samedi 6 novembre 2021

La mère noire, Pouy/Villard

- Encore une zone à défendre ?
- Ca se pourrait bien !


Mise à part, la température de la bière et le niveau du compte bancaire, la Famille reste le témoin toute catégorie du positionnement de l'humain dans la société. 

Cela étant dit, pas de compromis : soit c'est On, soit c'est Off  
Et Cloclo en fait l'amère expérience. Son père idem. Et Véro pas mieux. 

Un embryon de famille qui navigue dans la tourmente et s'oriente au doigt mouillé. Cette technique pose quelques problèmes d'interprétation, d'autant que le vent, par les temps qui courent, est tellement brassé par les éoliennes, qu'il en vient de tout partout. 

 Dit étant cela, 

Les caractères sont bien trempés. Les noyaux sont en instance de fission. Les poules sont bien nourries, le coq assure et le chef de gare agite désespérément son drapeau à damier. 

On apprécie la lenteur retrouvée des transports de bétail. 
On pourrait penser que vivre dans une caravane, ça le fait... mais finalement non ! 
Entre vouloir et pouvoir, il y a se mouvoir.
Entre couloir et mouroir, il n'y a pas d'espoir, 
ou si peu...

Il semble, mais à confirmer tout de même, que pour les passeurs, les zad(s?) (non nommées présentement) sont protéiformes. 

La Direction envisage de déposer une déclaration de mise en Zad de ses locaux auprès de la Préfecture. Mais les agréments étant délivrés à discrétion, elle hésite quand même. Vu la paperasse à remplir.

Une lecture rapide, sans précipitation. Juste une inversion de chapitres au démarrage. Lu Véro avant la Mère absente . Mais pas de désagréments.  


lundi 3 mai 2021

Les jardins d'Eden, Pierre Pelot

- Des gens sous les radars de la société. 

- Ah bon ! Encore des qui veulent pas se faire... vacciner ?

- Non, moins grave quand même !

"Août au loin. Il arrivait toujours un moment où ça devenait trop long, où l'emmerderie menaçait. Ce n'était pourtant pas de l'ennui, pas réellement, c'était comme si les jours s'étiraient trop et n'en finissait pas d'aller toucher le bord du soir, en bout de course".

Donc, on est bien dans une ambiance camping.

Ca va être difficile de parler de ce texte sans divulgÂcher, vu que tout s'embrouille dès le début et qu'à la fin c'est pas mieux. Et qu'au milieu, c'est pire. Du grand art.  

Tu touches plus à rien Blvd, on est sur une scène déprime.

Jip revient de loin. Un gros soucis de santé l'a éloigné de son univers familier et familial. Un léger problème d'inaccoutumance à l'alcool. Mais pas que… Son corps depuis un moment fait un rejet systématique de tout. 

Qu'à cela ne tienne, ressuscité d'entre les malades, on peut dire maintenant que Jip is back. Et cerise sur le gâteau, il joue ce soir à domicile, et en couple. Que du bonheur.

Jip, Jean-Pierre Sand, c'est un journaliste, un peu fouille-crasse, en galère misère, qui se souvient lors de sa résurrection :

1) d'avoir une fille, surnommée Na, qui elle-même, tout récemment, est passée sous les radars (de la société) et par la même occasion a fortuitement disparu. 

2) qu'il y a un sérieux contentieux avec la clique de Charapak et des gens du camping

3) Qu'il y a trop de questions, et que ce serait pas de veine franchement, s'il n'y avait pas la moindre petite réponse.

On réallume la chaudière. Attention décollage. Va y avoir du grabuge au camping

Disparition conséquente et enquête brainstorming. Réouverture de dossiers sensibles, non clos.  

Pas que un problème fère pille. Un truc beaucoup plus profond.

Du lourd.

Haine, comptes à régler avec la communauté.

Des copains toujours là pour enfoncer le clou.

Migraines et vertiges à toute occasion.

Une grosse chute libre.

Une agonisante qui balance.

Des trous du … tout tordus

Des nœud mouillés à dénouer

Un glock tenu à bout de bras

La vie. Enfin pour ce qu'il en reste. 

