vendredi 1 mars 2024

La faute de l'abbé Mouret, Emile Zola

 Déniaisement en règle en 3 actes

Très pastoral. 

Sur fond de jardin des premiers temps, le chemin initiatique d'un Mouret qui ne s'est pas brûlé les ailes, un descendant des Rougon-Macquart. 

Le process : 

Convictions. Doutes. Affaiblissement. Chute. Délirium tremens "severus". Récupération in extremis. Promenade en forêt. Lâché de colombes. Les premiers émois. Frémissement. Partage. Bonheur (?). Réveil en fanfare. Les perdants baissent la tête. Les vainqueurs également. Le match nul. La balle au centre. 

Que reste-t-il de l'Amour ?

Un excellent sujet d'actualité. En fait, tous les sujets abordés jusqu'à présent sont d'actualité. Et on est en 2024 quand même. Rien ne change donc ? C'est ça le contrat ?

 


jeudi 15 février 2024

La conquête de Plassans, Emile Zola

- On fait un chat perché Blvd ?
- Une partie de volant, plutôt !



Un drôle de type que cet abbé Faujas. Avec ses manières, sa discrétion agaçante, sa mère tout aussi discrète (et sournoise en prime), et ses parasites familiaux. 

A l'attaque ! 

Plassans en ligne de mire. Les salons ne sont plus jaunes mais tout aussi remplis. Intrigues au programme, rassemblements sous la tonnelle, oeuvres caritatives et tout le tintoin.

Ses logeurs, Mouret et sa femme, Marthe (une Macquart), des gens "bien comme il faut" sont complètement débordés. La maison est prise d'assaut. Les sentiments s'exacerbent. Les enfants sont négligés. La famille explose. 

Une nouvelle démonstration de force. Rien d'autre que le Pouvoir en marche. Lente ascension, sûre et pérenne.  

Mais évidemment, c'était sans compter sur Murphy et sa célèbre loi, à moins que ce ne soit tout simplement le souffle de la vie qui régulièrement balaie les excréments et les poussières toxiques qui jonchent les seuils.

Bye


jeudi 1 février 2024

Le ventre de Paris, Emile Zola

"Ce gueux de Paris" 

Le ventre de Paris


Si vous croisez la Saget (et il y en a encore des tonnes!), changez de trottoir, ça vaudra mieux ! 

Pareil pour la Lisa.

Bon d'accord, Florent n'a pas été bien fin tout perché qu'il était dans ses étoiles. Mais bon sang de sang, combien de fois l'a-t-on répété : quand on part on ne revient pas. Ne jamais revisiter son passé son ancien quartier, c'est la base. Un gros ventre tout chaud, tout moëlleux, tout crasseux, tout pourri de l'intérieur, porté à bout de bras par des commerçants. La mort rôde à tous les étages

- Tu viens manger Blvd ? 

- J'ai plus faim !

dimanche 14 janvier 2024

La curée, Emile Zola

 

Une belle démonstration !

Mais comment donc ? 
Les enseignements (?) soufflés par Dame Histoire, 
auraient-t-ils ce pouvoir magique 
de ressusciter et de prolonger le passé ? 

La suite risque d'être sévère avec nous autres pauvres poches de sang !   

Pas de solutions en vue, désolé !

jeudi 2 mars 2023

Billy Summers, Stephen King

 


Un récit qui se déroule pré-guerre bactériologique. Et d'emblée ça dénonce : 

"... un monde dans lequel un escroc peut se faire élire..." 

L'histoire du monde ?

Pour la présentation officielle du programme, c'est , avec en prime quelques ressentis.

Sinon, pour compléter,

Ex marine. Ex Irak. Le célèbre meilleur tueur à gage de son temps, Billy Summers, est embauché pour tuer un autre tueur à gage. Mais, de source sûre, celui-là est méchant. 

Qu'on soit bien d'accord. Ce n'est pas Billy le méchant (un petit peu quand même), mais l'autre. 

Encore l'histoire du monde ?

La mise en place est alambiquée (imho), avec du placement de produits (liste disponible sur demande), et de culture. 

Billy se fond dans la masse. 

Travestissements, Monopoly et barbecue en famille sont au programme.

Les voisins sont sympas et vigilent avec zèle. 

Les collègues font de leur mieux. Ambiance boulot boulot. 

Des questionnements sur le pourquoi du comment de la vie.

Trahisons, confiance, amour, plaisir, cavales, cavalcades et cascades.

Un texte pour les ceux qui ont des envies d'écriture, de grands espaces, de lumière.

Un texte sur les traces... qu'on laisse et qu'on efface... et puis, au final, qui réapparaissent.

