vendredi 28 août 2026

Le charretier de la providence, Georges Simenon


Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ?
Une femme est retrouvée morte.
Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance marinier.

On fait la connaissance de la femme du colonel Sir Walter Lampson, retraité de l'armée des Indes, de Willy Marco, un ami, de la Negretti, de Lia, de Suzy, de Vladimir. Une belle équipe.
Tout ce beau monde est confiné sur un yacht. Alors, par dépit (possible), on organise des parties fines. Tout un programme.

Maigret quant à lui, fait du vélo. Il s'est mis dans la tête de rattraper "la Providence".
On se tire la bourre sur le canal.
Pas de pitié pour les lents.

Il y a dans Le Charretier de la Providence cette façon tranquille de raconter l’ordinaire en le laissant déborder, comme si chaque geste, chaque silence, portait en lui un secret que l’auteur refuse de révéler trop vite. On y avance au pas du cheval, dans une France qui n’est jamais tout à fait nommée mais qu’on reconnaît à ses chemins creux, ses villages qui sentent la pierre humide et les vies qui se frottent les unes aux autres sans faire de bruit.

Le charretier, figure presque biblique, n’a rien d’un héros : il transporte, il écoute, il endure. Mais c’est justement dans cette endurance que le roman trouve sa force. On suit cet homme comme on suivrait une vieille charrette branlante : avec une confiance un peu irrationnelle, persuadé que malgré les cahots, elle nous mènera quelque part. Et ce « quelque part » n’est pas une destination, mais une manière de regarder le monde — plus lente, plus attentive, presque obstinée.

Le roman avance comme une conversation qu’on aurait avec soi-même en marchant. Les paysages deviennent des états d’âme, les rencontres des révélations minuscules.

À la fin, on se rend compte que le charretier ne transporte pas seulement des marchandises : il transporte le lecteur, et peut-être aussi une certaine idée de la Providence, discrète, terrienne, sans miracle — juste la conviction que les chemins, même les plus cabossés, mènent quelque part quand on accepte de les suivre.


samedi 15 août 2026

Pietr le letton, Georges Simenon


Un texte traduit du POLCOD

Un homme fait le Pietr dans les lavabos d'un Pullman de l'Etoile du Nord. Une balle de 6 mm dans le buffet, le visage déformé. Maigret, en charge du comité d'accueil Gare du Nord se met sur la piste. Un Paris-Fécamp haletant.

C'est officiel : on recherche Pietr le letton !

C'est la première enquête (imprimée j'entends) du commissaire Maigret, première brigade mobile. Il a quarante-cinq ans. 

Le terrain de jeu et les méthodes à la Maigret sont posés : gare, train, visite de ville de province région, mois de novembre, "gros temps", théâtre, club, palace, Paris post et pré guerres, filatures, interrogatoires, techniques du "pied de grue".

On nous présente la famille Mortimer, et les Gorskine. 

On s'embrouille. 
On se débrouille. 
Ca tombe en quenouille. 
On revient bredouille. 
On a la trouille.
On se mouille. 

Maigret en fait un peu trop mais n'abandonne et n'abandonnera jamais. Peut-être une ou deux fois... Dommages collatéraux. Les collègues au rapport. Il en manque un. On a failli tout arrêter. Un désastre.

Une partie d'échec pipe au bec. Changement de partenaires. Des chevilles qui enflent chez les Gorskine. 

Surveillance rapprochée de celui qui n'est pas celui qu'on attend. L'autre donc ? Qui sait...Peut-être...

Allers retours intempestifs. On n'arrive parfois à ne plus savoir où l'on est.

On essaye de ne pas trop boire d'alcool de genièvre, les effets indésirables sur l'organisme sont avérés. 

On apprend que de longues aiguilles fines peuvent être très mortelles, lorsque bien appliquées. 

Les crises d'hystéries (on en parlait beaucoup encore à l'époque) font encore des ravages.

Quelques relents de racisme.

Petit "+" : la théorie de la "fissure" est dévoilée dans ce texte - alors, si j'ai bien compris le principe, on guette le moment où, derrière la façade, cad le jeu d'acteur, apparait soudain l'homme et son véritable visage. De la haute voltige ! Formalisation de la théorie en cours.

