dimanche 29 avril 2018

Mapuche, Caryl Férey




- Une partie de truco Blvd ?
- Non merci, trop compliqué ! Je préfère faire le mort jouer au « pont ».
- Allez, quoi !!! Fais un effort.
- Bon d'accord, mais j'enfile mes prothèses avant.


Quinze heures d'audio, ça rince.

« Trop d'événements à la fois »

Les Calderons sont poètes de père en fils. Rubén, pour arrondir ses fins de mois exerce le métier de détective. Son boulot principal : enquêter sur les disparitions d'enfants. Et là justement, il enquête sur la disparition de Maria, une photographe.
Jana (prononcer Yana), elle, est artiste, sculptrice précisément, issue d'une minorité écrabouillée par le rouleau compresseur de l'époque (attention une compression peut en cacher une autre). Elle est à la recherche d'un ami qui ne donne plus signe de vie depuis peu et confirme qu'il a été, lui aussi, en son temps, un enfant.

Après palabres, ça match.

La rencontre des deux êtres promet une belle histoire d'amour. 
Mais comme l'on dit parfois, les histoires d'amour... se méritent ou se paient (au choix) !

Vol de nuit, chute des corps, embrasement des chairs, étirements du temps et des âmes, courses poursuite dans la pampa, enlèvements, embuscades, escarmouches, aller-retour en Uruguay(*), les Andes sont évoquées. Belles et moches rencontres, du sang, des viscères, répandues ici et là, des rebondissements, des amortissements, des explications, des développements, des mauvaises pensées, des traîtres par containers, des qui ne savaient pas que cela pouvait être aussi grave, des qui pensent et d'autres pas. Du traitement de l'information par vagues. Utilisation de la machine à remonter le temps. Un problème père/fils a été détecté. On suspecte également des tensions mère/fille. Fratries désordonnées. De la sexualité débridée, de la prostitution de survie, de la torture. Quoi d'autre ? 
Des gens-es usé-es... 
Mais debout.
Très pastoral, diront certains.

La visite de Buenos Aires se fait principalement de nuit. Beaux et bas-fonds de la ville. 
On fume pas mal, on boit de la quilmès, du pisco sour. Quelques braiseries autour du feu ont été décrites succinctement. Un pas de tango est esquissé. 
Lent, vite, vite, lent. 

Rideau

Les isme retenus : journalisme, syncrétisme, terrorisme, théisme, tolérantisme, tourisme, totémisme, traditionalisme, transformisme, traumatisme, tympanisme, unitarisme, urbanisme, utilitarisme, vandalisme, verbalisme, vitalisme, abolitionnisme, absentéisme, absolutisme, abstentionnisme, achromatisme, activisme, affairisme, altruisme, caporalisme, gongorisme, agnosticisme, agrammatisme, américanisme, anévrisme, angélisme, associationnisme,  chamanisme, amateurisme, amoralisme, anabolisme, anarchisme, anatocisme, animisme, antagonisme,  anabolisme, anthropocentrisme, anthropomorphisme, anticléricalisme, anticolonialisme, anticommunisme, anticonformisme, antifascisme, anti-impérialisme, antimilitariste, antinazisme, antiparlementarisme, antipatriotisme, antiracisme, aphorisme, arrivisme, atavisme, athéisme, atomisme, attentisme, atticisme, automatisme, autoritarisme, aventurisme, babélisme, babouvisme, banditisme, barbiturisme, bellicisme, bolchevisme, campanilisme, capitalisme,  cartésianisme... truisme...

En attente de complément d'information : 
blanquisme, alpinisme, anabaptisme, anachronisme analphabétisme, anglicisme, thomiste, aplanétisme, apriorisme, arianisme, aristotélisme, arthritisme, ascétisme, astérismeastigmatisme, asynchronisme, augustinisme, autisme, autonomisme, syndicalisme, beylisme, bonapartisme, boulangisme, carbonarisme, carlisme...

