lundi 13 décembre 2021

Solak, Caroline Hinault

- L'année dans le pergélisol va être longue blʌd ! 
- Pour tout le monde tu crois ?

 

Une petite base militaire perdue dans le Cercle Arctique. 

Levée des couleurs. Tout le monde au garde à vous. L'équipe qui reçoit à domicile est restreinte. On compte deux militaires (Roq l'avant-centre et Piotr le sage coach/capitaine) à l'avant et un grizzly (le rempart ?) à l'arrière. Exit le gardien de but.  

Aujourd'hui, c'est le grand jour : ravitaillement annuel.  

Phase 1 - l'hélidescente 

Un gosse qui vient de finir ses classes en métropole, arrive avec des caisses emplies de vivres et d'alcool. Les habitants de la base sont déjà ivres de joie. Ils vont pouvoir continuer les parties de belote.  

Phase 2 - l'hélitreuillage 

Un grand caisson (du sapin peut-être) quitte la base.

Phase 3 - l'exfiltration de l'hélico vers des contrées moins hostiles.

Phase 4 - Tous aux abris !!!   


L'accueil qui est fait au nouvel arrivant est plutôt froid. On tolère à peine sa présence. Bizutage ? Pas sûr. En tout cas son installation dans ce petit cocon de chaleur, d'amour et d'amitié ne va pas se faire sans heurts.

Au programme des festivités : initiation aux balades en rase-glace et enseignement de toutes les combines possibles pour survivre dans ce milieu hostile. 

Un monde d'hommes la représentation d'un monde d'hommes.
Les raquettes et les patins sont remisés.
Pas de chemin des douaniers, c'est au p'tit bonheur... 
Le fusil est à l'épaule au cas où.
Les luttes sont acharnées. 
Les méfaits de l'alcool sont abordés.
Les dénonciations sont réglementaires : la guerre, le pouvoir, la haine, l'argent, l'Homme méchant, etc.
La famille est ballotée.
Réchauffement à la hâte des corps gelés.
Tacle dans les 22 18 mètres.

Pour sûr, le texte ne va pas favoriser les recrutements futurs.

On a quand même été bien reçu. Le texte est court. Bien rythmé. La vodka a coulé à flots et le soir à la veillée on a fait de la découpe et du collage. 

Voilà !

Le jour des voeux est proche : on espère la venue d'un toubib lors du prochain ravitaillement.  

PMTDT 


samedi 11 décembre 2021

Sarah Jane, James Sallis

- T'as fait ta valise Blvd ?
- Pourquoi on part en voyage ?


Un père chasseur et une mère fugueuse. 

Sarah "mignonne" fait comme tous les gosses. Elle attend patiemment son tour. jusqu'au jour où elle décide de prendre le pullman l'autocar pour faire la route. Pour faire sa route. Celle qui fait de la vie un chaos. 

Sarah part en voyage 

Pas fainéante, elle enfile les boulots comme des boulets autour de son cou. L'uniforme, en général, lui sied à merveille. Cuistot, boulanger, militaire, flic... Elle est instable à tout point de vue (exit Gregory, Yves, Ran), mais finalement, à son retour de campagne, Sarah fait une halte à Farr (Pennsylvanie ?), épuisée, il semblerait. 

Elle est reprise en main par Cal, le shérif du coin. Après...

Un texte d'une extrême noirceur. Les sens sont à fleur de peau. Les ravages de l'alcool, de la guerre et de la vie en général. Les petits riens qui font tout. Qui grossissent à vue d'oeil, mais que personne ne voit. 

On ne sait pas si les Grands vont pouvoir sauver Noël, mais on dirait bien que pour certains, le traineau s'est brisé en plein vol.    

Toujours un réel plaisir de lire ce passeur, même si un goût de reviens (z) y s'est collé dans la rétine. La trilogie Turner a déjà fait le plus gros du travail (imho).

La mise en bouche du préfacier est juste. 

A classer à portée de main.


  

 

vendredi 10 décembre 2021

Noir Diamant, Jean-Hugues Oppel

 

- Nangadef ?
- Mangui fii rekk !


