mardi 14 février 2017

Les enfants du Cap, Michèle Rowe

Persy est une jeune fliquette issue de la majorité historique devenue minorité majoritaire du moment, après être passée par divers stades imposés par des minorités migrantes importées. Un sujet complexe qui, malgré les efforts qui ont été fournis ces derniers temps pour régulariser la situation, a du mal à se stabiliser.  
Donc, la demoiselle fait son boulot honnêtement. Elle vit chez l'habitant familial, ressasse inlassablement des souvenirs opaques de son enfance et aimerait bien prendre l'ascenseur social de 8 heures treize. Malheureusement pour elle (?) Persy est une femme. Et sur ce point, rien de négociable.  On aurait pu croire à un moment que les choses pouvaient changer, juste une fois, lorsqu'un homme est retrouvé mort sur une des plages du Cap. Et tout le monde se met à y croire (y compris la Direction). La chance de sa vie. Mais non, c'est un de ses collègues qui prend la main. Et l'enquête pédale allègrement dans la vase. Rapidement on se rend compte que la progression va être poussive et que l'assassin (e) n'est pas près d'être retrouvé. Et la forcément on pense aux impôts, aux trous diverzévariés. Un grand moment de solitude s'installe...

- Tu vas pas annuler ton voyage au dernier moment, bl∆d ? 
- Ah oui ? et pourquoi pas !
- Parce que ça ne se fait pas !

Dès l'atterrissage la vie du coin est décrite et décortiquée sous tous ses angles, enfin côtés qui piquent. On marche à pas feutrés dans les bidonvilles du Cap. On apprend les rudiments de la langue de la région. Des histoires glauques et nauséeuses sont rapportées. Un pays où les hommes n'hésitent pas à frapper leurs femmes et ensuite, picoler. Ou l'inverse... Et qui n'hésitent pas à exclure, insulter et rabaisser... Heureusement les femmes se serrent les coudes... 
Tout n'est bien sûr que malentendus pour nous zôt poches de sang. S'emmêlé(e)s depuis la nuit des temps. Quelle idée de vouloir sauver les crapauds léopards et s'obstiner à enfouir au plus profond des puits les âmes qui remontent sans répit à la surface du sol pour étancher les soifs. 
Un dossier pour la les bonnes causes. On se lave les mains régulièrement. On trahit en interne. On nostalgie. On ravale ses sanglots, on fait de la promo familiale (un peu trop ?...) On référence Djuna Barnès, Rimbaud, Kojak, Colombo, Chester Himes, James Mc Clure et l'inspecteur Zondo.
Les thèmes en vrac : des combats de chiens, des projets immobiliers, du tourisme, des courses poursuites, de l'engagement écologique, idéologique, des gens qui embêtent les enfants, des gens qui prennent des substances illégales, des gens qui manipulent, des gens qui se rabibochent, des mères, des fils, des pères (absents la plupart du temps), des grand-pères, des gens qui... 
La multitude de dossiers ouverts fait tourner la tête. Pas assez de mémoire vive sûrement.
Bienvenue sur la planète Terre.

PMTDT   
 

vendredi 20 janvier 2017

Réglez-lui son compte, Kill Him, San Antonio

- C'est le pilote ? 
- La genèse !
  
A sa naissance, le commissaire San Antonio accuse joyeusement les trente-huit ans. Il a fait, dans une autre vie, ses débuts à L.A. dans une police privée. On n'en saura pas plus.
Pour l'heure,  il vit encore chez sa maman, Félicie, à Neuilly. La dame est aux petits soins et il le lui rend bien.
Son arme : 7,65 crosse en nacre
Fringues : chapeau, costard bleu roi, chemise ciel et cravate jaune pâle.

Cette première enquête ultra-confidentielle est transmise sous le manteau du côté de Lyon en provenance des Amériques.

Un Paris (via Orly) / Marseille en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire.