Hors-jeu : tsarisme, ultramontanisme, végétarisme, académisme, aérodynamisme, africanisme, albinisme, alcoolisme, alexandrinisme, anarcho-syndicalisme, anglicanisme, antialcoolisme, antisémitisme, athlétisme, automobilisme, avant-gardisme, baptisme, barbarisme, baroquisme, belgicisme, benzénisme ou benzolisme, béotisme, bicamérisme, bilinguisme, bimétallisme, bipartisme,  botulisme, bouddhisme, brahmanisme, byzantinisme, caféisme, calvinisme, cannibalisme...

Et il ne sont pas tous là. La direction épargne le lecteur des 652 entrées du dictionnaire de l'Ac. Fr. (vers. 9 augm. 8)

La réconciliation des peuples n'est pas pour demain.

On se fait la bise quand même ?
Oui mais une seule alors.

PMTDT

(*) ou Paraguay
Re-écoute en cours

dimanche 8 avril 2018

Vas'y Béru !, San Antonio

Une enquête du commissaire San Antonio.


La caravane du Tour de France fait une halte à Dijon. On gare les vélos devant l'enseigne de l'hôtel des voyageurs et de la S.N.C.F. A l'intérieur du bâtiment, dans la salle commune, la tension monte. Une partie de dames est sur le point de débuter. La "Meringue" vs "Béru". Les godets sont en place. Marc et cassis sur le tapis. Sana apprécie.
Malheureusement dans cette ambiance détendue, la soirée va rapidement tourner au désastre. Un mort alité, masseur de son état, est découvert dans une des chambres de l'hôtel. C'est le branle-bas de combat. 

San Antonio, célèbre pour son "moi, vous me connaissez!", prend la situation en main. Aussitôt, Béru, solidaire, propose son aide. C'est justement à ce moment-là que le vin a commencé à vinaigrer et que la moutarde se mit à picoter les narines du directeur sportif, orphelin de son masseur fétiche.

Béru sur le Tour, une expérience à ne pas manquer : massages, bien-être, dopage, magie (limite sorcellerie), sponsoring, tricherie en tout genre, rupture technologique, espionnage industriel, de l'amour aussi, charnel et poétique, partageur et inquiet, violent parfois mais jamais brutal (???). Berthe fait ce qu'elle a à faire. On découvre (?) un Béru rageur, vengeur, gagneur, frimeur, joueur, pleurnicheur... 

Les morts et presque morts se bousculent au portillon. La voiture-balai est pleine à craquer. 

Sana mène l'enquête en poussant les pions à sa disposition. Il analyse, étudie, téléphone régulièrement au siège social, temporise, et agit comme il se doit. 

Une enquête estivale. 
Quelques gnons, donnés et reçus, quelques pruneaux bien distillés, quelques clous appropriés, et l'affaire est dans le sac.

Le chiffre 4 est à l'honneur. 
La wodka polonaise (notez la graphie) est servie. 
On parle de blabla préalable
La communauté des femmes est à l'honneur (façon Sana)
Le salon du caravaning est suggéré.
Michel audiard est interpellé
Peguy est cité pour une sombre histoire de cathédrale mal insonorisée
Le nom de Marny est sussuré
et Freddy, le charcutier de Charenton, se métamorphose en boucher 

L'enquête, (im)proprement citée : mises sur écoute en règle, ligotages, interrogatoires, course-poursuites, épluchage de fichiers, interpellations...
Contrairement aux idées reçues, une affaire criminelle peut être résolue sous la torture. Rare mais possible.

Le petit-déj' du staff : omelette, saucisson à l'ail, roquefort et oignons blancs. Le côte du Rhône sert d'humidificateur (ou de liant, au choix).

Comme à son habitude, San Antonio narre ses exploits à sa manière. Il plonge son lectorat dans un délicat duvet de mots et d'expressions inédites et insolites, et l'invite tout simplement à maugréer s'exprimer. 
Comme d'hab' Sana s'en sort avec les honneurs, Béru de même, et l'Institution est sauvée.
Une occasion pour se (re)plonger dans l'histoire du Tour de France, avec ses boires et déboires, ses hauts et bas faits, ses grandes et petites phrases, ses journalistes, ses suiveurs, ses gens, ses collines, ses monts et ses plaines.  