Lucy revient de loin. Très loin en vérité. Certains pourraient dirent même que la jeune femme vient de vivre l'expérience la plus folle qui soit : une EMI.

Et Pendant ce temps-là, 

Dominique Perrignon fait le pet en Lybie,

Potus est charrié par les copains,
Chelsea fait dans l'humanitaire,
Jonathan remise sa panoplie,
Knight jure entre ses dents,
Et Chad est dans ses petits souliers.

C'est pas clair mais c'est comme ça. 

On nage en plein dans les conflits géopolitiques. Et ce n'est pas pour déplaire à la Direction. D'autant que le rapporteur, diffuse, de ci de là, avec malice, des remarques et réflexions qui embrasent les neurones. Quelques menues enquêtes sont au programme. Rien de bien excitant, juste pour se remettre en selle et garder la main.

Toujours une narration à la tonalité déroutante et envoûtante. Le chef de service met un point d'honneur à soigner son rendu. Le rapport administratif est circonstancié, et très factuel. Chemises, trombones et agrafeuses, virevoltent dans le bureau du dirlo. La précision est chirurgicale. Lucy se réinvente une respiration. 

Peut-être une inspiration profonde avant le Grand Saut ?

La Direction attend la suite.     

jeudi 9 décembre 2021

Les enfants de la Meute, Jérémy Bouquin


- Un abattoir en pleine forêt ? Non, j'vois pas ! 

Le Jura, dans les hauteurs. 

Karl et Garry sont sur le chemin du retour. Une fratrie tout ce qu'il y a de plus classique. Des retrouvailles, non moins.

Enfin presque.

Retour aux sources. Un passage de témoin en règle. Une balade en forêt salutaire. La nature est belle. Les petits oiseaux piaillent, les ours grognent et les loups rôdent...

Les colis sont encombrants mais respectueux de l'environnement. La décroissance dans sa version radicale.

On boit de l'alcool d'épines du Jura. On fait un saut dans le passé des uns et des autres. On verse une petite larme pour le drame. Les armes sont bien entretenues. La parole est libérée. Les femmes sont à la manoeuvre, les corporations à l'honneur, la transmission des savoirs en pointillé, et les divergences  sont mises sur la table.

On regrette néanmoins, la non-présentation d'un vin jaune ou d'un vin de paille, et le coq n'a pas chanté une seule fois, malgré les reniements. 

Question réception, il faudra revoir son "Gandouin"

Une écriture vive. Une urgence dans le ton. L'effet béton, assurément ! L'apnée du natif de la banlieue. Un phénomène toujours peu étudié mais hautement captif. Un roman noir.

A suivre. 




mercredi 8 décembre 2021

L'âme du fusil, Chantal Pelletier

Lettre à Pierre


Le rapporteur est un chasseur. Sans emploi, la cinquantaine (?), chef de famille, dégradé, un grain de beauté (?), et deux fils. 

Nel mezzo del camin' (etc.), on aimerait bien vider son sac.  Mais fatalement, les ceux qui pourraient écouter, sont les ceux-là mêmes qui sont pas aptes... sur le papier. Alors faut en trouver d'autres.

Pierre est au bout de la chaîne. C'est lui qui doit s'y coller... et nous par la même occasion.

La défaite est au coin de chaque mot. De chaque pensée. Une aigreur dans l'estomac. Des remontées d'acidité dans les narines.

Il y est question d'adultère, de vengeance de l'engeance, des amis. Avec en prime, une vision certaine vision de la masculinité.

A noter que le Voisinage est à l'honneur. Un sujet peu abordé, et qui pourtant, parle à tous. 

PMTDT

P.S. La Direction assure à l'auteur.e.trice tout son soutien et son respect quant travail effectué.



mercredi 10 novembre 2021

Un flic bien trop honnête, Franz Bartelt

"Ce crime barbare ne restera pas impuni"

- Voilà enfin un sujet léger ! 
- C'est un point de vue. 