Un texte où les consignes sont répétées sans relâche. Au cas où.

Thérèse Raquin et Robert Stone sont propulsés.

Pour la bande son, on pioche dans les souvenirs d'enfance.

à méditer : "inutile de s'inquiéter pour une chose qu'on ne peut pas contrôler"   

à sur-méditer 


Bye

mardi 28 février 2023

La parade des imbéciles, Davis Grubb

- Il te reste quelques bâtons d'encens Blvd ? 
- Pourquoi, t'as des roues à voiler ? 
- Non ! Des portes à enfoncer. 

Un trio d'hommes, tout droit sorti de l'enfer prison, file à un train d'enfer vers Stonecoal. Exit Glory. Enfin presque. Mattie, Lee et Johnny (Jésus), n'ont pas fini d'en découdre avec cette ville qui les a retenus fermement, mais aussi tendrement, avec son ragoût, ses petits travaux des champs, et son logis avec vue imprenable. 

A leur plus grande surprise et le moral dans les chaussettes, ils reviennent à Glory, comme aimantés, malgré les mises en garde du garde-chiourme en chef, Doc Council.

On parle d'argent, beaucoup, de dépression, d'amour, un peu, d'hommes et de femmes épuisés par l'injustice, la mort (?) et la misère. Oui, la misère épuise les corps, c'est ainsi. Et tout ce qu'ils contiennent aussi. C'est ainsi. Seule la dignité, en s'agrippant désespérément aux chairs, semble pouvoir apporter un semblant d'espoir.    

Un texte puissant, gras, poisseux, lumineux. 

Rien à ajouter. Si ce n'est que la bobine tirée de ce texte dans les années 70, ne transmet pas véritablement le fond de sa pensée. Imho.

 

 


samedi 31 décembre 2022

Les cages flottantes, Gaston Leroux

- 3214 ?
- Présent ! 
- 3215 ?
- Présent  !
- 3216 ?
- ...
- 3216 !!! C'est-y pour aujourd'hui ou c'est-y pour demain ?
- C'est pour quand Chéri-Bibi voudra !



"Ni anarchiste, ni collectiviste !". 

C'est le 3216 qui le dit.

Une galère est en direction de Cayenne. Son patron, le commandant Barrachon et son second, De Violène,font de leur mieux pour que le voyage se déroule bien. Chants marins, coquins et vilains au programme. Mais la révolte enfle pour les hommes en cages. Et ceux-là ne sont pas des enfants de choeurs. Loin de là.   

A ce stade, tout ce que l'on sait, c'est que Chéri-bibi est le meneur. L'homme est accusé d'avoir découpé en dix-sept morceaux une petite bonne (entre autres). 

La bonne blague oui ! 

Enfin, depuis qu'il est né, Jean, l'apprenti boucher de Dieppe, accumule les problèmes. Sa frangine Jacqueline a bien essayé de sauver son âme, mais sans résultat. On lui doit quand même le blaze de Chéri-Bibi. Ce n'est pas rien.

De méprise en quiproquo, le texte nous invite à réfléchir sur des thèmes aussi variés qu'actuels. La vengeance, l'identité, la souffrance, la violence, l'amour, la fatalité, la mort, la trahison, les gentils-méchants (et inversement), la non-peine de mort... et ses conséquences... Les sujets sont bateaux. Mais la manière y est.

La poésie transpire à grosses gouttes. Le Rolla de Musset est déclamé à pleins poumons. 

On organise une tombola. Une rançon est demandée. Les socialistes sont égratignés. Les femmes sont défendues dans leurs droits. 

En vain.

On soupçonne la mise en scène d'un premier cas de GHB.

Une petite soeur des pauvres est prise la main dans le sac. Mais, à sa décharge, cela fait suite à une autre affaire de main dans le sac. Un Comte ou un Baron. Qu'importe !  Pauvre soeur sainte Marie des Anges !

On croise un flic à la Javert, l'inspecteur de la sûreté Costaud. Des types peu fréquentables, également. Une louve rassemble ses petits, une ficelle qui donne du fil à tordre, un médecin en avance sur son temps, une gueule de bois, une boule de gomme, des gens de la "haute" obligés de se mettre à genoux.

De l'action, des rebondissements, en veux-tu en voilà. Une énigme à la chambre jaune pour agrémenter. Des voyages exotiques.

Appel à témoin : la personne qui a vu l'homme au chapeau gris est priée de se manifester auprès de la maréchaussée de Dieppe Rédac'.

FATALITAS ! 

Son dossier clos

dimanche 11 décembre 2022

Of course, Franz Bartelt, Editions de l'arbre vengeur

 

Of course, Franz Bartelt


La mise en bouche se déguste . Pas d'hésitation possible.

