enquête. Fumeur de cigares, tireur de moustache et buveur de café, il est secondé brillamment par Ogbà. Un gars de la région. Très attentif à son environnement et perspicace au possible.
Cela dit, avec cette chaleur, l'enquête est menée au pas de charge. Certains diront que la méthode employée n'est pas réglementaire, mais c'est bien le premier nom sur la liste des suspects qui morfle. Au poste. Buàh ! Affaire réglée. On peut aller nettoyer son Bodeo 1889.

Nononon ! C'est pas comme ça que ça se passe !
On reprend tout de zéro.

Et ce fut ainsi, qu'après avoir bu quelques - au minimum trois - cafés et de l'areki, mangé fumé quelques Toscano, approché quelques polissonnes et dames de la "haute", fait quelques aller-retour Massaoua/Asmara, évoqué quelques affaires douteuses et crasseuses de l'époque, tenté l'apprentissage du tigrinya, compté les éphélides, manipulé quelques billets frelatés, et considéré que la loi c'est la loi, Colaprico (et Ogbà) résolut l'affaire.
   
Carnet de voyage : 

La langue est douce et charnue. Un mélange de tigrigna, de dialectes italiens et de langue italienne, traduit en français pour la circonstance (remerciements au préposé). Les mots savamment couchés sur le papier sont liés astucieusement par une cargaison de virgules, de points, de tirets (cadratin demi-) et de parenthèses. 
Une lecture à voix haute est fortement conseillée. 
Exclure à tout prix la technique de lecture rapide. Effets secondaires indésirables garantis (imho).

Ce texte, inaugure la rubrique kud kœʁ  créée récemment par la Direction. Celle-là même qui regrette de n'avoir pas eu le dossier dans le mains avant la clôture des votes 2016. Tant pis. Elle espère avoir sa chance pour 2024.

Lecture simultanée : 


Dernière recommandation (au cas où) : avant tout déplacement dans la région : les Français qui se rendent dans le pays sont responsables de leur propre sécurité. 

mercredi 14 juin 2017

Le printemps du commissaire Ricciardi, Maurizio de Giovanni, la primavera del ...

Une enquête de Luigi, le mois suivant le dossier qui précède.


Toute l'équipe est au complet. Le vaccin contre la grippe a bien fonctionné. On retrouve Ricciardi, Maione, Modo, et les autres, tantes, femmes, enfants, chefs et sous-chefs. 
En direct de Naples, toujours pré-guerre (la deuz), on assiste à la naissance du mois du muguet, des anniversaires, des élections, des montées en température des poches de sang, des transformations, des transmutations, etc., etc. 
C'est un peu chaotique, hésitant, mais c'est tout ce qui fait le charme des organisations en phase de réorganisation. 
Des odeurs (fortes et moins fortes) viennent chatouiller les narines, un petit vent fripon et câlin défrise les poils retors. Le mois de mai napolitain est enivrant, qu'on se le dise !
C'est également le mois des heures sup'. Car en plus de la livrée de base, cette année on découvre qu'une jeune femme, fort jolie, est retrouvée assise sur sa chaise complètement défigurée par la pointe d'un couteau, et l'on apprend également qu'une vieille femme, qui cumule les emplois (si c'est pas triste!) n'a pas résisté à la charge brutale d'un(e) ou plusieurs de ses assaillant(e)s. 
Du sang partout. Un gros gâchis en ces temps de collecte. Qu'à cela ne tienne... Les éponges et les cuvettes sont fournies par la questure.

L'enquête va bon train. On cherche les mobiles, on traque les maillons (faibles et forts). On tord les alibis et on moralise un peu. C'est la coutume... Rien de méchant.

Quelques thèmes abordés avec tact : la fin de vie (assistée ou pas), le commerce et plus particulièrement "de l'utilité d'une étude de marché", la beauté er ses bienfaits, la manipulation ou " promesse d'une vie meilleure", les difficultés qu'ont :
- les petites entreprises à affronter la crise, 
- les humains à s'entendre entre eux et accessoirement à s'aimer 
- les amours à s'évanouir épanouir
- les chefs à faire passer le message.
Et il y en a sûrement d'autres.