Voilà qui donne le ton. Et pas la peine d'en faire des tonnes. Il y a déjà suffisamment de victimes dans l'affaire. À commencer par l'inspecteur Wilfried Gamelle, au plus bas dans les sondages (mais très soutenu par sa hiérarchie) . 
 
Un tueur sévit en série dans la cité. Gamelle et Bourrin sont aux commandes. Valentin (le chef de poste) ne peut que compter les points. Le sang froid est de mise.  

Un texte (imho) sur la grandeur, la décadence, la puissance et la vulnérabilité de l'homosapiens, le dévouement sans conditions, les décisions irrévocables, la vie commune, les dysfonctionnements de tous ordres, les anomalies bénignes, les différences de point de vue, les vies malmenées au gré des pulsions et les enquêtes menées à mal malmenées. . Et bien d'autres sujets encore.

C'est court, percutant. On sent une petite pointe d'ironie dans le regard du passeur, peut-être même du sarcasme (? à confirmer), du grincement de dents, du... 

À classer à portée de main.

mardi 9 novembre 2021

Tempête Yonna, Cyril Herry

Quand les citoyens citoyennent ! 


À Braconne, ça ne plaisante pas. 
Yonna, la tempête (qu'on se le dise), a fait du grabuge. 
Pas de quoi alerter la compagnie des délateurs, mais assez d'emm..des pour faire devenir chèvres, les résidents.

Peu de monde,  beaucoup de problèmes.

PMTDT

La parole est à la défense





lundi 8 novembre 2021

Deacon King Kong, James McBride


 

New York.

Cuffy Jasper Lambkin, alias Sportcoat, diacre de la paroisse des Cause Houses, vient de faire péter un fusible à Deems, le petit caïd de la cité. Un arrêt de mort vient d'être prononcé...

Un humour pressé à froid. Une ribambelle de portraits, tous aussi juteux que pathétiques.

On parle de Dieu 
On écoute Tampa Red,
On boit un tord-boyau maison,
L'enquête est diligentée par Potts,
Et l'accompagnement est assuré par Miss Gee

Pour le reste : 

À vot' bon coeur, M'sieur Dame !


dimanche 7 novembre 2021

Les âmes noires de Saint-Malo, Hugo Buan

 - Il y a du piston dans l'air.



On est à Saint-Malo. 
Le Corps sert l'Empire à venir. 
Sous Sur les pavés du sang. 
S.ur.ous les draps, des poches de sang. 
Et sous les poches... des punaises !

La première enquête du Commissaire Darcourt (c'est une couverture), anciennement dénommé Louis Hervelin, démarre sur les chapeaux de roue. Il est assisté de l'inspecteur Joseph, son fidèle écuyer.

La bourgeoisie traîne les pieds... et regarde le pavé avec intérêt. 

                                           "Y a comme qui dirait, du projectile dans l'air !

Tous les ingrédients de base du roman policier sont là.
Les meurtres autorisés et "non-no" (la base), la police, une disparue (la Justine), flair et intuition, des retrouvailles, de la traitraille, de la révolutionaille, de la misaille cochonaille, de la semaille, de la baisaille, de la mouscaille et ... de la canaille.  

Au menu : écrasé de pommes de terre sur son lit baratté. 
Des cascades :  un saut de fenêtre (notamment). 
Tous les jours, sans exception sont en di.
Les mères sont accueillantes et les garçons de bonne volonté.
Un peu d'histoire de France.

Une lecture plaisante, 
La documentation est fournie,


PMTDT

R à V, Chemins de traverses : idée générale de la Révolution, par P.J. Proudhon 



samedi 6 novembre 2021

La mère noire, Pouy/Villard

- Encore une zone à défendre ?
- Ca se pourrait bien !


Mise à part, la température de la bière et le niveau du compte bancaire, la Famille reste le témoin toute catégorie du positionnement de l'humain dans la société. 

Cela étant dit, pas de compromis : soit c'est On, soit c'est Off  
Et Cloclo en fait l'amère expérience. Son père idem. Et Véro pas mieux. 