Le texte est court, calibré à souhait. Les personnages recrutés sont hauts en couleur. Un rien joueurs facétieux. Le biographe surtout. 

La maréchaussée réquisitionnée est dirigée aux ronflements du patron qui bat régulièrement la campagne.

On suit le cheminement d'un enquêteur amateur qui bat, lui, le béton et la campagne aussi. 

On rencontre une mère éplorée, et une autre apeurée.

Les fils sont toujours aimants. 

Les bistrots ont de beaux jours.

Les amateurs de jeux de société sont servis.

Humour, cynisme et ironie. La peinture joyeuse d'une société qui ne l'est pas moins. 
   


jeudi 8 décembre 2022

Condé, Jérémy Bouquin, Noire Soeur, Ska Editions

 


Dans cette novella, le passeur nous présente Damien, dit Condé, enquêteur de son état, qui malgré la connerie le carnage ambiant, arrive à maintenir sa réputation de bon flic.

Ses cavalcades dans les tranchées et sur les talus, à la recherche du déserteur, l’ont défiguré et broyé à vie. Refait de bric et de broc, il inspire à la fois crainte, compassion et pour les plus fragiles, nausée.

Son cerveau affûté à la meule, et ses mâchoires huilées à la graisse de poulet, il résout, aux quatre coins de la France, des affaires de la plus haute importance pour la sécurité du bidasse, du chef d’entreprise, de l’Etat et du citoyen en général.

Condé a de l’audace, est coriace, efficace, peu loquace, perspicace, pugnace, tenace, vorace et, pour résumer, fait toujours le job qu’on lui demande. Ni plus ni moins. Même si on sent bien que parfois il y a de la gêne. Une satisfaction pour ses supérieurs.

Le passeur nous rapporte humblement (imho) quatre de ses enquêtes. Juteuses à souhait.

Des faits circonstanciés, des rencontres provoquées, des personnages patiemment croqués. Une sacrée bonne ambiance tout de même.

A surveiller de très près.

jeudi 1 décembre 2022

Pour tout bagage, Patrick Pécherot, La Noire, Gallimard

 Des remords en pagaille


 

Un meurtre a été commis sur la personne d'Edmond Vuillat. Une boulette apparemment. Mais va savoir... Avec ce fichu Destin.

"Une fois pour toute, j'ai décidé de m'en foutre"

Plongée dans le passé du narrateur... 
qui n'est pas le passeur. 
Qu'on se le dise. 

Après bien des années d'enfouissement, un album de photographies d'époque est feuilleté. Toutes craquelées par la gerçure des ans. Des souvenirs surgissent à la volée. Aux quatre coins des pages. Commentaires à l'appui.

On remonte le temps. Années 60/70. Jeunesse, musique, cinéma, roman noir. Joe Hill, les Wobbies, Kerouac, Ferlinghetti, Léo, Bob sont cités... Charles d'Avray, et Romain Bouteille sont également dans l'album. 

On s'embourgeoise s'encanaille en fumant des gauloises, des P4 et des Boyard maïs. 

On roule en Ciao (confirmation de l'embourgeoisement encanaillement), on cacochyme, on chante à tue-tête des chants de révolte.

Des photos d'Espagne sont jetées en vrac sur la table. Un peu floues, certes, because la fumée en haut des buttes. Du brouillard sûrement. 

Et puis finalement, on convoque à la barre, Antoine, Paul, Yvon, Arthur, Sylvia, Edouard, titi, Chloé, Yvon, Cropette et bien d'autres. On nous fait savoir qu'un texte circule, du genre alerteur. Des angoisses sont jetées à la gorge des loups. Culpabilité en surchauffe.   

Un message sur l'illusion pas si comique, et ses désillusions. Les actes manqués réussis. 
Une tentative d'explication du pourquoi du comment, du qu'on en est arrivé là. 

La Direction redoute, malgré l'enthousiasme débordant de ce texte, la venue probable d'un cafard monstrueux dans ses locaux. 

Il va falloir maintenant éplucher tous les dossiers passés. Exhumer, classer, biffer, oublier, grossir le trait, minimiser, botter en touche lorsque nécessaire.

Heureusement que décembre est là, avec son lot de promesses et de souhaits que l'on commence à méditer, murmurer et mâchonner avant le grand lâcher de ballons de la fin d'année. 

On ne le dira jamais assez : les petites guerres de la vie se suivent et se ressemblent et mieux vaut ne jamais regarder derrière (tant qu'on le peut bien sûr!), mais 

"s'il faut commencer par les coups de pieds au c.. " 

Basta !

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...