Un cadavre, que l'on suppose mijoter depuis quelques semaines sous le bitume d'une des rues les plus fréquentées de Marseille, vient d'être exhumé. Un banal fait divers qui prend des allures d'affaire d'espionnage. Il faut dire que tout le monde est sur les dents. On vient de sonner récemment la fin de la guerre (the second). Et les esprits sont encore chauds. Les perdants veulent se refaire.
Les services de l'ordre de la région se tiennent en alerte. San Antonio fait son show.  Seul. C'est le petit plus mais ça lui procure quand même quelques désagrément. Heureusement, pour détendre l'atmosphère on visite et on jouit de la ville, de jour comme de nuit : la corniche, la Canebière, le Pastisse, la bouillabaisse et tout le folklore. On drague dans les bars de nuits.
On castagne dur et on chasse à l'homme.
Les coup de foudre sont bien portés.
Les sauts de l'ange sont parfaits.
On étouffe, on suffoque, on claustrophobe. On brutalite. On s'évasionne. On tue. L'amour est présent à chaque coin de chambre. Le silence des témoins est pesant. Les bombes sont à retardement.
On échange les identités.

Un vrai sprint, à dire vrai.

Et puis,

On roule en 402, on achète à tempérament.
On communique par colombes interposées
Inutile de préciser que le téléphone était cloué au sol.
On sirote du cognac et de l'Armagnac en quantité suffisante.
On fume des Gitanes en quantité raisonnable.

Sana fait l'appât. Les voyous sont tenaces. Les demoiselles dans le cockpit sont vêtues légers mais classe : petite robe, nuisette, froufrou et satin.
Pour les plaisirs sociaux : médaillon de bécasse, gratin de langouste, chevreuil en civet, Pommard 1928, fine Napoléon et cigare brésilien.

Quelques références surprenantes (Claude Farrère, Max du Veuzit et le magazine Oh (là là ?))

Un dossier intéressant. Quelques écarts de langage à déplorer. Le divertissement est assuré.

samedi 14 janvier 2017

Todo modo, Leonardo Sciascia

Todo modo, Leonardo Sciascia

Un peintre, qui a son "petit succès" dans la région, auteur de polar à ses heures, fait une petite pause sociale dans le milieu de sa vie. Un besoin urgent de décompresser. Ni une ni deux, il prend sa voiture et s'en va errer dans la campagne italienne, au gré de ses envies et de son humeur. Un jour, c'est l'été, au détour d'un chemin...

Il avoiturit chez  Don Gaetano, un prêtre d'une érudition exemplaire, chef supérieur de l'ermitage de Zafer et accessoirement, patron de l'hôtel attenant. Le lieu est imprégné de religiosité. Don Gaetano est un homme inquiétant (c'est ce qui se dit en 4è de couv'). Etonnant serait plutôt le terme exact. En ressenti bien sûr !. L'hôtel ne l'est pas moins. Et l'ermitage encore moins. Le cocktail est parfait pour faire une petite halte. D'autant que le lendemain on apprend que c'est "fiesta" au château :  le séminaire annuel d'exercices spirituels à usage des grands de la région. Tout le monde (ou presque) est attendu. Ministres et laquais du Gouvernement, de l'Eglise et de l'Administration. Bref, le grand weekend d'intégration des dirigementors. Une sorte d'otium en temps raccourci.
Le spectacle vaut le détour. Prières, incantations, danses, réflexions. Cellules de méditation à disposition et plus, si besoin. Rien ne manque. Les repas sont pris en commun. La pintade farcie fait l'unanimité dans l'assemblée.
Le programme est dispensé en latin.
On contingente
On mystère
On varie les thèmes abordés,
On cite pelle-mêle Boccace (et son buttafuoco), Andreuccio de Pérouse, Saint Augustin, Manetti, Giordano Bruno, Francisco Ferrer, Nicolo Barabino, Guttuso, Gide  et bien d'autres.
Le diable (à ce qui se dit) porte des lunettes
On lit Linus (de Charles-Antoine peut-être ?)
On parle peu mais bien (?)
Et puis finalement chez ces gens-là ...
On tue !

Et on ne fait pas semblant. Un convive, puis deux, et finalement un troisième au finish.

Le juge dépêché pour l'occasion, accompagné d'un commissaire en presque retraite, mène l'enquête à sa manière. Tout dans le mobile. Et là, forcément, ça bouge au moindre souffle.