Ca se termine comme ça doit se terminer. 

Et pour fêter le retour de Maigret, Madame nous a proposé une petit "prunelle".

Pour Madame Maigret, hip hip... !

Fiche signalétique de Maigret (en construction)



 

vendredi 14 août 2026

Profilage : Georges Simenon


Georges Simenon est né le 13 février 1903 à Liège, un vendredi donc, et a contracté sans qu'on le lui demande, la nationalité belge. Il a quitté le contingent le 4 septembre 1989 à Lausanne, un lundi ! Il a donc stationné dans le secteur exactement 31 615 jours.

Il y a chez lui une manière unique de saisir la vie dans ce qu’elle a de plus simple et de plus opaque. Il traverse le XXᵉ siècle comme un funambule infatigable, laissant derrière lui une œuvre immense, presque vertigineuse, où chaque roman semble écrit d’un seul souffle. Simenon n’écrit pas : il capte. Il écoute les rues, les ports, les chambres d’hôtel, les silences lourds des cuisines au petit matin. Il observe les êtres comme on observe la mer, avec une attention qui frôle la tendresse.

Dans ses livres, les destins se nouent dans des cafés enfumés, des gares humides, des maisons modestes où l’on devine les drames derrière les rideaux tirés. Son style, dépouillé, presque nu, avance à pas feutrés. Il ne cherche pas l’effet : il cherche la vérité. Une vérité humaine, fragile, parfois sombre, toujours profondément incarnée.

Avec Maigret, Simenon invente un enquêteur qui ne traque pas seulement les coupables, mais les âmes. Le commissaire marche dans Paris comme on marche dans sa propre mémoire, attentif aux gestes, aux voix, aux vies minuscules. Il ne juge pas : il comprend. Et c’est peut-être là que réside le génie de Simenon — dans cette capacité à faire de l’empathie une méthode, de la compassion une forme de clairvoyance.

Simenon est un écrivain du monde, mais surtout un écrivain des lieux. Ses romans sentent la pluie, le tabac froid, le bois ciré, la bière tiède. Ils sont traversés par des hommes et des femmes qui vacillent, qui doutent, qui s’égarent. Ses « romans durs » plongent au cœur de ces existences ordinaires où l’on découvre, parfois, que le drame n’est jamais loin — il suffit d’un geste, d’un regard, d’une nuit trop longue.

Aujourd’hui encore, ses livres se lisent comme des confidences. Ils ne vieillissent pas : ils persistent. Parce que Simenon n’a jamais cherché à être moderne ou classique. Il a cherché à être vrai. Et cette vérité, simple, humaine, continue de toucher, de troubler, de fasciner.


Profilage effectué ce jour par Юлия

samedi 8 août 2026

Profilage : Renato Olivieri


"Ambrosio è uno di quei personaggi che si inviterebbero volentieri a casa per una sera"






Renato Olivieri, est né le 4 août 1925 à Sanguinetto, un mardi donc, et a contracté sans qu'on le lui demande, la nationalité italienne. Il a quitté le contingent le 8 février 2013 à Milan, un vendredi ! Il a donc stationné dans le secteur exactement 31 965 jours.

A été propulsé journaliste dès son entrée dans la vie fictive, et s'est spécialisé en politique étrangère. Bien des années plus tard, et c'est là qu'on dresse l'oreille, une vocation tardive de romancier l'étreint. Il sera surtout connu (en Italie surtout) pour ses romans policiers mettant en scène le commissaire milanais Giulio Ambrosio, personnage emblématique du giallo italien.

En 1978 parait Il caso Kodra, la première enquête du commissaire Ambrosio.

A son actif : quinze romans consacrés au commissaire Ambrosio, dont :

Il caso Kodra (1978)
Maledetto Ferragosto (1980)
Dunque morranno (1981)
L’indagine interrotta (1983)
Hotel Mozart (1990)
Madame Strauss (1993), récompensé par le Prix Scerbanenco.

En France, seuls les quatre premiers romans ont été traduits (à ce jour).