Le visionnage (hasard du calendrier. Rien à voir avec le texte) : 



et la lecture simultanée (âpre mais juste. Avis aux amateurs) :



Rien ne va plus les jeux sont faits !    

samedi 31 mars 2018

Le Royal-bougnat, Joseph Bialot

C'est impressionnant le nombre de personnages que l'on peut convoquer dans un texte de 189 pages (192 p. selon les autorités). 

Pour un premier contact :  

Deux affaires en une. Celle de Cheney et celle de Fabrette. Pas de ristournes possibles.

Pour se consacrer pleinement à sa deuxième enquête, Didier Valois, se met en disponibilité. C'est la moindre des choses. 
Dans la foulée, il va, par mimétisme, rejoindre les pointeurs inscrits à l'ANPE (de l'époque) des artistes en tout genre, et agiter toute une "clique" autour du Royal-bougnat, un troquet du XVe. 
L'économie tourne à plein. Mais attention à la surchauffe.
Heureusement, le parti pris du rapporteur est résolument écolo. On circule donc chemin des vaches, rue des plantes, impasse du moulin-vert, chemin des dunes, rue pavoise. On fait quelques pas en bord de mer (Honfleur), dans les beaux quartiers rive gauche, et dans les grandes forêts domaniales du 77. Quelques incursions à Saint-Ouen et Montreuil (et c'est heureux!). 

Une bien humble contribution, mais quand même...

Alors donc, sur le parcours, Didier trouve des morts de mort non naturelle, des suicidés de suicide non naturel, des grosses brutes qui cognent dur, des femmes au caractère bien trempé, des gens filés, des questionneurs de fichiers d'immatriculation, des flics "à la bonne", des maisons à la campagne, des familles composées, recomposées, qui voudraient bien se décomposer. 
On s'entraîne à la généalogie, mais comme d'hab' on s'épuise rapidement. 
On étudie aussi le réflexe de Krymski (?) (description dans le texte). 
On parle de dernière guerre, de derniers morts (?).
On chine, on joue, on perd, on gagne...
On renifle un problème d'espionnage industriel, un truc à l'assurance.
On fume des Gitanes à pleine goulée (sob).
On plaidoie double-plaidoie pour le métier de flic. 
On parle du Vél d'hiv d'avant, de pendant et d'après.
Le Poum est cité. 
Et un "plutôt crever" est lancé à la cantonade.

Plus festivement : on boit de la prune du Lot pour remonter le moral des troupes, du blanc gommé, et du Cognac hors d'âge. Le Cornas occupe une bonne place ainsi que le Gigondas.
Les tripoux et la daube provençale font partie également du voyage.
La forte densité des poch-e-s de sang au cm² peut s'avérer problématique. Les principales (poches) : Ophélie, Cécile, Marianne, Colette, Laurence, Carole, Lea, Janine, une concierge, une réceptionniste, Marie, Loïc, Coma, Neurone, Fernand, Frédéric, Cagna, Paul, René et Didier.
Françoise Dolto n'est pas invitée, pourtant on parle d'enfants et d'éducation.
On nous informe en backstage qu'un stéphanois, qui n'avait pas entendu la sonnerie, a finalement rejoint la communauté.   

Bibliothèque : le livre du ça de Groddeck, le Chantefables et chantefleurs de Desnos, 
Hegel et Kierkegaard sont dégainés dans les salles d'attente et R. Laing est proposé à la citation..

On confirme que le Pascal a toujours été mieux coté que le Delacroix (encore aujourd'hui mais l'écart s'amenuise).

La question en suspens : ça existe encore les innocents ?

Devoir sur zinc : les amoureux sont-ils seuls au monde ?

C'est court, percutant. Les forces sont jetées dans la mêlée avec plus ou moins de bonheur. Les enquêtes s'emberlificotent, se téléscopent, se triturent l'une l'autre. 
Au détour d'un retour à la ligne, ou d'un saut de paragraphe plusieurs pistes sont ouvertes. Le retour en arrière est prisé. Pas d'obligation.  
Un peu de Poulpe, un soupçon de Burma, et sûrement, ici et là, du Manchette.
Cos'altro (ou ouatelse !)