Pas grand chose à se mettre sous la dent, à part quelques pizze.
Café (vrai et faux) et bières.
Le fantastique s'invite par touches successives. Le cimetière est naturellement à ciel ouvert. La promiscuité est servie  24/24. 
petit  : quatre-vingts pages pour replanter le décor. Utile pour les nouveaux arrivants, forcément, mais ça fait un peu long (imho) pour les lecteur(e)s qui viennent de sortir de l'hivernage.

Lecture simultanée  



jeudi 18 mai 2017

L'hiver du commissaire Ricciardi, Maurizio de Giovanni

- Ca s'est bien passé ta pause montagne et chaos, Blvd ? *
- Du billard !

(lu dans sa version électronique)

Luigi Alfredo a un petit "pète au casque". Rien de bien grave. Un problème survenu dans l'enfance (la base). C'est  plus gênant qu'autre chose, mais dans un sens ça lui fait un peu de compagnie lorsqu'il déambule dans les rues de Naples.

La cas étudié ce jour, est la conséquence d'une chute brutale survenue à une pointure de l'opéra (un ténor). Le corps sans vie a été découvert dans sa loge (fermée à double tours de l'intérieur ?) alors que ledit corps (animé) devait faire son entrée sur scène. Un comique de la troupe aurait déclaré qu'il était passé de l'autre côté du miroir sans essuyer ses pieds sur le paillasson. Balivernes ! Heureusement Don Pierino était dans les parages. Au final, le transfert s'est fait dans de bonnes conditions.

En bon commissaire de l'avant Rép', Ricciardi (Luigi Alfredo donc), tâtonne, tamponne, sonne, siphonne et claironne. Une enquête toute normale. La troupe est convoquée avec interviews à la chaîne. Les petites et les grosses mains sont de la partie. Les arias sont chantés à tue-tête et parfois a mezzo voice. 

Les savoirs sont transmis par le peuple et ... les institutions présentes. On murmure que l'amour et la faim justifient les moyens. Les points de vues divergent. Les solidarités s'organisent.

On fait un break pour le quatre heures avec sfogliatella dans l'assiette et cartes sur table pour le tresette.

On essaye de ne pas trop se faire remarquer pour ne pas prendre de mauvais coups. 
Certains osent faire remarquer que les pauvres gens sont souvent meilleurs que la police (?). Tandis que d'autres affirment que "ça devient vite mal élevé les gosses avec trop d'argent". Il y en a même qui disent que nos erreurs ce sont les autres qui les paient (sur ce point la Direction demande un complément d'information).

Des interrogations restent en position géostationnaire, concernant principalement l'Amour, la Damenation, la Qualité Emotionnelle, la Chose et Bambinella.

Un texte sur la Foi les Fois et Forces en présence, assaisonné d'une bienveillance qui serpente dans les ruelles des coeurs de cités.
Tout à l'image d'une terre au repos, irriguée avec patience et justesse, qui attend son heure.
Vive le printemps... Et l'été, et l'automne et l'hiver ! 
Et les transmetteurs.

* littérature comparée 

texte papier

texte audio

mardi 28 mars 2017

Le commissaire Bordelli, Marco Vichi, Il Commissario Bordelli

"Que chacun fasse son devoir et nous serons tous bien."

La chaleur estivale qui règne à Florence en ce mois d'août 1963 accable les citadin(e)s réquisitionné(e)s pour la circonstance.

Lors d'une nuit torride, une vieille dame (très) fortunée ne résiste pas à la pression. Elle prend ses mains à son cou et fait, en toute intimité, le grand saut dans son lit. La chaleur a encore servi sévi. Un classique. Fort heureusement, depuis, nos dirigementeur(e)s, attentif(ve)s au bien-être de leurs poches de sang, ont mis en place des mesures de précaution très pertinentes, et techniquement et... financièrement. Du grand art.