En 1988, Sergio Corbucci adapte Il caso Kodra dans le film I giorni del commissario Ambrosio, avec Ugo Tognazzi dans le rôle du commissaire.

La "touche" Olivieri :

une atmosphère milanaise mélancolique, très marquée;
un héros introspectif, cultivé, amateur d’art (reflet de l’auteur lui-même) ;
une écriture élégante, plus psychologique que spectaculaire.

D'après ses "tracteurs", il se distingue par une élégance narrative rare, une atmosphère mélancolique et une attention minutieuse aux détails psychologiques. Discret, de nature, mais considéré comme un maître (dans son domaine s'entend).

Résumons : 

une écriture élégante, presque classique, loin des excès du thriller moderne ;
une mélancolie diffuse, portée par un héros vieillissant, lucide, souvent désabusé ;
une attention aux détails psychologiques plutôt qu’à l’action spectaculaire ;
une exploration des ambiguïtés morales, des zones grises de la société milanaise ;
une atmosphère feutrée, parfois nocturne, qui rappelle certains auteurs français comme Simenon (à prendre avec précaution), mais avec une tonalité plus introspective.

Ses romans sont moins centrés sur l’intrigue que sur l’observation du monde, des comportements, des relations humaines. Ambrosio enquête autant sur les crimes que sur les failles de l’âme.

A noter : associé à la Ligne lombarde, courant littéraire du roman policier italien.

Pour prolonger (soltanto in italiano) : Renato Olivieri 

e ascoltare  Milano (Live) - Lucio Dalla


vendredi 15 mars 2024

Zola - Son Excellence Eugène Rougon : réaction à chaud

 "Le portrait d'un être dévoré par l'appétit du pouvoir, pur produit d'une société pourrie jusqu'à la moëlle." (4è de couv')

 
Petit manuel à l'usage de ceuxcelles qui souhaitent se lancer dans l'activité (lucrative?) politique.

Un texte peu connu du grand public (il semblerait) mais qui a du être feuilleté par un grand nombre de personnes qui se chamaillent jour et nuit pour un oui pour un non.

Un peu moins de bruit les gars, on voudrait bien dormir nous zôtres, on bosse demain !!!


vendredi 1 mars 2024

La faute de l'abbé Mouret, Emile Zola

 Déniaisement en règle en 3 actes

Très pastoral. 

Sur fond de jardin des premiers temps, le chemin initiatique d'un Mouret qui ne s'est pas brûlé les ailes, un descendant des Rougon-Macquart. 

Le process : 

Convictions. Doutes. Affaiblissement. Chute. Délirium tremens "severus". Récupération in extremis. Promenade en forêt. Lâché de colombes. Les premiers émois. Frémissement. Partage. Bonheur (?). Réveil en fanfare. Les perdants baissent la tête. Les vainqueurs également. Le match nul. La balle au centre. 

Que reste-t-il de l'Amour ?

Un excellent sujet d'actualité. En fait, tous les sujets abordés jusqu'à présent sont d'actualité. Et on est en 2024 quand même. Rien ne change donc ? C'est ça le contrat ?

 


jeudi 15 février 2024

La conquête de Plassans, Emile Zola

- On fait un chat perché Blvd ?
- Une partie de volant, plutôt !



Un drôle de type que cet abbé Faujas. Avec ses manières, sa discrétion agaçante, sa mère tout aussi discrète (et sournoise en prime), et ses parasites familiaux. 

A l'attaque ! 

Plassans en ligne de mire. Les salons ne sont plus jaunes mais tout aussi remplis. Intrigues au programme, rassemblements sous la tonnelle, oeuvres caritatives et tout le tintoin.

Ses logeurs, Mouret et sa femme, Marthe (une Macquart), des gens "bien comme il faut" sont complètement débordés. La maison est prise d'assaut. Les sentiments s'exacerbent. Les enfants sont négligés. La famille explose. 

Une nouvelle démonstration de force. Rien d'autre que le Pouvoir en marche. Lente ascension, sûre et pérenne.  

Mais évidemment, c'était sans compter sur Murphy et sa célèbre loi, à moins que ce ne soit tout simplement le souffle de la vie qui régulièrement balaie les excréments et les poussières toxiques qui jonchent les seuils.