Visionnage :

Espace détente : par là (c'est un hommage ;-))






samedi 17 mars 2018

Dossier clos : l'affaire Jacob Asch


BIBLIOGRAPHIE de Jacob ASCH

Personnage créé en 1974 par Arthur LYONS – Américain – (1946-2008)

Jacob Asch, fils d'un père juif, tailleur, qui possède un petit magasin à Fairfax et d'une mère, membre de l'église épiscopale, vit à Los Angeles et exerce le métier de détective privé. 
Après des études universitaires, il débute dans la vie comme journaliste d'investigation au « Chronicle » de Los Angeles de 1960 à 1969. 
Après avoir refusé de révéler à la police ses sources d'information à propos d'un article, il est condamné à six mois de prison. Il quitte alors le journalisme et devient détective privé à Los Angeles, sa ville, qu'il aime plus que tout. Il a alors trente-quatre ans. 

Quelques travaux confiés à Jacob : 
- Tenter de prouver l'innocence d'un homme accusé d'avoir tué sa femme et son amant 
- Retrouver le mari d'une connaissance disparue 
- Chercher une femme et son enfant disparus depuis huit ans
- Investiguer auprès du fiancé d'une riche cliente qui souhaite savoir si elle est aimée pour elle ou pour son fric 
- Régler un litige avec une compagnie d'assurance qui refuse de verser une prime, suite à la mort accidentelle du mari de son ancien amour
Il est également recruté par une femme abandonnée depuis seize ans, qui croit reconnaître son mari sous l'aspect d'un réalisateur de cinéma célèbre. Etc...etc... 

Cela le mène à côtoyer une secte de nécrophiles, un cadavre dans le coffre d'une voiture, une femme, jadis ravissante, pendue à un crochet de boucher, la mafia, un enfant mort, un trafic d'antiquités et de drogue, des politiciens corrompus, des magnats de l'immobilier un peu assassins, des magistrats pas très indépendants etc... La liste est longue. 


Son but est de parvenir à la vérité. C'est un bosseur, fougueux et fort en gueule avec des méthodes pacifiques. Sa faiblesse, c'est d'être sentimental. Il n'est pas regardant sur la moralité des belles femmes qui couchent avec lui. 

Pour finir, un extrait de « Caméra-stylet » page 131 : 
vous savez ce que Marilyn Monroe a dit quand elle a signé son premier gros contrat avec un grand studio ? «  C'est la dernière "biiip!" que j'aurai à sucer ».

Les dossiers en questions :


1 – Le fouineur, 1976           .    The Dead Are Discrete, 1974

      Trad. Roger Guerbet           Mason & Lipscomb
      Gallimard                             Publishers Inc., 
      (Super noire n°33)               New York
   
2 - (non trad. en français)          All God's Children, 1975
                                                  Mason / Charter,
                                                  New-York

3 – La ravissante à l'abattoir,    The Killing Floor, 1976

      1978, Trad. Rosine             Mason / Charter,
      Fitzgerald                            New-York
      Gallimard (Super noire n°93)    

4 – (non trad. en français)         Dead Ringer, 1977

                                                  Mason / Charter, New York

5 – La déchirure, 1981              Castles Burning, 1979

      Trad. Simone Hilling            Henry Holt & Co.,
      Gallimard                             New-York
     (Série noire n°1842)

6 – Faut pas avoir honte, 1982 Hard Trade, 1981

      Trad. Jean-Michel               Holt, Rinehart &
      Alamagny                            Winston, New York
      Gallimard (Série noire n°1865)   

7 – Ne fait pas à autrui, 1984    At The Hands Of Another,

     Trad. Denise May                 1983, Henry Holt & Co.
     Gallimard                              New-York
     (Série noire n°1977)

8 – (non trad. en français)         Three With a Bullet, 1984

                                                  Holt, Rinehart & Winston,
                                                  New York

9 – Caméra-stylet, 1989            Fade Faded, 1988
      Trad. France-Marie             The Mysterious Press
      Watkins                               New-York
      Gallimard (Série noire n°2175)                               
     

10 – L'argent du Turc, 1991      Other People's Money, 1989
        Trad. Laurette Brun           The Mysterious Press
        Gallimard                           New-York
        (Série noire n°228)

11 – (non trad. en français)        False Pretenses, 1994

                                                   The Mysterious Press,
                                                   New-York

Une contrib' de Dan

mars 2018

vendredi 16 mars 2018

Le fleuve des brumes, Valerio Varesi, il Fiume delle nebbie

La montée des eaux du Pô donne des sueurs aux riverains, aux bateliers et aux historiens de tous poils.
Une péniche est à la dérive.
Une fenêtre d'hôpital est ouverte.
On déplore un mort et un disparu.
Balle au centre...