Le problème, c'est que le commissaire Bordelli a un (gros) doute. Et quand Bordelli doute, il veille. Ainsi, le peuple peut dormir sur ses deux cerveaux. Un chasseur né... De cigarettes et d'humanité (?). Son caractère, attachant (pour les uns), devient vite agaçant pour les ... Il organise sa vie principalement autour de ses souvenirs, et d'un bon dîner entres ami(e)s. Et lorsqu'il a soif, il n'hésite pas à puiser quelques conseils dans son passé, auprès de ses relation(e)s et de la célèbre jeunesse en formation.

L'enquête est ouverte. C'est Bordelli qui la dirige, certes au ralenti, mais en mouillant sa chemise. Les jeunes femmes sont à la barre (une notamment), les souvenirs fleurissent. On cite Ungaretti, Augustin (le Saint, pour une histoire de mouches)... Et aussi, Dante (Pegretti, frère et savant fou), Piras (un Sarde, fils de son père), Elvira, des petites frappes, un cuisinier, des cousins, des nièces et neveux, des tantes, des Dames de bienfaisance, des fleurs à arroser, des rats, des chats, huants ou pas, et bien d'autre(e)s...

On a les pastilles gustatives en alerte. Une soupe d'oignons est servie, ainsi qu'une soupe aux haricots à la Lombarde, de la morue à la Livournaise (et son petit vin blanc), de la focaccia (chaude), du sauté de veau sauce piquante (alla turco), des gâteaux sardes... Le Pantelleria, un vin de paille et le Chianti coulent raisonnablement, mais utilement. La grappa, qu'elle soit blanche, à la Rue ou au genièvre, enchante les neurones. Au loin on entend une musique chaude et salée qui fait : ça.        
On essaye d'apporter quelques éclaircissements à quelques questionnements : oui mais quelle est la différence  entre le bien et le mal ? Et comment qu'on s'aperçoit qu'on devient vieux ?... Et pourquoi pas ?...

- Et l'enquête alors?
- C'est... Comment dire ?
- Bienveillante ?
- Vouâlaâ ! C'est ça !

La suite est en cours de lecture. Une sale affaire paraît-il.

L'Encyclo du père Candido : la rue ("ruta" en langue italienne), c'est le truc jaunâtre qui flotte dans le liquide à base de raisins, embouteillé ci-dessous (crédit photo  : bouteille de grappa personnelle, en provenance directe de la Carnia). Alerte rouge : niveau en forte baisse au 28/03/2017. Ravitaillement prévu en juin prochain. Dégustation prochaine : 30/04/2017 avec Romeo y Julieta C.


Remerciements : à En.Vi. pour ce magnifique breuvage et Mesdames et Messieurs passeur(e)s et nɔʃe pour leur éclairage.

Ciao ragazze(i) !!!

mardi 21 février 2017

La nuit derrière moi, Giampaolo Simi, La notte alle mie spalle

Population en danger.

L'extinction de la portée n'est plus très loin.

- T'as  pas entendu comme un cri bruit, bl∆d ?
- Non !!???
- C'était comme qui dirait un appel au secours...
- T'as dû rêver !

Guerri est représentant pour une imprimerie. Et comme tout représentant qui se respecte (sinon ça ne marche pas), il est formaté pour la gagne. Au boulot... comme en famille. 

Une vie de famille bien huilée, la routine est bien calibrée, les préposés aux procédures n'ont pas lésiné (sur les moyens), les banquiers ne se plaignent pas, les collègues s'activent, la famille frétille, et tout ce petit monde se côtoie sans rechigner. 
Bref, on vit au coeur du segment. 
Celui qui ploie mais ne rompt pas. 
Sauf que...
Il y a un problème (eh oui forcément).

- Les appuis Guerri, les appuis !!!

On a oublié de les sécuriser. Et lorsque le funambule se jette dans le cirque et se retrouve au milieu du gué à quelques dizaines d'années au-dessus du sol, la pression chute et les vents se lèvent. Plus moyen de faire marche arrière. Une sale dépression à l'horizon se profile. Tout le monde essaye de se mettre aux abris mais rien n'y fait. Pas même les dos ages.