Bye


jeudi 1 février 2024

Le ventre de Paris, Emile Zola

"Ce gueux de Paris" 

Le ventre de Paris


Si vous croisez la Saget (et il y en a encore des tonnes!), changez de trottoir, ça vaudra mieux ! 

Pareil pour la Lisa.

Bon d'accord, Florent n'a pas été bien fin tout perché qu'il était dans ses étoiles. Mais bon sang de sang, combien de fois l'a-t-on répété : quand on part on ne revient pas. Ne jamais revisiter son passé son ancien quartier, c'est la base. Un gros ventre tout chaud, tout moëlleux, tout crasseux, tout pourri de l'intérieur, porté à bout de bras par des commerçants. La mort rôde à tous les étages

- Tu viens manger Blvd ? 

- J'ai plus faim !

dimanche 14 janvier 2024

La curée, Emile Zola

 

Une belle démonstration !

Mais comment donc ? 
Les enseignements (?) soufflés par Dame Histoire, 
auraient-t-ils ce pouvoir magique 
de ressusciter et de prolonger le passé ? 

La suite risque d'être sévère avec nous autres pauvres poches de sang !   

Pas de solutions en vue, désolé !

jeudi 2 mars 2023

Billy Summers, Stephen King

 


Un récit qui se déroule pré-guerre bactériologique. Et d'emblée ça dénonce : 

"... un monde dans lequel un escroc peut se faire élire..." 

L'histoire du monde ?

Pour la présentation officielle du programme, c'est , avec en prime quelques ressentis.

Sinon, pour compléter,

Ex marine. Ex Irak. Le célèbre meilleur tueur à gage de son temps, Billy Summers, est embauché pour tuer un autre tueur à gage. Mais, de source sûre, celui-là est méchant. 

Qu'on soit bien d'accord. Ce n'est pas Billy le méchant (un petit peu quand même), mais l'autre. 

Encore l'histoire du monde ?

La mise en place est alambiquée (imho), avec du placement de produits (liste disponible sur demande), et de culture. 

Billy se fond dans la masse. 

Travestissements, Monopoly et barbecue en famille sont au programme.

Les voisins sont sympas et vigilent avec zèle. 

Les collègues font de leur mieux. Ambiance boulot boulot. 

Des questionnements sur le pourquoi du comment de la vie.

Trahisons, confiance, amour, plaisir, cavales, cavalcades et cascades.

Un texte pour les ceux qui ont des envies d'écriture, de grands espaces, de lumière.

Un texte sur les traces... qu'on laisse et qu'on efface... et puis, au final, qui réapparaissent.

Un texte où les consignes sont répétées sans relâche. Au cas où.

Thérèse Raquin et Robert Stone sont propulsés.

Pour la bande son, on pioche dans les souvenirs d'enfance.

à méditer : "inutile de s'inquiéter pour une chose qu'on ne peut pas contrôler"   

à sur-méditer 


Bye

mardi 28 février 2023

La parade des imbéciles, Davis Grubb

- Il te reste quelques bâtons d'encens Blvd ? 
- Pourquoi, t'as des roues à voiler ? 
- Non ! Des portes à enfoncer. 

Un trio d'hommes, tout droit sorti de l'enfer prison, file à un train d'enfer vers Stonecoal. Exit Glory. Enfin presque. Mattie, Lee et Johnny (Jésus), n'ont pas fini d'en découdre avec cette ville qui les a retenus fermement, mais aussi tendrement, avec son ragoût, ses petits travaux des champs, et son logis avec vue imprenable. 

A leur plus grande surprise et le moral dans les chaussettes, ils reviennent à Glory, comme aimantés, malgré les mises en garde du garde-chiourme en chef, Doc Council.

On parle d'argent, beaucoup, de dépression, d'amour, un peu, d'hommes et de femmes épuisés par l'injustice, la mort (?) et la misère. Oui, la misère épuise les corps, c'est ainsi. Et tout ce qu'ils contiennent aussi. C'est ainsi. Seule la dignité, en s'agrippant désespérément aux chairs, semble pouvoir apporter un semblant d'espoir.    