Soneri, le commissaire réquisitionné épluche consciencieusement le passé de la famille Tonna.
L'enquête est menée à 3 miles/heure. Les personnes rencontrées, accrochées à la rive, parlent un dialecte peu courant mais la Direction précise que tous les rapports sont consignés en langue italienne. 
On mélange les vapeurs de brume et de cigare. On fréquente les bars-restos-hôtel des bords de rives. On scrute de là où on est l'horizon l'autre rive. On remue la vase pour voir ce que ça fait. On se fait des papouilles sur le Pô. On lit le "venir" dans le porto, on entend la chouette appeler les morts, et on s'en remet à San Donnino di Fidanza pour tout ce qui relève des pertes de sens. 
Les repas sont toujours pris en groupe. A ce propos, une note de frais du commissaire Soneri circule au commissariat : 
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Note de frais n° xxx du xxxxxxx

Commentaire/justif' : jour de brume, soir, niveau des eaux au plus haut. Moral au plus bas. Les témoins retiennent le flux en amont. Faut ouvrir les vannes. En attente facture. Provisionner quelques dizaines d'euros.

Au menu : 
Jambon de Parme
Anolini au bouillon
Sanglier accompagné de polenta
et un gutturnio

Les convives : les frères Tonna, Angela, Nibbio, Barigazzi, Ghezzi, Dino, Vaeven, Ghinelli, la "vieille" et tous les morts et les vivants, Julien Sorel et Louise de Rênal
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Ne pas confondre avec une autre note de frais qui mentionne un plat de pâtes aux haricots.

Au final l'enquête se termine sur le fil. 
Des dossiers de la plus haute importance ont été évoqués. Des histoires de forces et faiblesses, de tensions, de résistances, de vengeances et autres joyeusetés de la physique.

A classer 
PMTDT

Le visionnage en simultané (non corrélé, à priori) :


mercredi 28 février 2018

Les milanais tuent le samedi, Giorgio Scerbanenco, i milanesi ammazzano al sabato


PLS, Mixopan, soupe de pâtes et pommes de terre bouillies, ça urge ! Berzaghi fait un malaise.
Sa fille, Donatella a disparu. Et c'est inquiétant, car du haut de ses deux mètres, Donatella, belle jeune femme de vingt-huit ans, est restée une enfant dans sa tête, et au grand désespoir de son père, a la fâcheuse manie d' aimanter les amants de tous poils. L'enfermement à double tour n'y a rien fait. L'évasion est parfaite.

Duca en reprenant le dossier va une fois encore cultiver son dégoût pour à peu près tout ce qui touche aux poches de sang livrées à elles-mêmes.  Il faut dire que l'on a retrouvé la jeune femme - tous les détails sont dans le dossier -.  Et quand Lamberti retrouve les disparu(e)s en général, on ne peut plus l'arrêter. Il enfourche son Alfa-Romeo pour une visite de Milan, Gigliola Cinquetti dans le mange-disque. 
On enquête dans les clandés de luxe de la cité. 
On croise et questionne des petites femmes, des femmes moyennes et des grandes aussi, des femmes soumises et insoumises, des barbeaux (pas le poisson) et des consommateurs. On remonte la piste laborieusement, mais sûrement. Come se dice : chi va piano, va sano e va lontano.
Au détour d'une ruelle, on fait la connaissance d'Herero Akaounou, qui exerce le métier de prostituée à Milan. Elle dit parler couramment l'une des langues bantoues répertoriées à ce jour sur le continent africain. Elle ne se plaint pas, boit pour oublier ce qu'il y a à oublier, et fait de son mieux pour aider la justice à faire son devoir. 
Et rebelote. 
Ce potage propulse de nouveau Lamberti dans un néant sidérant. Un énorme coup de mou le frappe au cerveau et au coeur. Heureusement, Livia, sa "Minerve", le regonfle. Il redresse la tête. Ca ne va pas se passer comme ça. Oh que non ! Fini le grand train. On prend les transports en commun à partir de maintenant. Ce n'est pas le moment de flancher, les lecteur(e)s s'impatientent. L'Alfa Romeo est remisée.