Ce conte-polar (?) est une invitation au vagabondage de l'esprit, et à la mise sur orbite de toutes pensées collantes et/ou stériles qui ne savent que faire dans nos cellules.

On ne nous dit pas si le dispenseur du dossier a chaussé ses lunettes de compét', mais en tout cas sa technique de transmission est parfaitement au point (imho).      

Pour la méditation du soir, la Direction propose une petite phrase accompagnée d'une tisane :

"... la survivance à travers les siècles, c'est plus aux mauvais qu'aux bons qu'on le doit et c'est derrière l'image de l'imperfection que vit l'image de la perfection".  

Si au bout d'une heure le sommeil ne s'est pas invité, tentez sans forcer un salamba sarvangasana. 
Si à  4 heures du mat' le cerveau circule encore, un bon café fera l'affaire pour démarrer la journée.

Ciao

samedi 31 décembre 2016

Classement général à l'issue de l'étape 2016


Classement de l'étape 2016 :

Dossiers lus :

1 - James Crumley - Fausse piste
2 - Jon Basoff - Corrosion, Jon Basoff
3 - George Simenon - L'homme qui regardait passer les trains
4 - Carlo Lucarelli - Enquête interdite
5 - Douglas Kennedy - Cul-de-sac
6 - Frédéric Dard - L'accident
7 - Patrick Pécherot - Une plaie ouverte
8 - Edward Abbey - Seuls sont les indomptés
9 - Pierre Véry - Les disparus de Saint-Agil

Dossiers clos :

1 - L'affaire Sam Spade
2 - L'affaire Martin Beck
3 - L'affaire Kurt Wallander


Classement général :

01 - Edward Abbey - Le feu sur la montagne
02 - Michael Cimino - Big Jane
03 - Charles Williams - Fantasia chez les ploucs
04 - Jean Vautrin - Billy the Kick
05 - Jim Thompson - 1275 âmes
06 - San Antonio - Béru et ces dames
07 - Harry Crews - Body
08 - Giorgio Scerbanenco - Les enfants du massacre
09 - Chester Himes - Retour en Afrique
10 - Alphonse Boudard - Bleu bite
11 - James Sallis - Le Frelon noir
12 - David Goodis - Vendredi 13
13 - Albert Simonin - Touchez pas au grisbi
14 - Ernesto Mallo - Un voyou argentin
15 - Daniel Pennac - La fée carabine
16 - Pierre Siniac - Femmes Blafardes
17 - James Crumley - Fausse piste
18 - Thierry Jonquet - La belle et la bête
19 - Léo Malet - 120, rue de la gare
20 - Arsène Lupin - L'évasion d'Arsène Lupin
21 - Auguste le Breton - Du rififi à Paname
22 - Frédéric Dard - Initiation au meurtre
23 - Jon Basoff - Corrosion, Jon Basoff
24 - Carlo Lucarelli Enquête interdite
25 - Raul Argemi - Patagonia Tchou Tchou


Rappel du classement de l' étape 2015 :

1 - Vendredi 13, David Goodis
2 - Les orpailleurs, Thierry Jonquet
3 - Initiation au meurtre, Frédéric Dard

samedi 24 décembre 2016

Dossier clos : l'affaire Kossmeyer (Jim Thompson)

BIBLIOGRAPHIE de KOSSMEYER
Personnage créé en 1952 par Jim Thompson – Américain – (1906-1977)


Kossmeyer dit « Kossy » est un personnage récurent de second plan dans les romans de Jim Thompson. 
C'est un grand avocat d'assises de l'Oklahoma, et peut-être même de toute l'Amérique. Les journalistes le surnomment « le caustique Kossmeyer ». 

Kossy est un gringalet : un mètre cinquante-cinq à peine et cinquante kilos (habillé vêtements mouillés). 
Petits yeux noirs, nez crochu dans un visage mou et veule. Il est affligé d'un tic nerveux qu'il a depuis son enfance. 
Kossy possède une faible voix de crécelle avec parfois des éclats de tonnerre.
Ce petit bonhomme insignifiant, provoque l'hilarité et inspire même la pitié. Il est marié depuis une vingtaine d'année à Rosa, qu'il méprise. 