Un texte puissant, gras, poisseux, lumineux. 

Rien à ajouter. Si ce n'est que la bobine tirée de ce texte dans les années 70, ne transmet pas véritablement le fond de sa pensée. Imho.

 

 


samedi 31 décembre 2022

Les cages flottantes, Gaston Leroux

- 3214 ?
- Présent ! 
- 3215 ?
- Présent  !
- 3216 ?
- ...
- 3216 !!! C'est-y pour aujourd'hui ou c'est-y pour demain ?
- C'est pour quand Chéri-Bibi voudra !



"Ni anarchiste, ni collectiviste !". 

C'est le 3216 qui le dit.

Une galère est en direction de Cayenne. Son patron, le commandant Barrachon et son second, De Violène,font de leur mieux pour que le voyage se déroule bien. Chants marins, coquins et vilains au programme. Mais la révolte enfle pour les hommes en cages. Et ceux-là ne sont pas des enfants de choeurs. Loin de là.   

A ce stade, tout ce que l'on sait, c'est que Chéri-bibi est le meneur. L'homme est accusé d'avoir découpé en dix-sept morceaux une petite bonne (entre autres). 

La bonne blague oui ! 

Enfin, depuis qu'il est né, Jean, l'apprenti boucher de Dieppe, accumule les problèmes. Sa frangine Jacqueline a bien essayé de sauver son âme, mais sans résultat. On lui doit quand même le blaze de Chéri-Bibi. Ce n'est pas rien.

De méprise en quiproquo, le texte nous invite à réfléchir sur des thèmes aussi variés qu'actuels. La vengeance, l'identité, la souffrance, la violence, l'amour, la fatalité, la mort, la trahison, les gentils-méchants (et inversement), la non-peine de mort... et ses conséquences... Les sujets sont bateaux. Mais la manière y est.

La poésie transpire à grosses gouttes. Le Rolla de Musset est déclamé à pleins poumons. 

On organise une tombola. Une rançon est demandée. Les socialistes sont égratignés. Les femmes sont défendues dans leurs droits. 

En vain.

On soupçonne la mise en scène d'un premier cas de GHB.

Une petite soeur des pauvres est prise la main dans le sac. Mais, à sa décharge, cela fait suite à une autre affaire de main dans le sac. Un Comte ou un Baron. Qu'importe !  Pauvre soeur sainte Marie des Anges !

On croise un flic à la Javert, l'inspecteur de la sûreté Costaud. Des types peu fréquentables, également. Une louve rassemble ses petits, une ficelle qui donne du fil à tordre, un médecin en avance sur son temps, une gueule de bois, une boule de gomme, des gens de la "haute" obligés de se mettre à genoux.

De l'action, des rebondissements, en veux-tu en voilà. Une énigme à la chambre jaune pour agrémenter. Des voyages exotiques.

Appel à témoin : la personne qui a vu l'homme au chapeau gris est priée de se manifester auprès de la maréchaussée de Dieppe Rédac'.

FATALITAS ! 

Son dossier clos

dimanche 11 décembre 2022

Of course, Franz Bartelt, Editions de l'arbre vengeur

 

Of course, Franz Bartelt


La mise en bouche se déguste . Pas d'hésitation possible.

Le texte est court, calibré à souhait. Les personnages recrutés sont hauts en couleur. Un rien joueurs facétieux. Le biographe surtout. 

La maréchaussée réquisitionnée est dirigée aux ronflements du patron qui bat régulièrement la campagne.

On suit le cheminement d'un enquêteur amateur qui bat, lui, le béton et la campagne aussi. 

On rencontre une mère éplorée, et une autre apeurée.

Les fils sont toujours aimants. 

Les bistrots ont de beaux jours.

Les amateurs de jeux de société sont servis.

Humour, cynisme et ironie. La peinture joyeuse d'une société qui ne l'est pas moins. 
   


jeudi 8 décembre 2022

Condé, Jérémy Bouquin, Noire Soeur, Ska Editions

 


Dans cette novella, le passeur nous présente Damien, dit Condé, enquêteur de son état, qui malgré la connerie le carnage ambiant, arrive à maintenir sa réputation de bon flic.

