samedi 31 mars 2018

Le Royal-bougnat, Joseph Bialot

C'est impressionnant le nombre de personnages que l'on peut convoquer dans un texte de 189 pages (192 p. selon les autorités). 

Pour un premier contact :  

Deux affaires en une. Celle de Cheney et celle de Fabrette. Pas de ristournes possibles.

Pour se consacrer pleinement à sa deuxième enquête, Didier Valois, se met en disponibilité. C'est la moindre des choses. 
Dans la foulée, il va, par mimétisme, rejoindre les pointeurs inscrits à l'ANPE (de l'époque) des artistes en tout genre, et agiter toute une "clique" autour du Royal-bougnat, un troquet du XVe. 
L'économie tourne à plein. Mais attention à la surchauffe.
Heureusement, le parti pris du rapporteur est résolument écolo. On circule donc chemin des vaches, rue des plantes, impasse du moulin-vert, chemin des dunes, rue pavoise. On fait quelques pas en bord de mer (Honfleur), dans les beaux quartiers rive gauche, et dans les grandes forêts domaniales du 77. Quelques incursions à Saint-Ouen et Montreuil (et c'est heureux!). 

Une bien humble contribution, mais quand même...

Alors donc, sur le parcours, Didier trouve des morts de mort non naturelle, des suicidés de suicide non naturel, des grosses brutes qui cognent dur, des femmes au caractère bien trempé, des gens filés, des questionneurs de fichiers d'immatriculation, des flics "à la bonne", des maisons à la campagne, des familles composées, recomposées, qui voudraient bien se décomposer. 
On s'entraîne à la généalogie, mais comme d'hab' on s'épuise rapidement. 
On étudie aussi le réflexe de Krymski (?) (description dans le texte). 
On parle de dernière guerre, de derniers morts (?).
On chine, on joue, on perd, on gagne...
On renifle un problème d'espionnage industriel, un truc à l'assurance.
On fume des Gitanes à pleine goulée (sob).
On plaidoie double-plaidoie pour le métier de flic. 
On parle du Vél d'hiv d'avant, de pendant et d'après.
Le Poum est cité. 
Et un "plutôt crever" est lancé à la cantonade.

Plus festivement : on boit de la prune du Lot pour remonter le moral des troupes, du blanc gommé, et du Cognac hors d'âge. Le Cornas occupe une bonne place ainsi que le Gigondas.
Les tripoux et la daube provençale font partie également du voyage.
La forte densité des poch-e-s de sang au cm² peut s'avérer problématique. Les principales (poches) : Ophélie, Cécile, Marianne, Colette, Laurence, Carole, Lea, Janine, une concierge, une réceptionniste, Marie, Loïc, Coma, Neurone, Fernand, Frédéric, Cagna, Paul, René et Didier.
Françoise Dolto n'est pas invitée, pourtant on parle d'enfants et d'éducation.
On nous informe en backstage qu'un stéphanois, qui n'avait pas entendu la sonnerie, a finalement rejoint la communauté.   

Bibliothèque : le livre du ça de Groddeck, le Chantefables et chantefleurs de Desnos, 
Hegel et Kierkegaard sont dégainés dans les salles d'attente et R. Laing est proposé à la citation..

On confirme que le Pascal a toujours été mieux coté que le Delacroix (encore aujourd'hui mais l'écart s'amenuise).

La question en suspens : ça existe encore les innocents ?

Devoir sur zinc : les amoureux sont-ils seuls au monde ?

C'est court, percutant. Les forces sont jetées dans la mêlée avec plus ou moins de bonheur. Les enquêtes s'emberlificotent, se téléscopent, se triturent l'une l'autre. 
Au détour d'un retour à la ligne, ou d'un saut de paragraphe plusieurs pistes sont ouvertes. Le retour en arrière est prisé. Pas d'obligation.  
Un peu de Poulpe, un soupçon de Burma, et sûrement, ici et là, du Manchette.
Cos'altro (ou ouatelse !)

Visionnage :

Espace détente : par là (c'est un hommage ;-))






samedi 17 mars 2018

Dossier clos : l'affaire Jacob Asch


BIBLIOGRAPHIE de Jacob ASCH

Personnage créé en 1974 par Arthur LYONS – Américain – (1946-2008)

Jacob Asch, fils d'un père juif, tailleur, qui possède un petit magasin à Fairfax et d'une mère, membre de l'église épiscopale, vit à Los Angeles et exerce le métier de détective privé. 
Après des études universitaires, il débute dans la vie comme journaliste d'investigation au « Chronicle » de Los Angeles de 1960 à 1969. 
Après avoir refusé de révéler à la police ses sources d'information à propos d'un article, il est condamné à six mois de prison. Il quitte alors le journalisme et devient détective privé à Los Angeles, sa ville, qu'il aime plus que tout. Il a alors trente-quatre ans. 

Quelques travaux confiés à Jacob : 
- Tenter de prouver l'innocence d'un homme accusé d'avoir tué sa femme et son amant 
- Retrouver le mari d'une connaissance disparue 
- Chercher une femme et son enfant disparus depuis huit ans
- Investiguer auprès du fiancé d'une riche cliente qui souhaite savoir si elle est aimée pour elle ou pour son fric 
- Régler un litige avec une compagnie d'assurance qui refuse de verser une prime, suite à la mort accidentelle du mari de son ancien amour
Il est également recruté par une femme abandonnée depuis seize ans, qui croit reconnaître son mari sous l'aspect d'un réalisateur de cinéma célèbre. Etc...etc... 