La plume du passeur est encrée au jus noir des fleurs du camping les jardins d'Eden. Paradoxalement ça donne un effet de ciel aux bleus. La langue glisse sur des petites bulles de mousse aigre-douces, coincées dans le fond de la gorge.

Sûr qu'on en a pour une bonne année à digérer tout ce méli-mélo. 

Une deuxième lecture s'impose avant classement bien au chaud à portée de main.




vendredi 30 avril 2021

L'amant de Janis Joplin, Elmer Mendoza


"Chaque blessé que tu épargnes est un bourreau en puissance"

- En voilà des manières !!!


David n'est pas le mauvais gars, plutôt naïf, voire même un peu simplet, mais il a attrapé la Voix dans sa tête et ça le gêne considérablement, vu qu'elle lui parle souvent...

... et parce qu'il faut bien vivre et surtout payer ses dettes (?), il se fait embrigader dans la bande du Chato et ennarcotiquer dans celle du Cholo. Deux vrais "bons potes".

Du sang, du sexe, de l'amour, de la haine, de la bagarre, des familles soudées, l'amitié, la passion, la vie et la mort. En filigrane, le thème de la "bonne mort" autrement nommée : euthanasie. 

Un beau programme. 

Et en plus pour nous divertir : 

On se fait une soirée avec Janis. On s'entraîne au lancer de canettes de bière. On invoque Maleverde, le Saint patron des narcos, on joue au base-ball, on frissonne avec les mères, on fume et on boit de la bière et du mescal.

Un texte sur les envies et illusions perdues. Véritable coup de poing sur la table. Engagé. Livré d'un bloc sans retour à la ligne (comme si on était pas déjà déstabilisé!). 

Citations à la volée (extraits) :  "Nous devons tous lutter pour un ordre nouveau", "Curieusement sa vie s'était réduite à un souvenir"... 

Un ban pour le traducteur. et aux passeurs.  

Ambiance. Le match : Janis vs Johnny

Dans le top five pour le 02/05

 



mercredi 31 mars 2021

Salt River, James Sallis

"Quand un homme meurt, il faut marquer le coup" 


Et de trois. Toujours à voix haute... pour transmettre. 

Souvenirs d'enfance, de guerre, de famille. Des vies simples, mêlées au chaos. 

Turner est à présent aux commandes. Les enquêtes sont improbables et les délits insupportables, abominables, décapotables, adaptables, discutables, dommageables, inavouables, indigérables, épouvantables, épuisables, exécrables... et ainsi de suite, sans discontinuer, jusqu'à la lettre v. 

On change de cavalier/ère, position au centre de la piste et puis on recommence à tourner, virevolter.  

Et en avant deux

Doc s'accroche au bras de Turner qui, lui, opère en souplesse un décrochage en règle. 

"C'est juste que j'en peux plus de me remettre d'un tas de trucs, Turner"

Ca flanche de tout côté. Ca déborde. Ca expulse. Les morts s'amoncellent. Les stat's explosent au dernier vinteur. Heureusement à la ville, les meneurs ont la situation bien en main. Ben voyons!

Un bon de coup de cafard, arrosé d'un bon vieux whiskey bu au godet, et les moqueurs n'ont qu'à bien se tenir.

Cette trilogie est une anthologie de la souffrance silencieuse. Le passage dans le sas pré-expulsion a un petit goût amer. Pas de règles. Pas de procédures. C'est chacun son tour; c'est comme ça vient.

Salut l'ami ! On va resserrer les rangs.

A lire et relire, écouter et réécouter.



 


lundi 29 mars 2021

07.07.07, Antonio Manzini


 

Rocco Schiavone, sous-préfet à Rome, enquête sur l'assassinat de deux jeunes hommes d'une vingtaine d'années. Fait remarquable : les corps sont exsangues. 

Le Rocco, déjà rencontré sur une piste de ski, malgré son air cool, genre, je roule en scout', je porte des clark(s), je fume le joint et verse ma petite larme quand ma femme se tire, est un type plutôt à prendre avec des pincettes quand il commence à s'énerver. 

Politiquement correct, malgré son air bourru, il n'hésite pas à donner des coups de pieds dans la bouche. Une façon de s'affirmer.

off 

Attention expérimentation : activation de la suggestion de mots et push aléatoire. C'est le notebook qui décide. Géant !