Ses cavalcades dans les tranchées et sur les talus, à la recherche du déserteur, l’ont défiguré et broyé à vie. Refait de bric et de broc, il inspire à la fois crainte, compassion et pour les plus fragiles, nausée.

Son cerveau affûté à la meule, et ses mâchoires huilées à la graisse de poulet, il résout, aux quatre coins de la France, des affaires de la plus haute importance pour la sécurité du bidasse, du chef d’entreprise, de l’Etat et du citoyen en général.

Condé a de l’audace, est coriace, efficace, peu loquace, perspicace, pugnace, tenace, vorace et, pour résumer, fait toujours le job qu’on lui demande. Ni plus ni moins. Même si on sent bien que parfois il y a de la gêne. Une satisfaction pour ses supérieurs.

Le passeur nous rapporte humblement (imho) quatre de ses enquêtes. Juteuses à souhait.

Des faits circonstanciés, des rencontres provoquées, des personnages patiemment croqués. Une sacrée bonne ambiance tout de même.

A surveiller de très près.

jeudi 1 décembre 2022

Pour tout bagage, Patrick Pécherot, La Noire, Gallimard

 Des remords en pagaille


 

Un meurtre a été commis sur la personne d'Edmond Vuillat. Une boulette apparemment. Mais va savoir... Avec ce fichu Destin.

"Une fois pour toute, j'ai décidé de m'en foutre"

Plongée dans le passé du narrateur... 
qui n'est pas le passeur. 
Qu'on se le dise. 

Après bien des années d'enfouissement, un album de photographies d'époque est feuilleté. Toutes craquelées par la gerçure des ans. Des souvenirs surgissent à la volée. Aux quatre coins des pages. Commentaires à l'appui.

On remonte le temps. Années 60/70. Jeunesse, musique, cinéma, roman noir. Joe Hill, les Wobbies, Kerouac, Ferlinghetti, Léo, Bob sont cités... Charles d'Avray, et Romain Bouteille sont également dans l'album. 

On s'embourgeoise s'encanaille en fumant des gauloises, des P4 et des Boyard maïs. 

On roule en Ciao (confirmation de l'embourgeoisement encanaillement), on cacochyme, on chante à tue-tête des chants de révolte.

Des photos d'Espagne sont jetées en vrac sur la table. Un peu floues, certes, because la fumée en haut des buttes. Du brouillard sûrement. 

Et puis finalement, on convoque à la barre, Antoine, Paul, Yvon, Arthur, Sylvia, Edouard, titi, Chloé, Yvon, Cropette et bien d'autres. On nous fait savoir qu'un texte circule, du genre alerteur. Des angoisses sont jetées à la gorge des loups. Culpabilité en surchauffe.   

Un message sur l'illusion pas si comique, et ses désillusions. Les actes manqués réussis. 
Une tentative d'explication du pourquoi du comment, du qu'on en est arrivé là. 

La Direction redoute, malgré l'enthousiasme débordant de ce texte, la venue probable d'un cafard monstrueux dans ses locaux. 

Il va falloir maintenant éplucher tous les dossiers passés. Exhumer, classer, biffer, oublier, grossir le trait, minimiser, botter en touche lorsque nécessaire.

Heureusement que décembre est là, avec son lot de promesses et de souhaits que l'on commence à méditer, murmurer et mâchonner avant le grand lâcher de ballons de la fin d'année. 

On ne le dira jamais assez : les petites guerres de la vie se suivent et se ressemblent et mieux vaut ne jamais regarder derrière (tant qu'on le peut bien sûr!), mais 

"s'il faut commencer par les coups de pieds au c.. " 

Basta !

lundi 28 novembre 2022

Mister Flow, Gaston Leroux, Le livre de Poche

- Banco !
- T'es sûr Blvd ? 
- Certain !!!


Antonin Rose est un jeune avocat. Peu considéré dans la profession, il rêve d’affaires extraordinaires, de gloire et plus... Si affinité bien sûr ! 