Un embryon de famille qui navigue dans la tourmente et s'oriente au doigt mouillé. Cette technique pose quelques problèmes d'interprétation, d'autant que le vent, par les temps qui courent, est tellement brassé par les éoliennes, qu'il en vient de tout partout. 

 Dit étant cela, 

Les caractères sont bien trempés. Les noyaux sont en instance de fission. Les poules sont bien nourries, le coq assure et le chef de gare agite désespérément son drapeau à damier. 

On apprécie la lenteur retrouvée des transports de bétail. 
On pourrait penser que vivre dans une caravane, ça le fait... mais finalement non ! 
Entre vouloir et pouvoir, il y a se mouvoir.
Entre couloir et mouroir, il n'y a pas d'espoir, 
ou si peu...

Il semble, mais à confirmer tout de même, que pour les passeurs, les zad(s?) (non nommées présentement) sont protéiformes. 

La Direction envisage de déposer une déclaration de mise en Zad de ses locaux auprès de la Préfecture. Mais les agréments étant délivrés à discrétion, elle hésite quand même. Vu la paperasse à remplir.

Une lecture rapide, sans précipitation. Juste une inversion de chapitres au démarrage. Lu Véro avant la Mère absente . Mais pas de désagréments.  


lundi 3 mai 2021

Les jardins d'Eden, Pierre Pelot

- Des gens sous les radars de la société. 

- Ah bon ! Encore des qui veulent pas se faire... vacciner ?

- Non, moins grave quand même !

"Août au loin. Il arrivait toujours un moment où ça devenait trop long, où l'emmerderie menaçait. Ce n'était pourtant pas de l'ennui, pas réellement, c'était comme si les jours s'étiraient trop et n'en finissait pas d'aller toucher le bord du soir, en bout de course".

Donc, on est bien dans une ambiance camping.

Ca va être difficile de parler de ce texte sans divulgÂcher, vu que tout s'embrouille dès le début et qu'à la fin c'est pas mieux. Et qu'au milieu, c'est pire. Du grand art.  

Tu touches plus à rien Blvd, on est sur une scène déprime.

Jip revient de loin. Un gros soucis de santé l'a éloigné de son univers familier et familial. Un léger problème d'inaccoutumance à l'alcool. Mais pas que… Son corps depuis un moment fait un rejet systématique de tout. 

Qu'à cela ne tienne, ressuscité d'entre les malades, on peut dire maintenant que Jip is back. Et cerise sur le gâteau, il joue ce soir à domicile, et en couple. Que du bonheur.

Jip, Jean-Pierre Sand, c'est un journaliste, un peu fouille-crasse, en galère misère, qui se souvient lors de sa résurrection :

1) d'avoir une fille, surnommée Na, qui elle-même, tout récemment, est passée sous les radars (de la société) et par la même occasion a fortuitement disparu. 

2) qu'il y a un sérieux contentieux avec la clique de Charapak et des gens du camping

3) Qu'il y a trop de questions, et que ce serait pas de veine franchement, s'il n'y avait pas la moindre petite réponse.

On réallume la chaudière. Attention décollage. Va y avoir du grabuge au camping

Disparition conséquente et enquête brainstorming. Réouverture de dossiers sensibles, non clos.  

Pas que un problème fère pille. Un truc beaucoup plus profond.

Du lourd.

Haine, comptes à régler avec la communauté.

Des copains toujours là pour enfoncer le clou.

Migraines et vertiges à toute occasion.

Une grosse chute libre.

Une agonisante qui balance.

Des trous du … tout tordus

Des nœud mouillés à dénouer

Un glock tenu à bout de bras

La vie. Enfin pour ce qu'il en reste. 

La plume du passeur est encrée au jus noir des fleurs du camping les jardins d'Eden. Paradoxalement ça donne un effet de ciel aux bleus. La langue glisse sur des petites bulles de mousse aigre-douces, coincées dans le fond de la gorge.

Sûr qu'on en a pour une bonne année à digérer tout ce méli-mélo. 

Une deuxième lecture s'impose avant classement bien au chaud à portée de main.




Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...