Coup de théatre : au trois-quart de l'enquête Duca annonce qu'il faut tout reprendre à zéro. 
Alors là, c'est la Direction qui a un petit coup de mou. Elle  vérifie dans un premier temps que le dossier n'est pas tronqué, et dans la foulée, prévient par voie de voix : 

"- je vous préviens les gars - et les filles-, 
il n'y aura pas de rallonge pour boucler l'enquête, vu !, 

Et c'est reparti. De la violence, du sang, du sexe, de la révolte, de la vengeance, de la honte, du mépris, de la haine, de l'étonnement devant tant d'émoi.

Une enquête tout en déprime (l'effet Duca). Les femmes au premier plan, pour le meilleur et pour le pire. Les hommes sont à la peine.
Le dossier est bien équilibré, des redites insistantes (à la milanaises ?) pour une meilleures compréhension. 
Un dossier qui se veut multirégions. On évoque le courrier du Milan-Brême, les couteaux de l'armée suisse, la semaine anglaise (qui aurait, soi-disant, des racines françaises), les chaussures cirées des méridionaux, la discipline légendaire des milanais...

Un dossier qui mérite d'être lu dans son jus (imho). La Rédaction est consciente que ce n'est pas évident. Elle transmets une intention d'achat pour la version de Laurent. 
A suivre. 

Pour la bande son, c'est SGDG : 

A classer.
Merci l'ami.  

samedi 17 février 2018

Laidlaw, William McIlvanney

 Dossier clos
Un des 100, un des clos, un des marqués, un détective... Glaswégien en l'occurence.

L'intrigue : Jennifer, une gamine de dix-huit ans, n'est pas repassée par chez elle après sa soirée au pub
Bud, le père, l'attend de pied ferme. Certain(e)s disent qu'il est violent (à vérifier). 
N'empêche que ça va saigner. 
Sadie, la mère, flippe.
Forcément, à ce compte, la gamine ne reviendra pas. 

Le binôme Laidlaw/Harkness, de la police de Glasgow, est sur l'affaire. Une petite balade en ville ne fera pas de mal. Les déplacements se font en transport en commun. Le chef de la comptabilité a bien prévenu : "gardez bien vos tickets les gars sinon je rembourse pas".

On comprend rapidement et aisément que l'enquête va être menée au rythme seul de Laidlaw. Harkness n'est là que pour apprendre le métier. Il ne s'en sort pas trop mal, finalement.

L'enquête est classique, avec au programme interrogatoires de la famille proche, des autres proches plus ou moins proches, des voisin(e)s, des collègu(e)s, des indic(que)s, des marlou(e)s de la ville. A chaque coin de rue on vérifie les «poubelles». Les vraies et les fausses. On étend les recherches à d'autres disparu(e)s. On culbute à l'occaz', mais en toute confidentialité. On boit un peu, du whisky et de la bière. Pas de souvenirs de tables dressées. 

Encore un nel mezzo del camin di nostra vita, accompagné par ses sponsors du jour : Kierkegaard, Camus et Unamuno.

Les thèmes abordés sont nombreux, la gradation des peines, les faux-semblants et mensonges, la mauvaise foi (l'expression ou pas), l'attraction des corps, l'amour, les relations familiales en souffrance, etc.

Le rapporteur propose un court cours de linguistique adapté et fait un raccourci de la théorie du chaos. Il livre également dans un coin de page, un plaidoyer pour la mise en production d'une machine à remonter le temps. 

Une belle toile pinceautée avec en prime une parfaite maîtrise du sfumato. Les vapeurs d'âmes et poches de sang n'ont qu'à bien se tenir.