... Il estime que le point positif, c'est que la date du déménagement est repoussée à fin septembre et que je n'ai toujours pas reçu de réponse de la part de la mairie pour le moment... 

Fin de l'expérimentation. A vrai dire : peu concluante dans le cas présent, mais qui pourrait s'avérer utile pour remplir des feuilles blanches, des rapports en souffrance, etc. A creuser. 

Donc, reprise des (vraies) notes :

L'enquête avance tranquillement. La détresse familiale est au bout du couloir qui dessert les chambres. L'auteur se fend de quelques pics, remet les pendules à l'heure sur la garde des vieux...  du plus vieux métier du monde.

Pause : 

Blocage du coude, pas chassé, méditation sur :

"... un concept naturel serait mis à nu : personne n'est essentiel, nous sommes tous remplaçables. Une idée terrible."

Re-Pause. Réflexion. Décision. 

Fin de partie. 


 


samedi 27 mars 2021

Vénus Privée, Giorgio Scerbanenco

 


Un texte sombre des années 60, qui pose les bases du roman noir italien.
Un texte qui sera revisité plus tard (2010) chez Rivages/Noir (lecture en projet).

Dans le cas présent, la lecture a été faite à haute voix pour les besoins de la cause. 

L'accent a été mis, sans forcer.
Certains mots sont restés coincés dans la gorge, 
Gras, sales, abscons, décalés, honteux,

Mais, 

Rien de tel, qu'une "bonne" douche froide, pour faire baisser la pression.

Rien de tel, qu'une "bonne" société en mutation, 
pour battre retraite, et se claquemurer, aux confins du mensonge.

Rien de tel qu'une "mauvaise" "bonne" société, tiraillée de toute part, 
aux prises avec ses pulsions. 

De l'alcool, de la rage, du sexe, du fric, du pouvoir, de la testo... 
et bien d'autres encore.  

et

Rien de tel qu'un "bon" conflit de génération
Pour que s'écroulent les petits châteaux
et que puissent s'élever d'autres petits châteaux.

 
Comme mentionné plus haut, le texte est sombre, et le rapporteur ne fait pas dans la dentelle. A quoi bon ! Un bon coup de pied dans les gencives, et un bon coup de coude dans l'estomac, valent mieux qu'un bon discours. En tout cas c'est la philosophie de Duca Lamberti, un médecin déclassé, qui se reconstruit peu à peu, comme il peut. Dans le cas présent, en reconstruisant himself les autres. C'est dire la technique. 

La morale suinte et se hume à plein nez. Et si par hasard, les choses pouvaient s'arranger...

Ben non ! 


    




jeudi 25 mars 2021

Manger Bambi, Caroline de Mulder

                                    

Chronique d'une obsoAdolescence Déprogrammée (AD).

"Jamais on aurait pensé qu'ils auraient été capable d'une telle violence". 
Pas dans le texte, juste une petite phrase, entendue ici et là ces derniers jours sur les ondes. 
Triste.

Bambi et sa clique jouent les pistoleros justicieros galerios désabuserios. Un remake des Billy the kick et Cie (imho) avec les mots d'ici et maintenant. Des filles à la manoeuvre. Un coup de fouet dans les gencives. Un texte cru, rud', dru, vlu, chlu. Une dérive sonnante et trébuchante. Du bleu dans le ciel...

 loin... si loin.



A classer.  




  

vendredi 5 février 2021

Ce lien entre nous, David Joyce

 

Au tout début, la disparition est inquiétante mais tenable. 

Mais nous on sait bien que ça va tourner vinaigre. Parce que :

Darl Moody a fait la boulette du siècle. De son point de vue s'entend. Braconnier expérimenté, englué de nuit dans un champ de ginseng, au prix d'une lutte acharnée contre des pièges et des hameçons disposés savamment à hauteur d'yeux, il finit par confondre sanglier et humain (positionné à quatre pattes). 

Le problème, c'est que l'humain en question est était le frère de Dwayne. 

Et Dwayne... quand son frangin s'éloigne un peu trop, ça le met dans un état de nerfs que s'en est émouvant. Tout ça pour dire que lorsqu'une info de ce type circule dans son cerveau, il ne vaut mieux pas traîner dans les parages. 