Dans un Paris maussade, il se consacre, à son grand désespoir, aux dossiers mineurs (vols, insultes, bagarres, etc.), jusqu’au jour où il rencontre Durin, un valet zélé qui s’est fait épinglé par son patron… pour une épingle. Antonin s'y colle en trainant les pieds. Facile, mais peu rémunérateur.

Bas les masques, Durin ! On t’a reconnu.

Durin, c’est Douglas, Doug, Mr Prim, plus connu sous le blaze de Mister Flow, l’homme aux cent visages. Rose aurait pu encore feinter. Décliner l'offre alléchante qui lui est proposée. Mais le piège se referme sur le Tonio. L'Argent a décidément de beaux et nobles arguments.

Et hop, changement d’identité, mystification. Victor, le barbier fait des miracles. La grande vie est au bout du couloir. Direction Deauville et Paris-plage. Notre avocat brasse soudain des sommes extravagantes au casino, dort (pour ne pas froisser) dans des draps de soie, amuse la galerie. L’amour avec un grand L l’agrippe au collet. Impaôssible de se défaère de Lady Héléna, qui le lui rend bien.

On manipule à tour de bras, on vole en série... des voleurs "intégrés socialement"principalement. On glisse sur une pente savonnée. 

La déchéance guette, les regrets, les espoirs. Vicissitudes de l'Amour. Trahisons et autres joyeusetés sont au programme. 

On dénonce avec sagesse : "C'est la faute des programmes ! Buvons, il n'est jamais trop tard pour s'instruire !"

On s'instruit en écoutant des histoires écossaises à dormir debout.

Rob-Roy vient nous chatouiller les narines et les Dolly sisters nous font un numéro de claquettes. 

Une curiosité bien arrosée de kiss-me-quick et de love's dream. 

Le rapporteur sait mettre les formes. Son dernier reportage (finalisé) avant le grand saut.  

Durin, Lupin, Dupin. Même combat !!!

jeudi 13 octobre 2022

Cent mètres de silence, Jim Thompson, Série Noire, Gallimard


Qui veut la peau de Joe Wilmot ?


Joe Wilmot gère deux cinémas à Stoneville. Marié à Elisabeth, le couple a contracté (pour la forme) une assurance vie de 25 000 dollars au dernier des vivants. Pour la petite histoire, mais rien qui puisse avoir une relation quelconque avec quiqéquoiquecesoit, dans sa jeunesse, le Joe a fréquenté l'orphelinat et (par voie expresse) s'est retrouvé dans une maison de redressement. C'était vraiment pour dire. 

Profilage : Wilmot est cynique, prétentieux, vindicatif, menteur, malhonnête, coureur, stupide, répugnant et écoeurant... Mais c'est une couverture bien sûr !  
Ce qui est sûr, c'est qu'il n'aime pas les chats et affiche un poids de 90 kilos durant la lecture. Et ça, ça va peser dans la balance.

Alors qu'il mène rondement ses petites affaires, un incendie redoutable se déclare dans un de ses cinémas et détruit tout sur son passage. Un grand classique. A cette époque.
Joe est à genoux mais ne plie pas. Appleton, l'assureur number 31 de la Cie d'assurance file au train. Une vrai glue. Il faut dire que le scénario "arnaque à l'assurance vie" proposé est somptueux. Une pauvre femme est même sacrifiée. C'est pour, la bonne... cause.

Un max de monde dans la distribution. On croise un juge et un shérif qui se jettent tête baissée dans la partie, un agent immobilier aussi, qui passe son temps à se frotter les mains, un pro du projo, une "moche" indécente et ... quelques requins du business du cinéma, distributeurs, exploitants, etc.

On fouille dans le passé des gens. Ca dénonce pas mal. La société du moment en prend pour son grade. Les relations distributeurs/exploitants de salle de cinéma sont au coeur du dossier.

Du côté intendance, les prises de repas se font sur le pouce. En général, c'est sandwich et café. Les jours de fête on découpe un cantaloup.

Quelques réflexions sur le thème du mariage sont balancées. Rien de bien glorieux.
A noter un accrochage sur le thème de l'adoption.
Chantages, partie de poker et mesquineries au programme.