La rédaction a décidé d'offrir le texte à sa Direction, marque-page positionné p. 197.

Elle a également fait un noeud à son mouchoir pour ne pas oublier d'aller faire une petite visite de la librairie qui se trouve en face du Poppie (trucs spéciaux à l'arrière ?).  


vendredi 2 février 2018

Le soleil naît derrière le Louvre, Léo Malet

Pour cette première enquête des nouvelles enquêtes, Burma chausse sa pipe, met son journal du soir (7è édition) sous l'aisselle, charge son portefeuille de "chateaubriands", et détache avec grâce les amarres. Ses clients récurrents, autrement dit son fonds de commerce alimentaire, lui font quelques niches pour le maintenir en forme. Surtout Lheureux, le micheton de Limoges. Mais, hormis quelques trébuchements sur quelques cadavres et accidentés, rien de bien palpitant à se mettre dans les poches.

En ce début d'année la visibilité n'est pas bonne, mais, rompu aux techniques de navigation en eaux saumâtres, Nestor déclenche à intervalles étudiés sa corne de brume dans les rues et ruelles du Paris des années 50. C'est le commissaire Faroux qui agite le premier le drapeau en faisant du gringue à Nestor, toujours dans ses pattes. Mais ce coup-ci ça tombe bien. La police recrute. Une chasse au trésor est lancée dans le 1er arrondissement. On recherche un 50 x 25 d'un certain Sanzio (plus connu sous le pseudo de Raphaël). Le service de sécurité du Louvre n'a pas fini d'en entendre parler. 

A vos marques, prêts, etc.

Après l'ingestion d'un chateaubriand - l'acte fondateur - dans une brasserie du quartier des Halles, le limier chapeauté fait la visite guidée d'une mûrisserie, d'une ménagerie, et d'une oisellerie. Il fait quelques haltes dans les hôtels du coin et les navires au repos. Il va au Grillon écouter quelques chansonnettes. S'invite chez les gens et reçoit également. Prend quelques coups, en donne aussi. Va fouiner à la bibliothèque Nationale. Bref une vraie chasse au trésor.

On évoque dès que nécessaire, René Coty, Emile Buisson, Raphaël (donc), Jack l'éventreur, Emile Henry, la rue des bons enfants, Catherine Sauvage, Robert Houdin, Christiane Verger, Guillaume Apollinaire, et un cheval rouge (le cavalier n'est pas référencé)... 

Les habituel(le)s sont de la partie, à commencer par Hélène, Ovet, Zavater, et Reboul.

On taille la bavette avec Aurélienne D'arnetal une ancienne duchesse, Bébert un clochard, Birikos un grec de son état, Geneviève une mannequine maline, Chassard un gigolo pour qui veut bien de lui, Albert un turfiste, un limougeaud (voir au début) et un marin d'eau douce amateur d'art.

Ca se termine pas trop mal pour Nestor, si ce n'est un léger pincement au coeur. Si un toubib était passé par là il lui aurait dit de ne pas trop forcer sur le tabac et la viande rouge. En tout cas c'est pas la fine qui l'a mis dans cet état.

Quelques petites phrases pour boucler le dossier :

"Tous les boulots dont on charge les autres sont agréables"
"... une époque où la femme était le point faible des affaires criminelle" (3?)
"je ne suis pas celle que vous croyez" 

Et toc.

Et pour l'acte militant de la semaine c'est .

samedi 27 janvier 2018

Maigret et le clochard, Georges Simenon

Ca dégravoye !




Un cas d'école.

C'est le printemps. La Seine suinte de toutes parts. Les péniches se redressent et se balancent dangereusement au gré des flots. Un homme non harnaché (dans la vie) fait une glissade sur les pavés du bord de fleuve.

- Non ce n'est pas un exercice Blvd !

Le plongeon n'est pas homologué : 
récupération tardive, 
séchage, 
direction l'Hôtel Dieu, un hôpital, un vrai (et non  et non plus),
réveil pâteux... 
Comme un goût de flotte dans la bouche.
Et tout ça aux pieds de la Maison. 

"- La police ne fait rien?"