La chasse étant ouverte, officieusement, Darl tombe vite dans les filets du prédateur. L'interrogatoire se déroule dans les règles de l'art, et, sans même attendre que le coq chante au moins une fois, il balance tout d'un bloc. 

C'est gâcher quand même !

C'est à partir de ce moment que Calvin, l'ami d'enfance de Darl, se fige dans ses petits souliers.

Pendant ce temps, Stillwell, le représentant de la force de l'ordre armée du coin, remarque le petit manège de tout ce petit monde et décide de monter en marche. Pas le mieux placé pour attraper le pompon, mais il a ses chances.

Un texte sur l'adéquation de la réponse par rapport à la question posée. Sur la légitime offense. Sur la vengeance de l'engeance. Sur les envies et la réalité. Sur la mort durant la vie et inversement. Sur la désespérance, sur l'attachement. Sur le titre ci-dessus référencé.

Un texte également sur les choix validés mais non maîtrisés, qui font regretter d'avoir pris le chemin sur la droite alors que c'est à gauche qu'il fallait aller. 

L'excuse à deux balles. 

Parce que celui qui a tourné à gauche se plaint de n'avoir pas tourné à droite.

Insoluble

Un Colt .45 a été utilisé ainsi qu'un Remington 700 dans la catégorie fusil. 

Pour amateur.e.s du genre Thriller. Attention quand même : thriller sanglant

PMTDT


jeudi 4 février 2021

Les Dynamiteurs, Benjamin Whitmer

- Avec ou sans filtre ?
- Sang !





Grosses déflagrations dans les quartiers de Denver. A la toute fin du XIXe, la ville est à son apogée (?) et entame sa descente tout schuss. Comme de coutume dans ces moments-là, la division de la société est à son paroxysme. Ca sent la dégringolade à plein nez.

Donc il y a ceux qui vivent sur terre. 
Et les autres...
 
Les déplacements sont (encore) autorisés. On a prévu une échelle à portée de main. Elle est robuste, bien calibrée, mais un peu lourde à manipuler et surtout, très étroite. Alors, quand tout ce petit monde se croise, forcément ça fait des étincelles. C'est comme qui dirait, 
 
pot de chairs
contre 
pot d'balles.

En bas (ou tout en haut) de l'échelle, il y a (soeur) Cora et ses petits. Elle mène sa troupe avec une poigne de Sainte. 
 
Son job : 
 
1) l'accueil d'enfants qui errent dans la cité et fouillent dans les poubelles pour se restaurer, 
2) la défense du couchage de fortune proposé dans l'Usine, contre les envahisseurs venus d'ailleurs qu'aimeraient bien descendre un barreau de l'échelle pour rester à couvert.
 
Max, le narrateur, tout fraîchement adoubé dans la section ADO, amouraché et enamouré de Cora, veut épater la Princesse. Une espèce de chevalier servant (en voie de disparition) qui décide de vendre ses services à Cole parce que tout récemment...

- Trop long Blvd !

En bref Max plonge tête la première dans le merdier qui jouxte. Un beau saut de l'ange. Direct l'Abattoir.
 
On manie l'arme ultime du conquérant insulaire, l'opium, on sue corps et âmes avec Dame coke et Mam'zelle Nitro est courtisée par le type qu'a une parenté avec la Cloducque
 
Les saloons sont ouverts 24/24. On y sert principalement de la bière et du whyskey.

L'armurerie est également ouverte (jusqu'à pas d'heures). Le catalogue est bien fourni : colt new pocket, thunderer, fusil à bisons calibre 45 70, revolver Schofield, couteau bowie... 

Trahison, vengeance, survie... Un texte pour les celleszéceux qui ne rechignent pas à lire dans les remugles de gorge. Un texte qui transpire l'émotion. Une poésie de l'âme, tapie sous des flots de sang et d'horreur. 
L'âme des poches de sang. 
La vie quoi !
 
La Direction recommande la B.O. de Max
 
D'aventures en aventures, de trains en trains...
Et pour alléger un peu la sauce : boum !

Le charretier de la providence, Georges Simenon

Ecluse 14 - Marne/canal - Dizy ? Une femme est retrouvée morte. Epernay, Reims et Paris en alerte. Maigret est déjà sur le terrain. Ambiance...