Description de la tempête : 

coups de .utes entre collègues et entre composants familiaux, les vieux détrônés par les jeunes, les patrons sont égaux zà eux-mêmes, les petits secrets des uns et des autres sont dévoilés et jetés en pâture sur la place publique, les relations en binômes sont explosives. Mari/femme. Femme/fille. Fille/père. Père/tante. Tante/nièce. Nièce/oncle. Oncle/mari. La boucle se boucle. La tension monte pas à pas. Avec méthode. Les trois H sont programmés, développés et appliqués avec patience : Haine, Hargne, Hagnimosité.

On parle de prison, d'enfermement sous toutes ses formes. De la difficulté de vivre ensemble. De vivre avec le progrès. De vivre avec... 
On parle couramment le sms.
On s'assoit et on regarde...
...

Heureusement les repas sont tout en finesse. Crêpe à la daurade avec de la crème de haricots blancs à la coriandre, des fleurs de courgettes farcies à la mousse de morue. Et bien d'autres délices encore, dont sont friands les italiens.

Un dossier sombre, et bien charpenté. Pas le temps de s'ennuyer. Surtout ne pas lâcher la pression. Le raccord est parfois problématique, mais on réajuste rapidement. La lecture d'un trait est profitable.

On se tutoie comme c'est la coutume dans la région. Et même soi-même. C'est le petit plus. Ca t'a déstabilisé un peu au début mais tu t'es fait une raison et finalement tu t'es mis à tutoyer tout le monde. Sans distinction.

Tu biffes (à regret) et tu déclares (à joyet) que ce dossier est apte à intégrer ta liste 2016.

Bye

samedi 14 janvier 2017

Todo modo, Leonardo Sciascia

Todo modo, Leonardo Sciascia

Un peintre, qui a son "petit succès" dans la région, auteur de polar à ses heures, fait une petite pause sociale dans le milieu de sa vie. Un besoin urgent de décompresser. Ni une ni deux, il prend sa voiture et s'en va errer dans la campagne italienne, au gré de ses envies et de son humeur. Un jour, c'est l'été, au détour d'un chemin...

Il avoiturit chez  Don Gaetano, un prêtre d'une érudition exemplaire, chef supérieur de l'ermitage de Zafer et accessoirement, patron de l'hôtel attenant. Le lieu est imprégné de religiosité. Don Gaetano est un homme inquiétant (c'est ce qui se dit en 4è de couv'). Etonnant serait plutôt le terme exact. En ressenti bien sûr !. L'hôtel ne l'est pas moins. Et l'ermitage encore moins. Le cocktail est parfait pour faire une petite halte. D'autant que le lendemain on apprend que c'est "fiesta" au château :  le séminaire annuel d'exercices spirituels à usage des grands de la région. Tout le monde (ou presque) est attendu. Ministres et laquais du Gouvernement, de l'Eglise et de l'Administration. Bref, le grand weekend d'intégration des dirigementors. Une sorte d'otium en temps raccourci.
Le spectacle vaut le détour. Prières, incantations, danses, réflexions. Cellules de méditation à disposition et plus, si besoin. Rien ne manque. Les repas sont pris en commun. La pintade farcie fait l'unanimité dans l'assemblée.
Le programme est dispensé en latin.
On contingente
On mystère
On varie les thèmes abordés,
On cite pelle-mêle Boccace (et son buttafuoco), Andreuccio de Pérouse, Saint Augustin, Manetti, Giordano Bruno, Francisco Ferrer, Nicolo Barabino, Guttuso, Gide  et bien d'autres.
Le diable (à ce qui se dit) porte des lunettes
On lit Linus (de Charles-Antoine peut-être ?)
On parle peu mais bien (?)
Et puis finalement chez ces gens-là ...
On tue !

Et on ne fait pas semblant. Un convive, puis deux, et finalement un troisième au finish.

Le juge dépêché pour l'occasion, accompagné d'un commissaire en presque retraite, mène l'enquête à sa manière. Tout dans le mobile. Et là, forcément, ça bouge au moindre souffle.