Tututut...
Quand il y a de la bagarre, Maigret n'est pas le dernier. Il se dirige au pas de charge sur le pont Marie et direct, il se mouille les épaules, la nuque et ajuste sa lunette (pipe au bec). 
Dans le viseur, Jeff et son frangin. Des bateliers flamands en déplacement dans la région. 
Une enquête longue et pénible (c'est Maigret qui le dit) s'annonce, parce que visiblement il a affaire à des imbéciles. 
Madame Maigret participe aux festivités (rare) et fait jouer ses relations, tandis que certains collègues du commissaire font du zèle. 

Les performeurs
Ont essayé de reconstituer des vies gâchées.
Ont bu mais n'en ont pas parlé.
N'ont pas divorcé, mais en ont parlé.
Ont fumé la pipe.
Ont joué aux billes.
Ont accusé à tort.
Ont balancé les chiens à la baille. 
Les hommes aussi ont été balancés. Enfin oui et non. Selon le sens interprété.
Ont failli aller à Mulhouse, mais finalement c'est Mantes la jolie qui a été plébiscitée.
Ont référencé Verlaine, Bossuet, et même de Las Cases. C'est dire. Juste pour apprécier le chemin parcouru depuis avant à maintenant... Impressionnant d'inertie !

Les oyants-compte ont pu apprécier, pour (la) mémoire, un foie de veau en papillote, et pour nourrir (le) désespoir, un saucisson à l'ail sur du pain rassis. 
Un verre de prunelle et de genièvre  ont malgré tout été servis à la cantine pour réchauffer les coeurs meurtris.

En moins de deux cents pages, tout n'est pas dit mais presque.  

Sombre à souhait, mutin, entrailles ouvertes, Maigret, c'est du solide.

La Rédaction n'imagine même pas la Léa dire le contraire.

Lu concomitamment
(taille compatible pour une utilisation sur table de chevet) :



vendredi 19 janvier 2018

Meurtre au Comité central, Manuel Vázquez Montalbán, Asesinato en el Comité Central



Le premier de la classe s'est fait buter.
Soite !
Cela s'est passé à Madrid lors d'un comité.
Soite ! 
Il y avait beaucoup de monde dans la salle.
Soite !
Toutes les portes étaient verrouillées.
Soite ! 
Pepe, le renégat, est embauché 
pour démêler le plus gros.
Soite !
A couple
à la droite gauche de avec la Régulière tri-cornée.
Pouah...te !


Compromis, compromis... 
Les choses ont bien changé depuis avant. 

On a eu vent d'un meurtre au Comité central, comme mentionné sur la page de garde. Ca chauffe dans les fumoirs. Tout le pays est en émoi. Pepe l'ancien se fait prier. C'est la moindre des choses. Difficile de quitter Barcelone, ses Ramblas, ses chaleurs, ses messieurs et ses dames, ses ambiances, ses feux de cheminées, ses restos, ses menaces de morts...
Bon, finalement il accepte (ouf!) moyennant gratification.
Et c'est parti pour une virée madrilène. Son guide sera : Carmela.
Dès qu'il foule le sol, la partie devient, comment dire, très technique. Limite soutènement de thèse.
Fort heureusement, Carvalho (le père caché de Gabriel?) fait le boulot correctement. Prises et réceptions de coups. Discussions à n'en plus finir. Joutes autour de la gastronomie et de l'oenologie. Quelques fines considérations sur l'européanisation de la Catalogne. Une bibliothèque est passée au scan chapitre 49. La muerte confirme ses pulsions récidivistes. 
Pour éviter les surprises : ne se fier à personne et ne faire confiance à personne.
Banquet final pour les retrouvailles.

Un des 100 (le 39). 
Ce texte fera la joie des chercheur(e)s (petits et grands), des initié(e)s (idem), des égaré(e)s (idem), et de ceux qui se sentent concerné(e)s(idem) par le sujet. 

PMTDT.

A méditer : "Sa période d'acheteur-lecteur s'était interrompu au début des années soixante-dix, le jour où il avait pris conscience d'être devenu l'esclave d'une culture qui l'avait séparé de la vie, qui avait faussé ses sentiments comme les antibiotiques détruisent les défenses de l'organisme."

Contre-expertise 



Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...