samedi 31 mars 2012

La peau de l'autre, David Carkeet, From Away


Etude en  si bémol d'une vie deux en un, ou comment se glisser dans la vie d'un autre for Dummies. Facile. Il suffit d'être attentif. Une glissade, un tonneau, une chute dans un ravin, et hop! c’est le billet gagnant de la loterie du jour, direction l’hôtel du coin. Un congrès de grosses légumes, une bourgade peuplée d'êtres étranges, des cadavres sur les toits de voitures, des flics chiants à souhait, une moitié plutôt... moitié, des amis, bref tout ce qu'on aime. On est dans le Vermont les gars. Et ça rigole pas. En deux coups de cuiller à pot, Denny le doux rêveur nous tricote une deuxième vie aux pt'its oignons et se fait tout plein de nouveaux z'amis. Mais gaffe, la schizophrénie s'installe aisément sous nos latitudes. Et dans le genre il est plutôt alambiqué le cerveau du bonhomme! Mais quel artiste. Un solitaire délicat qui connait  bien sa grammaire et ses gammes ferroviaires. Et dans ces froides contrées, ça frôle ..., que dis-je, ça cryogénie! Exercice intéressant, certes, mais compliqué quand même. L'auteur ne s'en sort pas trop mal.  Et n'oublions pas qu'il ne faut jamais s'attaquer à un problème avant que le problème devienne un problème". Du Sparky tout craché, ça! Un dénouement à la hauteur... Le sur-poids est mis à l'honneur et il faut se rendre à l'évidence, il faut toujours avoir un corps cor sur soi. En bonus un cours de skimming. Non, franchement? Bien.
Ma note  : 3+, ça frise le 4, pour la créature à deux têtes (entre autres). Un possible Cohen brothers.
Une remarque pour l'éditeur à propos de l'accroche "... sur le mode scénario-catastrophe hilarant" : ce n'était pas utile d'en faire autant. Trouver le ton juste, c'est 80% de la prestation et sur l'autel du ROI, sacrifier ses fidèles relève de l'inconscience. En même temps, ce que j'en pense... C'était juste pour dire. Et maintenant reprenons tous ensemble : règle de base n° 78 de l'action co, les fidèles doivent garder la confiance...  Après, tu fais ce que tu as à faire. N'empêche, merci au traducteur. Et on ne se connait pas...

lundi 5 mars 2012

Mort postiche, Mehmet Murat Somer, (Peruklu Cinayetler)


Comme quoi, c'est bizarre ... je ne me représentais pas du tout les turques comme ça, allez savoir pourquoi?
Attentionnées, adeptes de l'activité physique soutenue et quasi-continue, bien informées des problèmes de société, un soupçon d'excentricité (si léger), une solidarité (?) comme on les aime, un peu de mauvaise foi, cuisinières hors pair, toujours disponibles, en avance sur leur temps, et de surcroît, détectives durant leur temps libre... Mazette!!!

Tout a commencé avec la mort du pharmacien. Perruqué, barbouillé de rouge à lèvres, et grand dieu, nu comme un ver, allongé sur son lit. Pas normal tout ça, mais alors pas du tout. Que fait la police, bon sang? Finalement, c'est la fameuse reine des nuits chaudes de Byzance, affublée d'une star brésilienne venue tout droit d'un baiso sambadrome brésilien, qui s'y colle. Une petite enquête de routine, rondement bien menée, un rythme de sauts de gazelles, dans les rues de la belle, de la cosmopolite et interlope (?) Istambul, la cité des sultans et des califes. La mise en perspective est plutôt... intéressante. L'auteur n'est pas avare d'informations et de détails. Un vrai filon pour les amateurs de voyages culturels.On parle d'hospitalité alla turca, quand même... L'auteur propose également une analyse psy, baclée, certes, mais avec un vrai psy turc... Et en plus la séance est gratuite. A noter également quelques passages, disons, techniques. Place aux spécialistes! Globalement rien d'ennuyeux, mais bon...

Ma note : 2+. Un bon bain turc par là-dessous.
Hoşça kalın!

samedi 11 février 2012

La reine de Pomona, Kem Nunn, Pomona Queen



Dean et Dan trimballent un cercueil. Dan est dingue. Mais que fait Dean?
Eh bien, vous le croirez ou pas mais c'est comme qui dirait la poisse qui pointe son nez du côté de la West Coast. Eh oui, la malédiction des cueilleurs d'oranges continue, comme on dit par là-bas.
Monsieur Nunn déroule, l'air de rien, un vrai précis d'Action Co. La fameuse poussée 4G du vendeur d'aspiros. Emotions garanties. Avis aux amateurs.
C'est bien fait. Les acteurs sont bien dans leur peau, l'action est bien ficelée. On aurait pu croire que ça allait vriller en permanence, donc ennui prévisible sur le long terme, et puis non, finalement, nous avons droit à une exploration intérieure de type retour vers le passé, avec une explosion de souvenirs en prime, séquence émotion, introspection.. et heu... affabulation. Comme une sorte de besoin d'air. Forcément l'ordre est tablit. La pancarte exit ne fait pas partie du décors. Un classique.
C'est un bon cru. Je le range dans ma cave. 

Juste pour pousser la réflexion, je dis quand même que la Old English 800 ça peut provoquer des effets secondaires... non négligeables. Et comme disait the Great Grand-Father, c'est pas l'tout de consommer, après faut assumer. Qu'on se le dise! 

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...