Cela le mène à côtoyer une secte de nécrophiles, un cadavre dans le coffre d'une voiture, une femme, jadis ravissante, pendue à un crochet de boucher, la mafia, un enfant mort, un trafic d'antiquités et de drogue, des politiciens corrompus, des magnats de l'immobilier un peu assassins, des magistrats pas très indépendants etc... La liste est longue. 


Son but est de parvenir à la vérité. C'est un bosseur, fougueux et fort en gueule avec des méthodes pacifiques. Sa faiblesse, c'est d'être sentimental. Il n'est pas regardant sur la moralité des belles femmes qui couchent avec lui. 

Pour finir, un extrait de « Caméra-stylet » page 131 : 
vous savez ce que Marilyn Monroe a dit quand elle a signé son premier gros contrat avec un grand studio ? «  C'est la dernière "biiip!" que j'aurai à sucer ».

Les dossiers en questions :


1 – Le fouineur, 1976           .    The Dead Are Discrete, 1974

      Trad. Roger Guerbet           Mason & Lipscomb
      Gallimard                             Publishers Inc., 
      (Super noire n°33)               New York
   
2 - (non trad. en français)          All God's Children, 1975
                                                  Mason / Charter,
                                                  New-York

3 – La ravissante à l'abattoir,    The Killing Floor, 1976

      1978, Trad. Rosine             Mason / Charter,
      Fitzgerald                            New-York
      Gallimard (Super noire n°93)    

4 – (non trad. en français)         Dead Ringer, 1977

                                                  Mason / Charter, New York

5 – La déchirure, 1981              Castles Burning, 1979

      Trad. Simone Hilling            Henry Holt & Co.,
      Gallimard                             New-York
     (Série noire n°1842)

6 – Faut pas avoir honte, 1982 Hard Trade, 1981

      Trad. Jean-Michel               Holt, Rinehart &
      Alamagny                            Winston, New York
      Gallimard (Série noire n°1865)   

7 – Ne fait pas à autrui, 1984    At The Hands Of Another,

     Trad. Denise May                 1983, Henry Holt & Co.
     Gallimard                              New-York
     (Série noire n°1977)

8 – (non trad. en français)         Three With a Bullet, 1984

                                                  Holt, Rinehart & Winston,
                                                  New York

9 – Caméra-stylet, 1989            Fade Faded, 1988
      Trad. France-Marie             The Mysterious Press
      Watkins                               New-York
      Gallimard (Série noire n°2175)                               
     

10 – L'argent du Turc, 1991      Other People's Money, 1989
        Trad. Laurette Brun           The Mysterious Press
        Gallimard                           New-York
        (Série noire n°228)

11 – (non trad. en français)        False Pretenses, 1994

                                                   The Mysterious Press,
                                                   New-York

Une contrib' de Dan

mars 2018

vendredi 16 mars 2018

Le fleuve des brumes, Valerio Varesi, il Fiume delle nebbie

La montée des eaux du Pô donne des sueurs aux riverains, aux bateliers et aux historiens de tous poils.
Une péniche est à la dérive.
Une fenêtre d'hôpital est ouverte.
On déplore un mort et un disparu.
Balle au centre...

Soneri, le commissaire réquisitionné épluche consciencieusement le passé de la famille Tonna.
L'enquête est menée à 3 miles/heure. Les personnes rencontrées, accrochées à la rive, parlent un dialecte peu courant mais la Direction précise que tous les rapports sont consignés en langue italienne. 
On mélange les vapeurs de brume et de cigare. On fréquente les bars-restos-hôtel des bords de rives. On scrute de là où on est l'horizon l'autre rive. On remue la vase pour voir ce que ça fait. On se fait des papouilles sur le Pô. On lit le "venir" dans le porto, on entend la chouette appeler les morts, et on s'en remet à San Donnino di Fidanza pour tout ce qui relève des pertes de sens. 
Les repas sont toujours pris en groupe. A ce propos, une note de frais du commissaire Soneri circule au commissariat : 
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Note de frais n° xxx du xxxxxxx

Commentaire/justif' : jour de brume, soir, niveau des eaux au plus haut. Moral au plus bas. Les témoins retiennent le flux en amont. Faut ouvrir les vannes. En attente facture. Provisionner quelques dizaines d'euros.

Au menu : 
Jambon de Parme
Anolini au bouillon
Sanglier accompagné de polenta
et un gutturnio

Les convives : les frères Tonna, Angela, Nibbio, Barigazzi, Ghezzi, Dino, Vaeven, Ghinelli, la "vieille" et tous les morts et les vivants, Julien Sorel et Louise de Rênal
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Ne pas confondre avec une autre note de frais qui mentionne un plat de pâtes aux haricots.

Au final l'enquête se termine sur le fil. 
Des dossiers de la plus haute importance ont été évoqués. Des histoires de forces et faiblesses, de tensions, de résistances, de vengeances et autres joyeusetés de la physique.

A classer 
PMTDT

Le visionnage en simultané (non corrélé, à priori) :


Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...