Dans son rôle d'avocat il est plutôt bon.  En un clin d’œil, il se transforme en une hideuse caricature de l'autre, et singe toutes ses expressions, faisant rire tout le monde. 

Orfèvre en la matière il sait mieux que quiconque démêler le vrai du faux. Il arriverait même à convaincre un chat d'aboyer, si l'envie l'en prenait. 


« Tout ce que je demande à mes clients, c'est de me payer un maximum dans la limite de leurs moyens. Je fais toujours le maximum. Je n'ai jamais qu'une seule opinion, une conviction. Je n'ai pas de clients coupables. A ma connaissance, ils sont toujours innocents. D'ailleurs mes clients sont rarement condamnés. Il n'y a qu'une chose au monde dont on ne se remette jamais, c'est la mort. Tout le reste finit par s'arranger ».

Les dossiers en question :
Premières éditions :
1 – Deuil dans le coton, 1970              Cropper's Cabin, 1952 
Trad. Noël Chassériau                          Lion Books, n° 108 novembre 1952, 
Gallimard (Série noire n°1319)           New York
2 – Le criminel, 1981                            The Criminal, 1953
Trad. Jean-Paul Gratias                      Lion Books, n°184 décembre 1953, 
Fayard (Fayard noir n°8)                    New York
3 – Un chouette petit lot, 1968         A Swell-Looking Babe, 1954
Trad. Nelly Shklar                               Lion Books, n°212 juin 1954, 
Gallimard (Série noire n°1199)           New York
4 – Hallali, 1981                                   The Kill-Off, 1957
Trad. Jean-Paul Gratias                     Lion Library, n°142 janvier 1957, 
Fayard (Fayard noir n°18)                 New York
Une contrib' de Dan
Décembre 2016

samedi 26 novembre 2016

Dossier clos : l'affaire Mark Girland



BIBLIOGRAPHIE de Mark GIRLAND

Personnage créé en 1965 par James Hadley CHASE pseud. de René Brabazon RAYMOND
Anglais – (1906-1985)

Mark Girland est le fruit d'une union franco-américaine. Il grandit (plus que) convenablement dans le sud des États-Unis où son père assure la fonction de juge. Las de cette vie dorée, Mark déménage à Paris, la patrie de sa mère, et essaye de gagner sa vie comme écrivain, mais « sans succès ». Il est approché par un homme nommé Rossland, et se laisse convaincre de travailler pour les services de renseignements américain.
Girland est un athlète au visage carré, et pommettes saillantes. Ses yeux verts et froids révèlent une volonté implacable. Beau et sexy, il charme la gente féminine. C'est un amant attentif et délicat et toutes tombent amoureuses de lui. Malheureusement pour elles, les liaisons durables ne font pas parties de son programme. Il aime l'argent et en veut toujours plus. Pour cela, n'importe quelle mission est bonne à prendre. Il ne travaille que pour lui.
Ses missions se passent en Afrique, à Paris, à Londres et derrière le rideau de fer. Nous sommes en pleine guerre froide.

Les dossiers en question :

(Première publication pour tous les livres)

1 – Officiel !, 1965*                                           This Is For Real, 1965
Trad. André Bellac                                             Robert Hale, Limited (Londres)
Gallimard (Série noire « Espionnage » n°918)

2 – La blonde de Pékin, 1966 (1)                       You Have Yourself a Deal, 1966 (1)
Trad. Jean-François Gravrand                             Robert Hale, Limited (Londres)
Librairie Plon

3 – C'est ma tournée, 1967                                 Have This One On Me, 1967
Trad. Janine Hérisson                                          Robert Hale, Limited (Londres)
Gallimard (Poche noire n°7)

4 – Une bouffée d'or pur, 1968* (1)                   The Whiff of Money, 1969 (1)
Trad. France Marie Watkins                               Robert Hale, Limited (Londres)
Gallimard (Poche noire n°61)

 * Avec le personnage d'Herman Radnitz
(1) L'édition originale est la traduction française publiée avant l'édition anglaise.

Une contrib' de Dan
Novembre 2016

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...