Ce conte-polar (?) est une invitation au vagabondage de l'esprit, et à la mise sur orbite de toutes pensées collantes et/ou stériles qui ne savent que faire dans nos cellules.

On ne nous dit pas si le dispenseur du dossier a chaussé ses lunettes de compét', mais en tout cas sa technique de transmission est parfaitement au point (imho).      

Pour la méditation du soir, la Direction propose une petite phrase accompagnée d'une tisane :

"... la survivance à travers les siècles, c'est plus aux mauvais qu'aux bons qu'on le doit et c'est derrière l'image de l'imperfection que vit l'image de la perfection".  

Si au bout d'une heure le sommeil ne s'est pas invité, tentez sans forcer un salamba sarvangasana. 
Si à  4 heures du mat' le cerveau circule encore, un bon café fera l'affaire pour démarrer la journée.

Ciao

vendredi 29 janvier 2016

Piste noire

Un nouvel arrivant dans la galaxie pɔ.laʁ. 
En tout cas c'est comme ça que c'est vendu. 
La Direction, après avoir épluché le dossier du début jusqu'à la fin, remerciements inclus, ne reportera pas sur la 4ème de couv'. 

Elle préfère en préalable alerter le lecteur sur deux ou trois points : 
1- il est vivement conseillé de porter des chaussures de marque lorsque l'on parcourt la montagne enneigée
2 - l'action présentée, un whodunit en règle, se déroule dans les environs d'Aoste (Aosta pour les puristes), Vallée d'Aoste, Italie. 
3 - Le mort a été ( ou sera) déchenillé en 1998 (peu probable), ou en 2004, 2009, 2015 (forte probabilité), ou en 2026, voire même 2032. Mais là...

Les hostilités ont été déclarées un jeudi de février. Le 5 précisément. Le commissaire sous-préfet réquisitionné pour la circonstance, Rocco  Schiavone, un romain de souche, n'a pas toujours eu les félicitations du jury, une des raisons pour laquelle il se trouve installé dans le nord du pays. Elément plutôt efficace dans son genre, même si ses camarades de jeux le freinent un peu... 

Tutto a posto, Chef !

Avertissement (quand même) : le projectionniste a mélangé les bobines, un véritable .ordel pour s'y retrouver, cela fait que la Direction a décidé, à l'unanimité (plus une, comme d'hab'), de rédiger le ressenti comme ça vient.

Une histoire de culpabilité, de non-dits, des dossiers dans le dossier. Lui-même sponsorisé par du placement de produits. Débat en interne sur le bienfondé de la méthode. Certains évoquent en substance le modèle économique de certains clubs sportifs. Franchement ! On va où là ! On anamnèse. On anatomopathologise. On exacerbe les tensions Nord/Sud. On déambule dans les quartiers de Rome et de Naples, et sur les pistes de ski. On intercepte des camions. On trafique en tout genre. On corrupte. On profite de l'occasion pour parler de migration. On fait des travaux sur le bestiaire encyclopédique. On balance sans crier gare le psaume 21. On fait travailler les Pec. Un petit relent à la Don Camillo (pas longtemps). On menace de priver l'assassin de vin (?). On participe à un cours d'hindi, peut-être même de sanscrit. Très qualitatif. On apprend même que dans la nature la Justice n'existe pas. 

Lu une fois, accompagné de deux bouteilles de verdicchio di metalica (P). Pas relu. Le vin blanc sûrement. Rendu hier. 
PMTDT 

Animation musicale : tarantella calabrese, plus classique,
Grazie a tutti !