En conclusion, la Direction a apprécié l'ouverture en simultané des sous-dossiers proposés. 
Le rapporteur a transmis un dossier rondement ficelé. 
A classer proprement à côté de ses congénères.



Reprise





 

mardi 14 juin 2022

Dossier clos : l'affaire Rouletabille, Gaston Leroux



Surnom : Rouletabille  
Nom : Joséphin
Prénom : Joseph
 Année naissance : 1907  (officiellement 1885)                      
Décès : 1927
Lieu de naissance : Cincinnati
Sexe : masculin                        
Géniteur : Gaston Leroux
Nationalité : Français
Etudes : Collège
Professions : Reporter, détective amateur, espion, aventurier
Devise : nd
Situation familiale : marié avec Ivana

Signes particuliers : fume la pipe, affublé d'une casquette plate, d'un costume anglais à carreau, un côté jovial et sympatique, de petite taille, maigre et nerveux, souvent rouge comme une tomate.

Joseph Joséphin, dit "Rouletabille" car sa tête est toute ronde comme un boulet, est né en 1885 à Cincinnati. 

Orphelin, il ne sait rien de son père, à peine plus de sa mère qu'un parfum qui le troublera pendant des années. 

Il a vécu son enfance en Normandie. 

Petit génie surdoué il est chassé injustement du collège.

Il devient rédacteur à la rubrique faits divers du journal « L'époque ». 

C'est un reporter, détective amateur, espion et aventurier.

Il a dix huit ans au moment de l'affaire du mystère de la chambre jaune. Meurtre mystérieux en local clos qu'il résout avec sa formule « la raison a deux bouts, le bon et le mauvais » il ne faut s'appuyer que sur le bon. Il impose son sens infaillible de la déduction.

Avec le parfum de la dame en noir il est face à un redoutable criminel international qui n'est autre que son père.

Rouletabille devient aventurier et va même jusqu'en Russie chez le Tsar en 1912 à l'époque de la première révolution Russe.

Il participe à la grande guerre, se bat dans les tranchées, vole au secours de la belle Ivana sa futur femme.

On lui confie une mission d'espionnage en Allemagne pour ramener un savant kidnappé par les Allemands.

Puis il est soupçonné d'un crime passionnel. Il aurait tué sa femme et son prétendu amant. Il va en prison mais s’évade pour réapparaître à son procès où il démontre son innocence et confond le vrai coupable.

Sa carrière de détective prendra fin l'année suivante en 1922 à l'âge de trente-sept ans, il part chez les bohémiens où il enquête sur lui même. Et l'on perd sa trace...

BIBLIOGRAPHIE de ROULETABILLE

1 – Le mystère de la chambre jaune
Première parution dans le supplément littéraire de « L'illustration », 7 sept.-30 nov.1907
En livre éd. Pierre Lafitte, 1908

2 – Le parfum de la dame en noir
Première parution dans le supplément littéraire de « L'illustration » 26 sept. 1908 – 2 jan. 1909
En livre éd . Pierre Lafitte, 1909

3 – Rouletabille chez le Tsar
Première parution dans le supplément littéraire de « l'illustration » 3 août – 19 oct. 1912
En livre éd. Pierre Lafitte, 1913

4 – Le château noir (Rouletabille à la guerre T. 1)
Première parution dans « Le matin » 28 mars – 2 août 1914
En livre éd. Pierre Lafitte, 1916

5 – Les étranges noces de Rouletabille (Rouletabille à la guerre T. 2)
Première parution dans « Le matin » 18 – 24 oct. 1914
En livre éd. Pierre Lafitte, 1916

6 – Rouletabille chez Krupp
Première parution dans « je sais tout » n°142, sept.1917 à 148, mars 1918
En livre éd. Pierre Lafitte, 1920

7 – Le crime de Rouletabille
Première parution dans « Je sais tout » n°191, oct.1921 & n°192, nov. 1921
En livre éd. Pierre Lafitte, 1923

8 – Rouletabille chez les bohémiens
Première parution dans « Le matin » 4 oct. Au 14 déc. 1922
En livre éd. Pierre lafitte, 1923


Une contrib' de Dan
Printemps 2022

Merci l'ami !

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...