samedi 6 décembre 2014

Les enfants du massacre, Giorgio Scerbanenco, I ragazzi del massacro


"- Plutôt crever (encore !!!), que de retourner à Beccaria !"
Le texte est de Giorgio Scerbanenco, les décors sont de Filarète et Solari. La traduction est de Roland. Le brouillard qui surgit ici et là est dû à... Des problèmes d'aération probablement... Une forte odeur d'anis lactescent.
Le thème : onze gamins, enfermés dans une salle de classe, violentent et massacrent une instit'. Une profession qui se dégrade de jour en jour. La victime est plutôt en piteux état.  Aucun des gamins n'est responsable (sans blague...) Evidemment. Nous sommes en présence d'un whodunnit extrêmement complexe. Du boulot pour la maréchaussée milanaise. C'est parti. Duca Lamberti sonne la charge. Ce flic milanais, ex-taulard, ex-assassineur bienveillant, sensible, buveur émérite (?), avec une petite préférence pour le marc, mène l'enquête. Réputé pour ses méthodes violentes (?), il est convoqué chez Càrrua (attention à la prononciation, visez l'antépénultième !), le dirlo de la Maison. Une mesure préventive. En effet, le Lamberti, sous ses airs relax, ne fait pas dans la dentelle. Ou plutôt si. Non. Si. Un ciseleur. Tout en finesse. Du travail d'orfèvre. On parle même d'horlogerie dans le courant de l'enquête, c'est dire.

off : Lamberti, pour le cadrer, c'est un grand maigre, qui fume (veinard) des Nationales, qui conduit pas, qui prend des décisions, des vraies, qui assume, et qui peut prescrire, en toute illégalité, en cas de besoin, une ordonnance médicale. Relatif à son passé pesant. Il ne tue pas plus. S'interroge beaucoup. Duca Lamberti est ce que l'on pourrait appeler dans le jargon, une teigne, un crampon, mû par un engagement moral viscéral. La justice à tout prix. Honneur et dignité en embuscade. 

Dans l'autre camp, celui des méchants, il y a les gosses. Pas fins du tout. Enfin pas tous. Normal. En construction. Eux, s'enquillent de l'anis lactescent et d'autres substances illicites. Des cas dits "sociaux". Treize / dix-huit. La tranche aimable.

On rencontre un max de donzelles. Des qui conduisent. Des qui suent. Des qui ruent. Des qui tuent. Des qui pleurent. Des qui cajolent. Des qui....
Ca manipule à tour de bras. Le groupe des âmes adultes dans la ligne de mire. 
Brimades. Harcèlement. Adolescence. Souffrances. Incompréhensions.
Attention aux sujets sensibles. Eloignez les enfants. L'Educ', le journalisme, l'honnêteté, l'alcoolisme, la toxicomanie, la peine de mort, la Mission, le Devoir (?), la mortalité infantile, mise en perspective du Genre, relations père/fils/fille, fratrie, et j'en passe...
On note que pauvre et vieux riment souvent avec vrai.
On évoque la bohème milanaise. Oui, je parle bien de la fameuse Scapigliature (attention encore à la prononciation, bien mouiller le l). Les poètes sont saturés de coke (?). Le adultes font des pauses chez le marchand de vin tandis que les jeunes vont au Tabac pour acheter du sel. Cougarisation galopante. Les fauves sont lachés. 
On évoque Cavour plutôt que Garibaldi (une préférence de connaisseur. Apprécier à sa juste valeur).
Le laudanum est consommé abondamment. A n'utiliser qu'en cas de rétention prolongée.

Pour les préparations culinaires : pizza, civet de chevreuil et nouilles au jus de viande... parmesannées.

Un dossier qui fait froid dans le dos, mais qui réchauffe aussi les boyaux (le deuxième cerveau quand même ! (?)). Une performance (imho). L'auteur aborde des sujets de société graves récurrents, sans s'appesantir. Il nous ballade dans Milan à bord de sa caisse et déroule la pelote joyeusement. Une partageur/transmetteur. C'est si simple et pourtant si compliqué à la fois. Ca me rappelle quelque chose... Mais quoi ? La vita è bella, no ?
Un dossier apprécié par la Direction. Aucun vote de blocage déclenché. Dans la cohue générale, le chargé culturel a proposé une animation musicale : Lucio Battisti et New Trolls (en import uniquement).  
Une sensation d'emprisonnement de légèreté.

Approved by blʌdʒən


Pour la prochaine séance : interrogation sur Cesare Beccaria  et Carlo Porta.

Ciao ragazzi/ragazze

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...